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vendredi 30 septembre 2016

Bitcoin, Blockchain et Ordre spontané : cybernétique de la liberté

Gérard Dréan La doctrine libérale se fonde sur les avantages que présente la plus grande liberté en tant que principe d'organisation et de coordination des actions individuelles (cf Hayek).

Au terme d'un texte aux apparences très techniques - mais dont la lecture, malgré sa difficulté, est illuminante - notre ami Gérard Dréan nous montre comment le principe de la Blockchain (qui est la grande innovation du système Bitcoin) illustre de manière concrète la géniale intuition des pères fondateurs du libéralisme.

PREMIERE PARTIE : "La blockchain", comment ça marche

On parle beaucoup de « LA blockchain » et de ses nombreuses applications, qui promettent (ou menacent, suivant les opinions) de révolutionner la société au moins aussi profondément qu’Internet lui-même. En même temps, ce concept est présenté de façon très vague. Même si on la dit « distribuée », ce qui est d’ailleurs impropre comme nous le verrons, il manque le plus souvent une expression claire des implications de son implantation sur un réseau pair à pair ouvert. De ce fait, parler de « LA blockchain » est trompeur et passe largement à côté de l’essentiel.

L’idée est née en 2008 avec Bitcoin, qui en est à ce jour la réalisation emblématique, mais aussi la base de nombreuses variantes et extensions. Nous utiliserons donc cet exemple pour en analyser les composantes et les implications, tout en nous efforçant d’en tirer des enseignements valables pour d’autres systèmes où le principe de la chaîne de blocs est utilisé pour des écritures autres que des transactions monétaires.

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mardi 6 janvier 2015

Nicholas Taleb: excellence et fragilité de l'Antifragile

Notre ami Drieu Godefridi nous envoie, ci-dessous, une note de lecture critique sur « Antifragile : les bienfaits du désordre » le dernier livre de Nassim Nicholas Taleb paru cet été aux éditions Les Belles Lettres.

Par ses réflexions sur le risque, l'incertitude, la complexité et les mécanismes de résilience, ainsi que par son opposition au déterminisme des modèles mathématiques de la science économique et financière contemporaine, la pensée révolutionnaire de Taleb (statisticien de profession) s'inscrit de fait dans une ascendance libérale de type franchement "autrichienne".

Né en 1960 à Amioun, au Liban, Nassim Nicholas Taleb s’est fait connaître par la parution, en 2007, de The Black Swan: The Impact of the Highly Improbable, une étude des événements imprévisibles, dans lequel il annonçait la crise financière qui débuterait quelques mois plus tard. À maints égards, par ses sources et son cadre de références, Taleb s’inscrit dans la grande tradition libérale. C’est un penseur puissant et profondément original, dont l’humour et l’ironie ne sont pas sans évoquer le style de Jean-François Revel.

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lundi 19 mai 2014

Le système Bitcoin : au-delà de la révolution de la monnaie virtuelle...

Depuis plusieurs mois, Bitcoin est un sujet qui suscite beaucoup d'attention et de commentaires. La plupart passent cependant à côté de l'essentiel : à savoir que Bitcoin n'est pas seulement un projet de monnaie virtuelle, mais surtout un système de paiement « décentralisé » qui ouvre la voie à la conception et au développement de protocoles d'échanges où il n'est plus besoin d'aucune autorité centrale supérieure (comme l'Etat) pour assurer la fiabilité, la sécurité et l'honnêteté des transactions conclues.

Le 15 avril dernier, l'Institut Turgot a organisé un atelier de discussion entre experts en Bitcoin pour aider à comprendre de quoi il s'agit exactement. 

La réunion était présidée par notre ami Gérard Dréan, qui a lancé le débat en en rappelant l'essentiel des aspects techniques. Lucas Léger était présent. Il nous livre ci-dessous une passionnante synthèse des extraordinaires perspectives qui, selon les participants, seraient en train de s'ouvrir au delà même des seules applications monétaires de Bitcoin.

Le protocole Bitcoin est avant tout un protocole informatique : il ne s’agit pas d’une monnaie en soi, mais d’un système de paiement décentralisé. Toute analyse sur le Bitcoin doit donc veiller à bien séparer la notion de monnaie de celle de système de paiement. 1.

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jeudi 14 avril 2011

Lettre aux libertariens

Jean-claude Werrebrouck Vivre en société, c’est reconnaitre qu’il existe indépendamment de chacun des participants, un objet intermédiaire qui leur est commun, et exprime l’universel du groupe.

Les croyances, les valeurs, la morale, la langue, etc. constituent ces objets communs assurant la communication, et le rapprochement de chacun vis-à-vis des autres. .

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mardi 22 mars 2011

Les nouveaux tabous : comment l'engrenage de l'animisme réglementaire tue la liberté

Nos opposants nous reprochent souvent d’être englués dans l’individualisme méthodologique et de ne pas disposer d’une véritable sociologie qui nous donnerait les moyens de comprendre globalement les phénomènes sociaux. 

Ce défaut de construction idéologique nous empêcherait d’être en mesure de proposer des solutions efficaces pour résoudre les problèmes qui se posent à la vie en société. 

Eux, par contre, disposeraient des instruments ‘’scientifiques’’ pour réaliser le bonheur de tous. 

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jeudi 10 février 2011

Les racines de notre libéralisme : Hayek, mais sùrement pas Kelsen...

Guillaume VuillemeyDans un article récent ("Le droit positif est-il anti-libéral ?", le Temps du 14 janvier 2001), Vincent Valentin invite les partisans du libéralisme à accepter le positivisme juridique – l'idée selon laquelle les normes fixées par l'État forment les seules réalités du droit.

Critiquer l'État comme producteur de toute norme serait donc une méprise pour les libéraux, qui devraient a contrario investir le débat public pour promouvoir eux-mêmes d'autres lois, d'autres décrets, non pour questionner les structures du pouvoir. Un tel revirement est-il désirable ? Plutôt qu'un progrès, il représenterait pour les libéraux un grave renoncement

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dimanche 10 octobre 2010

L'Etat et l'économie : la loi des conséquences adverses ignorées

L'une des lois de l'économie la plus universellement vérifiée, et la moins comprise des politiciens, est la loi des conséquences inattendues, le terme devant ici être compris comme "non anticipées", "law of unintended consequences", qui postule que toute action sur un système complexe entraîne toujours des effets secondaires non anticipés par celui qui entreprend l'action, effets qui souvent tendent à contrecarrer, voire réduire à néant ses résultats escomptés.

Le moins que l'on puisse dire est que cette loi se manifeste empiriquement de façon omniprésente dans le champ de l'interventionnisme public sur l'économie. 

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