L'interdiction des gaz de schistes : une (plus que) regrettable décision - Tout le dossier.
Par Vincent Bénard le vendredi 15 avril 2011, 16:11 - Note de synthèse - Lien permanent
Accepteriez vous que le gouvernement décide, autoritairement, de murer 2 millions de logements ?
Accepteriez vous qu'il décide de fermer toutes les entreprises artisanales de France parce quelques unes d'entre elles pourraient provoquer un accident environnemental ?
Et bien pourtant, c'est ce que le gouvernement s'apprête à faire en interdisant aux entreprises d'exploiter plusieurs centaines de milliards de richesses potentielles à nos pieds.
Par souci de ne pas déplaire à la frange écologiste de l'opinion, le gouvernement s'apprête à soutenir une loi proposée par un député UMP, Christian Jacob, qui vise à prohiber toute exploration et exploitation de gaz de schistes en France par utilisation des techniques de fracturation hydraulique (voir le projet de loi). Dès le mois de février, Nathalie Kosciusko Morizet avait fait prononcer un moratoire sur les forages. Le projet de loi sera discuté par l'assemblée le 10 mai 2011.
La loi semble faire l'unanimité, d'une grande partie de l'UMP à l'extrême gauche. Il est vrai qu'une véritable campagne d'effroi sur "les dangers environnementaux du gaz de schiste" a été lancée par diverses associations écologistes, opération de communication dont le point d'orgue est un film documentaire appelé "Gasland", dont nous reparlerons. Résultat, après quelques manifestations de colère d'activistes anti-schistes et de riverains des gisements, le gouvernement se réfugie derrière le principe de précaution et capitule devant les démonstrations de force des protestataires.
Un préjudice de plusieurs centaines de milliards
Ainsi sont prises les décisions en France en 2011. Pourtant, les réserves de gaz de schistes sous notre sol sont pour l'instant estimées "prudemment", faute d'exploration complémentaires, à 2400 milliards de m3 de gaz naturel extractibles selon les technologies connues, autour de Montpellier. D'autres réserves non encore chiffrées mais possiblement considérables seraient enfermées dans le sous sol du bassin parisien. Par analogie avec des gisements de taille inférieure, tel que celui découvert à Tamar en Israel (et que les entreprises de l'état Hébreu vont exploiter), ont peut estimer très prudemment la valeur plancher du gisement de Montpellier-Montélimar à 400 milliards de dollars, soit environ 300 milliards d'Euros. En fait, la valeur estimée est beaucoup plus élevée aux cours actuels (#600 mds €), mais comme on découvre des gisements de ces gaz un peu partout, le cours devrait tendre à baisser à monnaie constante sur le long terme. Mais cela reste une somme tout à fait considérable.
Interdire l'exploitation de ce gaz revient à stériliser un patrimoine de 400 milliards au bas mot. C'est un peu comme si le gouvernement décidait de fermer autoritairement environ 2 millions de logements pour en empêcher toute exploitation commerciale, ou prononçait la fermeture administrative de toutes les entreprises artisanales du pays : une spoliation pure et simple, et un atterrant gaspillage d'opportunités.
Selon la DGEMP (Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières), la France a importé 44 Milliards de mètres cubes en 2006, devrait en importer 66 en 2020, et 78 en 2030. Les réserves estimées pour le seul bassin du Roussillon représentent donc une grosse quarantaine d'années d'importations.
Certes, le texte de loi n'interdira pas formellement l'exploitation, mais il prohibe l'usage de la seule technologie aujourd'hui capable d'extraire ces gaz, à savoir, je cite :
"l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels, par des forages verticaux comme par des forages horizontaux suivis de fracturation hydraulique de la roche, sont interdites sur le territoire national."
Par conséquent, l'exploitation de ces richesses est subordonnée à une rupture technologique dont on ne sait absolument pas si elle a une chance de se produire demain ou dans 20 ans. Il ne faut donc pas s'y tromper, en l'état actuel, l'adoption de cette loi constituerait un arrêt de mort de la filière des gaz de schistes en France, puisqu'aucun exploitant sur notre sol n'aurait les moyens de financer la R&D nécessaire à l'éclosion de nouvelles technologies d'exploration.
Quelles sont les raisons qui motivent une telle stérilisation de richesses de la part de nos politiciens ?
Vous vous en doutez : c'est la crainte de conséquences environnementales néfastes qui pousse nos édiles à appliquer le principe de précaution. Ces craintes sont elles fondées ?
La fracturation hydraulique des roches profonde : coupable ?
Le présumé problème provient de la technologie employée, la fracturation hydraulique des roches profondes, indispensable pour séparer le gaz, emprisonné dans des micropores de schistes, de sa roche "hôtesse" et le faire remonter à la surface. Il faut noter que cette technique, constamment perfectionnée depuis les années 40, est utilisée couramment depuis 40 ans dans le domaine de l'extraction pétrolière, dans certains types de gisements, sans que personne ne s'en émeuve.
Cette technologie utilise de l'eau, du sable, et des adjuvants chimiques (environ 0.5% de la solution - Liste PDF ici), dont la plupart ont de nombreux usages grand public, comme la gomme de Guar, que l'on trouve dans... les crèmes glacées. Mais à l'heure où j'écris ces lignes, je ne puis être certain que cela est le cas pour tous les adjuvants employés, dont nous noterons simplement qu'ils sont sévèrement réglementés aux USA par les agences environnementales des états fédérés.
Plutôt que de vous infliger un long papier sur les méthodes de fracturation hydraulique des roches, j'invite les lecteurs qui le désirent à visionner cette vidéo pédagogique du gazier canadien EnCana, certes en anglais, mais très facile à suivre.
