Ne pas donner le même prénom à ses enfants, ne pas manger les mêmes choses ni s'habiller comme les autres, ne pas boire d'alcool lors de cérémonies festives, tous ces petits riens montrent ostensiblement qu'on se veut différent, qu'on refuse d'appartenir à un même monde.

C'est un communautarisme qui se crée en France bien que celle-ci en refuse théoriquement le principe. Ce communautarisme qui se renforce dans les nouvelles générations, de moins en moins confrontées à une vie commune avec les Français originels ou intégrés, mène tout droit à la libanisation, avec le risque réel de la guerre entre communautés.

La libanisation de la France ?

L'immigration n'est pas au centre des débats parce que les Français ne voient pas encore ce qui se passe dans les très nombreuses zones qui se ghettoïsent à toute vitesse. La Porte de Vincennes et toute une partie de l'Est parisien, toute la Seine St Denis, notamment St Denis et La Courneuve, tout l'Ouest de Nanterre et des pans entiers de l'Ile de France, de l'Est lyonnais etc. se vident des populations dites françaises de souche. Des quartiers sont entièrement nord-africains et de plus en plus africains (noirs, en langage "d'avant") : prendre le tram à La Courneuve ou se faufiler dans la gare de St Denis à 18h est une expérience instructive : plus de 90 % des voyageurs appartiennent à des minorités "visibles", c'est-à-dire sont nord-africains, africains (ou indiens). Certes, les DOMiens (Antille, Réunion, Guyane) ne sont pas d'origine étrangère, mais il y a aussi des immigrés d'Europe de l'Est dans les 10% "blancs", ce qui maintient un rapport de l'ordre de 90% de personnes d'origine étrangère.

Mais, hormis ces 10% non immigrés au milieu des ghettos auto-constitués de Seine-St Denis, qui voit ces foules sombres ? (bigarrées, dit-on en langage politiquement correct). La France profonde est épargnée et ne croit pas ceux qui commencent à s'affoler. D'autant plus que la "rétro-invasion" se fait lentement, par une arrivée légale dans les aéroports, et surtout par les enfants : ces quartiers ont vu débouler des immigrés, légaux ou illégaux, en nombre apparemment maitrisé, mais pendant des décennies, leurs femmes, invisibles dans la rue, ont fait des enfants, qui ont d'abord joué dans les "cités" où les journalistes n'allaient jamais, puis ceux-ci ont grandi et apparaissent soudainement au grand jour en nombre plus maitrisable du tout. 18% des jeunes de moins de 18 ans en Ile de France ont au moins un parent immigré (en général, les deux, vu les faibles habitudes de mixité des immigrés de première génération), sans compter ceux qui ont pour parents des enfants d'immigrés, donc français par le droit du sol, mais pas vraiment intégrés (au sens de Malika Sorel). Avec les 11% d'immigrés actuellement comptabilisés en France, c'est donc plus de 30 % des adultes de 2030 qui seront descendants d'immigrés avec une très faible intégration (parlant la langue et pratiquant la religion d'un autre continent).   En Allemagne, où les Allemandes font très peu d'enfants, les Turcs et autres immigrants sont déjà 28% dans les moins de 18 ans. Les "ethniquement non-allemands" seront plus de 40 % en 2030 chez les adultes, alors que le droit du sol n'a été instauré par Schroeder qu'en 2000, il y a dix ans !  

Arrêterons-nous l'immigration arabe et africaine ?

Cela parait presqu'impossible aujourd'hui tant notre droit nous enferme à tous les niveaux : interdiction de soulever le problème de l'immigration par peur de sanctions judiciaires réelles par un arsenal de loi fondées sur une définition tellement large du racisme que simplement soulever l'idée de limiter l'immigration peut être considéré comme incitation à la haine raciale, interdiction de faire le moindre comptage ethnique ("Les yeux grand fermés" de Michèle Tribalat), interdiction de vérifier les origines et paternités des immigrés illégaux par ADN (ou droit de tricher sans le moindre risque), limitation de la rétention avant expulsion, en même temps que droit illimité à l'allongement des durées de recours, interdiction des renvois groupés par charter (inscrit dans on ne sait quelle promesse européenne), interdiction d'arrêter les enfants de "sans-papiers" (d'immigrants illégaux, en français) sous peine de scandale médiatique d'une radiotélévision systématiquement aux ordres de l'extrême gauche (et scandalisée que le Président nomme son directeur… qui ne fait rien !).

