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samedi 28 novembre 2015

Lois d'urgence : Faut-il s'asseoir sur les libertés au nom de l'anti-terrorisme ?

Suite aux récents événements du 13 novembre, une excellente réaction de notre ami Vincent Bénard, initialement publiée sur le site Objectfif Eco.

Meurtris par les attentats, les Français semblent prêts à sacrifier une partie de leurs libertés à l'urgence sécuritaire. Par 551 voix contre 6 à l’assemblée, avec aussi peu de résistance au sénat, et avec le soutien de 84% de la population d’après des sondages récents, le gouvernement vient de faire adopter dans la même loi une prolongation à 3 mois de l’état d’urgence, tout en changeant les termes de la loi.

Pire, certaines déclarations du monde politique font peur. Je ne compte plus les appels à “réduire les libertés pour assurer la sécurité”, et le premier ministre vient tout de même d’exhorter le conseil constitutionnel à ne pas se mêler des lois d’urgence ainsi promulguées, pour ne pas gêner l’action des forces de l’ordre, reconnaissant donc implicitement que sa loi n’est peut être pas tout à fait respectueuse de la constitution.

Un président, garant de la constitution, qui laisse un premier ministre s’asseoir sur les valeurs constitutionnelles: voilà une évolution qui ne rassure guère. Que nous réserve la révision constitutionnelle promise par François Hollande dans ces conditions ?

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mardi 14 janvier 2014

Affaire Dieudonné : nouvel exemple des processus de régression de la pensée juridique française

Philippe NemoL'affaire Dieudonné et les décisions du Conseil d'Etat concernant son spectacle nous incitent à ressortir un texte de Philippe Nemo publié par l'Institut Turgot en juin 2011.

Compte tenu du contexte de l'époque, ce texte prend comme sujet le concept de "provocation à la discrimination". Mais remplacez le mot "discrimination" par le mot "haine" (incitation à la haine), l'analyse de Philippe Nemo s'applique exactement de la même manière. Il n'y a quasiment pas à changer un mot.

Cet extrait de son petit livre "la régression intellectuelle de la France" dénonce les dérives de notre droit qui autorise désormais des juges, en contradiction avec toute l'histoire de notre tradition juridique, à procéder selon un logique holiste de type magique, fétichiste et obscurantiste. L'affaire Dieudonné nous en offre un nouvel exemple.

La perversion des lois mémorielles tient au fait qu’en sanctionnant des propos et non des actes, elles font sortir le droit pénal du seul registre où il peut avoir un sens rationnel et donc une légitimité dans une société moderne laïque et acquise en principe à l’esprit de science.

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vendredi 3 janvier 2014

Drieu Godefridi et les libertariens : Damien Theillier et Stéphane Geyres réagissent

Suite à la publication de l'interview de Drieu Godefridi par Grégoire Canlorbe, et aux jugements critiques qu'il y émettait à l'égard des libertariens, nous avons reçu deux longues réponses de nos amis Damien Theillier et Stéphane Geyres, respectivement Président et Secrétaire général de l'Institut Coppet

C'est avec plaisir, et le plein agrément de Drieu Godefridi, que nous en publions le texte ci-dessous, en espérant que cela débouche sur une fructueuse et cordiale discussion. Meilleurs voeux 2014.

La réponse de Damien Theillier

Désireux d’abord de publier sur notre site l’entretien que Grégoire Canlorbe avait réalisé avec le philosophe Drieu Godefridi, nous avons finalement renoncé à le faire. En effet, si la lecture de cet entretien donne à réfléchir sur de nombreux sujet, sur certains points particuliers, il nous a semblé très dommageable. Un certain nombre de penseurs libéraux/libertariens de premier plan sont présentés de façon caricaturale et prêtent ensuite à une critique facile.

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vendredi 18 octobre 2013

Dette : quitte à proposer une solution radicale, pourquoi pas la répudiation pure et simple ?

Plutôt qu'un impôt exceptionnel de 10% sur le capital proposé par certains experts du FMI pour  résoudre la question du caractère insoutenable de l'endettement des états, Olivier Braun suggère une solution encore plus radicale : répudier une fois pour toute la dette publique. 

Reprenant des arguments naguère développés par Murray Rothbard, il considère qu'en toute justice Il n'y a pas de raison d'exiger de citoyens innocents qu'ils paient pour sauver la mise de prêteurs imprudents et complices volontaires des états.