La crainte agitée par les adversaires de l'exploitation des gaz de schistes est que tant le gaz que les adjuvants chimiques remontent par capillarité des couches profondes vers les nappes aquifères plus élevées, plutôt que par le tuyau de forage qui est, lui, sécurisé. En outre, la fracturation des roches utiliserait d'immenses quantités d'eau, et la création des puits gaspillerait des ressources fossiles importantes.
Naturellement, écologistes et industriels se rendent coup pour coup. Pour simplifier, les premiers accusent les seconds de sacrifier la nature pour du profit à court terme, les seconds traitent les premiers de menteurs défendant un agenda politique anti-capitaliste.
Ainsi, le documentaire "GasLand", produit par Josh Fox, a été nominé aux oscars, et montre une vision apocalyptique de notre monde lorsque les roches fracturées auront libéré de véritables poisons vers nos nappes phréatiques, condamnant des générations entières à boire une eau durablement polluée.
Ce à quoi une association américaine des producteurs d'hydrocarbures, l'EID, (qui comprend surtout des PME, pas des "too big to fail") répond par une traditionnelle séance de "debunking", c'est à dire de recensement de tous les mensonges ou omissions contenus dans le documentaire, sources à l'appui. Et il semblerait qu'effectivement, Josh Fox ait pris quelques libertés avec certains faits, dans la droite ligne d'un Michael Moore ou d'Al Gore.
Naturellement, les écologistes affirment qu'ils ont eux mêmes "démystifié la démystification", et le match continue par blogs interposés. Alors qui croire ?
Quand le débat rationnel cède la place aux attaques ad hominem
La réfutation de l'EID par les écologistes n'attaque pas uniquement le message mais aussi le messager : la réfutation de GasLand, selon eux, provient d'une organisation professionnelle de pétroliers et gaziers, donc ces gens là sont intéressés, donc il ne faut pas les écouter.
Cet argument, fréquemment utilisé, est pernicieux. En effet, ce sont justement chez ces professionnels que l'on trouve la plus forte concentration d'ingénieurs et de chercheurs compétents sur les techniques de fracturation de roches. Leur faire en toute occasion un procès d'intention pour "biais d'intéressement", afin de pouvoir refuser la prise en compte de leurs arguments sans contre-argumenter, relève donc d'une forme de terrorisme intellectuel visant à empêcher tout débat sur des bases saines et à éliminer de la discussion un des rares points de vue réellement scientifiquement informé.
Voici un exemple emblématique de ce terrorisme. Un géologue de l'état de New York, Langhorne "Taury" Smith, professeur de géologie de haut niveau, aux multiples publications et distinctions, a osé déclarer à la presse qu'après trois années d'études approfondies, il concluait que les dangers imputés à la fracturation hydraulique des roches étaient très exagérés. Pour ces propos, il se voit sanctionné par le département de l'éducation de l'état de New York, et interdit de déclarations à la presse par son employeur, suite à une campagne de dénigrement de diverses organisations écologistes.
Ce monsieur Taury Smith est il un suppôt d'Exxon Mobil ? Non. Smith se définit lui même comme un "gauchiste très inquieté par le changement climatique", et estime que la fracturation des roches doit être fortement encadrée par le département de la conservation de l'environnement, parce que "ni les industriels, ni les organisations écologistes, ne peuvent être objectives". Pas vraiment le portrait type du lobbyste à la solde d'Halliburton... Et que dit il, ce monsieur ? Extraits d'un article du Times Union :
"(T. Smith) a examiné la science de la fracturation des schistes pendant 3 ans et n'a pas trouvé de cas dans lesquels le processus a engendré une contamination des nappes, (contrairement aux) affirmations des groupes opposés à la fracturation. Les problèmes de contamination relevés près de forages n'ont pas été causés par les forages eux mêmes, mais par des incidents comme il s'en produit souvent"
"(les opposants) font comme si les pires scénarios des pires incidents allaient devenir la norme"
"(la fracturation) est un sujet porteur pour les organisations écologistes pour lever des fonds".
"La consommation d'eau d'un complexe d'exploration est 2 à 3 fois moins élevée que la quantité d'eau qui sert à arroser les terrains de golf"
Parmi les arguments des opposants à la libre expression du Pr. Smith, on retrouve une fois encore en bonne place le fait qu'il ait été engagé comme consultant occasionnel pour des compagnies pétrolières.
Ce que l'on voudrait nous faire passer pour une abomination n'est en fait qu'une manifestation très normale d'intelligence: les pétroliers, lorsqu'ils cherchent des gens compétents, ne s'adressent pas à des débutants ou des activistes politiques, mais à des scientifiques expérimentés, de haut niveau qui s'intéressent d'abord aux faits et à la science, et ensuite à la politique. La nature des critiques adressées à M. Smith prouvent, a minima, qu'il est considéré comme compétent par la profession.
Sinon, nombre de critiques envers T. Smith relèvent essentiellement de l'émotionnel et manquent cruellement d'arguments de fond. Le comble du ridicule est atteint par une certaine Stéphanie Low, manager musicale de profession, et activiste au sein du groupe "anti fracturation" du Sierra Club, une des plus puissantes ONG vertes des USA, qui a déclaré à prompos de T. Smith, que
"travaillant pour l'industrie gazière, il lui est difficile de se rendre compte que la plupart de ses constats ne sont pas supportés par les faits. Peut être ne lit il pas le New York Times ?".
C'est à pleurer : pour ces gens là, un géologue professionnel devrait apprendre son métier dans la presse généraliste, et faire fi de tout ce que ses travaux de recherche lui ont apporté... Pathétique.
En face de ces attaques à l'emporte pièce, M. Hobbs, le président de l'American Geological Institute, fédération forte de 120 000 membres, excusez du peu, a défendu Taury Smith, condamnant une "diffamation" (le terme employé, "character assassination", est nettement plus fort que sa traduction automatique) de la part de ses nouveaux adversaires idéologues, en estimant que le département de l'éducation de New York devrait être fier de compter un homme de sa valeur dans ses rangs, qualifiant son savoir et son travail de "extraordinaire", et louant son objectivité et son a-politisme.
