Mot-clé - Grèce

Fil des billets

mercredi 28 octobre 2015

Dossier : des "monnaies parallèles" sans tuer l'euro ?

Henri Lepage est de ceux qui, comme Gilles Dryancour, considèrent que si la zone Euro s'était construite autour du projet britannique de "monnaie commune", avec un euro et des monnaies nationales en concurrence,  plutôt que du plan franco-allemand de "monnaie unique", il n'y aurait  jamais eu de problème grec. L'économie européenne s'en porterait sans aucun doute beaucoup mieux.

D'où les textes qui suivent, écrits sous forme de notes au mois de juillet 2015, en plein feu de l'actualité, alors que l'on découvrait les projets de l'ancien ministre grec Yanis Varoufakis pour lancer une éventuelle monnaie grecque parallèle sans pour autant sortir de l'euro. Ces textes sont reproduits dans leur rédaction originelle. Leur objet : essayer de comprendre concrètement comment une telle opération pourrait se faire et voir s'il y a des idées à en tirer.


NOTE 1 (6 juillet 2015) - LE PLAN B DE VAROUFAKIS : UNE IDEE A RECUPERER ?

Est-il possible de mettre la Grèce en congé d'euro pour un période de quelques années, tout en lui permettant de retrouver plus tard une place de partenaire à part entière ? Telle est la question qui, au début du mois de juillet de cette année, était au coeur des discussions sur l'avenir de la Grèce. Il s'agirait d'obtenir en quelque sorte un Grexit provisoire où, pour ne pas pousser l'humiliation trop loin, on demanderait aux grecs de commencer par remettre en profondeur de l'ordre dans leurs affaires, après quoi on rééxaminera si l'on peut procéder à leur réintégration. S'il s'agit vraiment d'épargner les susceptibilités grecques, il me semble qu'il serait beaucoup plus astucieux de se demander s'il ne serait pas plutôt possible pour la Grèce de recréer l'équivalent d'une Drachme nationale, qui lui permettrait de bénéficier des effets bénéfiques d'une dévaluation (abaisser le niveau général des prix et salaires internes de l'ordre de 30% par exemple), tout en ne quittant pas la zone euro. Est-ce possible ?


Lire la suite

vendredi 2 octobre 2015

Le 1er octobre 2015 : "les malédictions de l'euro", conférence de Gilles Dryancour

Ci-dessous, le texte écrit par Gilles Dryancour pour préparer sa conférence du jeudi 1er octobre à  l'Assemblée nationale (il n'y a pas eu d'enregistrement vidéo).

Gilles Dryancour est Président de l'Institut Turgot. Cadre supérieur d'une grande entreprise multinationale, il partage son temps entre Düsseldorf et Bruxelles. A ce titre il est bien placé pour analyser les dessous et les non-dits des événements liés à la crise grecque.

Les lecteurs qui ont lu ses articles précédents connaissent sa conviction. Il n'existe pas d'exemple d'union monétaire qui n'ait fini par éclater. L'Euro ne fera pas exception. Le propos de ce papier est de mettre en lumière les logiques et les intérêts politiques qui mènent envers et contre tout à soutenir le service de la dette grecque aux frais du contribuable européen. Un texte exceptionnellement éclairant.

Cet été nous avons vécu le troisième épisode de la tragédie de la dette grecque. Pendant trois semaines, les médias en ont fait leur marronnier, annonçant, tour à tour, la fin de l’euro, l’apocalypse monétaire, le retour de la drachme, la mise sous tutelle de la Grèce par la Russie, la mort de l’Union Européenne, et bien d’autres drames encore. Chaque analyste y est allé de son commentaire millénariste, comme si la comète de Halley était soudainement tombée du ciel. Pourtant, cette crise était parfaitement prévisible. Comme nous l’écrivions en 2010, la Grèce n’était plus solvable dès 2008-2009.

Lire la suite

jeudi 19 février 2015

Humour de gauche

Marc SuivreC’est un fait acquis : les socialistes vivent dans un monde parallèle. De ce décalage spatio-temporel nait la multitude de hiatus qui font d’eux la risée de leurs contemporains.

