Dans les années 80 et 90, les politiques budgétaires de tous les pays étaient complètement sous le contrôle des marchés obligataires. Tout dérapage des budgets, toute dérive inflationniste étaient immédiatement sanctionnés par une hausse des taux longs qui forçaient les gouvernements à revenir immédiatement dans les clous.
Dans les années 2000, ce contrôle disparut, en grande partie en raison des excès d’épargne accumulés par l’Asie en général, et la Chine en particulier. Ces excès d’épargne étaient en effet réinvestis dans les marchés obligataires des pays développés, empêchant de ce fait toute hausse des taux longs. C’est ce que monsieur Greenspan avait appelé en son temps un "conundrum".
Ce qui est en train d’arriver avec la Grèce, l’Espagne, le Portugal, et bientôt la France, est donc extraordinairement important. Les marchés obligataires sont en train de redevenir l’outil qui force les gouvernements à la discipline budgétaire.