Comme le conclut le Times Union, qui a couvert l'affaire,
"une politique publique basée sur une bonne information ne naîtra pas en réduisant au silence les opinions divergentes"...
Bref, on retrouve dans cette affaire le même type de comportement hargneux ad hominem des organisations éco-régressistes vis à vis des "dissidents" qu'en matière de changement climatique. Le traitement infligé à Taury Smith ne diffère guère de celui qu'a dû subir Richard Lindzen, un éminent climatologue aux multiples palmes académiques qui a claqué la porte du GIEC, considérant que cette organisation n'avait plus rien de scientifique. Voilà le type de procédés auxquels les gens qui n'adhèreront pas à la doxa intégriste verte doivent s'attendre à être confrontés...
Cependant, ce type de tactiques ad hominem ne peut que se retourner contre ceux qui l'emploient. Car lorsqu'un des deux camps en présence en est réduit à utiliser cette rhétorique, alors l'on peut supposer qu'il sait que ses arguments "rationnels" ne tiennent pas la route face à des scientifiques chevronnés au discours équilibré.
Quels sont les risques ?
Cela veut-il dire que les forages ne comportent aucun risque ? Non, le risque zéro n'existe pas. Ainsi, dans un cas célèbre repris par Gas Land, celui de Dimmock, en Pennsylvanie, une nappe phréatique a été contaminée par des gaz s'échappant d'un puits dont le scellement extérieur de ciment avait été très mal fait. La technique d'hydrofracturation n'est pas en cause ici, cela aurait pu se produire dans n'importe quel puits de gisement traditionnel. La compagnie responsable du dommage a été condamnée à payer deux fois la valeur de leur maison aux propriétaires lésés, soit 4 millions de dollars au total.
De même, dans certains puits, la réglementation (exprimée en termes de moyens et non de résultats... toujours le même problème) permettait aux foreurs de limiter la profondeur de la protection en ciment du tuyau de forage peu en dessous des aquifères, ce qui s'est révélé insuffisant.
Il est évident que certaines compagnies pourraient privilégier le rendement à court terme et se retrancher derrière une réglementation mal faite pour échapper à leurs obligations environnementales. D'où la nécessité que les réglementations se focalisent sur les résultats, et que certaines compagnies ne puissent exciper de leur bonne entente avec les régulateurs pour échapper à d'éventuelles poursuites en cas de manquements. Ces craintes là, compte tenu de certaines dérives oligarchiques de nos sociétés, sont légitimes. Mais elles sont un problème institutionnel, pas un problème technique lié à la fracturation des schistes proprement dite.
Il faut savoir que les couches de gaz de schistes sont situées plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de mètres en dessous des aquifères, et qu'une partie des couches situées au dessus des poches de gaz sont généralement imperméables, sans quoi la poche de gaz n'aurait pu se former. Il est donc infiniment peu probable que des contaminations puissent se produire par remontée capillaire des gaz ou des produits de fracturation.
Et dans tous les cas, ces contaminations, déjà rares, ne seront pas la norme. Les technologies progressent, et rien n'interdit aux services de contrôle environnemental de surveiller la qualité des nappes proches des puits et de fermer d'urgence un puits si le moindre risque de contamination apparait.
Les compagnies qui extraient le gaz d'un puits auront à coeur de ne pas avoir à payer trop souvent 4 millions de dommages à des riverains, car la rentabilité du puits concerné se trouvera alors réduite à néant. Il est donc probable que des incidents tels que ceux de Dimmock provoquent une amélioration des processus de sécurisation des forages, et rien n'interdit, là encore, des services compétents d'exercer un contrôle.
D'une façon générale, les USA exploitent les gaz de schistes depuis plusieurs années, et les rares incidents qui se sont produits n'ont pas provoqué de catastrophe sanitaire ou écologique, et ont donné lieu, comme il se doit, à des réparations assorties de dommages.
Interdire l'exploitation des gaz de schistes, une hérésie économique
L'interdiction d'exploitation que projettent les députés français, dans ces conditions, apparait comme une sur-réaction fondée sur la peur et non sur la science, qui aboutirait, si la loi était votée, et elle devrait l'être, à stériliser dans notre sol une richesse immense, richesse qui nous permettrait, en outre, de nous affranchir d'importations de certains pays avec lesquels se trouver en situation de dépendance énergétique n'est pas réellement confortable.
Comment qualifier une telle attitude ? Barricader l'accès à 400 milliards de richesses par peur d'incidents rares dont les coûts se chiffreraient, s'ils se produisaient, au pire, en millions, voilà bien la preuve que quelque chose ne tourne pas rond dans les modèles intellectuels suivis par nos élites. Le raisonnement est aussi stupide que si le gouvernement prétendait nous interdire de prendre une automobile parce qu'il y a 4000 morts par an sur les routes.
Ajoutons que l'alternative à l'extraction de gaz de Schistes n'est pas non plus sans risque. Que nous le regrettions ou non, le marché des hydrocarbures est sévèrement encadré par les états, qui exercent un contrôle fort, où du moins taxent fortement, cette activité. Aussi, le fait que nos importations actuelles d'hydrocarbures nécessitent la caution de régimes qui poursuivent parfois de façon autoritaire des objectifs géopolitiques peu compatibles avec les nôtres, et avec les droits de l'homme, constitue un risque certain, quand bien même il n'est pas écologique.
