Comment fonctionnent les marchés de droits à polluer : bilan et évaluation
Par Jean-Michel Bélouve le jeudi 8 octobre 2009, 13:30 - Note de synthèse - Lien permanent
A l'approche de la réunion de Copenhague, notre ami Jean-Michel Bélouve explore plus en détails le fonctionnement des mécanismes en jeu. Dans la note ci-dessous il nous explique tout ce qu'il faut savoir sur les marchés d'échanges de permis négociables. Il reviendra ensuite sur l'économie et les conséquences à attendre de la mise en place d'une taxe carbone.
Lorsque le Protocole de Kyoto fut négocié, les nations membres se sont accordées sur une démarche que le langage populaire qualifia de « principe pollueur-payeur ». Partant de l’hypothèse que l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère conduisait à des élévations de températures globales excessives à long terme, il fut admis que la concentration maximum en « équivalent CO2 » devait se situer aux alentours de 450 ppm (soit 450 molécules de CO2 pour un million de molécules de tous les gaz constituant l’atmosphère).
J’ai déjà développé le caractère contestable de cette théorie fondée sur de la pseudoscience ».
Je n’y reviendrai pas. Nous allons donc faire comme si le CO2 et les autres gaz à effet de serre représentent un réel danger pour l’humanité, considérer que cette limite de 450 ppm est la bonne, et évaluer les mesures financières prises pour modifier le comportement des « pollueurs » à l’aulne de ce critère.
Plusieurs solutions pouvaient être envisagées par les membres des conférences ayant abouti au Protocole de Kyoto :
1. la limitation autoritaire des émissions de gaz à effet de serre de la part des agents économiques, assortie de sanctions dissuasives en cas d’infraction (système de quotas).
2. des mesures fiscales telles que la taxation des émissions, ou encore la taxation des énergies fossiles dont la combustion dégage du CO2 (les « taxes carbone »).
3. ne rien faire, en observant que la raréfaction progressive des ressources en hydrocarbures et en charbon devait faire croître les prix de ces matières premières dans une telle proportion que les agents seraient conduits à rechercher d’autres sources d’énergie.
Les membres signataires ont d’emblée écarté cette troisième solution, jugée inefficace, pour se rallier à un système de quotas dans lequel la sanction était remplacée par un mécanisme d’échanges de droits qui permettaient à un agent ayant dégagé plus de CO2 qu’il n’était autorisé d’acheter des permis supplémentaires à des agents qui étaient demeurés au dessous de leurs quotas d’émission. De cette disposition allait découler la mise en place de systèmes appelés « cap and trade » ou encore marchés d’échanges de permis négociables ou enfin des « Emissions Trading Schemes », ETS, plans d’échanges d’émissions, dont je propose d'évaluer les résultats pour la période 1998-2009.
Al Gore et Maurice Strong lancent la Bourse carbone de Chicago
La première bourse du carbone fut créée à Chicago, en 2003 : le Chicago Climate Exchange, plus souvent dénommé le CCX. Ses promoteurs furent l’ex-Vice Président et candidat malheureux à la présidence Al Gore, ainsi que le puissant numéro deux de l’ONU, Maurice Strong, le stratège du sommet de la Terre de Rio (1992), Conseiller spécial du Secrétaire Général l’ONU, Kofi Annan. Le CCX est une entreprise privée, indépendante du pouvoir et des instances internationales. Pour le concevoir et le diriger, Al Gore et Maurice Strong firent appel à un expert des produits dérivés boursiers, Richard L Sandor, actuellement Chairman de l’entreprise. Sandor s’était illustré dans les années 1980 en créant une bourse d’échanges de droits concernant les émissions de gaz responsables des pluies acides. Le financement initial a été trouvé auprès de 13 entreprises du Nouveau Monde, avec l’aide efficace de la Joyce Foundation, association philanthropique de Chicago. Notons que les statuts et documents juridiques du CCX ont été élaborés par un jeune avocat et sénateur de Chicago, membre du Board de la Joyce Foundation, Barak Obama. Maurice Strong apporta quelques fonds et fut nommé membre du Board of Directors . Al Gore intervient dans le financement du CCX par son « Hedge Fund » Generation Investment Management (GIM), et a attiré au capital du CCX la banque Goldman Sachs, qui détient 10% des actions. On note encore, au sein de l’Advisory Board, la présence du Président du GIEC Rajendra K Pachauri, (qui intervient à titre personnel, et non es qualité). L’implication de Maurice Strong et de Rajendra Pachauri dans cette affaire privée n’a rien d’exceptionnel, car il est de pratique assez courante que les hauts fonctionnaires de l’ONU aient leurs propres affaires privées, en tant que dirigeants ou consultants d’entreprises.