Comment peut-on gouverner en étant aussi coupé des réalités ? La réponse est dans la question. La certitude de vivre dans le camp du progrès y est pour beaucoup. Il est vrai que vu du pays de Candy : il n’y a que des méchants et des gentils. Ce maçonisme de bazar qui semble leur tenir lieu de viatique, veut que la gauche soit l’incarnation du Bien. Cette hypothèse, audacieuse à l’aune des zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire, les pousse probablement à voir le monde qui les entoure en blanc ou en noir, sans aucune nuance de gris (on ne leur en demande pourtant pas 50, juste 3 ou 4).

C’est de leurs certitudes puériles que viennent ce conformisme hallucinant et cette intolérance légendaire qui les conduit, si souvent, au ridicule le plus achevé en matière de déclarations péremptoires.

Lire la suite

mercredi 17 avril 2013

Partir pour Chypre ? Témoignage d'un marathonien

Chef d'entreprise et marathonien, Thierry Godefridi était à Chypre aux jours les plus forts de la crise pour participer au Marathon de Limassol (24 mars 2013). Il en a profité pour faire sa propre enquête sur place et interroger ses contacts professionels locaux : "Faut-il sauver Chypre ?".

 Chypre n'a pas besoin d'être sauvée, elle se sauvera bien toute seule. 

Une étude de Noble Energy, la société énergétique indépendante fondée en 1932 par Lloyd Noble et faisant partie aujourd'hui de l'indice boursier S&P500, a indiqué qu'il serait possible de récupérer 5.000 à 8.000 milliards de pieds cube de gaz naturel au sud de Chypre.

Lire la suite

mercredi 27 mars 2013

L'avertissement de Vaclav Klaus à l'Europe

Président Vaclav KlausAu début du mois Vaclav Klaus a quitté ses fonctions de Président de la République Tchèque. Quelques jour plus tard il était à Washington pour parler de l'Europe.

Son message : si l'Union européenne veut renouer avec la croissance et le développement économique, il lui faut amorcer un changement systémique à l'échelle de ce que l'Europe de l'est a été contrainte d'accepter il y a vingt ans.

Ci-dessous la traduction française de son intervention devant les invités du Cato Institute.

Jeudi 7 mars, j'ai terminé mon second mandat comme Président de la République Tchèque. Le nouveau Président est entré en fonction le vendredi. Il fut de tout temps mon principal adversaire et rival politique, appartenant à l'autre côté de l'échiquier politique et idéologique.

Lire la suite

vendredi 22 mars 2013

Crise à Chypre: les faux scandales et les vrais

La crise chypriote a suscité énormément de commentaires, d'analyses, et d'indignations sélectives. Comme d'habitude, la presse dite "mainstream" s'est montrée parfois assez superficielle, et nombreux sont les analystes invités à s'exprimer sur le sujet qui ont mal présenté, voire caricaturé certains aspects de la situation de l'île méditerranéenne. 

Les raisons de s'indigner ne sont pas toutes là où vous le croyez. 

Lire la suite

mercredi 20 mars 2013

Chypre et le principe de Sutton  : « Prendre l'argent là où il se trouve »

Professeur Jea-Jacques RosaAu-delà des informations d'actualité, le Professeur Jean-Jacques Rosa rappelle les faits qu'il ne faut jamais perdre de vue.

William 'Willie' Sutton (30 juin 1901 – 2 novembre 1980) était un voleur de banque américain multirécidiviste. On estime qu'il a volé plus de 2 millions de dollars au cours de sa carrière criminelle qui s'est étendue sur une quarantaine d'année et qui lui a valu de passer plus de la moitié de sa vie d'adulte en prison. Son habileté à se déguiser pour attaquer ses cibles lui a valu deux surnoms : « Willie l'acteur », et « l'astucieux Willie ». Sutton est plus spécifiquement connu en raison de la légende qui lui prête d'avoir un jour répondu que s'il attaquait les banques c'était « parce que c'est là que se trouve l'argent ! » (source : Wikipedia).

Lire la suite

jeudi 5 juillet 2012

Une surprenante (et cohérente) défense "autrichienne" de l'euro

HdeSoto.jpg Voila un texte qui viendra comme un choc à beaucoup de nos lecteurs. Il est extrait d'une étude (ici en.pdf) dans laquelle Jesus Huerta de Soto, l'un des grands disciples européens de Ludwig von Mises, renverse les problématiques avec lesquelles nous, libéraux, jugeons habituellement l'euro. A lire absolument. H.L.