Si les politiciens se conduisent avec une lâcheté condamnable en cette affaire, en réagissant en fonction d'impératifs médiatiques et démagogiques, les promoteurs politiques de l'interdiction, principalement écologistes, agissent une fois de plus de façon criminelle en la matière, utilisant tour à tour mensonge, déformations, et intimidations si nécessaires, pour tenter de faire taire les opinions de bon sens et forcer des décisions politiques dommageables.
La propriété, solution de bon sens
Ceci dit, la législation minière française et l'organisation sociale de notre pays donnent un sérieux coup de main à ces malfaisants, pour leur permettre de recruter des légions d'opposants à bon compte.
En effet, comme le souligne Max Falque, aux USA, les propriétaires du sol sont aussi propriétaires du sous-sol, et les propriétaires fonciers bénéficient donc, par la perception de loyers, des produits financiers de l'extraction des richesses du sous-sol, laquelle est souvent opérée par des petites entreprises, des "wildcatters", et pas uniquement par des géants côtés en bourse.
Par conséquent, les propriétaires sont en position de force pour imposer des résultats environnementaux respectueux des aquifères aux Wildcatters. En cas de dégâts comme à Dimmock, la justice peut facilement évaluer les torts et imposer, en plus de la juste réparation, des dommages punitifs. Enfin, tout porte à croire que l'impact paysager des puits sera fortement diminué dans les années à venir, parce que la préservation paysagère est devenue une revendication puissante des propriétaires de terrains pour autoriser les wildcatters à opérer.
En France, rien de tout cela. L'état donne des permis d'exploiter, de préférence à des grandes entreprises amies, car la bureaucratie française n'est guère avenante vis à vis des petits intervenants du secteur. Ces grandes entreprises feront tout, en cas de problème, pour jouer de leurs connexions avec l'état pour s'exonérer de leurs fautes, et cela, les riverains ne le savent que trop bien. La demande politique en faveur du "principe de précaution" ne s'explique pas autrement: c'est un réflexe de défense contre un des nombreux désagréments de la collusion entre les élites de l'état et certaines élites financières.
De plus, l'état touche directement les royalties d'exploitation, et la réforme de la taxe professionnelle, certes fort souhaitable, n'en a pas moins comme effet collatéral de couper tout lien entre une implantation industrielle et le budget de la collectivité voisine. Or, dieu sait que les perspectives offertes par les recettes d'une centrale nucléaire ont beaucoup fait pour aplanir les oppositions parfois violentes de certains activistes.
En l'état actuelle de la législation, les propriétaires voisins des forages de gaz de schistes en subiront tous les inconvénients, réels (vue sur les derricks, activité bruyante) ou supputés (risques phréatiques), sans aucun avantage : pourquoi accepteraient ils que ces forages aient lieu à côté de chez eux ?
Il va de soit que rendre la propriété du sous-sol aux propriétaires du sol, et laisser aux associations de propriétaires fonciers le soin de gérer les relations contractuelles et conflictuelles le cas échéant avec les exploitants gaziers, et redonner confiance dans l'impartialité d'une justice dont nombre de français doutent, parfois à juste titre, en coupant les liens entre grands groupes et état, améliorerait considérablement l'acceptabilité des forages de gaz de schistes, et serait de nature à en accélérer grandement la fiabilisation complète.
Dans ce domaine comme dans bien d'autres, la primauté du droit de propriété sur les jeux politiques est plus que jamais une nécessité.
Que faire à court terme ?
Cependant, à court terme, un tel changement paradigmatique du droit du sol ne se produira pas en France. Or, c'est le 10 mai que des décisions importantes et lourdes de conséquence doivent être examinées par l'assemblée.
Les pouvoirs publics ne doivent pas céder à la panique créée par les manipulations des activistes. Des forages exploratoires visant à estimer la taille précise des gisements et à évaluer la composition et l'épaisseur des couches séparant les schistes gaziers des aquifères, et leur imperméabilité, doivent pouvoir être conduits dès à présent.
Quant à l'exploitation, qui ne commencera pas dès demain, pourquoi ne pas demander à l'académie des sciences de conduire un travail de synthèse de 6 mois visant à faire un état des lieux objectif de l'état de la technologie, et à établir un cahier de recommandations visant à réduire au maximum les risques environnementaux imputés aux techniques de fracturation hydraulique ? Ces recommandations, issues d'un organe à la légitimité scientifique peu contestable et à la composition suffisamment diverse pour que son indépendance soit garantie, viseraient à la fois les caractéristiques minimales du substratum révélées par le forage exploratoire pour autoriser l'exploitation, ainsi que les spécifications en matière de protection des tuyaux de forage et de composition chimique des solutions de fracturation.
Ajoutons qu'il conviendrait que les éventuelles taxes minières auxquelles les exploitants ne manqueraient pas d'être assujettis (nous sommes en France... tout s'y termine par des impôts !) devraient être perçues par les communes concernées, ce qui recréerait un lien entre l'exploitation du gaz et le bassin de vie concerné.
Enfin, il conviendrait de rappeler, quand bien même cela ne devrait pas être nécessaire si notre construction juridique avait bien vieilli, que même si un forage respecte des normes législatives, cela n'exonère en rien les foreurs d'assumer les coûts des réparations éventuelles aux riverains si un préjudice environnemental venait à se matérialiser.
Voilà une proposition de démarche qui se veut bien plus constructive que l'application pavlovienne de l'insoutenable principe de précaution, que l'on prétend nous imposer le 10 mai prochain, au mépris de toute forme de bon sens.
N.B.: Ayant moi même été insidieusement assimilé à un "agent d'influence de la machine à nier" par certains activistes, je ne doute pas que ma position, assez proche de celle exprimée publiquement par des personnalités comme le PDG de Total, me vaudra quelques insinuations et attaques diffamatoires de ce genre de la part du lobby vert. C'est la vie...
Commentaires
Pour l'évaluation (récente et provisoire) des réserves de gaz de schistes dans le monde par l'EIA lire par exemple:
http://www.leblogenergie.com/2011/0...