Le CCX donnait de grands espoirs à ses fondateurs, qui imaginaient le développement rapide d’un marché nord américain des permis négociables. Mais le refus de Georges Bush d’engager les USA dans le processus de Kyoto maintint le CCX à un faible niveau d’activité. Quatre vingt grandes entreprises multinationales devinrent des partenaires qui s’entendirent pour limiter volontairement leurs émissions et vendre ou acheter des permis négociables sur le marché de Chicago. L’arrivée d’Obama à la présidence apporta de grands espoirs à ces dirigeants du CCX. Si le Waxman Markey Bill est voté , les Etats Unis seront dotés d’un système officiel de cap and trade, et dès lors les échanges de permis pourraient atteindre des milliers de milliards de dollars. C’est dire les pressions qui s’exercent sur les sénateurs, y compris de la part de l’ONU, dont dépend tout l’avenir du CCX et de la filière du risque climatique nord américaine. Mais le vote est maintenant reporté à l’an 2010, et apparait plus qu’incertain. En attendant, les échanges portent sur de faibles volumes, et les cours varient entre un et quatre dollars la tonne de carbone, soit huit fois moins qu’à la bourse européenne BlueNext.
BLUENEXT, le numéro 1 du cap and Trade
Le CCX a une filiale européenne, l’ECX. Il existe aussi une bourse canadienne, le Montreal Climate Exchange. Mais la seule bourse importante est l’européen BlueNext, filiale commune d’Euronext-NYSE et de la Caisse des Dépôts et Consignations. On y échange les permis européens EU ETS, sur le marché spot et à terme, ainsi que les permis correspondant aux programmes bénéficiant des mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto, le Mécanisme de Développement Propre (MDP) et de la Mise en Œuvre Conjointe (MOC).
Ces mécanismes ont été présentés dans mon article du 1er août . Rappelons seulement que le MDP est un système qui permet à des entreprises soumises au cap and trade d’acquérir des permis négociables en investissant dans les pays en développement pour y accroître l’efficacité énergétique, ou développer les puits de carbone que constituent les forêts. La MOC, quand à elle, est un mécanisme semblable entre pays développés et se développe avec les investissements réalisés en Europe Centrale et les pays de l’ancienne URSS, par les entreprises de la partie occidentale de l’Union européenne.
J’ai cité dans l’article du 1er août, deux des principaux défauts du système européen : l’extrême volatilité des cours de ce produit virtuel qu’est la tonne de CO2, qui permet de se procurer des certificats ETS à des prix dérisoires lorsque l’offre est trop élevée, mais qui peut constituer un frein à la croissance lorsque l’activité industrielle augmente ; également le fait que, comme les quotas sont attribués gratuitement par les états, et que leur niveau à été le plus souvent fixé en fonction de prévisions optimistes de croissance économique, la demande des industriels est relativement faible, et le marché est surtout alimenté par la spéculation. Les ONG environnementales, Nicolas Hulot et bien d’autres estiment le système inefficace en regard des objectifs poursuivis.
Pour remédier aux effets pervers observés pendant la période 2005-2008, la Commission européenne a pris plusieurs dispositions dans le « Paquet Energie Climat » convenu en décembre 2008, et qui s’appliqueront à partir du 1er janvier 2013. Les grands principes retenus sont la limitation des émissions industrielles de gaz à effet de serre, en 2020, à un niveau inférieur de 20 % à celui de 1990, et surtout, le principe de la vente aux enchères des quotas d’émission, chaque état transformant son quota en certificats ETS, les répartissant entre les secteurs économiques concernés, puis les vendant par lots aux mieux offrants de chaque secteur. Ce mécanisme est redoutable. Compte tenu de la forte dégressivité des objectifs d’émissions, il est susceptible d’occasionner des batailles d’enchères très coûteuses dans certains secteurs, et d’obliger les perdants à aller chercher des certificats auprès de pays traditionnellement bien dotés du fait du choix de l’année de référence 1990, tels que la Russie, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie, ou encore à investir massivement en technologies propres dans les programmes agréés au titre du MDP dans les pays en développement.
