Nous mettrons prochainement en ligne l'enregistrement vidéo de cette réunion, ainsi que le diaporama qui accompagnait l'exposé de l'orateur. En attendant, nous reproduisons ci-dessous l'interview d'Istvan Marko que Texquis, l'éditeur, vient de publier sur son site en accompagnement de la mise en vente du livre.

Cette interview a ceci de remarquable qu'au-delà des invectives et désinformations que les "réchauffistes" multiplient à l'encontre des savants qui ne partagent pas leurs thèses (dont certains des commentaires qui ont accompagné les articles précédemment publiés par Istvan Marko sur ce site portent la trace), elle permet de mieux faire saisir la personnalité et les véritables motivations de ceux qui aujourd'hui, de plus en plus nombreux parmi les scientifiques, n'hésitent plus à remettre ouvertement en cause les dogmes sur lesquels se fonde la pensée unique du réchauffement climatique.

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István Markó, qui êtes-vous ?

Avant tout, je suis un grand passionné qui vit à cent à l’heure. J’adore les sciences et la recherche dont j’ai fait mon métier. C’est également une passion. Comme disait Confucius : « Aime ton travail et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie ». J’aime aussi la lecture, depuis les livres de science-fiction aux livres scientifiques ardus, en passant par Bob Morane et Eric Orsenna. Je sais, c’est très hétéroclite, mais que voulez-vous, San-Antonio me fait rire et La Dame en Rose m’a amené les larmes aux yeux. J’éprouve une passion pour la peinture et le dessin (j’ai voulu être dessinateur de bande dessinée lorsque j’étais adolescent ; peut-être aurais-je dû le faire ?), les voyages (comme tout gamin, j’ai rêvé d’être explorateur ; mon métier me permet aujourd’hui de voyager, de découvrir de nombreux pays et de rencontrer des personnes géniales), la bonne nourriture (ah, ces plats asiatiques authentiques, sans sucré-salé artificiel, avec le vrai goût des aliments, du poisson, des épices simples), l’amitié sincère, (nous ne sommes rien sans amis véritables, ils sont si rares qu’il faut les préserver comme des joyaux uniques), et la vie en général (elle est si courte !).

J’aime rire et plaisanter. Donner cours me permet de combiner la rigueur nécessaire à l’enseignement des sciences avec des pointes d’humour afin de détendre l’atmosphère. Contrairement à ce que l’on pense, un cours de science ne doit pas nécessairement être pénible, ardu et insipide, il peut être amusant et on apprend davantage en s’amusant. Je me souviens avoir fait un jour un petit laïus sur la disparition inéluctable des pandas, erreurs de la nature. Non seulement les étudiants se sont renseignés très sérieusement sur le sujet, mais en plus, j’ai eu droit à des tas de cadeaux amusants : pandas en carton, pandas en peluche, et même une boîte de saucisses Panda ! J’ai ramené un bonnet panda de Chine, à mettre en hiver pour se protéger du froid. Je dois dire que cela fait son petit effet ! J’aime aussi la nature et j’adore mon jardin que j’essaie de chouchouter à chaque moment de détente.

István Markó, d’où venez-vous ?

Fils d’un père carrossier-garagiste et d’une maman couturière, je suis aujourd’hui professeur de chimie à l’Université catholique de Louvain. Je suis né en Hongrie, en 1956. Mes parents ont fui la répression soviétique de cette époque et je suis arrivé, bébé de quatre mois, en Belgique. Mes parents m’ont transporté dans une valise en carton que j’ai gardée durant de très nombreuses années comme une précieuse relique. Elle m’accompagnait dans tous mes voyages. Seule Air France a réussi l’exploit de la réduire en miettes après l’avoir perdue pendant plus d’une semaine.

J’ai grandi en Ardenne, à Jemelle, un petit village situé près de Rochefort. Mon enfance a été des plus heureuses, avec ses hauts et ses bas, comme pour tout un chacun. Mais je n’en garde que les bons souvenirs : courses effrénées dans la forêt, pêche dans la rivière, traite des vaches, fauchage du blé, ainsi que de solides amitiés,... Une vraie vie de sauvageon qui vous fait apprécier la nature et les choses simples. La suite est classique : études et déménagements, puis études universitaires à l’UCL et obtention d’un doctorat en sciences. Ensuite, trois années de perfectionnement aux USA et un premier poste académique à Sheffield, en Angleterre, en 1988. Entre-temps, un mariage génial et la naissance de deux enfants merveilleux : un fils et une fille. Finalement, retour à l’UCL en 1993.

Quel est votre domaine de recherche à l'UCL ?

