Institut Turgot

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lundi 23 juin 2014

Bernanke : pompier ou pyromane ? Comment la Fed a, de fait, provoqué la tragédie de l'automne 2008

Suite de notre retour sur les évènements économiques et financiers de l'année 2008. 

Au cours de l'été, parce qu'elle se trompe d'adversaire (cf notre article du 16 juin), la banque centrale US laisse passivement se produire, à contre-temps et sans en être consciente, un brutal resserrement de la liquidité monétaire. Résultat :  un "choc monétaire" non anticipé qui est le responsable direct des dramatiques enchaînements de l'automne.
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Pendant toute la première partie d'émergence de la crise (été 2007 – printemps 2008) la banque centrale américaine avait apparemment plutôt bien réagi, prenant rapidement, et de manière résolue, les mesures qui s'imposaient.

Les débuts de la crise des subprimes datent de l'été 2006. Dès cette époque, suite au dégonflement de la bulle immobilière, on assiste à une chute très rapide de la croissance dans toutes les activités liées à la construction et à l'immobilier. Le taux de croissance de ce secteur devient négatif dès le premier semestre 2007. Pourtant l'incidence sur l'activité globale reste relativement limitée. 

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lundi 16 juin 2014

Bernanke : pompier ou pyromane ? Retour sur 2008, l'année de la Grande Récession

Dans son dernier article, notre ami Gilles Dryancour évoque le concept de "taux d'intérêt naturel", et le rôle que celui-ci aurait joué dans la genèse des processus qui ont mené à la Grande Récession 2008/2009.

Cette mention me conduit à proposer à nos lecteurs une série de trois textes dont la leçon est qu'à l'été 2008 la Fed a bel et bien commis le même type d'erreur que dans les années trente.

Ces textes reviennent  en détail sur ce qui s'est passé entre le troisième trimestre 2007 et le second trimeste 2009 - c'est à dire le moment où sont clairement apparus les premiers signes de la crise et le moment où finalement la Grande Récession a atteint son point le plus bas. Le second sera mis en ligne la semaine prochaine.

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Pour les keynésiens la régulation conjoncturelle repose sur l'usage concommittant tant de l'outil monétaire que budgétaire. La politique monétaire consiste fondamentalement à utiliser le maniement du couple taux-réserves pour baisser les taux lorsque la conjoncture est en panne, ou au contraire à les relever lorsque l'on a le sentiment qu'il y a surchauffe. Les deux données macroéconomiques à surveiller sont l'emploi et l'inflation, d'ailleurs en principe liées entre elles par une relation relativement stable (courbe de Phillips).

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lundi 12 mai 2014

L'absurdité de l'offensive politico-médiatique française contre "l'euro fort"

A l’approche des élections européennes, le débat sur l’euro a été timidement relancé en France. Au mois d’avril, plusieurs personnalités ont pris parti contre l’euro fort. Parmi bien d’autres, nous retiendrons les déclarations de Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, publiées dans le Figaro du treize avril :

« L'euro est anormalement fort compte tenu de la position de la zone euro dans le cycle économique et de son retard dans la reprise de la croissance par rapport à d'autres » (1).

Les propos de Christian Noyer succédaient à ceux de Mario Draghi. La veille, le Président de la BCE s’était exprimé en marge d’une réunion du Fonds Monétaire International à Washington, ce qui lui valut ce commentaire dans Le Monde :

«Un renchérissement du taux de change [de l’euro] nécessiterait davantage de stimulation monétaire, a dit M. Draghi. Le propos tranche avec la prudence habituelle de la BCE en matière de taux de change. Il laisse clairement entendre que la vigueur de l’euro fragilise la croissance. Il faut donc que l’euro soit moins fort. Pour cela, M. Draghi dit qu’il se tient prêt à mener une politique monétaire plus accommodante […] Il s’agit d’injecter plus de liquidités dans l’économie, notamment pour compenser l’impact négatif de l’austérité budgétaire sur l’activité » (2).

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mardi 28 janvier 2014

Le bilan de Bernanke à la Fed = zéro pointé

Ben Bernanke quitte la Présidence du système américain de Réserve Fédéral alors que celui-ci célèbre ses cent années d'existence. Un autre économiste, Janet Yellen, lui succède. 

Alors que tous les médias lui tressent des couronnes, Steve Hanke, professeur à la célèbre John Hopkins University, juge que son collègue, le Professeur Bernanke, mérite au contraire un zéro pointé. Il explique pourquoi.

La grande majorité de ceux à qui on a demandé de juger les douze années pendant lesquelles le Professeur Ben Bernanke est resté à la tête du système américain de Réserve fédérale – la Fed – lui ont décerné d'excellentes notes. Pour ma part, je trouve ces notes bien trop généreuses. Personnellement, je pense que c'est plutôt une mauvaise note qu'il mérite.