Carbone en fuite
Une fronde s’est alors développée chez les industriels concernés : installations de plus de 20 mégawatts dans les secteurs de la production d’électricité à partir de charbon, gaz ou fuel, du raffinage pétrolier, de la sidérurgie, la métallurgie, la chimie et les engrais, les cimenteries, verreries, céramiques et terres cuites, l’agroalimentaire, le transport aérien. Il était clair que nombre de ces industries perdraient une part de leur compétitivité, notamment par rapport à leurs concurrents installés dans des pays en développement non soumis à limitation de leurs émissions. Les représentants de ces branches industrielles agitaient l’épouvantail de délocalisations massives. La Commission européenne décida de revoir sa copie. Les mises aux enchères seraient progressives. D’abord, 12% du quota européen serait attribué gratuitement à des pays moins prospères: la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie. D’autre part, on attribuerait en 2013 80% des quotas individuels gratuitement, et 20% seraient mis aux enchères. Les parts des enchères s’élèveraient progressivement, jusqu’à 70% en 2020 et 100% en 2028.
Ce n’était pas suffisant. Il convenait d’examiner au cas par cas l’exposition à la concurrence étrangère de chaque secteur, pour parer au risque, prévisible, de la reconduction de l’absence de limitation des émissions pour les pays en développement. Une armée de fonctionnaires européens et nationaux se mirent à cogiter en compagnie de multiples représentants de branches et de secteurs professionnels, avec le secours d’autant d’experts, de traducteurs et de petites mains. 164 secteurs industriels furent recensés comme étant susceptibles de procéder à d’importantes délocalisations , des « fuites de carbone » selon une expression de plus en plus utilisée. Ces cent soixante quatre industries bénéficieront, pendant cinq ans, de larges exemptions, actuellement à l’étude. D’autres secteurs pourraient s’ajouter à la liste des 164. Ainsi la commission, telle la belle Pénélope, tisse de jour une magnifique tapisserie dont elle se pare pour la détricoter la nuit venue ! Mais Nicolas Sarkozy et Angela Merkel regimbent. Il ne faut pas d’exemptions, mais il faut mettre une barrière aux frontières européennes contre le dumping des pays qui n’adoptent pas de contraintes financières contre leurs industries polluantes , et le couple franco-germanique a adressé une missive au Secrétaire Général de l’ONU, le 22 septembre, pour qu’une telle disposition soit prévue aux accords à soumettre à la Conférence climatique de Copenhague de décembre prochain. «Il ne serait pas acceptable », écrivent les deux complices, « que les efforts des pays les plus ambitieux soient compromis par la fuite de carbone qui résultera de l’abstention ou de l’insuffisance de certains. Pour cette raison, il faut qu’il soit possible de mettre en place des mesures appropriées d’ajustement à l’encontre des pays qui ne respectent pas ce traité ou n’y sont pas partie ». Nous examinerons ce problème de taxes douanières dans l'autre article.
L’électricité 60% plus chère !
Il est une industrie qui ne craint pas les délocalisations. Il s’agit de la production d’électricité des centrales thermiques au charbon ou au gaz. Aussi, pour elles, il n’y aura pas de régime de faveur, et elles devront enchérir pour se procurer 90% de leurs quotas de permis. Cela pose un sérieux problème aux Polonais, aux Danois, aux Belges, et surtout aux Allemands. Ces derniers produisent 80% de leur électricité à partir du charbon, et se sont lié les mains en promulguant une loi interdisant la construction de centrales nucléaires et prévoyant le démantèlement des centrales existantes avant 2020. Il ne leur en reste plus que douze, qui étaient promises à fermeture à court terme, et que l’arrivée au pouvoir des libéraux du NDP vont probablement sauver. Le salut, pense Madame Merkel, viendra de l’équipement des centrales charbonnières en dispositifs de séquestration du carbone. Hélas, Madame la Chancelière, l’Allemagne ne dispose pas suffisamment de sites pour stocker le CO2 de centrales qui produisent 80% de l’électricité distribuée dans le pays ! Et surtout, séquestrer le carbone enchérit le prix de revient du kilowattheure de 60%, et gaspille 30% du charbon à réaliser les funérailles du gaz délétère ! Ce n’est pas rien, lorsqu’on parle de sauvegarde des ressources naturelles ! Le prix de l’électricité allemande obèrera tous les coûts des activités qui en consomment, diminuera le pouvoir d’achat des entreprises et des ménages. EDF se frotte les mains. Son électricité nucléaire gagnera des parts de marché dans la partie occidentale de l’Allemagne. Gageons que les quatre producteurs d’électricité allemands tenteront de limiter les dégâts en renonçant à la séquestration, et sauront s’entendre pour ne pas faire monter les enchères. Ils se procureront les permis manquant sur le marché international des MDP, des MOC et des pays d’Europe de l’Est, ce qui devrait soutenir les cours de BlueNext !