Le Figaro révèle, dans son article “le FMI propose une supertaxe sur le capital1 qu'un récent rapport sur les finances publiques rédigé par le FMI énumère différentes solutions théoriques pour régler le problème de l'endettement public. Parmi celles-ci, l'accent est mis sur l'idée d'une taxation en une fois de l'épargne pour rembourser la dette, à hauteur de 10% si l'on fait la moyenne dans la zone euro.

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mercredi 2 octobre 2013

Loi Taubira et effondrement de l'Etat de droit : comment l'idéologie de l'état-providence pousse au crime...

Notre ami Gilles Dryancour est de retour avec une étude particulièrement décoiffante. Il nous propose une analyse renouvelée - et d'actualité - de l’économie du crime. 

Ce projet, nous a-t-il confié, est né de la lecture d’un livre remarquable, par son courage intellectuel : "La France orange mécanique",  de Laurent Obertone (1).

Dans le champ empirique, l’ouvrage d’Obertone confirme le modèle théorique développé, en 1968, par le futur prix Nobel d’économie Gary Becker. 

Dans son célèbre article, Crime and Punishment, Becker explique que le nombre de crimes dépend d’un calcul rationnel effectué par les délinquants. Consciemment ou inconsciemment, ceux-ci comparent le gain potentiel de leur crime aux coûts qui peuvent y être associés. Ces coûts sont donnés par la probabilité d’être arrêté, jugé et puni (2).

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mercredi 29 mai 2013

21 Janvier 2013 : "De quel Droit ?", conférence Alain Madelin

Ci-dessous, avec beaucoup de retard, la vidéo de la conférence d'Alain Madelin sur le Droit, donnée le lundi 21 janvier 2013 - sans doute l'une des meilleures de toutes les conférence du cycle lancé à la fin de l'année dernière.

D'où vient le Droit ? Quelles sont ses origines ? Alain Madelin répond à ces questions fondamentales et décrit le combat entre la force et le Droit du début de la société à aujourd'hui qui consacre la supériorité du droit sur la forme.

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lundi 6 mai 2013

Trop de lois : comment en finir avec l'inflation normative

Philippe JaunetTous les Français le savent : il y a trop de lois en France. Ce phénomène qu’on appelle, dans les milieux officiels : inflation normative, a certainement des causes anciennes, du fait de la forte tradition interventionniste de notre pays ; mais le point culminant semble avoir été atteint dans la mesure où les politiques eux-mêmes s’inquiètent du nombre de règles produites chaque année.

On peut sourire d’un tel constat mais, qu’on le veuille ou non, il s’agit là de quelque chose de nouveau.

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dimanche 24 février 2013

11 février 2013 : "Les limites de l'Etat", conférence d'Alain Madelin

Ceci était la cinquième conférence d'Alain Madelin présentée dans le cadre de son grand cycle annuel de réunions organisé sur le thème "Comprendre l'économie pour mieux comprendre le monde". Le sujet de cette soirée : "Les limites de l'Etat " Des problèmes d'ordre technique ont  […]

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dimanche 17 février 2013

28 janvier 2013 : "Les institutions de l'état de Droit", conférence de Jean-Philippe Feldman

Ce lundi là, Me jean-Philippe Feldman, professeur agrégé des facultés de droit et avocat à la Cour de Paris, était le troisième orateur invité par Alain Madelin dans le cadre de son grand cycle annuel de conférences organisé autour du thème "Comprendre l'économie pour mieux comprendre le monde".

Jean-Philippe Feldman est un spécialiste des questions constitutionnelles. C'est à ce titre que nous l'avons à différentes reprises invité à participer à plusieurs séances de l' Observatoire du droit et des libertés individuelles.

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mercredi 21 mars 2012

Elections : de quel droit se permettent-ils... !

Patrick de CasanoveLes politiciens ne veulent pas voir les causes de la crise. Probablement parce que cela ne les intéresse pas, pour la simple raison qu’ils en sont responsables. Comme ils sont responsables des dettes et déficits publics.

Ils veulent faire croire aux gens qu’ils peuvent régler ces problèmes. Mais, prisonniers de leurs certitudes dirigistes, ils persistent dans leurs erreurs qui sont, de ne pas réduire la dépense publique mais d’augmenter les prélèvements obligatoires, de ne pas rendre la liberté économique mais d’accroître l’interventionnisme de l’État, de ne pas faire confiance à l’épargne mais de miser sur le crédit bon marché et la planche à billets.