Les économistes de l’Ecole Autrichienne sont partisans de l’étalon-or parce qu’il freine et limite l’arbitraire des politiques et gouvernants : il discipline le comportement de tous les agents impliqués dans le processus démocratique et incite les individus à une action ordonnée et morale. C’est, en somme, un frein au mensonge et à la démagogie, car il propage et facilite la transparence et la vérité dans les relations sociales. Ni plus ni moins.

Lire la suite

mardi 17 avril 2012

Protectionnisme : tirer sur la Chine, c'est se tirer une balle dans le pieds !

Steve Han keSteve Hanke s'inquiéte des conséquences désastreuses que pourrait entraîner, pour le monde entier, la conversion de Washington au «machisme mercantiliste».

Plus l'on se rapproche de l'élection présidentielle du mois de novembre, plus les Etats-Unis ressemblent à une cour de récréation où les populistes s'en donnent à cœur joie.

S'en prendre en particulier à la Chine est devenu, parmi bien d'autres jeux déplorables, une activité de plus en plus prisée.

Lire la suite

vendredi 3 février 2012

Zone euro : le miracle n'est pas pour demain !

Si le calme est apparemment revenu sur les marchés, les déséquilibres et les contradictions ne cessent de s'accumuler au sein de la zone euro. Gilles Dryancour fait le point et nous aide à débusquer les paradoxes et les non-dits de l'actualité politique et financière.

Les événements ne cessent de confirmer l’évidence : les Etats de l’Euroland,faute de croissance, ne pourront sauver la monnaie unique sans avoir recours à la déconfiture des pays insolvables ou à la monétisation des dettes publiques.

Lire la suite

dimanche 27 novembre 2011

"Moins de dépenses, plus d'impôts" : vertueux ou serviles ?

Selon Drieu Godefridi (« Vertueux Républicains ! »), le chemin de la vertu économique, politique et sociale passerait par « moins de dépenses et plus d’impôts », soit, allègue-t-il, le chemin inverse de celui suivi par ces « vertueux Républicains », responsables des plus beaux déficits des finances publiques américaines à coups de réductions d’impôts et de nouvelles dépenses en faveur de leurs clientèles propres (armée, ‘agro-business’, big business).

Lire la suite

mardi 1 novembre 2011

Crise de l'euro, crise grecque, crise de la démocratie

Alain DumaitGeorges Papandreou est un politicien.

Il ne pouvait plus affronter la colère populaire et ses violences.

Il fallait qu’il trouve une soupape susceptible de faire baisser la pression de la rue, évidemment très hostile à la politique d’austérité. La mise sous tutelle de Bruxelles faisait déborder le vase.

Lire la suite

vendredi 28 octobre 2011

Programme pour une sortie de crise...

Vincent BénardVoici, en toute immodestie, un plan de sortie de crise qu'aucun candidat à la présidentielle, aucun sommet européen, ne défendra, sauf miracle, mais qui pourrait permettre de refaire pousser des fleurs sur notre terre brûlée par la crise.

Mot d'ordre : "On peut encore s'en sortir, ne perdons pas espoir."

Lire la suite

mardi 27 septembre 2011

Crise grecque : le nécessaire retour du bon sens

« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », disait Descartes avec un brin d’ironie. 

C’est aussi la chose du monde la plus méprisée par les économistes, qui sont prompts à traiter de crétins ignorants ceux qui l’appliquent à l’objet de leur discipline. 

Bravons néanmoins leur opprobre en osant user de bon sens à propos de la crise grecque.

Lire la suite

samedi 17 septembre 2011

Cour constitutionnelle allemande : ce qu'il faut en retenir

Markus Kerber est professeur à l'Université de Berlin, et fondateur du think-tank berlinois "Europolis". Il fait partie du groupe d'économistes qui ont introduit auprès de la Cour constitutionnelle allemande un recours contestant les projets de sauvetage de la Grèce aux frais des contribuables européens.

.

Lire la suite

mardi 30 août 2011

Crise euro : le génie du défaut est sorti de la bouteille, il n'y rentrera plus...

Jacques DelplaJ'avoue être assez étonné (négativement) par les décisions de Mme Merkel et de M. Sarkozy depuis le 16 août 2011 (règle d'or, gouvernement économique, taxe Tobin, sanctions pour les pays en déficits excessifs).

