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mardi 8 décembre 2015

Régionales: réflexions sur la poussée (inexorable ?) du Front National

Pour les libéraux français, observe Vincent Bénard, le constat d’échec dure et perdure avec la même sévère acuité, année après année. L’étatisme sous toutes ses formes, qu’il soit semi-autoritaire honteux ou autoritaire décomplexé, socialiste de gauche, socialiste de droite ou communiste, représente plus de 9 électeurs sur 10. Peut-on encore espérer entraver cette dérive qui s'accélère ?

La loi des urnes est dure, mais c’est la loi: le Front National emportera au minimum 3 et peut être 6 régions de France métropolitaine à l’issue des régionales, en fonction des jeux de listes qui se joueront entre les deux tours. Le FN est aujourd’hui le premier parti de France, devant le PS qui paie 3 ans d’incurie gouvernementale, et les républicains, ex-UMP, qui n’excitent guère les foules, plombés par leur bilan en demi ou plutôt en tiers-teinte entre 2002 et 2012, et par la personnalité toujours aussi antipathique de leur président.

La banalisation de l’autoritarisme par le gouvernement

Premier constat que je n’ai vu dans la bouche d’aucun commentateur politique ce soir: la réaction du gouvernement aux attentats du 7 janvier puis du 13 novembre rend particulièrement inopérante la rhétorique anti-fasciste habituellement déployée contre le FN par les partis établis. Difficile de prétendre que “les Fachos, c’est le FN”, lorsque l’on a fait voter une loi renseignement qui élimine la notion de vie privée, que l’on songe à prolonger l’état d’urgence dans des termes qui rendent la notion d’état de droit pour le moins évanescente, et que les bavures de cet état d’urgence se multiplient. Après tout, on ne retrouve des armes que dans une perquisition sur 7, et la presse régionale fourmille d’articles où l’on s’interroge sur le bien fondé des opérations de police opérées, eu égard à leur finalité officielle, la lutte contre le terrorisme.

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mardi 10 juin 2014

Hollande et la réforme territoriale : tout changer pour ne rien changer...

La “réforme” annoncée par l’Elysée semble avoir été conçue à la va-vite, sans analyse de fond des tares de notre modèle, pour donner aux électeurs l’illusion que le gouvernement agit en profondeur tout en se contentant de gratter le vernis du fonctionnement de notre société.

Tel est le verdict que nous livre notre ami Vincent Bénard, qui, professionnellement, connait toutes les arcanes de la vie administrative et politique en région.

Il nous dresse les grandes lignes de ce que pourrait être un véritable projet libéral de réforme territoriale et administrative.

Le président Hollande vient d’annoncer une réforme du “millefeuille” institutionnel territorial Français, et ses ministres se sont succédés à l’antenne pour affirmer que cette réforme permettrait 10 milliards d’économies annuelles. Les médias, quant à eux, se sont focalisés sur la mesure la plus spectaculaire, le regroupement du nombre de régions de 22 à 14. 

Mais pour savoir si la réforme a des chances d’avoir les effets escomptés, il convient de se livrer à une analyse plus détaillée des éléments du communiqué de l’Elysée du 2 juin.

Cette analyse se déroulera en trois temps: 1 - Diagnostic du fonctionnement actuel du millefeuille; 2 - Maux auxquels la réforme présentée répond, ou pas; 3 - Grandes lignes d’une proposition alternative plus ambitieuse

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jeudi 11 novembre 2010

Le remède à la crise belge : régionaliser l'Etat-providence

Corentin de Salle « Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes, il est le problème ».

Illustrant à merveille le bon mot de Reagan, la politique belge depuis 2007 semble en définitive se résumer à l'art de former un gouvernement et de le maintenir approximativement jusqu'à l'échéance du mandat. Risquons une explication iconoclaste : au-delà des affrontements communautaires linguistiques et territoriaux, la véritable cause de ce dysfonctionnement majeur est de nature économique.

La solidarité entre le Nord et le Sud du pays a été tuée non par le nationalisme flamand mais par les belges francophones eux-mêmes qui - en votant massivement, ces trente dernières années, pour des partis menant des politiques d'inspiration socialiste - en ont usé et abusé sans vergogne.

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dimanche 25 janvier 2009

Comment savoir si l'Europe progresse

Quel est le degré d'intégration réel de l'espace européen ? Est-il vrai qu'il progresse ? Questions essentielles pour savoir si les disciplines croissantes qu'impose Bruxelles à la liberté d'action des pays membres en vallent vraiment la peine. Question, aussi, à laquelle il est bien difficile de répondre, sinon en donnant une réponse 'au pif', purement subjective et personnelle.

Notre ami canadien, le professeur Jean-Luc Migué (auteur de l'étude Turgot sur la santé) et son collègue Gérard Bélanger (1) proposent une méthodologie indirecte, inspirée de l'expérience canadienne. Il suffirait de mesurer s'il y a ou non convergence des revenus réels entre les différents pays de l'Union – sans se préoccuper des écarts de croissance observés. Une bonne idée d'étude pour des chercheurs européens. Ou tout simplement pour un étudiant en mal de thèse. H.L

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