L'Institut Turgot a sélectionné une série de textes qui, à notre avis, donnent les meilleures analyses à la fois synthétiques et en profondeur des origines de la crise financière et de son déroulement.
Ces textes sont maintenant disponibles en français grâce aux talents de traducteur de notre ami François Guillaumat. Nous les mettrons en ligne sur ce site au cours des semaines qui viennent. Nous commençons par la reprise de l'article publié par le Prix Nobel d'économie 2002 Vernon Smith, en compagnie du Professeur Stephen Gjerstad, dans le Wall Street Journal du 6 avril 2009.
Ce texte est une contribution essentielle à la compréhension des événements que nous avons vécus. Il insiste notamment sur les facteurs particuliers qui permettent d'expliquer pourquoi une bulle comme il en a existé tant d'autres dans l'histoire a, cette fois-ci, dégénéré en mégabulle, et donc en mégacrise.

Les bulles sont fréquentes dans l'histoire économique et, dans les laboratoires de l'économie expérimentale, il s’en produit dans des conditions dont on pensait – quand on avait commencé à les étudier dans les années 1980 – qu’elles étaient tellement transparentes qu’on ne pourrait pas en observer.
Nous autres économistes nous sommes trompés : même lorsque les opérateurs sur un marché connaissent la valeur de l'actif, des bulles se forment de façon prévisible.
Les bulles peuvent apparaître lorsque des agents n’achètent pas de la valeur fondamentale, mais de la tendance ou du momentum. Si les acheteurs de momentum ont plus de liquidités, ils peuvent entretenir une bulle plus longtemps.
Cependant, qu’est-ce qui les déclenche, ces bulles ? Et pourquoi une grande inflation des actifs -comme notre bulle des dot-com - ne porte-t-elle pas atteinte au système financier, tandis que l'autre conduit à son effondrement?