La Commission européenne hors la loi.
La Pologne semble avoir trouvé la parade. Je rappelle comment sont fixés les quotas nationaux. Chaque pays établit un plan, un PNAQ, un Plan National d’Allocations de Quotas, qu’il soumet aux sages de Bruxelles. La Commission donne son agrément (ou le refuse). Nos amis polonais ont calculé très large, comme tous leurs voisins de l’ex-Pacte de Varsovie. Bruxelles a invalidé leurs plans, et la Pologne, de conserve avec l’Estonie, a saisi la Cour Européenne de Justice, qui a rendu son verdict, en première instance, le 23 septembre 2009 . La Cour a annulé la décision de la Commission de Bruxelles pour « excès de pouvoir ». Eh oui ! Le Traité de Lisbonne n’est pas encore en vigueur, et les nations gardent encore un peu de souveraineté. BlueNext a aussitôt réagi par une baisse sensible du cours de la tonne de CO2. Dans la foulée, les autres nations d’Europe centrale introduisent des recours, Hongrie, Lituanie et Slovaquie en tête. La Commission fera-t-elle appel ? Il apparait que le jugement de première instance est bien fondé, et rappelle de façon cinglante à l’Union Européenne quelle est la limite de ses pouvoirs.
Tout cela ne sert à rien !
Mais les mésaventures byzantines de l’Europe nous éloignent de notre préoccupation première. Va-t-on limiter, avec tout cela, la concentration atmosphérique en CO2 à 450 ppm ? Surement pas, d’après les courbes du GIEC. Si les pays en développement continuent à connaître une croissance élevée, et il faut le leur souhaiter, le taux de CO2 s’élèvera bien au-delà d’ici 2050 (+150%, voir l’article du 1er août). Toutefois, il semble que l’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone augmente bien moins vite, à mesure que s’élèvent, de façon exponentielle, les émissions de CO2. Mais nous revenons au domaine scientifique, banni du présent article. Nous en reparlerons à l’occasion, sur le site de l’Institut Turgot, ou dans un autre publication plus spécialisée en vulgarisation scientifique.
Il nous reste à examiner la question des taxes carbone, et notamment du projet français bientôt soumis au Parlement. Les entreprises françaises exonérées du Cap and Trade européen ne vont-elles pas tomber de Charybde en Scylla en supportant la taxe Rocard-Sarkozy ? Comment la taxe carbone s’articulera-t-elle avec le Paquet européen ? Rétablirons-nous un protectionnisme européen contre les produits de Chine et d’ailleurs, avec quelles conséquences ? Ce sera le sujet d'un autre article !
Commentaires
Quelle remarquable synthèse. Si seulement la "grande" presse pouvait publier des travaux de cette qualité.
Ainsi donc, Gore et Pachauri ont de gros intérêts financiers dans l'affaire... Et on nous dit que les "sceptiques" sont corrompus par le lobby pétrolier ! écoeurant.
Et ce Strong ? Il aurait pas été impliqué, si ma mémoire est bonne, dans le scandale "pétrole contre nourriture" de l'ONU ?
Avec les articles que vous avez publié ici, vous pourriez sortir un livre canon !
J'abonde dans les sens de Klopinambour ayant déjà pris connaissance des articles précédents de M. BELOUVE.
En effet, j'encourage vivement cet auteur d'une grande probité à publier un ouvrage qui, avec d'autres qui l'ont déjà fait, mette en lumière l'hénaurme escroquerie en cours qui consiste à mettre, sans preuves tangibles, sur le dos des humains un réchauffement qui, s'il existe réellement, exige d'autres réponses que celles qui nous sont servies, en France, par les HULOT, ARTHUS-BERTRAND & Co.
Je regrette infiniment que le président SARKOZY se soit si facilement laissé prendre à ce sale jeu catastrophiste et fort lucratif pour certains !!
Bon courage et dans la mesure de mes modestes moyens, soyez assuré de tout mon soutien.
@ klopinanbour et sully1
Le manuscrit du livre est rédigé, et trois éditeurs connus sont en train de l'étudier. Il comporte environ 500 pages format imprimerie, et fait une approche globale du problème: historique, scientifique, sociologique, économique et géopolitique. Il faut un certain courage à un éditeur de publier un livre qui met en cause de façon très étayée les politiques de la plupart des chefs d'Etat occidentaux. Ce livre sera mis à disposition du public, n'importe comment, que ce soit en édition classique ou en e-édition.