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vendredi 10 janvier 2014

Sortie de crise : le "QE" divise les économistes

Lepage.jpgMalgré les meilleures nouvelles des dernières semaines (sanctionnées par la décision de Ben Bernanke d'entamer le processus de réduction - bien timide - de ses interventions au titre de sa politique de "Quantitative Easing"), l'économie américaine n'est pas encore sortie de l'auberge.

Taux zéro et « Quantitative Easing » ne sont pas la panacée que décrivent généralement les médias. Voici pourquoi.

Même si, depuis peu, cela semble aller mieux, jamais une reprise américaine n'a été aussi désespérément faible et longue à se manifester – taux de croissance annuel moyen pour la période 2008-2012 : + 0,6% - (1), malgré des taux d'intérêt quasiment égaux à zéro et une politique monétaire réputée extrêmement laxiste (Quantitative Easing).

Cette situation inédite pose un véritable défi aux économistes. Nous vivons une période passionnante avec le retour de véritables affrontements entre grandes écoles de pensée, tels que nous n'en avions plus connus depuis les grandes joutes des années trente. Chacun, selon ses penchants idéologiques, y va de son explication.

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mardi 3 décembre 2013

Europe : le « German bashing » ne doit pas nous faire prendre les vessies pour des lanternes

Steve Han keDans un nouveau texte récemment mis en ligne sur le site du Cato Institute, le professeur Steve Hanke dénonce l'opération de diversion et de camouflage de la réalité qui se cache derrière les virulentes critiques adressées à la politique économique allemande.

Il complète et précise l'analyse publiée ici même la semaine dernière.

C'est maintenant un fait avéré, les leaders de l'establishment économique, ceux qui parlent en son nom, ont déclaré la guerre à l'Allemagne.

Les premiers coups de feu de cette bataille (German Bashing) sont venus rien moins que du Ministère américain du Trésor qui, dans l'une de ses publications officielles semestrielles (Foreign Exchange Report ) a eu l'audace de rendre l'Allemagne responsable des retards de la reprise économique en Europe.

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vendredi 22 novembre 2013

Sortie de crise : les Etats-Unis et l'Europe victimes d'une politique monétaire schizophrénique

Abondance de monnaie "publique" (monnaie de base), pénurie de monnaie "privée" (monnaie de banque)... 
Sachant que la monnaie de banque fait à elle seule plus de 80% de la masse monétaire globale, explique notre ami Steve Hanke, c'est une situation intempestive de resserrement monétaire global provoquée par les nouvelles réglementations bancaires et financières qui a provoqué le blocage de la sortie de crise.

« L'argent, ça compte !» (Money matters)...reprenant une maxime de Milton Friedman, tel est ce que je ne cesse de répéter dans mes colonnes. 
Depuis le rush des déposants sur les guichets de la banque britannique Northern Rocks - point de départ de la grande crise financière – la croissance de la masse monétaire, au sens large, en a pris un sacré coup, que ce soit aux Etats-Unis, en Grande Bretagne ou en Europe.

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mercredi 11 septembre 2013

How Central Banks are Failing the Recovery

Voici pourquoi il n'y a pas de miracle à attendre des politiques keyneso-monétaristes de "quantitative easing" et de taux d'intérêt zéro. Note rédigée à l'occasion de la réunion organisée par l'ISIL (International Society for Individual Society) à Lausanne du 22 au 25 août.

Over the last four years the post Great Recession recovery has been disappointingly slow, much slower than is usual during after-recession upturns. In the United States there is a persisting nominal GDP gap of about 10% compared to the US economy long term trend.

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mercredi 5 juin 2013

Pourquoi la "sortie de crise" n'en finit-elle pas de se faire attendre ?(2)

Henri LepageVoilà quatre années que les banques centrales ont ouvert toutes grandes les vannes de leur création monétaire. Mais la sortie de crise n'en finit pas de se faire attendre. Pourquoi ?

Second volet de notre enquête sur les réponses présentées par les économistes de la pensée "main stream", l'explication par l'approche monétaire.

Pour les disciples contemporains de l’école monétariste le coeur de l'explication se trouve dans les données monétaires.

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lundi 3 juin 2013

Pourquoi la "sortie de crise" n'en finit-elle pas de se faire attendre ?(1)

Henri LepageVoilà quatre années que les banques centrales ont ouvert toutes grandes les vannes de leur création monétaire. Mais la sortie de crise n'en finit pas de se faire attendre. Pourquoi ?

Ecrit pour la revue Politique Internationale (numéro Printemps 2013) ce texte - découpé en deux morceaux - présente les principales réponses qui s'affrontent au sein de la pensée économique "main stream". Il n'aborde pas la question de savoir quelles chances, et à quelle échéance, les politiques actuellement poursuivies ont de nous en sortir. Ceci sera traité, plus tard, par un autre article, à venir.