Pour disposer d'une synthèse des travaux sur les gaz non conventionnels et la problématique européenne il faut absolument lire le papier de Florence Gény:
http://www.sbc.slb.com/About_SBC/~/...
Nous fonçons dans l'obscurantisme le plus méprisable. Les Politiques de gauche et de droite qui pour des raisons électorales, essaient de précéder la fanfare de la propagande verte sont des savates. Ils en sous-estiment la menace idéologique.
cela fait des mois que je m'évertue à défendre l'exploitation du gaz de schistes et du pétrole non conventionnel, pour toutes les excellentes raisons que vous développez . A côté du gaz, le pétrole non conventionnel du bassin parisien pourrait faire de notre pays un nouveau Koweit .Puis je compléter votre texte en rappelant qu'à côté de la fracturation hydraulique existe depuis peu une fracturation non hydraulique ,plus efficace ,coûtant moins cher, et supprimant les dénonciations des effets supposés pervers des additifs chimiques .Ce procédé développé par la société Canadienne Gasfrac supprime tous les inconvénients dénoncés par les verts ,oui mais voila, dans ce cas la nouvelle religion verte lui trouve un autre inconvénient, il serait explosif..
La réalité est plus simple , l'exploitation de ces ressources mettrait à mal tout le fonds de commerce vert, qui a repris le programme de décroissance du club de Rome
que le député UMPJacob appuyé par Borloo soit à la tête de ces textes est aberrant mais ils vont le faire renouvelant l'erreur politique de Merkel
quelle conclusion ? bêtise,démagogie électoralisme à courte vue ,panique politique?
Enfin il y a un autre problème ,l'ensemble des médias est acquis à la propagande verte,car la majorité des français totalement désinformée prend pour argent comptant le nouveau Titanic médiatique
Je me permets de reposter ici car il manque beaucoup de précisions de fonds sur ce dossier, qui n'est comme pour tous les choix énergétiques pas à prendre à la légère.
Sans rentrer dans les détails les impacts environnementaux durables et sur la santé sont élevés et ne peuvent être évités à présent (comme on peut d'ailleurs déjà le constater), ainsi qu'à l'avenir malgré des évolutions, compte tenu du nombre forcément très important de forages, des fracturations multiples et violentes, des produits employés, des sols traversés, des transports de produits, des émanations susbtantielles, etc quelle que soit la technique employée (eau, gpl/Gasfrac, qui d'ailleurs demande entre autres des quantités de gpl substantielles + leur transport et stockage sur site etc). Donc en terme simplement de coûts il faudrait pour être objectif évoquer, comme pour le nucléaire, celui potentiel global de ce type de procédé sur la durée, en particulier dans un pays peuplé dont les nappes phréatiques ne sont pas bien réparties et posent déjà plusieurs problèmes comme en France parmi d'autres pays (souvent faible niveau général des ressources, pollutions etc.).
En outre les quantités évoquées sont très contestables (voir dossiers de l'Aspo etc entre autres, plutôt objectifs sur le sujet ou point de vue du président de Chesapeake).
Sur quelques aspects environnmentaux et de santé entre autres, je reprends en fin de post un texte trouvé sur le net qui me paraît bien rappeler que nous ne sommes pas là dans le secteur des "crèmes glacées"...!, même s'il est à la mode de faire du lobbying avec des raccourcis tout comme du populisme pour tenter de faire passer des intérêts particuliers et des approches auprès de députés avant une date buttoir, y compris si elles ne sont pas fondamentalement bonnes, quitte jusqu'à proposer de monnayer des accord avec des régions et personnes concernées pour tenter de faire accepter une méthode qui n'est pas bien ficelée et partielle.
Au plan des énergies il y a en effet des absurdités : les forages profonds sont très coûteux (entre autres) et le gaz et pétrole ont des applications (souvent recyclables) à plus fortes valeurs ajoutées que sous simple forme combustible (avec des rendements pas toujours optimaux).
Les énergies renouvelables sont quant à elles de plus en plus compétitives selon les pays et régions.
S'il devait donc y avoir exploitation de gaz/pétrole de schiste :
- çà devrait être de façon optimale dans les zones aux réserves les plus fortes et aux risques les plus faibles en profitant quand c'est possible des forages pour la géothermie d'une part.
- d'aure part en privilégiant les énergies renouvelables, atténuant ainsi les aspects environnementaux négatifs des gaz/pétrole de schiste en les couplant avec ce gaz afin de compenser l'intermittence de ces énergies nettement plus propres et créatrices d'emplois locaux qualifiés, prolongeant très largement ainsi la ressources en gaz "locale", pouvant être utilisé prioritairement pour d'autres applications à plus hautes valeurs ajoutées qui vont à l'avenir sérieusement manquer.
Ainsi en n'opposant pas une énergie à une autre mais en les associant de façon optimale, on réduit la pollution d'un côté en augmentant très fortement la durée de la ressource "locale" qui peut être mieux utilisée que sous seule fome "combustible" et on évite de l'autre d'éventuels surcoûts de forages ou de stockages liés à l'intermittence, qui ont certes des rendements désormais élevés (60% et plus) mais c'est toujours mieux d'avoir 100%.
Il n'y a pas les "libéros", les "écolos" et la sheriff NKM, tout comme il y eut les éleveurs de bovins et d'ovins du far-west, mais des combinaisons optimales d'énergies qui demandent une vision d'ensemble.
L'extraction de gaz/pétole de schiste ne ressemble pas exactement à la fabrication de crèmes glacées !
