Institut Turgot

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mardi 8 avril 2014

Les enjeux philosophiques fondamentaux du libéralisme

Douglas RasmussenL'adversaire du libéralisme n'est pas seulement à gauche. Il est aussi à droite, chez ceux qui lui opposent une vision « communautariste » de la société politique.

Notre ami Douglas Rasmussen saisit l'occasion que lui offrent les arguments développés par les communautariens contre le libéralisme pour résumer sa conception « métanormative » de l'ordre politique et philosophique libéral. (Il s'agit en l'occurrence d'une réponse à un livre édité par le sociologue israélo-américain Amitai Etzioni).

Cet article de Douglas Rasmussen est sans doute l'un des textes contemporains les plus achevés pour dissiper les malentendus sur la véritable manière dont liberté, politique et éthique s'articulent au sein d'une pensée libérale classique.

Publié sous la direction d’Amitai EtzioniThe Essential Communitarian Reader est un livre décevant, dont le sujet n’est pas clairement circonscrit. Il ressemble parfois davantage au programme d’un parti politique qu’à un recueil d’articles sérieux ayant pour but de discuter le paradigme politique dominant en Occident depuis deux siècles.

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mardi 31 décembre 2013

Ethique et Capitalisme (rappel de quelques notions de bon sens)

Lepage.jpgLa réflexion sur l'Ethique est un sujet de circonstance en cette période de fêtes de fin d'année.

Pour compléter le très beau papier de Douglas Rasmussen, ci-dessous la reprise d'un texte récemment retrouvé dans les archives de l'Institut Euro 92 et qui n'a jamais été diffusé. Il faisait partie d'un dossier sur" l'Ethique des Affaires".

Si la métaphysique peut être définie comme "la science de l'existence", et l'épistémologie comme "la science de la connaissance", l'Ethique n'est rien d'autre que la science "du bien et du mal" , la science "du juste et de l'injuste".

Sa fonction est d'apporter un code de valeur qui sert à guider les choix et les actions humaines. Elle indique comment les gens doivent se comporter, vis à vis d'eux-mêmes et vis à vis des autres, pour obtenir une coopération sociale pacifique.

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mardi 24 décembre 2013

Pourquoi l'ordre libéral est la plus humaine et la plus morale de toutes les organisations sociales

Initialement publié dans la revue de la Foundation for Economic Education sous le titre "Visible and Invisible Hands", ce texte est l'une des meilleures analyses des liens entre l'éthique et la main invisible de l'économie de marché. 
Son auteur, Douglas Rasmussen, Professeur de philosophie à St John's University (New York City) fut pendant plusieurs années l'un des piliers des réunions de l'Université d'été de la Nouvelle Economie à Aix en Provence. A l'origine disciple d'Ayn Rand, il est l'un des auteurs libertariens qui a poussé le plus loin la réflexion sur le droit naturel et la théorie des droits dans une approche aristotélicienne.
Soyons reconnaissants à Damien Theillier  d'avoir pris l'initiative d'en faire paraître une traduction en français sur son site Nicomaque  (texte repris ci-dessous).

L’idée selon laquelle les marchés sont guidés par une main invisible pour produire ordre et coopération a été avancée à maintes reprises. Une économie de marché s’appuie ainsi notamment sur des incitations et des intérêts mutuels pour produire un résultat harmonieux. Pourtant, un autre mode d’organisation sociale – peut-être plus ancien – existe et repose essentiellement sur la notion du « bien » et du « juste ».

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mercredi 13 février 2013

Théorie du genre : l’insoutenable légèreté de la droite française

Drieu.jpgQui est responsable de l’entrée de la théorie du genre dans le droit français ?