Inquiétudes, mais aussi et surtout perplexité. tel est le maître mot qui, début 2013, résume au mieux l’état d’esprit des responsables économiques, qu’ils soient ou non aux commandes.

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lundi 1 avril 2013

Bâle III + taux zéro : pourquoi la sortie de crise n'en finit pas de se faire attendre

Steve Han keLa crise de l'euro porte une grande part de responsabilité dans la détérioration des conditions économiques en Europe. Mais elle n'explique pas tout..

La déception, s'agissant des perspectives de retour à la croissance, concerne aussi bien les Etats-Unis que le Royaume-Uni. Tout se passe comme si la sortie de crise n'en finissait pas de se faire attendre. Steve Hanke nous décrit comment la faute en incombe à la combinaison mortelle Bâle III + Taux zero.

Dans le sillage de la crise financière, nos grands experts de la monnaie et de la banque sont partis tambours battants en campagne pour dire aux banques qu'elles devaient « recapitaliser » leur bilans – expliquant que c'était absolument nécessaire pour éviter le retour de nouvelles crises.

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samedi 5 janvier 2013

Une étude de l'IREF : les hausses d'impôts ne feront pas baisser le déficit budgétaire pour 2013

Me Jean-Philippe DelsolDans tous les cas de figure, le scénario annoncé par le Gouvernement (atteindre un déficit de 3% du PIB en 2013) est irréaliste. Tel est le verdict sans appel d'une étude que l'Institut de Recherches Economiques et Fiscales (IREF), dirigé par Me Jean-Philippe Delsol, vient de publier sur son site. Nous vous en présentons ci-dessous un extrait (introduction + conclusion).

Le Projet de Loi de Finances 2013 fixe l’objectif d’un retour à 3% de déficit en 2013. Pour ce faire, un plan d’augmentation des recettes et de réduction des dépenses, de près de 30 milliards d’euros va être mis en œuvre.

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mercredi 2 janvier 2013

Perspective 2013 : Non, Monsieur le Président, votre méthode n'est pas la bonne !

Alberto AlesinaEn réponse aux bons voeux de notre Président, nous vous proposons de lire la traduction d'un article signé par Alberto Alesina et publié à la fin novembre (sous le titre "Cutting Deficits by Cutting Spending") sur l'excellent site d'analyse économique VoxEU.org.

Alberto Alesina est cet économiste de Harvard qui vient de démontrer à nouveau combien il est préférable de baisser les dépenses plutôt que d'augmenter les impôts pour relancer la croissance et l'emploi (mais à la condition - importante - de coupler cette stratégie avec de véritables réformes de fond). Dans ce texte, il livre les conclusions de ses recherches.

Les Etats qui croulent sous les dettes et se débattent dans les difficultés économiques croissantes doivent-il à tout prix donner la priorité à la réduction de leurs déficits budgétaires ?

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vendredi 16 novembre 2012

Bernanke et le QEIII : pourquoi la grande inflation US n'est pas pour demain...

Steve_Hanke.jpg Le danger viendra peut-être. Mais il faudra du temps avant qu'il ne se concrétise. Pour le moment c'est l'ampleur du déficit de création monétaire entretenu par le mouvement de recapitalisation bancaire et financière qui domine la conjoncture et les perspectives économiques à moyen-terme.

Ceci est la seconde partie de l'entretien accordé à Econtalk par le Professeur Steve Hanke avec pour sujet l'hyperinflation. L'interview était animée par Russ Roberts du Liberty Fund.

Roberts: Les Etats-Unis ont un gros problème de budget. Depuis quatre ans, l'état dépense en moyenne mille milliards de dollars de plus qu'il n'engrange de recettes (3 700 milliards de dépenses, 2,7 milliards de recettes). Auparant le déficit était moindre, mais cela fait maintenant dix années que le trésor US est constamment en déficit.

Pourtant les gens continuent d'acheter ses obligations et ses bons du trésor. Et apparemment tout semble aller pour le mieux.

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vendredi 9 novembre 2012

L'an prochain en France : la récession (l'aveu de François Hollande)

C’est une petite phrase. À la fin d’un long entretien. Prononcée à regret. Comme pour dire qu’il avait tout prévu, même cela.

François Hollande passe pour un optimiste invétéré. Le plus souvent possible, il arbore un sourire en V, sur des dents bien blanches, le V d’une victoire inattendue des caciques de son propre parti. Certes, il a reconnu la « gravité exceptionnelle » de la crise que nous traversons – un peu tardivement sans doute – mais pour justifier les mesures drastiques annoncées début septembre 2012 après la somnolence nonchalante des vacances, et pour montrer qu’il reste maître de la situation. 

Mais le ton n’y était pas. On attendait Churchill. On a eu droit à une sorte de « Ballamou » de gauche. Impavide. Il a reçu tellement de coups, même de ses proches qu’il est blindé.

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