Pétrole et gaz de schistes : quelques aspects environnementaux, énergétiques et économiques
Pollution de l’air (complexes BTEX etc), risques de pollutions des eaux à court comme à long terme (produits utilisés + diffusion de contaminants types métaux lourds, mercure, arsenic etc), bilan énergétique faible : entre 1 et 2 unités d’énergie obtenue pour 1 unité d’énergie nécessaire, nécessités d’infrastructures dont stockage, multiples forages au km2, noria de camions (800 mouvements en moyenne par forage), nuisances d’exploitations et visuelles, brevets et technologie américaine donc retombées locales atténuées, multiples sociétés d’exploitation dont la responsabilité à long terme sera nulle en cas de dégâts à l’environnement etc.
« Selon la couche de schiste, un puits peut donner accès à des quantités de gaz très variables » rappelle entre autres l’Aspo ou encore Aurèle Parriaux, docteur en géologie de l’ingénieur à l’université polytechnique de Lausanne, « pour être sûr de rentabiliser un champ il faut donc une forte densité de forages, des milliers de déplacements de camions de transports, auxquels s’ajoutent la pollution du raffinage ».
Suivant les endroits où les produits très toxiques utilisés pénètrent (quelle que soit la méthode utilisée, y compris celle de Gasfrac), par exemple une nappe phréatique, leur vitesse de propagation peut aller de 1 à 1000. Dans certains cas, ils peuvent ainsi parcourir des centaines de mètres par jour dans les sous-sols.
Sur 278 produits utilisés étudiés, 93% affectent la santé et 43% sont également des perturbateurs endocriniens durables (impacts sur la différenciation sexuelle, la stérilité, régulation hormonale, facteurs de diabète, cancers etc).
L’exploitation de gaz de schistes peut entraîner la remontée de contaminants des sols, à court, moyen ou long terme (large diffusion de métaux lourds, arsenic, mercure, matériaux radioactifs etc) comme l’a étudié entre autres l’équipe du Pr Theo Colborn (Université de Floride, PhD Univ. Wisconsin–Madison fondatrice et présidente de The Endocrine Disruption Exchange (TEDX), Paonia, Colorado, environmental health analyst :
http://www.tiogagaslease.org/images...
de même que la pollution de l’air (complexes BTEX « benzène, toluène, éthylbenzène, xylène » + oxydes nitreux, méthane, métaux lourds etc.).
Une étude publiée par le professeur Robert W. Howarth de l’Université Cornell en 2010 constate qu’une fois calculé l’impact des émissions fugitives de méthane dans le cycle de vie, les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les gaz de schiste sont plus élevées que celles du charbon et du mazout. Elle confirme d’autres études dans ce sens. Ce qui contredit le fait que ce serait selon ses producteurs un bon choix « d’énergie de transition ».
http://www.enerzine.com/12/11812+le...
Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l’Energie, président d’honneur d’EDF reconnaît par ailleurs dans le Monde du 16 septembre 2010 qu’il ne faut pas trop se fier aux "mirages" de la technologie et qu’il faut ajouter « le coût écologique pour prévenir le « mitage » des zones de puits, les incertitudes quant aux effets des produits chimiques d’infiltration et in fine, le prix qui sera donné au CO2, sans compter le coût des règles de sureté ». A ce titre l’expérience américaine doit nous éviter d’importer en Europe ce qui s’apparente de plus en plus à une catastrophe environnementale. De petites compagnies se créent pour bénéficier de « niches fiscales », se faire racheter et disparaître sans souvent respecter les normes environnementales quand il y en a et quand c’est le cas elles sont rarement contrôlées. La pollution la plus importante arrivant souvent après que le pollueur ait disparu.
La hausse des prix du pétrole présente également des défis aux producteurs de gaz naturel. Il est aujourd’hui plus rentable de forer pour du pétrole que pour du gaz.
Exemple du Québec entre autres : les chercheurs l’Iris (Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), remettent en question l’idée selon laquelle l’exploitation des gaz de schiste contribuerait à accroitre l’indépendance énergétique du Québec. « Le faible rendement énergétique (RÉI) de l’exploitation du gaz de schiste entre en contradiction avec les objectifs du gouvernement en matière d’indépendance énergétique. Dans le cas du gaz de schiste, on ne tirera qu’entre une et deux unités d’énergie par unité d’énergie dépensée dans sa production. Si l’on vise réellement une autosuffisance en énergie, pourquoi ne pas privilégier l’exploitation de filières à moindre coût énergétique et s’assurer ainsi de la pérennité de l’ensemble des ressources en énergie de la province? »
Selon le Ministère du Développement durable et des Parcs (MDDEP), la quantité d’eau nécessaire varie entre 8 et 35 millions de litres par opération de fracturation. Les puits sont fracturés huit fois en moyenne ; dans certains cas, ce nombre peut s’élever jusqu’à 17 fracturations par puits. Le taux de récupération des eaux injectées se situe autour de 50 %, et on ne recycle, aux dires mêmes de l’APGQ, qu’environ 80 % des eaux récupérées.
De plus la capacité d’épuration des eaux est d’environ 20 fois inférieure à celle nécessaire selon le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire. « Pour hériter de tous ces problèmes, le gouvernement amputera ses recettes de 50 M$ par année », lance Bertrand Schepper. « Quand on tient compte à la fois des impôts et des redevances qui seront perçues, mais aussi des dépenses importantes en crédit fiscaux et en infrastructures publiques qu’occasionnera l’industrie, on se rend compte que le bilan complet est loin d’être positif pour le Québec. Comme nous n’avons pas pu évaluer les coûts de certains crédits d’impôt, comme celui pour les actions accréditives et comme nous ignorons le montant des potentielles subventions offertes par le gouvernement dans le futur, nous pouvons affirmer que notre évaluation des coûts du gaz de schiste est très conservatrice », ajoute le chercheur à l’IRIS.
http://www.enerzine.com/12/11430+ga...