La théorie du genre soutient que la notion de sexe est culturelle de part en part. Que la distinction des sexes est sans ancrage biologique, donc arbitraire et modulable. Qu’en outre, le modèle hétérosexuel exerce une violence littéralement innommable sur les modèles sexuels et les genres alternatifs. Qu’il est donc temps, et légitime, de « défaire le genre », pour reprendre le titre de l’un des ouvrages de la prêtresse contemporaine du genre, Judith Butler, en éradiquant toute référence au masculin et au féminin, deux genres parmi une sarabande infinie de variations possibles (trans, queer, drag, butch, garou, dyke, fem, etc.)

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jeudi 31 janvier 2013

Le sourire de Thanatos...

Drieu.jpgCertains envisagent de légaliser l’euthanasie des enfants, et l’euthanasie pour autrui (voir proposition de loi d'un sénateur belge). Bien que les partisans de ces réformes manient l’excommunication morale avec une virtuosité toute ecclésiale - si vous êtes contre, c’est donc que vous êtes insensible à la souffrance, ou pire : catho! -, risquons-nous à interroger l’humanisme revendiqué de ces innovations.

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lundi 16 janvier 2012

Postféminisme et ordre moral : une extravagante croisade parlementaire

Drieu.jpgDepuis quelques années, le parti de la majorité présidentielle (UMP) semble s’être résolument engagé dans une croisade postféministe, au sens d’atteindre des objectifs qui vont au delà de l’égalité des droits et de l’indépendance financière conquises par les femmes.

Il s’agit, à présent, de faire le bonheur des femmes malgré elles et, au besoin, en cassant, aux dépens de l’homme, le principe d’égalité de l’homme et de la femme devant la loi.

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vendredi 1 juillet 2011

Qu'est-ce que le "Libertarianisme" ?

Un petit évènement dans l'univers des libertariens francophones : la réédition, aux éditions Les Belles Lettres, du texte fondateur de Murray Rothbard : L'Ethique de la liberté, traduit par François Guillaumat et Pierre Lemieux. A la suggestion de notre ami Alain Laurent, le directeur de collection, nous vous présentons ci-dessous l'excellente préface de cette nouvelle édition écrite par Jérémie Rostan, agrégé de Philosophie enseignant aux Etats-Unis.

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dimanche 29 mai 2011

Roseline Bachelot et la prostitution : un nouveau tabou liberticide

Ceci est le second volet d'une analyse visant à illustrer la manière dont l’inflation réglementaire conduit à la régression des libertés individuelles en Occident.

La thèse que nous avions défendue dans le premier volet de cette enquête (Les nouveaux tabous : comment l’engrenage de l’animisme réglementaire tue la liberté) était que le pouvoir des hommes de l’Etat n’a pas seulement une dimension matérielle.

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lundi 11 janvier 2010

La crise financière : ce que nous n'en avons (toujours) pas appris

Sam GreggDes dizaines de livres et d’articles ont été publiés pour expliquer ce qui n'a pas marché.

Avec le temps, on verra des armées de doctorants explorer tous les coins et recoins de la crise de 2008.

Cependant, si l’on en juge par les politiques qui ont été données en réponse aux événements, il est clair que nous nous refusons encore aujourd'hui à tirer les véritables leçons que la crise devrait nous dicter - ou, tout au moins, que celles-ci continuent d'échapper à l’attention des décideurs.

Les principales leçons sont au nombre de cinq.

1 - La leçon méconnue la plus importante concerne sans doute le danger du risque moral. Le message qui a été envoyé aux entreprises est en gros celui-ci :

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samedi 14 novembre 2009

Débat sur la morale : l'étatisme, agent corrupteur du capitalisme


Profitant de la crise actuelle pour exciter les penchants anti-capitalistes d'une partie de l'opinion, nos gouvernements, au niveau national, ou mondial, prétendent prendre des mesures visant à "réformer" le système financier, et à le rendre plus "moral". 