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jeudi 20 octobre 2011

Débat : Plaidoyer en faveur de la « règle d’or » - ce qu’elle doit être et ce qu’elle permet

Comme chacun sait, le gouvernement aurait souhaité faire inscrire le principe d’équilibre budgétaire dans la Constitution française, sujet qui a suscité plusieurs commentaires parmi les milieux libéraux. 

Drieu Godefridi, dans un récent billet d’opinion paru sur ce site, estime ce projet inutile, raillant « l’absurdité juridique et politique d’une règle qui ne règlera rien du tout ».

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dimanche 12 juin 2011

Liberté d'opinion et lois de censure : les processus de régression de la pensée juridique française

Philippe NemoPhilippe Nemo publie un petit livre ("La régression intellectuelle de la France") qui devrait résonner comme un coup de tonnerre dans les couloirs feutrés des prétoires français.

Ci-dessous, un extrait qui nous mène droit au coeur de son réquisitoire contre "les lois de censure", et les dérives d'un droit "post moderne" qui autorise désormais une certaine justice à procéder selon une logique holiste de type magique, fétichiste et obscurantiste.

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lundi 6 juin 2011

Controverse : Les libéraux, l'Etat, et le droit

Philippe Jaunet "Dans une société libre, l’Etat n’administre pas les affaires des hommes. Il administre la justice entre les hommes qui mènent eux-mêmes leurs propres affaires". (Walter Lippmann (1))

Pour le sociologue Georges Sorel, auteur, en 1900, d’un petit opuscule nommé : Les aspects juridiques du socialisme, chaque doctrine politique est amenée à développer une certaine conception du droit, du fait des choix qu’elle opère quant aux places respectives de l’individu et de l’Etat.

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mercredi 18 mai 2011

Sécurité routière : le délire répressif

Le renforcement de la répression routière provoque un fort mécontentement. Il y a tout juste deux ans, voici comment notre ami Vincent Bénard réagissait au précédent train de mesures de 1999. Reprise intégrale de son excellent texte de l'époque.

L'annonce d'un nouvel et énième renforcement des mesures de répression anti-automobilistes, si elle ne saurait étonner, provoquera sans doute lassitude et écoeurement chez nombre de citoyens qui, sans avoir rien à se reprocher, se sentiront un peu plus traités comme la pire espèce de criminels.

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vendredi 22 octobre 2010

La France a besoin d'autorité

Drieu GodefridiIl existe, dans l’actualisation du droit de grève, une gradation : bien que susceptibles d’imposer de facto le repos aux non-grévistes, les arrêts de travail individuels et collectifs sont légaux et reconnus comme légitimes, à condition de respecter un certain nombre de règles minimales, telles que le préavis qui permet, dans les services publics, que soient prises des mesures de sauvegarde.

En France, le droit de grève semble toutefois ne s’épanouir pleinement qu’en dehors des limites de la légalité.

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vendredi 2 juillet 2010

Les racines spirituelles du capitalisme

Nicholas CapaldiCe sont la jalousie et l'ingénierie sociales, et non le marché, qui sont la cause de notre malaise, explique Nicholas Capaldi dans cet article paru sous le titre "Spiritual Capitalism" dans The American Conservative, en date du 5 mars 2010. Traduction de François Guillaumat. Trait_html_691a601b.jpg Comme les vampires des contes qui ne cessent de vous hanter, ils semblent ne jamais pouvoir mourir, ces discours comme quoi ce serait le libéralisme qui détruit la société.

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mardi 22 juin 2010

L'illégalité de l'interdiction des apéros saucisson-pinard

Lucien Samir OuhlahbibIl n'est pas illégal de manger du porc et de boire du vin en France, sans avoir besoin de s'assurer au préalable que toute personne désireuse de manger autre chose puisse l'obtenir. Dire le contraire est un mensonge et cela devrait être passible des tribunaux.

Olivier Duhamel, qui est pourtant un professeur de science politique spécialisé en droit constitutionnel, devrait le savoir; or, il a eu un éditorial affligeant sur France Culture lundi 21 juin 2010 à 07h55.

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mercredi 14 avril 2010

La démocratie européenne périra-t-elle en Grèce ?

Gilles DryancourC’est un lieu commun de la science politique que celui de rappeler que la démocratie est née en Grèce, à Athènes, aux alentours du VIe siècle avant notre ère (1). Cela en sera peut-être, bientôt, un autre de dire qu’elle y est morte au début du troisième millénaire.

En effet, les sophismes que l’on voit se développer pour justifier le renflouement de la Grèce ont de quoi inquiéter tous les partisans de l’Etat de droit.