Notre recherche est centrée sur la chimie organique, c’est-à-dire la chimie du carbone et du vivant, et ses transformations. Nous fabriquons de nouvelles molécules qui possèdent un grand nombre de propriétés, par exemple des activités biologiques importantes, comme des antibiotiques, des antifongiques ou encore des anti-tumoraux, que nous essayons de rendre plus efficaces et moins toxiques. Nous travaillons aussi sur de nouveaux matériaux et des polymères qui, nous l’espérons, pourront être utiles à la société. En plus, nous créons de la nouvelle chimie et accordons une attention toute particulière à des réactions respectueuses de l’environnement. Parmi celles-ci, nous imaginons de nouvelles transformations utilisant l’électricité, ou encore nous cherchons à convertir le CO2 en composés utiles à la société. Enfin, nous utilisons des résidus de l’industrie agro-alimentaire et des déchets agricoles pour fabriquer des molécules importantes par un procédé écologique que nous avons appelé : « Botanochimie ». Enfin, nous travaillons aussi sur la conversion de l’énergie lumineuse en énergie électrique. Comme vous le voyez, la chimie est partout et apporte des solutions inédites dont nous avons grand besoin.

Sur votre notice Wikipedia, je peux lire qu'une réaction chimique porte votre nom. Pourriez-vous nous expliquer, avec la pédagogie qui vous caractérise, ce qu'elle a pu apporter à la chimie ?

Pour être tout à fait honnête, cette réaction a été découverte par le Dr. Kevin Lam. Il travaillait sur l’utilisation de l’électricité pour effectuer des réactions « propres » en chimie organique. Un beau jour, il s’est rendu compte qu’il pouvait facilement supprimer une fonction chimique grâce au simple passage d’un courant électrique dans le produit. Une telle transformation était connue auparavant, mais nécessitait l’emploi de produits toxiques, coûteux, instables et surtout, terriblement malodorants. La réaction découverte par Kevin Lam et qui s’appelle la réaction de Marko-Lam (allez savoir pourquoi ?) permet d’offrir une alternative plus simple, plus efficace, moins onéreuse et surtout, plus respectueuse de l’environnement. Elle a déjà été employée par d’autres chercheurs et a permis de solutionner un problème qui n’avait pu être résolu auparavant. C’est toujours un bonheur quand ce que vous faites peut aider les autres. C’est l’un des buts de la recherche et, certainement, l’une de ses plus grandes satisfactions.

Comment êtes-vous devenu critique vis-à-vis des arguments avancés par le GIEC ?

Tout a commencé il y a plusieurs années de cela, d’une façon assez banale, par un cours vacant que l’on m’a demandé de donner avec un collègue. Je vous le donne en mille : « Chimie de l’environnement » ! Je vous jure que ce n’est pas une blague.

Bien. Comment fait-on pour donner un nouveau cours ? On le prépare, pardi ! Mon collègue et moi-même avons acheté plusieurs livres traitant du domaine, les avons lu et avons commencé à préparer nos notes de cours. Toutefois, au fur et à mesure de mon investissement dans cette matière, je me suis rendu compte qu’il y avait des points obscurs, des zones pas très claires, des affirmations pas toujours étayées de démonstrations convaincantes,… Si vous voulez vraiment bien donner cours, vous devez absolument maîtriser la matière dans ses moindres détails. Je me suis donc plongé dans les articles originaux et, à ma grande surprise, plus je creusais, et plus apparaissaient des incohérences, des sélections arbitraires de données, des conclusions non étayées par les résultats, bref, de la science de plus en plus « douteuse », si j’ose dire.

J’ai fait part de ces observations à mon ami, le Pr. Robert B.Crichton, qui m’invita dans la foulée à participer à un café-débat avec mon collègue, le Pr. Jean-Pascal van Ypersele, à l’occasion de l’Année de la Chimie. J’y ai rencontré des gens formidables, dont Anne Debeil et Lars Myren et, plus tard, Alain Préat, Samuel Furfari, Ludovic Delory, Corentin de Salle, David Clarinval, Drieu Godefridi et Henri Masson. Ensemble, nous avons décidé de coucher sur le papier les incohérences scientifiques relatives à la thèse « réchauffiste » du GIEC. Il en a résulté ce livre : « 15 vérités qui dérangent » que je vous conseille vivement de lire si vous voulez en savoir plus et vous forger une opinion informée sur le sujet. Il ne s’agit pas d’une opinion formatée par les médias qui ressassent sans cesse les mêmes mantras officiels et qui jouent sur votre peur de l’avenir et vos rêves d’une planète « propre » sur laquelle il fait bon vivre. La planète, j’y tiens autant que vous (j’aime mon jardin, les fleurs, les balades en forêt, les plages de sable fin et les mers aux eaux turquoises), mais pas au prix du mensonge scientifique, d’interprétations douteuses et de messages tronqués.

Des professeurs de l'UCL ont lancé une fronde contre vous, notamment pour demander votre mise à l'écart. Comment l'avez-vous pris ?