Ils semblent ignorer l'ampleur de l'incendie et leurs réponses sont insuffisantes. La maison euro est en feu depuis le 21 Juillet. Le Génie du défaut est sorti de la bouteille. Il n’y rentrera plus.

Lire la suite

samedi 6 août 2011

Le 30 juin 2011 : "Sortir de l'euro : le bon scénario", séminaire avec Jean-Jacques Rosa

Les évènements financiers des derniers jours donnent un relief particulier aux propos tenus par le Professeur Jean-Jacques Rosa lors du séminaire organisé autour de lui le 30 juin dernier, dont voici l'enregistrement vidéo.

.

Cette réunion avait été organisée à l'occasion de la sortie de son dernier livre : "l'euro : comment s'en débarrasser " (publié chez Grasset). Le résumé qui suit a été reconstitué à partir des notes prises par Henri Lepage pendant la réunion.

Lire la suite

jeudi 4 août 2011

Euro : pas de monnaie commune sans dette commune

Jacques DelplaAutre opinion sur la crise. Celle de Jacques Delpla dans un texte où il révèle à quel point l'avenir de la zone euro est aujourd'hui sur le fil du rasoir.

Sans dette publique commune entre Etats membres, la zone euro ne survivra pas à court ou moyen terme. Une dette souveraine commune, avec garantie conjointe et solidaire entre Etats, est le seul moyen d’éviter son implosion.

Lire la suite

mercredi 27 juillet 2011

Euro : les données cachées de l'accord du 21 juillet

Gilles DryancourFaut-il, comme les dirigeants de l’Euroland, se réjouir du nouveau plan, adopté à Bruxelles le 21 juillet, pour sauver l’euro ?

Proclamer qu’il apporte une solution définitive à la crise de la dette publique en Europe ?

Au regard des décisions prises, cette annonce nous semble pour le moins prématurée.

Lire la suite

mardi 19 juillet 2011

Grèce : les trois scénarios

Sans doute eût-il mieux valu que la Grèce ne rentre pas dans l’euro.

 En conservant son drachme, elle n’aurait pu s’endetter inconsidérément comme elle l’a fait sous le parapluie de l’euro et la sous compétitivité de son économie aurait pu être corrigée par une dévaluation.

Lire la suite

vendredi 8 juillet 2011

Crise de la dette grecque : combien de temps encore durera le jeu de dupes monétaire ?

Depuis le 20 juin, date à laquelle notre précédent papier consacré à la crise de la dette publique grecque a été mis en ligne, les événements se sont précipités. Ils prennent d’ailleurs la direction que nous avions anticipée.

Le seul élément de surprise que nous y décelons vient de la vitesse à laquelle la séquence d’éclatement probable de l’Euroland semble se mettre en place.

Lire la suite

lundi 20 juin 2011

L'Europe et le piège grec : toujours plus haut sur la pyramide de Ponzi

Plus la zone euro s’enfonce dans la crise grecque, plus l’élite dirigeante européenne semble perdre pied et rechercher des expédients pour camoufler cette évidence qui s’impose, chaque jour un peu plus, aux marchés financiers : la Grèce est en déconfiture. 
Quel que soit le subterfuge financier qui sera bientôt mis en place par l’Eurogroupe, l’Etat Grec ne pourra plus être sauvé qu’aux dépends de ses créanciers. 

Lire la suite

jeudi 5 mai 2011

Dette grecque : le test de l'utimatum

Charles GaveLes économistes adorent inventer des tests pour vérifier la rationalité des agents économiques.

L’un d’entre eux s’appelle le test de l’ultimatum et en voici les règles.

Il se joue à deux joueurs. Le premier reçoit une somme d’argent, mais il doit en donner un pourcentage de son choix à un deuxième joueur. Si le deuxième joueur refuse cette proposition, personne ne touche rien

Lire la suite

mercredi 27 avril 2011

Dette grecque : il n'y aura pas défaut, voilà pourquoi et comment.

Jacques DelplaDéfaut ou pas sur la Grèce ? Après avoir longtemps pensé que oui, je fais ici mon coming out : je crois aujourd’hui que la Grèce ne fera pas formellement défaut.