Le rapport de l’Institut national de santé publique du Québec confirmait, qu’outre les risques de fuites, les activités sur les sites et de transport contribuent à augmenter les polluants atmosphérique émis: les oxydes d’azote (NOx) et de soufre (SOx), les composés organiques volatils (COV), les particules fines et plusieurs autres.
Etats-Unis : Une récente étude sur le développement de l’industrie du gaz de schiste à Haynesville aux États-Unis prévoit que « selon un scénario de développement faible, avec 1 570 puits en 2012, ces puits seraient responsables de 60 tonnes d’oxyde d’azote par jour, un irritant pulmonaire qui se transforme en ozone au sol responsable du smog. Des niveaux d’ozone accrus ralentissent également la croissance des arbres, des plantes et des cultures, entraînant des pertes économiques pour les industries forestière et agricole.
Selon un scénario fort, avec 2 181 puits en 2012, on parle de 140 tonnes de NOx par jour, et ce, sans compter les COV évalués à plus de 20 tonnes/jour ».
Les études menées aux Etats-Unis se multiplient et dressent un portrait toujours un peu plus sombre des impacts attendus. Notons les récentes modélisations effectuées sur le développement gazier prévu à Haynesville, qui permettent de prédire une augmentation des concentrations de polluants atmosphériques causant l’ozone au sol, sur une période de temps relativement courte. Et ce non pas exclusivement à proximité des sites de forage, mais partout en périphérie en raison des vents qui transportent les polluants sur de grandes distances.
Etc.
La meilleure maniere d'estimer le risque est en effet de laisser les societes d'exploitation entreprendre tout tout en leurs imposant de prendre une assurance pour couvrir l'ensemble des degats en cas d'accident. La societe d'assurance devra faire (ou faire faire) l'etude de risque et potentiellement engager les meilleurs scientifiques. Cela vaut mieux il me semble qu un comite de scientifique sujet a telle ou telle pression. Une fois le cout d'assurance determine on saura si l'affaire est rentable ou non. Egalement il me semble que les termes du contrat d'assurance doivent etre acceptes par les riverains, a travers leurs representants locaux (region, ou autre entite locale) mais pas a l'etat central il me semble. La democratie local est souvent moins biaisee par le clientelisme, et les consequences des actes politiques y sont plus transparentes.
@JLER:"La meilleure maniere d'estimer le risque est en effet de laisser les societes d'exploitation entreprendre tout tout en leurs imposant de prendre une assurance pour couvrir l'ensemble des degats en cas d'accident."
Assurance ET responsabilité intégrale sur les biens personnels.
A Patrick Madrolle. Les termes d'assurance ou de responsabilite integrale sur les biens personnels appartient au riverain ou a son elu peut etre mieux a meme de connaitre le degre de protection qu'il souhaite avoir. La question est de savoir ou nous pouvons mettre le curseur et cela ne peut emerger que par negociation entre les differentes parties. Cela dit a titre personnel c est en effet une responsabilite integrale que je souhaiterai mais je ne pourrai l'imposer a mon voisin qui pourrait y voir une source d'emploi et de revenu.
la bonne question est sommes nous plus intelligents que l'ensemble de la terre ou seulement plus...........disons benêts
"La fracturation hydraulique propre est un mythe" :
La Chambre des Représentants vient de rendre public un rapport listant les additifs utilisés aux Etats-Unis entre 2005 et 2009 pour la fracturation hydraulique. Le document liste 750 composés chimiques dont la dangerosité est parfois avérée.
Il lève le voile sur les produits utilisés par les 14 principales entreprises ayant réalisé des fracturations hydrauliques aux Etats-Unis entre 2005 et 2009. "Ces entreprises ont utilisé plus de 2.500 produits de fracturation hydraulique contenant 750 composés chimiques et autres" En tout elles ont utilisé
2,95 millions de mètres cubes de produits, sans tenir compte de l'eau ajoutée sur le site du puits."
Les compagnies pétrolières et gazières n'ont de plus pas été capables de fournir à la Commission les formules chimiques complètes des fluides de fracturation hydraulique qu'elles utilisent." Au total, les parlementaires n'ont donc pas pu obtenir d'information complète pour 279 produits contenant au moins un élément chimique considéré comme un secret commercial par le fabriquant.
Ces produits représentent 355.000 mètres cubes (94 millions de gallons) de solutions chimiques injectées, soit environ 12,5% du total des produits utilisés sur les cinq ans couverts par le rapport. Certains sont extrêmement toxiques, comme le benzène et le plomb."
Ce rapport révèle que l'additif le plus couramment utilisé est "le méthanol qui a été utilisé dans 342 produits de fracturation hydraulique et qui est un polluant atmosphérique dangereux faisant partie de la liste des produits candidats à une réglementation potentielle dans le cadre de la loi pour l'eau potable sûre [Safe Drinking Water Act]."
Parmi les autres produits "les plus couramment utilisés", les rapporteurs ont pointé l'alcool isopropylique (dans la composition de 274 produits), le 2-butoxyethanol (126 produits) et l'éthylène glycol (119 produits).
De plus ce rapport retient 29 molécules qui sont des cancérogènes connus ou suspectés, ou encadrées via loi pour l'eau potable sûre du fait des risques pour la santé humaine ou listées comme des polluants aériens dangereux sous la loi sur la qualité de l'air (Clean Air Act). Ces 29 éléments "entrent dans la composition de plus de 650 produits de fracturation hydraulique", soit environ un quart du total.
Par ailleurs, les composés de benzène, toluène, éthylbenzène et xylène (composés BTEX) apparaissent dans 60 produits de fracturation. "Chacun des composés BTEX est un contaminant contrôlé au titre de la loi pour l'eau potable sûre et un polluant atmosphérique dangereux selon la loi pour la qualité de l'air", rappellent les élus, ajoutant que "le benzène est un cancérogène connu."
