Débat : réponse aux "immigrationnistes"...
Par Yves Egal le jeudi 9 décembre 2010, 15:20 - Article - Lien permanent
Nul autre sujet que l'immigration ne suscite autant de passion et si peu de débat, car celui-ci est interdit par un terrorisme intellectuel, qui fonctionne comme tous ses prédécesseurs, communiste, nazi ou fasciste, grâce à un contrôle de la parole publique exercé par la violence.
Ainsi, celui qui transgresse le tabou de l'immigration est stigmatisé par tous les médias, sans exception, ce qui a le double avantage de rappeler que ce sujet est interdit et de maintenir la peur de transgresser cet interdit.
Tout terrorisme intellectuel se renforce par son fonctionnement.
Une question grave qui nécessite d'infinies précautions
"Politiquement correct" signifie qu'il existe une échelle de valeurs acceptée, aujourd'hui ou dans un passé récent, par une majorité de la population. Donc un bien et un mal clairement identifiés, ce dernier étant considéré comme très dangereux, voire absolu. Communément, il est ressenti que s'exprimer sur l'immigration va forcément poser la question de son utilité, et donc de l'opportunité de sa poursuite. Or, arrêter l'immigration est iimaginable pour les "immigrationnistes", qui voient dans un tel refus une atteinte aux droits de l'homme les plus imprescriptibles. La reductio ad Hitlerum fait que dans un discours sur l'immigration, il y aura fatalement un moment où celui qui aura lancé le débat tabou sera accusé d'être un nouvel Hitler ou de faire le jeu de ceux qui reprennent ses idées. A ce moment, toute poursuite de la discussion devient impossible puisque l'un des protagonistes est disqualifié, rendu non raisonnable, voire non humain du fait de l'accusation.
La violence réside dans le fait que, non seulement le débat est arrêté net par l'accusation d'être du côté du mal absolu, associé au sujet tabou, mais surtout parce que des rétorsions sont à prévoir : un chef d'entreprise qui "dérape" verra s'organiser une tentative de boycott de ses produits, un intellectuel sera "interdit d'antenne", un universitaire bloqué dans sa carrière, d'autant plus facilement qu'en France, la justice a la possibilité de sanctionner des propos "racistes ou incitant à la haine raciale". Un propos jugé tel ne sera plus une parole en l'air, éventuellement volée par une caméra cachée ou un téléphone mobile photographe, mais deviendra la base légale et morale de toutes les rétorsions, judiciaire, puis économique et médiatique.
Les Français sont "bâillonnés" comme dit Malika Sorel (1), par une sorte de tabou régnant sur la question de l'immigration, qui est perpétué par les élites, ceux qui ont la parole, intellectuels, communicants et politiques, mais qui est né un peu tout seul, de la conjonction de nombreux phénomènes : colonialisme, culpabilité chrétienne (le fardeau de l'homme blanc), défense de leurs intérêts par les anciens colonisés, compétition pour des clientèles électorales… Une fois qu'un tabou est né, il semble survivre par réflexe pavlovien : le sujet est évoqué et aussitôt un journaliste va parler de "dérapage" ou, de "polémique", parce qu'il sait que le sujet est classé "interdit" dans tous les esprits, Le débat que le Président de la République a voulu lancer sur l'identité nationale a ainsi été "interdit", et l'interdiction a été respectée dans tous les médias dans toute la France, ce qui est bien la preuve de la réalité du terrorisme intellectuel, qui n'a pu s'exercer que parce que l'immigration est un sujet tabou depuis longtemps.
Pour éviter toute obstruction par les terroristes intellectuels, précisons très nettement que le présent texte soulève la question de l'immigration sans manifester le moindre racisme vis-à-vis des individus immigrés présents, passés et futurs, partout dans le monde. Qu'ils soient tous assurés par l'auteur de son profond sentiment de partager avec eux une humanité commune et respectueuse !
L'immigration n'est pas un problème, l'immigration de masse, si !
Le problème qui se pose aujourd'hui à propos de l'immigration ne porte pas sur l'immigration en général, acceptée depuis longtemps en Europe et en Amérique du Nord, mais sur l'immigration de masse et la transformation culturelle qu'elle induit dans les pays d'immigration, quand la culture importée est très différente de la culture autochtone.
La principale question posée aujourd'hui en Europe et notamment en France est le rôle trop important que joue l'islam, par sa seule présence dans l'espace public, et non pas seulement par le danger que représente sa composante terroriste. C'est ce que pensait et disait, sans toutefois l'avoir écrit, Claude Lévi-Strauss à la fin de sa vie :"il y a trop de musulmans en France", comme l'a rapporté Le Monde à l'occasion d'une cérémonie fêtant les 100 ans de l'ethnologue.
Le terrorisme n'est que la moitié du problème
Défendre l'islam en disant que les terroristes sont une infime minorité n'est pas suffisant auprès des opinions publiques européennes, parce que :
- il suffit d'une infime minorité de terroristes pour représenter un réel danger d'attentats et pourrir la vie d'une nation,
- rien ne prouve que les terroristes soient une infime minorité, puisque les polices européennes déjouent régulièrement des complots ourdis par des musulmans apparemment bien intégrés et donc comptés parmi la majorité non terroriste ; la question du caractère violent de l'islam et de sa volonté habilement cachée de mener la guerre contre la chrétienté n'est pas un fantasme sans fondement, même si la nécessaire vie commune avec les musulmans de France nous impose de ne pas être paranoïaques sur ce point : il nous faut reconnaitre les nombreux citoyens musulmans irréprochables et rester vigilants vis-à-vis des non moins réels intégristes parfois bien déguisés en Français moyens !