Mais, pour comprendre quels sont les enjeux métapolitiques de cette crise interne à l’Euroland, il convient de revenir sur la longue histoire de la démocratie politique en Occident.

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vendredi 19 mars 2010

Logement : droit opposable, droit au pillage !

Michel de PoncinsVoici de nouveau sur le devant de la scène le manque de logements et les associations en émoi à propos des expulsions éventuelles. Elles ignorent ou veulent ignorer que le manque récurent de logements est du aux politiques dirigistes depuis des décennies, politiques très accentuées depuis l'été 2007.

Elles agitent le droit au logement opposable, nouveauté de l'année 2007 ; il a constitué, en fait, un progrès majeur du socialisme vers lequel le pouvoir nouveau à l'époque se dirigeait à marche forcée. Il fera parler de lui pendant longtemps, tant le système est ingérable et contraire au droit de propriété. La loi « DALO » qui le mettait en oeuvre est entrée en application le 1er janvier 2008.

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lundi 18 janvier 2010

De la Justice privée : justice rétributive contre justice collective

François-René RideauFrançois-René Rideau est l'administrateur du site Bastiat.org. C'est un fin connaisseur de la philosophie libérale du droit. Ce texte, qu'il vient de publier sur Le Québécois Libre, est une remarquable critique libertarienne du fonctionnement de la justice moderne, en référence notamment à l'actualité française. Trait_html_691a601b.jpg

lI y a quelques années (en 2000), les politiciens français, « de gauche » et « de droite », se sont déchirés autour d'une loi « sur la présomption d'innocence ».

En fait de débat d'idée, il n'y a eu qu'insultes, invectives et appels corporatistes, et les Français ignorent toujours tout du contenu de cette loi.

Derrière le simulacre démocratique, les simples citoyens sont complètement dépossédés de la gestion de leur propre sécurité, effectuée en leur propre nom mais en dépit de leurs opinions. Leurs droits élémentaires peuvent être discutés, aménagés ou jetés aux orties, sans qu'ils n'en sachent ni ne comprennent jamais rien.

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samedi 14 novembre 2009

Débat sur la morale : l'étatisme, agent corrupteur du capitalisme


Profitant de la crise actuelle pour exciter les penchants anti-capitalistes d'une partie de l'opinion, nos gouvernements, au niveau national, ou mondial, prétendent prendre des mesures visant à "réformer" le système financier, et à le rendre plus "moral". 

Sont visés les "paradis fiscaux", qui permettent aux banques d'amoindrir le racket fiscal pesant sur leurs clients, les bonus des traders, dont le rôle dans le déclenchement de la crise est pour le moins difficile à définir (j'y reviendrai un autre jour), réglementer les "hedge funds", qui n'ont joué absolument aucun rôle dans le déclenchement de la crise, et ainsi de suite. 

Naturellement, l'entreprise de "moralisation" menée par l'état ne prétend pas s'arrêter au secteur financier mais s'étendre à tout le "capitalisme", qui serait par essence sauvage et indifférent au sort de l'individu et de l'environnement, et qui, suprême inconvenance, essaie de réduire sa facture fiscale par tous les moyens.

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samedi 2 mai 2009

Table-ronde du 2 avril 2009 à l'Assemblée nationale : Présomption d'innocence et état de droit

Coeur de la doctrine politique libérale, la notion d' "état de Droit" donne souvent lieu à bien des confusions et malentendus. Alors que nous assistons à un puissant mouvement de retour de l'Etat, et que la crise semble porter le discrédit sur les idées libérales, il nous semble plus que  […]

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mercredi 8 avril 2009

Le G20 : printemps du droit international ?

François EwaldLondres (G 20), Strasbourg (Sommet de l’Otan), Prague (Conseil de l’Europe), dans ces trois capitales de la vieille Europe la mondialisation a pris un nouveau sens. L’euphorie qui s’est emparée des chefs d’Etats témoigne de ce qu’ils ont été eux-mêmes surpris de ce qu’ils ont découvert comme devant former le cadre de leur coopération commune future. Que s’est-il donc passé qu’ils n’avaient eux-mêmes anticipé ?

La mondialisation a changé de statut : elle est passée d’un état de fait, brutal, dérégulé, égoïste, violent, parfois sanglant, - un peu à l’instar de l’état de nature des philosophes politiques - , à celui d’état de droit, promesse de nouveaux jeux coopératifs.

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