Le dernier piège dans lequel s'est jetée la droite a été la Charte des droits fondamentaux : réclamée par personne, introduite sans raison ni explication dans le traité constitutionnel européen (par Giscard ?), qui sera rejeté par Français et Néerlandais, réintroduite dans le traité qui sera finalement établi entre pays européens sans referendum. Cette charte, demandée et voulue par personne, nous est renvoyée à la figure aujourd'hui dans l'impossible traitement de la question rom. Il y a, à l'échelon national ou européen, des tas de juristes retords qui font signer en catimini des tas d'engagements qui concourent tous à interdire toute limitation de l'immigration, et nous avons signé tellement de ces textes qu'il faudra des années avant de pouvoir rétablir notre pouvoir souverain sur cette question.  . Mais nous y arriverons obligatoirement Car la question de l'identité est prioritaire sur toutes les autres, même sur la croissance et le paiement de nos retraites ! Aucun peuple n'admettra de se laisser submerger par des cultures allogènes, surtout si elles sont violentes comme l'islam. Quelle que soit la croissance économique et la solution au problème des retraites, la France, l'Allemagne et tous les autres pays européens en viendront inéluctablement à un arrêt total de l'immigration, et plus on attendra, plus cet arrêt sera brutal, tout simplement parce qu'il ne peut en être autrement. Même au prix d'un appauvrissement important : les Russes, qui décroissent en nombre, ne demandent nullement un recours à l'immigration, ni les Japonais, qui vieillissent sûrement, mais chez qui l'économie stagnante depuis 20 ans n'est pas synonyme de grand malheur : leur chômage reste faible (5%) et leur espérance de vie continue à augmenter au même rythme que dans des pays "plus florissants. L'appauvrissement apparaitra toujours comme un pis-aller par rapport à l'abandon de son pays à d'autres peuples.

Seule manière d'agir : supprimer le droit du sol

Sachant que la majorité des nouveaux Français le deviennent par le droit du sol, limiter l'immigration pourrait consister à refuser la nationalité française aux trop nombreux enfants nés de parents étrangers, les obligeant ainsi à se contenter de la nationalité qu'ils recevraient de leur pays d'origine par le droit du sang.

Mais pour beaucoup, il parait immoral de refuser le droit du sol, oubliant que la citoyenneté française n'est pas un droit de l'Homme. Pourtant ce droit a plutôt été un devoir à l'origine, lors de la Révolution. Les Français n'admettaient pas que les étrangers s'exonèrent du devoir de défendre militairement la nation, sous prétexte qu'ils n'étaient pas français, même s'ils étaient en France depuis plusieurs générations. D'où l'exigence de considérer comme français toute personne née sur le sol français et de l'envoyer se battre avec les autres ! Ironie de l'Histoire : aujourd'hui des Français ne demandent même pas à des Afghans de se battre pour leur propre pays et voudraient les faire français pour qu'ils ne se battent pas. Le contraire de 1789 ! .

Le droit du sol est-il un droit naturel ?

Ce droit est-il un droit naturel, issu de l'observation des droits qui s'imposent naturellement à toutes les sociétés humaines (droits de l'homme et du citoyen de 1789), ou un droit positif, c'est-à-dire inventé par des hommes pour les raisons les plus diverses ? Cela peut aller de la croyance sincère en sa nécessité (droit à la sécurité sociale, droits économiques, sociaux et culturels dans la déclaration universelle de 1948) au simple calcul politique (droit de grève dans la Constitution française, outil de l'existence politique du PCF) ?   Contrairement au droit du sang, le droit du sol n'a aucun fondement naturel, c'est-à-dire qu'il ne vient pas à l'esprit spontanément et les peuples d'accueil n'y sont pas majoritairement favorables, sauf après de longues campagnes en sa faveur, comme en France, où les opposants à ce droit artificiel n'ont jamais eu la moindre opportunité médiatique de s'exprimer.

A l'opposé, tous les peuples approuvent le droit du sang au moins pour la première génération expatriée : tous les pays donnent leur nationalité aux enfants nés à l'étranger de parents nationaux. Tous ceux qui bénéficient du droit du sol en France bénéficient donc de la nationalité française en plus de celle du pays de leurs parents : ils sont algériens, marocains, zaïrois par leurs parents ou le redeviendraient immédiatement dès leur retour au pays s'ils se trouvaient sans autre nationalité.