Au départ, j’ai cru qu’il s’agissait d’une farce de mes chercheurs. Ils sont tellement facétieux, si vous saviez. Ce sont eux qui créent cette atmosphère extraordinaire au laboratoire et qui me donnent envie de me lever tous les matins vers cinq heures pour aller travailler. Vous n’imaginez pas les blagues qu’ils m’ont déjà faites. Ensuite, ce fut l’incompréhension. Je n’en revenais pas. Dans un pays comme la Belgique, où tout un chacun jouit d’une liberté d’expression totale, dans un lieu comme l’Université, où la liberté d’expression académique est fondamentale, tenter de faire taire quelqu’un de cette façon parce qu’il ne partage pas votre opinion est tout simplement ahurissant. Puis, est venue la tristesse. Pour eux, pas pour moi. J’ai compris que c’était la seule solution à laquelle ils avaient pensé, qu’ils se défendaient avec les seuls moyens qu’ils connaissaient. Ils risquaient de perdre beaucoup dans cette histoire et j’ai eu mal au cœur pour eux. Vraiment. Encore aujourd’hui, malgré les insultes de certains et les critiques personnelles d’autres, je les plains. Sans le savoir, ils m’ont donné encore plus envie d’aller de l’avant.

István Markó, êtes-vous d'accord sur le fait que le débat sur le réchauffement climatique a pris une tournure idéologique ?

Comment pourrait-il en être autrement ? N’oublions pas que le rôle du GIEC et sa raison d’exister est de démontrer que le réchauffement dérèglement climatique est dû à la production de CO2 par l’Homme (voir notre livre et celui de Drieu Godefridi : « Le GIEC est mort, vive la science »). Remarquez la subtilité du langage des politiciens du GIEC : le réchauffement climatique s’étant arrêté depuis plus d’une quinzaine d’années, dans l’indifférence générale des médias francophones, il devenait difficile de continuer à utiliser ce terme. Dès lors, il s’est transmué en : changement climatique. Toute modification, quelle qu’elle soit de notre climat, devenait ainsi imputable à l’action de l’Homme. Un joli coup, vraiment. Ceci n’étant pas suffisant, le changement climatique est devenu le dérèglement climatique.

A ce stade, de la pluie en automne et de la neige en hiver sont dus au… dérèglement climatique. S’il fait chaud, s’il fait froid, s’il pleut, s’il y a une sècheresse, c’est la faute à l’Homme et à ses rejets de gaz à effet de serre, surtout, le terrifiant CO2 ! Tout s’articule autour de cela et la science est utilisée à charge et jamais à décharge. Le procès est truqué depuis le début. Malheur à celui qui oserait se dresser contre le courant de pensée actuelle ! Il y a, d’un côté, la parole sacro-sainte du GIEC, les affirmations répétées tant de fois qu’elles en sont devenues des vérités incontestées et non contestables, peu importe leur véracité scientifique, les mantras des ONG environnementales qui ont tout à y gagner et le lavage de cerveau constant de la population depuis la plus tendre enfance. De l’autre, il y a quelques scientifiques, de plus en plus nombreux faut-il le dire, qui essayent de faire entendre leurs voix, qui apportent des arguments scientifiques contradictoires de plus en plus gênants pour les ténors du barbecue mondial. David contre Goliath.

Mais la science n’est plus la partie importante de l’équation. Aujourd’hui, le rationnel scientifique et l’argumentation solide, basés sur des faits établis et non des calculs théoriques simplistes et des prédictions plus erronées les unes que les autres, ont laissé la place à l’idéologie, à l’émotionnel, au quasi-religieux. Difficile de dialoguer dans de telles circonstances.

Pensez-vous que cela est de nature à discréditer le travail des scientifiques ?

La climatologie est une science très jeune, qui se cherche, qui se tortille comme un petit animal essayant de sortir de son œuf. Il y aura des erreurs et des errements, des jugements erronés et des calculs trafiqués, des scientifiques honnêtes et d’autres attirés par la gloire et l’argent, mais in fine, la vérité triomphera toujours. Il y aura toujours des Don Quichotte et des Galilée. La science ne s’arrête pas, son questionnement n’a pas de fin. Al Gore ne l’a pas compris, lui qui n’est pas un scientifique, lorsqu’il a dit « science is settled ! ». Quelle hérésie ! Jamais la science n’est acquise pour de bon ! Rien n’est jamais démontré ad vitam æternam ! Nos connaissances ne cessent de s’améliorer et de nouvelles théories poussent et grandissent sur les ruines des anciens dogmes. De nouvelles avancées germent sur le terreau fertile des idéologies décadentes. C’est ainsi qu’avance la science et, si certains l’ont oublié, si certains tentent de la pervertir pour satisfaire leur propre idéologie, elle finit toujours, tel un boomerang, par leur revenir en pleine figure. Ceux-là auront mal, mais ce ne sera qu’un juste retour des choses.

Quant au travail des vrais scientifiques, il se poursuit, inlassablement. Les pièces de ce puzzle gigantesque et d’une complexité inouïe qu’est le climat se mettent petit à petit en place. Il faudra encore beaucoup de temps, beaucoup de travail, beaucoup de sueur, pour commencer à en dessiner quelques vagues contours. Quant à prévoir l’avenir du climat…

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La version originale de cette interview a été mise en ligne sur le site de Texquis, la société éditrice du livre "Climat : 15 verités qui dérangent", publié sous la direction scientifique du professeur Istvan Marko.