Sont visés les "paradis fiscaux", qui permettent aux banques d'amoindrir le racket fiscal pesant sur leurs clients, les bonus des traders, dont le rôle dans le déclenchement de la crise est pour le moins difficile à définir (j'y reviendrai un autre jour), réglementer les "hedge funds", qui n'ont joué absolument aucun rôle dans le déclenchement de la crise, et ainsi de suite. 

Naturellement, l'entreprise de "moralisation" menée par l'état ne prétend pas s'arrêter au secteur financier mais s'étendre à tout le "capitalisme", qui serait par essence sauvage et indifférent au sort de l'individu et de l'environnement, et qui, suprême inconvenance, essaie de réduire sa facture fiscale par tous les moyens.

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mardi 3 novembre 2009

L'économie de marché ne peut pas se fonder sur n'importe quel système de valeurs

Sam GreggDepuis 2 000 ans, l'Eglise catholique s’acharne à planter dans l'humus de la civilisation humaine un ensemble d’idées aujourd’hui impopulaires : que la vérité existe ; que celle-ci n’est pas seulement de la variante scientifique ; que l’on peut la connaître par la foi et par la raison ; et qu’elle n'est pas ce que vous voudriez, ou « sentiriez » qu'elle soit.

Tout au long de sa vie, Benoît XVI a insisté sur ces thèmes, justement parce que beaucoup de monde, y compris de nombreux chrétiens, a perdu de vue leur importance.

Il se peut que la plus importante prétention à la vérité de la dernière encyclique papale "Caritas in Veritate" sur la vie économique est que l'économie de marché ne peut pas se fonder sur n'importe quel système de valeurs.

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dimanche 27 septembre 2009

L'économie a besoin d'une éthique, mais laquelle ?

Jean-Yves NaudetOn commence toujours la lecture d’une encyclique sociale par l’introduction, sans lire ce qui précède, c'est-à-dire les destinataires de la lettre. Or, les encycliques sociales récentes ont une particularité : elles ne s’adressent pas seulement aux catholiques, mais « à tous les hommes de bonne volonté ». C’est normal, car il s‘agit de réfléchir ensemble à l’organisation de la société et cela concerne tout le monde.

Cela implique, pour le pape, dans la tradition issue de Saint Thomas d’Aquin, de parler non seulement la langage de la foi, mais aussi celui de la raison. Tout homme peut comprendre la philosophie, chacun peut découvrir la loi naturelle inscrite dans son cœur. Tous sont donc invités à lire ce grand texte

Ensuite, une encyclique n’apparaît pas un beau matin, elle s’inscrit dans une histoire, celle de la doctrine sociale de l’Eglise, qui a commencé dans la période récente en 1891 avec ''Rerum novarum''"[Des Révolutions"] de Léon XIII

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mercredi 2 septembre 2009

Le Pape et son Encyclique : quiconque s'attendait à un rejet de l'économie de marché aura été déçu

'Le Père Robert Sirico a été pendant longtemps un habitué régulier des Universités d'été de la nouvelle économie à Aix en Provence. Il est le fondateur et président de l'Acton Institute for the Study of Religion and Liberty - un 'think tank' qui s'efforce de diffuser le message libéral dans les milieux du clergé et des associations de pratiquants catholiques américains. Le commentaire qui suit - sur l'Encyclique papale diffusée au début du mois de juillet - a été publié dans le Wall Street Journal du 10 Juillet. La traduction en a été assurée par François Guillaumat. Trait_html_691a601b.jpg

Dans sa troisième encyclique rendue publique au début du mois de juillet, Caritas in veritate (L’Amour dans la Vérité), le Pape Benoît XVI ne s’attarde pas sur des systèmes spécifiques de l'économie – il ne tente pas de favoriser le programme politique de qui que ce soit : il se soucie de la morale et du fondement théologique de la culture.

Le contexte est bien sûr celui d'une crise économique mondiale - crise qui s’est produite  au milieu d’un vide moral,  où  on avait abandonné l'amour de la vérité  au profit d'un matérialisme grossier.

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