Il n'y a donc aucune nécessité humaine, humanitaire ou morale à leur donner un "droit du sol". Israël, dont les habitants ont payé pour connaitre ce que sont des menaces contre les droits de l'homme, mais qui, avec 7 millions d'habitants, a un risque mortel de se voir submergé par une immigration mal contrôlée, a une politique drastique en droit du sol : il faut être de confession juive pour acquérir la nationalité, mais, pour éviter tout risque, les immigrantes non juives n'ont que des contrats à durée limitée et se voient rompre immédiatement leur contrat dès qu'elles sont enceintes. On évite ainsi les naissances pour éviter tout risque de revendication intempestive de droit du sol par la suite ! Si Israël le fait, peut-on encore laisser entendre que s'opposer au droit du sol serait xénophobe ou raciste ?

Et aux Etats-Unis ?

En Amérique du Nord, le problème diffère sur deux points essentiels :

- la terre a été "volée" aux Indiens, certes il y a déjà longtemps, mais les actuels Américains qui ont bénéficié de ces terres peuvent avoir des scrupules  à empêcher d'autres d'exercer le même droit à l'immigration : au fond, les Américains d'aujourd'hui se savent pas vraiment chez eux, mais plutôt sur une terre appartenant au monde entier,

- leurs immigrants latinos s'intègrent plutôt bien, avec le seul risque de faire passer les Etats-Unis de l'état de pays protestant à celui de repaire de papistes, ce qui n'est pas vraiment une révolution culturelle !

Le vent tourne

Ce n'est pas un hasard si c'est la Suisse, la seule démocratie réellement populaire au monde, qui a soumis à referendum des questions sur l'identité nationale et l'immigration. Le oui à la votation sur l'interdiction des minarets en 2009 et le nouveau oui à l'expulsion automatique des étrangers délinquants, en novembre 2010, recueillent un soutien important des Français, comme si les esprits étaient en train de changer et que le tabou de la limitation de l'immigration s'estompait.

On a vu un chercheur en sociologie (Hugues Lagrange) rédiger une thèse montrant que les enfants des immigrés de l'Afrique sahélienne étaient deux fois plus délinquants que les autres, y compris par rapport aux enfants d'immigrés de l'Afrique "de la forêt", notamment du fait de la polygamie et des graves défauts d'éducation qu'elle induisait.

On voit surtout le débat sur l'immigration s'inviter lors des élections, et les partis de droite ou d'extrême droite progresser dans toute l'Europe. Certains partis, comme celui de Geert Wilders aux Pays-Bas, sont nés de cette question et ne se positionnent d'ailleurs pas spécialement à droite.

Est-ce un signe que toute la société serait prête à discuter d'identité nationale, même à gauche? Pas encore en France, où les "remplacistes", ceux qui préfèrent voir le peuple français remplacé par des Africains, noirs ou "arabes", plutôt que de risquer d'être taxés de racisme, ne se laisseront pas faire. Tant de lois et de mentalités sont à changer pour supprimer le droit du sol, que beaucoup de nos "immigrés qui se considèrent comme français" auront le temps d'aller chercher une épouse en Algérie ou au Sénégal ou reviendront avec un fils caché du Congo-Zaïre ou une sœur sans papiers du Cap-Vert, qui fera vite un enfant en France et sera aussitôt inexpulsable puisque mère d'un futur Français ! Et toutes les Comores auront bien le temps aussi de débarquer à Mayotte pour y accoucher dans la plus prolifique maternité de France.

"La France, c'est généreux !" disait De Gaulle, en comptant sur l'argent du contribuable, comme tous les politiciens, fussent-ils les plus grands, et surtout après avoir institué un curieux droit du sol rétroactif : après l'indépendance algérienne en 1962, les Algériens nés avant cette date avaient de droit de devenir français parce que nés sur un territoire alors français ! Les Algériens considéraient que ces mêmes personnes étaient nées en Algérie, donc algériennes. La logique aurait été d'organiser une gigantesque cérémonie de naturalisation pour transformer ces Algériens nés Français (et qui n'avaient pas eu la chance de bénéficier d'un droit du sol algérien, faute de sol algérien) en Algériens pour de bon ! Quelle preuve de l'absurdité du droit du sol et du fait que quand on part de rien c'est un droit du sang qui s'applique. Mais cette expression est trompeuse : il s'agit d'un droit ethnique au sens de culture, sans regarder les gènes : est français celui qui a les mœurs, la langue et la culture française, toutes choses qui se transmettent de père en fils… comme les gènes. En 1962, étaient algériens tous ceux qui avaient la langue, la religion et les mœurs des Algériens. C'était évident pour tous. Seuls quelques Français de quelques bureaux parisiens ont pu avoir une autre idée (qui n'avait rien à voir avec le problème des harkis).

C'est aussi la preuve qu'on agit depuis trop longtemps sans débattre de ces questions. Trait_html_691a601b.jpg

Yves Egal est ingénieur-conseil en écologie urbaine et développement durable.