Jean-Pierre Chamoux à l'Institut Turgot Dans une récente chronique néerlandaise j’évoquais la cacophonie qui précéda l’élection européenne. La démocratie représentative nous a donné à cette occasion une piètre image d’elle-même : au sein des pays-membres, le débat électoral fut surréaliste, tant par sa fragmentation que par son caractère anecdotique ; les candidats, bien trop nombreux pour tous être éligibles, concentraient leurs feux sur des thèmes locaux et circonstanciels (1) . Aucun souffle, peu de projet, sauf peut-être écologique, c’est-à-dire un projet conservateur, au sens propre.

Deux ans après le traumatisme provoqué par le projet constitutionnel avorté, aucune vision n’émane malheureusement de ce débat électoral, nulle part en Europe, qui puisse éclairer le propos politique de notre Union ! Rien ou presque qui puisse relever le défi d’une crise mondiale… Ce nanisme politique accouche d’un parlement fragmenté qui évoque notre défunt « régime d’assemblée », celui de la France vieillissante qui s’effondra dans la débâcle tragique de 1940 !