Institut Turgot

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jeudi 21 janvier 2016

Economie US : normalisation, cul de sac, ou Armageddon ?

Le 16 décembre dernier la Fed américaine a entamé la première phase d'une remontée progressive de ses taux d'intérêt. Celle-ci s'inscrit dans un plan de « normalisation » de sa politique monétaire qui s'étend sur six ans. Que faut-il en attendre ?

L'article qui suit a été fini d'écrire dans les premiers jours de janvier. Les informations conjoncturelles auxquelles il se réfère sont celles qui étaient disponibles à la fin du mois de décembre. Les chiffres publiés depuis lors n'ont fait que renforcer la thèse présentée ici. Voici quelles en sont les principales conclusions :

- L'optimisme de J.Yellen sur les perspectives de l'économie US sont contredites par l'avalanche de nouvelles qui annoncent la récession.

- C'est le première fois que la banque centrale américaine remonte ses taux en fin de cycle. Ce qui n'est pas le plus approprié.

- Encore faut-il qu'elle obtienne cette remontée. Il n'est pas du tout certain qu'elle y parvienne en raison de changements importants dans les rouages de sa régulation monétaire.

- La Fed se lance dans une aventure hasardeuse. Elle ne dispose plus du colossal volume de mémoire et d'informations nécessaire à la gestion d'un système aussi complexe que celui qui préside à la création de monnaie.

- Il faut avoir une foi de charbonnier dans les recettes keynésiennes pour continuer de croire aux vertus des QE. Ils ont principalement servi à assurer la permanence des mécanismes et « incentives » financiers qui ont généré la formidable inflation d'atifs à l'origine du krach.

- Le résultat est la reconstitution d'une nouvelle « méga bulle » que la politique US de quantitative easing a exportée au reste du monde (en premier lieu la Chine) et qui, aujourd'hui, emporte les économies émergentes vers un processus cumulatif de déflation du fait de son arrêt.

- Nul étonnement donc que se multiplient les scénarios les plus apocalyptiques annonçant pour 2016 un nouveau krach mondial, encore plus violent que le dernier en date.

- Le plus vraisemblable est qu'il n'y aura ni normalisation à la Yellen, ni Armageddon, mais plutôt une sortie de QE en cul de sac – c'est à dire finalement une non-sortie .

Au moment même où la Fed, par la voix de sa présidente, Janet Yellen, la Fed confirmait avoir décidé de s’engager dans la voie du relèvement des taux d’intérêt, une autre nouvelle apparaissait sur les écrans qui, elle, est passée complètement inaperçue, malgré son importance. Le Center for financial stability de New York publiait un communiqué indiquant qu’en novembre l’augmentation de l’aggrégat monétaire Divisia M4 (la masse monétaire au sens le plus large) avait été de +4,6 % d’une année sur l’autre - un chiffre élevé par rapport à la tendance enregistrée depuis la crise, et qui correspond à la croissance moyenne de la masse monétaire américaine sur la longue période.

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vendredi 4 septembre 2015

La chine, la mondialisation et le papillon américain

HL2014_A.jpgQue s'est-il passé cet été ? Quelle est l'origine du coup de chien qui, pendant la seconde quinzaine d'août , a semé la panique sur les marchés ?

On est tous d'accord : cela a commencé en Chine, avec la méga chute de la bourse de Shanghaï à la fin du mois de juillet, les mauvaises nouvelles sur la croissance chinoise (d'une croissance habituelle à deux chiffres on est tombé à 7 % pour 2015, puis probablement 6 % pour 2016), la dévaluation de 2% du taux de change de référence (currency peg) du Yuan par rapport au dollar.

Mais pourquoi cette crise, et à ce moment-là, en Chine ?

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dimanche 30 août 2015

Chine : fausse croissance donc fausse crise ?

Yves MontenayAprès une période de fascination assez incompréhensible pour le soi-disant miracle chinois, voici que l'amorce de sa fin semble une catastrophe planétaire ! Les bourses s'effondrent dans le sillage des matières premières.

Je pense au contraire que le dégonflement chinois n'est pas la catastrophe annoncée. Pour cela il faut d'abord distinguer la vraie croissance de la fausse.

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mardi 17 avril 2012

Protectionnisme : tirer sur la Chine, c'est se tirer une balle dans le pieds !

Steve Han keSteve Hanke s'inquiéte des conséquences désastreuses que pourrait entraîner, pour le monde entier, la conversion de Washington au «machisme mercantiliste».

Plus l'on se rapproche de l'élection présidentielle du mois de novembre, plus les Etats-Unis ressemblent à une cour de récréation où les populistes s'en donnent à cœur joie.

S'en prendre en particulier à la Chine est devenu, parmi bien d'autres jeux déplorables, une activité de plus en plus prisée.

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samedi 14 janvier 2012

"Produire français ", une stratégie suicidaire ?

A chaque élection, les mêmes thèmes reviennent en boucle. Aujourd'hui, un de ces "marronniers" de la vie politique est la "relocalisation" de l'industrie française, source de mesures supposées la favoriser, au premier rang desquelles la fameuse TVA sociale. Mais certains candidats imaginent un retour à un protectionnisme bien plus contraignant, qu'il soit européen, voire, pire encore, national. 

Dans la période économique difficile que nous connaissons, de telles politiques protectionnistes, qu'elles soient revendiquées ou masquées, seraient absolument suicidaires. Voyons pourquoi.

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dimanche 11 septembre 2011

Le temps des grands dangers est-il de retour ?