A la place, sa dette sera financée, pendant très longtemps, par un mixte de prêts publics européens, de prêts « forcés » des banques et assureurs européens à qui la BCE et les Trésors auront tordu les bras et par la monétisation partielle de cette dette par la BCE. Le même raisonnement s’applique à l’Irlande ou au Portugal.

Lire la suite

jeudi 10 mars 2011

Euro : la Bundesbank ne pardonnera jamais...

Charles GaveMonsieur Weber, gouverneur de la Bundesbank a démissionné, et de la Bundesbank,et du conseil de la BCE, tant il était en désaccord avec la politique suivie par le Conseil et monsieur Trichet auquel il était censé succéder..

Depuis 40 ans que je fais ce métier, j’ai rarement été d’accord avec ce que faisait la Bundesbank, et pourtant cette chère institution était un des piliers indispensables de la stabilité financière mondiale tout simplement parce qu’elle défendait une notion que je considère particulièrement juste de ce qu’est la MONNAIE.

Lire la suite

mercredi 3 novembre 2010

Union monétaire : en route vers l'eurodrachme....

Gilles DryancourTard dans la nuit du 28 au 29 octobre, les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont accouché, dans la douleur, de nouvelles mesures de discipline budgétaire pour sauver l’euro.

Cette réforme complaisamment présentée, par la presse nationale, comme un succès sans précédent pour la diplomatie française laisse, cependant, planer un doute sur sa véritable portée

Lire la suite

jeudi 29 juillet 2010

L'Allemagne et le dossier grec : les juges constitutionnels feront-ils dérailler l'euro ?

Deux articles d’Ambrose Evans-Pritchard, récemment publiés par le Daily Telegraph, ont retenu toute mon attention.

Ils viennent, en effet, confirmer mes analyses économiques sur la fragilité institutionnelle de l’euro.

Dans ses deux articles, Evans-Pritchard pose clairement la question de savoir si le plan européen de renflouement de la Grèce et si la création du fonds de stabilisation de l’euro sont conformes au traité de Lisbonne et à la constitution allemande.

Lire la suite

vendredi 16 juillet 2010

L'euro survivra-t-il ?

Henri LepageCe texte a été écrit pour Politique Internationale, la revue de Patrick Wajsman. Il vient de paraître dans son numéro 128 (été 2010). Trait_html_691a601b.jpg

Il y a seulement quelques semaines, poser une telle question, ou même seulement l'évoquer, eût été jugé particulièrement inconvenant.

Certes, depuis la naissance de l'euro, il y eut toujours des économistes pour afficher leur scepticisme. Il s’agissait cependant de personnalités solitaires, très minoritaires au sein de leur profession et portant souvent bien haut — mais pas exclusivement — la bannière provocatrice de l'ultra-libéralisme.

En réalité, ils n'étaient pas seuls.

Lire la suite

lundi 14 juin 2010

Grèce et Estonie : deux modèles économiques aux antipodes l'un de l'autre

Steve HankeLe 12 mai dernier la Commission européenne recevait l'Estonie à bras ouverts, en recommandant que, l'an prochain, le petit pays balte soit autorisé à passer à l'euro.

On était bien loin de la réception glaciale réservée le 2 mai à la Grèce, lorsque ses partenaires européens, ainsi que le Fonds monétaire international, avaient promis de mettre au pot jusqu'à 145 milliards de dollars pour renflouer les finances irresponsables de l'état balkanique.

Economiquement, la Grèce et l'Estonie se trouvent carrément aux antipodes l'une de l'autre.

Lire la suite

mardi 1 juin 2010

Solidarité européenne... vraiment ?

Elgrably2.JPGC’est avec un profond soupir de soulagement que la planète a accueilli le plan historique de 110 milliards d’euros mis au point par le Fonds monétaire international et l’Union européenne afin de sauver la Grèce de la faillite.

Cette mesure exceptionnelle satisfait tous les politiciens, analystes et commentateurs occupés depuis plusieurs mois à chercher un plan de sauvetage qu’on pense maintenant avoir trouvé. Mais nous sommes-nous demandé pourquoi on insiste tant pour la secourir?

Lire la suite

mercredi 26 mai 2010

Euro : l’hubris des chefs d’État

Florin AftalionEn acceptant, contrairement à leurs engagements antérieurs, de se porter conjointement solidaires des dettes nationales, les États de l’Union monétaire perdent leur crédibilité.