Concernant Maurice Strong, il a eu un rôle déterminant dans le lancement des stratégies dites de développement durable, en dirigeant les débats au Sommet de la Terre à Rio. C'était le numéro 2 (ou plutôt 1bis) de l'ONU, à côté des secrétaires généraux Boutros-Boutros Gali et Koffi Anan. Sa carrière à l'ONU, de 1972 à 2005 a été déterminante pour le développement mondial d'une certaine forme d'écologie politique. Il cumulait ses hautes fonctions à l'ONU avec la présidence successive de grosses sociétés nationales canadiennes (Power Corporation, Petro-Canada, Hydro-Ontario), tout en ayant son propre conglomérat financier. Il s'est trouvé mouillé dans plusieurs affaires financières douteuses dans ses propres sociétés ou participations : AZL, Molten Metal Technologies, Cordex Petroleum. Ainsi que vous en faites mention, il a touché un chèque de un million de dollars sur des fonds confiés par Saddam Hussein à un escroc coréen, Tongsun Park, chargé de corrompre des personnalités éminentes de l'ONU susceptibles de faire atténuer les rigueurs des mesures "Pétrole contre Nourriture", ce qui permit au dictateur irakien de toucher 1,8 milliards de dollars envirion de "commissions" illégales sur les trafics de pétrole et de denrées alimentaires humanitaires.
Strong dut alors quitter l'ONU et le territoire américain. Il s'est refait une santé en Chine en devenant conseiller environnemental du gouvernement chinois, en étant le conseiller d'une affaire sino-canadienne qui a construit une soixantaine de centrales à charbon dans le sud de la Chine, et en ayant tenté, sans succès, d'instituer un partenariat avec le constructeur automobile de la Chery pour le compte du multimilliardaire George Soros, afin d'inonder le marché américain en petites voitures chinoises. Il est toujours membre du board du CCX et de plusieurs grandes entreprises, et Président de l'Université de la Paix, sise au Costa Rica, qui opère sous le patronage de l'ONU, et reçoit des fonds considérables (notamment des autorités canadiennes) pour enseigner la paix à une quarantaine d'étudiants chaque année.
Maurice Strong est le proptotype d'une nouvelle race de businessmen qui cumulent fonctions officielles au sein de gouvernements ou organisations internationales, et de puissants intérêts dans des entreprises qui prospèrent grace à leurs collusions avec les pouvoirs politiques. Al Gore est également de ceux-là . Il s'agit là d'entorses gravissimes aux lois des affaires, de la concurrence et du marché, qui tendent à se développer avec les politiques de développement durable, de sécurité sanitaire internationale (vaccins H1N1 par exemple), et, de façon générale, dans tous les secteurs économiques où l'intervention des Etats et organisations internationales est importante ...
Sully1 : "Je regrette infiniment que le président SARKOZY se soit si facilement laissé prendre à ce sale jeu catastrophiste et fort lucratif pour certains !!"
Est-il dupe, ou bien s'ensert-il en connaissance de cause? En donnant des gages à l'écologie politique, Sarkozy parvient à maintenir une faille entre parti socialiste et Verts, ce qui affaiblit toute la gauche. Il l'a bien expliqué à ses militants UMP (un article du Figaro relatait son dialogue avec eux, dans l'un de ses numéros de septembre). L'ennuyeux, c'est que cette tactique politicarde coûte très cher à la Nation et aux contribuables, tout en nous engageant dans une voie dont l'issue est plus que problématique.
Je découvre avec ce site et les articles de Monsieur JM Bélouve un monde que je ne soupçonnais pas. Les trois articles de cet auteur sont remarquablement écrits et documentés... et de plus, convaicants. Jusqu'ici, je croyais plutôt en ce que disaient la télévision et les journaux, sans bien me rendre compte toutefois de l'étendue des menaces. Tout cela serait donc une machination faite pour permettre à des affairistes de spéculer et de profiter de l'argent public ? Je tombe des nues.
Cas pratique :
E.ON qui produit de l'électricité en Allemagne avec le charbon (55% de la production) finance l'installation de champs éoliens en Franche-Comté pour avoir de l'électricité bon marché (env. 4 c€/KWh) et récupérer des droits à polluer étant alors en dessous des quotas de CO2.
Est-il possible de connaitre le rapport par MWh installé (en t de CO2 et € en fonction du marché) et comprendre pourquoi il fait tourner les éoliennes même quand il n'y a pas de vent avec une électricité bon marché.
Avec tous mes remerciements
Et peut-on vendre des certificats français à des boîtes d'un autre pays membre ? A priori je dirais oui, via la bourse BlueNext. Pouvez-vous me confirmer cela ? Merci beaucoup et très intéressant article !