Voilà une réflexion qui vient bien à son heure alors que des bruits de bottes se font entendre un peu partout dans le monde, en Corée , en Afrique, au Moyen-Orient, en Libye, en Afghanistan. Voilà un tableau déjà bien chargé, pour l’immédiat. Assistons-nous au retour de la guerre, comme le craignent certains ? Mais ne faut-il pas porter le regard plus loin, sur le long terme , pour avoir une vue d’ensemble? Une présence s’impose, d’emblée, celle de la Chine.

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mardi 17 mai 2011

"La longue marche du Yuan" : stratégie financière internationale de la Chine et ses conséquences

Monnaie chinoiseTexte de la communication d'Alain Boublil présentée à la réunion de l'Institut Turgot à l'Assemblée nationale, le 17 mai 2011, sous le titre "La longue marche du Yuan".

La Chine est devenue statistiquement en 2010, la deuxième puissance économique mondiale quand son produit intérieur brut a dépassé celui du Japon.

Pourtant, douze fois plus peuplé que son voisin, le pays estime faire partie, sinon des pays pauvres, du moins des nations « en développement ».

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jeudi 14 octobre 2010

Deepak Lal : causes et conséquences de la Grande Crise de 2008

Le professeur Deepak LalCeci est la traduction d'un article paru dans le CATO journal sous la signature de l'économiste Deepak Lal .

Dans ce texte, l'auteur compare la pertinence des écrits des grands économistes (Wicksell, Keynes, Hayek, Friedman, Fisher) par rapport au déroulement des événements récents.

Par ailleurs, l'ampleur des problèmes budgétaires qui résultent de la crise le conduit à établir un intéressant parallèle avec la chute de l'empire romain. Trait_html_691a601b.jpg

Au début des années 1980, je travaillais à la Banque mondiale en tant qu'administrateur chargé de la recherche, à un moment où le tiers-monde se trouvait plongé dans une grande crise d'endettement. La crise financière mondiale d’aujourd’hui présente des similitudes étranges, mais avec des résultats différents. Pourquoi ?

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mardi 6 juillet 2010

Repenser le développement

Yves MontenayPassionné par la problématique économique des pays en voie de développement, Yves Montenay analyse le dernier livre du professeur Gilbert Etienne "Repenser le développement", publié chez Armand Colin. Trait_html_691a601b.jpg

Gilbert Étienne me fournit depuis bientôt 50 ans les exemples de terrain des pays où je ne suis pas allé, ou pas assez : Chine, Inde, Pakistan, Afghanistan et certains pays d'Afrique subsaharienne.

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dimanche 25 avril 2010

Vers une réévaluation de la monnaie chinoise

Charles GaveJ’aime bien les économistes (après tout, j’en suis un, même si je ne suis pas considéré comme très sérieux par la plupart d’entre eux) ; ils utilisent en effet en général des termes compliqués pour décrire des réalités toutes simples.

« Marchant d’un grave pas et d’un grave souci » comme le disait du Bellay des Cardinaux a Rome, ils nous expliquent que ce dont l’Europe et les Etats Unis ont besoin, c’est d’un changement des termes de l’échange avec l’Asie en général, et la Chine en particulier.

Ils ont bien sur parfaitement raison mais qu’est que cela peut bien vouloir dire pour le commun des mortels ? Je vais donc m’employer à expliquer ce néologisme quelque peu barbare.

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jeudi 11 février 2010

Que se passe-t-il en Chine?

Charles Gave Il se passe des choses en Chine depuis la fin de l’année dernière. Ce grand pays avait été en effet le premier a suivre une politique monétaire et budgétaire de relance active, le premier à sortir de la récession, le premier à voir son marche des actions monter, le plus bas Chinois étant atteint non pas en Mars comme chez nous, mais en Novembre de l’année précédente.

Mais depuis quelques temps, les nuages semblent s’accumuler sur l’Empire du Milieu.

Le marché des actions local a fait son plus haut en …août 2009 et, depuis, a baissé d’environ 13 % sur ce plus haut, les financières baissant de 20% et les immobilières de 33%. Et pourtant la croissance économique Chinoise a atteint 10.7 % pour l’année, tandis que les bénéfices des sociétés s’annoncent excellents.

Cet accès de mauvaise humeur de la bourse est cependant tout à fait compréhensible, et simple à expliquer. En fait il s’agit d’un classique de la finance.

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dimanche 20 décembre 2009

Vers un nouveau paganisme : la famille, l'Occident et le reste du monde

Professeur Deepak LalDerrière ce titre quelque peu énigmatique, un texte qui a fait l'objet d'une présentation lors de la réunion de la Société du Mont Pèlerin, à Stockholm, en Août 2009, et dont le thème était "l'avenir de l'Etat providence".

Il est signé Deepak Lal, un économiste d'origine Hindoue, qui a fait toute sa carrière en Angleterre et aux Etats-Unis, mais qui est aussi un spécialiste de l'histoire comparée des civilisations.

Président de la société du Mont Pélerin, le professeur Deepak Lal replace la problématique de l'Etat-providence dans le cadre d'une recherche sur les origines historiques de ce qui fait la spécificité de l'Occident. Un grand texte, original, aux conclusions inattendues et provocatrices, qui ne pouvait être écrit que par un savant dont l'expérience personnelle se situe à l'intersection de deux grandes cultures. Trait_html_691a601b.jpg

Bienvenue en Suède – le paradis social-démocrate qui pourrait bien constituer l’avenir commun de l’Occident. Il est on ne peut plus approprié que le comité d'organisation ait mis en place un instructif et important programme visant à analyser comment la liberté et les marchés s’en tireront dans les Etats Providence occidentaux.

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