Le marché commun a été une réussite de dimensions historiques. Il a durablement scellé la paix entre l’Allemagne et la France et largement contribué à la prospérité économique des pays réunis en son sein.

Cette réussite a, hélas, grisé nos chefs d’État. Des ambitions politiques démesurées sont venues gâcher la fête et ruiner la construction européenne.

Lire la suite

jeudi 13 mai 2010

Merci à la Grèce

Marc de Scitivaux A l'heure où l'Europe met 500 milliards d'euros sur la table pour sauver sa monnaie, il peut paraître provocateur de se réjouir de la crise grecque. Et pourtant...

Pour tous ceux qui depuis des années voyaient la France s'enfoncer dans des déficits dont il était évident que personne au sein du monde politique n'était capable, par aveuglement ou intérêt électoral, de stopper la course folle ; pour tous ceux qui, stupéfaits, voyaient les Français réclamer des "réformes" tout en s'opposant à la remise en cause des "avantages acquis", acquis souvent grâce à l'irresponsabilité des dirigeants, l'affaire grecque est venue montrer l'issue : la course folle vers toujours plus de déficits s'est arrêtée, pour une raison simple, les prêteurs ne veulent plus prêter

Lire la suite

mardi 11 mai 2010

Faillite de la Grèce ou faillite de l'Etat Grec ?

Le Dr Patrick de Casanove, secrétaire général du Cercle Bastiat Depuis plusieurs semaines on nous rebat les oreilles avec la faillite de la Grèce. Les politiciens de tout bord hurlent qu’il faut « sauver la Grèce ». Ils n’ont qu’une recette : faire payer le contribuable Grec et Européen. Haro sur l’Allemagne coupable de ne pas cracher assez vite au bassinet, après avoir été coupable d’avoir redressé son économie.

On voudrait nous faire croire que c’est la faillite de la Grèce. Rien n’est plus faux. C’est la faillite de l’Etat en Grèce. C’est la preuve éclatante de la dangerosité des hommes politiques, des hommes de l’Etat. Ceux-ci ont ruiné leur pays. Ce ne sont pas les Grecs eux-mêmes. Ce sont les hommes de l’Etat, ce qui inclue leurs complices dits « privés »

Lire la suite

lundi 10 mai 2010

Lorsque la BCE transforme l'euro en drachme...

Aain MadelinSi la crise grecque a pris cette ampleur, c'est qu'elle est à la fois révélatrice d'une crise de l'euro et des risques du surendettement des Etats.

Sans l'euro, une Grèce surendettée dans sa monnaie trouverait une porte de sortie dans la dévaluation. En jouant les pompiers, l'Europe et le FMI permettent à la Grèce de placer sa dette.

Reste la question "pourra-t-elle rembourser ?". Et cette question dépasse les frontières de la Grèce.

Lire la suite

dimanche 9 mai 2010

La Grèce victime des illusions de l'Euro... il faudrait qu'elle en sorte au plus vite !

Philippe Simonnot Le drame économique et financier, et bientôt politique, que vit aujourd'hui la Grèce était tellement prévisible, et prévu par de bons esprits, que les larmes de crocodile qui sont versées aujourd'hui au chevet du malade de l’Europe prêteraient à sourire si le drame ne risquait de tourner à la tragédie non seulement pour la Grèce, mais aussi pour toute l’Europe

Pourquoi était-il prévisible ? Parce que la construction de l’euro souffre d’un vice que l’on a voulu cacher bien qu’il ne fut que trop évident.

Lire la suite

mercredi 5 mai 2010

La crise de la Zone Euro est loin d'être terminée

Sur quoi tout cela va-t-il déboucher ? Pour éclairer votre lanterne nous vous proposons de lire attentivement cette note écrite par les économistes de Gavekal au lendemain de l'accord européen sur le plan de sauvetage à la Grèce (c'était lundi dernier). Merci à Charles Gave de nous avoir autorisé à en publier la traduction (réalisée par François Guillaumat).

Une chose est claire :  en dépit du plan de sauvetage,  les investisseurs ne croiront pas que la menace de l'insolvabilité grecque ait définitivement été écartée.