Entre 2005 et 2009, l'extraction du gaz de schiste s'est accompagnée de l'injection dans le sous-sol de plus de 430.000 mètres cubes (11,4 millions de gallons) de substances contenant au moins l'un des quatre composés BTEX.
Le rapport propose en annexe la liste complète des 750 éléments entrant dans la composition des fluides utilisés pour la fracturation hydraulique.
http://www.actu-environnement.com/a...
Du méthanol!!....on a peur! Dire que ma grand-mère à l'aide du journal de la veille "faisait les vitres" avec ce poison violent. Attention! L'alcool de bois ça rend fou et aveugle. Propagande stupide, manipulation scandaleuse...Arrêtez!
Avec votre exemple familial vous nous démontrez, on ne peut mieux Raymond, que même après 2 générations le méthanol rend "scandaleusement fou, stupide, manipulateur et aveugle" !
Pour info, les "professionnels" doivent tenir compte des risques de chaque substance dès lors qu'il est question de multiples forages suivis de plusieurs injections et de quantités importantes. Sur 2500 substances utilisées vous n'en retenez qu'une seule, quelle objectivité ! Pensez entre autres par exemple aux femmes enceintes et enfants en bas âge, crèches etc le méthanol étant facilement inhalé et particulièrement soluble dans l'eau pour être candidat au Safe Drinking Water Act.
Pour rappel, le méthanol est toxique par deux mécanismes. Premièrement (s’il pénètre dans l’organisme par ingestion, inhalation, absorption cutanée) il peut provoquer la mort en raison de ses propriétés de dépresseur du système nerveux central de la même façon que l’éthanol. Deuxièmement, il devient toxique après avoir été métabolisé dans le foie sous l’action d’enzyme alcool déshydrogénase qui le transforme en formaldéhyde. Celui -ci est ensuite métabolisé en acide formique par une aldéhyde déshydrogénase ou une formaldéhyde déshydrogénase. Ces composés sont à l'origine d'acidose métabolique, de cécité par destruction du nerf optique, etc.
Les tissus foetaux sont très sensibles aux effets du méthanol.
La dose dangereuse est rapidement atteinte si une personne est régulièrement exposée à des vapeurs ou manipule des liquides sans protection cutanée. Si le méthanol a été ingéré, un médecin doit être contacté immédiatement. La dose mortelle communément admise est de 100 à 125 mL (4 fl oz). Les effets toxiques apparaissent au bout de plusieurs heures et des antidotes efficaces peuvent souvent éviter la survenue de dommages irréversibles. Ce traitement utilise l’éthanol ou le fomepizole. Ces deux médicaments ont pour effet de ralentir l'action de l’alcool déshydrogénase sur le méthanol par le mécanisme de l’inhibition compétitive, pour qu'il soit excrété par le rein, plutôt que transformé en métabolites toxiques.
Les premiers symptômes de l'intoxication par le méthanol sont les signes de dépression du système nerveux central : maux de tête, étourdissements, nausées, troubles de coordination, confusion, somnolence, et aux doses élevées, le coma et la mort.
Lorsque les premiers symptômes ont disparu, de nouveaux symptômes apparaissent 10 à 30 heures après la première exposition au méthanol: diminution ou perte complète de la vision, accompagnée d’une acidose. Ces symptômes sont provoqués par l'accumulation de formiate atteignant des niveaux toxiques dans le sang, et peuvent conduire à la mort par insuffisance respiratoire. Les esters dérivés du méthanol ne jouent aucun rôle dans cet effet toxique. Un incendie à base de méthanol brûle sans flamme.
La solubilité élevée du méthanol dans l'eau suscite des préoccupations à propos de l’éventuelle contamination de l'eau qui pourrait découler de l'utilisation généralisée du méthanol.
Le méthanol est une substance très toxique. Sa consommation peut entraîner la cécité et même la mort
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01....
Eh bien laissons cette immense richesse à nos enfants ou petits enfants qui en auront autrement besoin que nous lorsque le pétrole aura disparu. Cette richesse prendra encore plus de valeur dans l'avenir et sera extractible par des procédés mieux maîtrisés et même leurs permettra elle de rembourser nos dettes présentes que nous ne voulons pas rembourser...
voir le site de Halliburton avec la composition des produits employés ,voir le site de Gasfrac pour comprendre de quoi on parle
Halliburton et Gasfrac ne peuvent pas être objectifs et indépendants puisque ce sont les intervenants ! Pour traiter sérieusement un sujet il faut évidemment impérativement des expertises indépendantes.
évidemment vous vous êtes objectif mais si on ne peut consulter la liste des ingrédients chez des intervenants alors chez qui va ton le faire.chez BOVE? par ailleurs Gasfrac la fracturation sans eau c'est le mystère absolu même pour les X qui ont rédigé le pré rapport qui a fuité dans la presse
ils ont l'honnêteté de reconnaître que la France est larguée technologiquement dans ce domaine seulement l'une des propositions serait le choix déterminé des procédures et ingrédients par l'Administration ça commence mal si la dernière la plus prometteuse est ignorée de nos têtes d'oeufs
Avoir Halliburton qui a été au coeur de "l'Halliburton loophole" comme source "objective" d'informations est en effet très "prometteur"... Quant au second, rassurez-vous, tous les opérateurs le connaissent (il est d'ailleurs cité par Energie+ dans le post 3 plus haut), mais sa technologie, contrairement à ce que vous semblez croire, n'est pas dénuée d'importants problèmes, ni de mises au point encore à faire et Robert Lestz qui intervient souvent ne s'en cache pas. Elle n'apporte pas non plus de solutions à des risques de pollutions à court et long terme qui selon les endroits demeurent élevés, pour ne citer qu'eux. Elle ne publie évidemment pas non plus la liste complète des produits qu'elle doit utiliser.