Cela veut dire que lesdits investisseurs vont continuer à se tenir à l'écart des obligations grecques, en partie parce que l'argent disponible ne suffira à maintenir cet état à flot que pour deux ou trois ans, alors que les mesures déflationnistes exigées par l'Allemagne et le FMI  vont plonger la Grèce dans une profonde dépression, ce qui soulèvera encore davantage de questions sur la capacité du pays et sa volonté d'assurer à long terme le service de sa dette.

Lire la suite

vendredi 16 avril 2010

Pour sortir de la crise grecque: mettre (enfin) un terme à la Guerre de Troie

Jacques DelplaRépondre à la crise budgétaire actuelle suppose de revenir à l’Iliade d’Homère et de comprendre qu'il faut mettre enfin un terme à la Guerre de Troie. Pourquoi ?

Parce que, malgré les craintes des marchés, la Grèce pourrait ne pas manquer à ses obligations concernant sa dette publique.

Comment ? Elle pourrait aisément réduire ses dépenses militaires d’au moins 3 points du PIB, si une initiative multilatérale de paix était lancée entre la Grèce, la Turquie et Chypre, à l’aide des Américains et des Européens. À la différence du Portugal ou de l’Irlande, la Grèce pourrait tirer un considérable bénéfice de la paix pour réduire son déficit budgétaire titanesque.

Lire la suite

jeudi 18 mars 2010

Dette : encore un instant, monsieur le bourreau !

Marc de Scitivaux Une faillite est prononcée quand les prêteurs s’arrêtent de financer les déficits (et pas quand on dépense plus que ce que l’on gagne).

Cette décision n’est pas motivée par le niveau de la dette ( après la guerre, la dette américaine était de 120% du PIB et vingt-cinq ans après, de 28%, sans inflation); mais par la conviction que la situation de l’individu, de l’entreprise ou de l’Etat, non seulement interdit de rembourser sa dette, mais conduit inexorablement à une croissance de celle-ci : en pourcentage des revenus pour un particulier, du chiffre d’affaires pour une entreprise, des ressources fiscales pour un Etat.

C’est donc ce qui vient d’arriver pour la Grèce et c’est pour cela qu’elle fait appel à des prêteurs désormais motivés par des raisons politiques plutôt qu’économiques.

En quoi la France est-elle différente de la Grèce ? En rien.

Lire la suite

mardi 16 mars 2010

Interdire les CDS ? C'est complètement dingue...

Charles Gave"Ces pelés, ces galeux d’ou venaient tout le mal…"

Décidément ce bon monsieur de Lafontaine est bien utile pour commenter les crises financières à répétition que nous traversons. Il y a quelques mois j’avais utilisé la fable de la cigale et de la fourmi, aujourd’hui je voudrais me servir d’une autre fable, celle des animaux malades de la peste.

Le lecteur se souvient que dans cette fable, le royaume des animaux étant atteint par une épidémie de peste, le Roi (le Lion) décide que chacun doit s’accuser des crimes qu’il a commis, puisqu’il s’agit certainement d’une punition Divine consécutive a quelque forfait inconnu. Tous les grands s’accusent de crimes abominables, mais personne ne leur dit rien, car ils sont bien trop puissants, jusqu'à ce que les moutons avouent qu’ils ont tondu un pré dans lequel ils n’auraient jamais du aller. Ils sont immédiatement mis a mort.

Lire la suite

lundi 8 mars 2010

Les états baltes, la Bulgarie et la Grèce

hanke2.JPG Tous les yeux sont fixés sur la Grèce, épicentre du plus récent des séismes financiers.

Ces dernières semaines, les cours boursiers et obligataires de la Grèce ont plongé, alors que bondissaient les prix des Swaps sur défaillance de crédit (CDS). Les difficultés de la Grèce ont également mis sous pression l'euro – la monnaie dont se servent la Grèce et quinze autres membres de l'Union monétaire européenne. La crise a mis sur la sellette le gouvernement récemment élu (en octobre 2009) du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) et son Premier ministre George Papandreou. Le Premier ministre Papandreou -- qui est également président de l'Internationale socialiste et dont le père et le grand-père ont aussi été Premier ministres de la Grèce – a de l’expérience et, généralement, des mœurs tempérées. Mais la crise met à l’épreuve sa patience même.

Lire la suite