- la vraie question est la ségrégation volontaire de la culture musulmane, qui, à force de demandes innocentes pour un respect des différences, aboutit à la création d'une société différente refusant délibérément l'intégration en une seule société commune : les Français comprennent alors que la nouvelle société importée, mais décidée à maintenir sa culture islamique, est une menace mortelle pour l'homogénéité de leur société et pour le maintien de leur identité nationale.
Le terrorisme est la face extrême d'une violence de l'islam qui se manifeste tous les jours :violence autorisée des mâles vis-à-vis des femmes, traduite entre autres par le signe de soumission qu'est le voile intégral, niqab ou burqa, et même le simple fichu, violence du mode de vie, avec le jeûne très difficile du Ramadan, emprise de la société qui laisse planer la menace de la violence pour faire respecter ses préceptes (violence physique contre ceux qui ne respectent pas le jeûne), violence intellectuelle qui interdit de penser autrement que par le Coran, violence du Coran lui-même et de la vie du prophète Mohamed, faite de combats et de massacres nombreux, notamment contre les juifs de La Mecque. Si le Nouveau Testament est le livre d'une religion dont l'idéal est l'amour du Prochain, le Coran est en grande partie un livre qui justifie la Guerre sainte, toute sourate pacifiste ayant son pendant guerrier.
Voila pourquoi tout ce qui est religieux en islam peut se transformer en violence radicale sans qu'aucune autorité n'ait, ni la légitimité (que seul possède le Coran), ni la référence écrite (jamais claire dans le Coran) pour la condamner.
Racisme et xénophobie : deux sentiments distincts
La différence culturelle se manifeste aussi chez les Africains, musulmans ou pas, venant se superposer à la différence physique de la couleur de peau (ce qu'on appelait sans scrupule "race" autrefois), ce qui mêle inextricablement et confusément deux questions bien différentes : le racisme, sentiment honteux contre une différence physique, et la xénophobie, sentiment naturel et parfois nécessaire pour défendre son identité, comme ont été obligés de le faire les Chinois au XIXe siècle. Face aux Anglais qui leurs imposaient l'importation et la consommation d'opium, et à toute l'Europe qui s'implantait petit à petit sur leur territoire, la xénophobie a été salvatrice en maintenant la solidarité entre Chinois et le refus de faciliter l'occupation de leur territoire par des peuples allochtones. La xénophobie a servi à la défense de l'identité nationale chinoise, aux dépens d'un développement économique de type colonial. Mais c'est cette même identité chinoise préservée qui facilite aujourd'hui le développement économique à grande vitesse de la Chine. A l'opposé, on peut se poser la question sur le lien entre non décollement économique de l'Afrique et faible sentiment national : le manque d'homogénéité ethnico-linguistique empêche la confiance nécessaire à la vie commune au-delà der sa propre tribu (voir ce qui se passe en Côte d'Ivoire, où les "noirs de la forêt", chrétiens, n'acceptent pas un président musulman du Nord; comme d'habitude les médias ressortent le schéma du potentat qui s'accroche à son siège, alors qu'il s'agit d'un problème éthnique, c'est-à-dire de nation).
La xénophobie qui commence à se manifester en France n'est donc pas à mettre sur le même plan que le racisme. Considérer que telle race est inférieure (en valeur, et non pas en diverses qualités physiques ou intellectuelles) est une chose condamnable car cela compromet gravement toute entente cordiale entre les peuples et parce que ce sentiment a conduit à des crimes qualifiés aujourd'hui de "contre l'humanité". Par contre refuser l'entrée de son territoire à un grand nombre d'Africains, parce que leur différence culturelle met en danger notre culture, est une sorte de xénophobie défensive, mais nullement du racisme. La preuve : nous serions tout autant opposés à ce que l'invasion d'une ile du Pacifique par des retraités d'Europe ou d'Amérique finisse par faire disparaitre la culture et même la race locales. De même, les anciens colonisateurs reconnaissent rétroactivement comme légitime la résistance anticoloniale, qui n'était rien d'autre qu'une réaction identitaire, d'autant plus violente que l'identité initiale avait été plus menacée. La décolonisation de l'Algérie a été plus violente et s'est poursuivie par une ré-islamisation forte parce que son européisation avait été plus poussée qu'ailleurs.
Le métissage a l'avantage d'apporter de la diversité et de pousser les peuples à mieux se connaitre en se croisant, mais le métissage généralisé fait perdre la diversité des races et des cultures et fait disparaitre l'identité initiale. Trop de métissage nuit à la diversité.
Le sentiment d'identité est un produit de la sélection depuis la préhistoire
Les Français, comme tous les autres peuples de la terre, ont droit à leur identité, leur territoire, leur nation, et, s'ils refusent de se laisser submerger par une trop nombreuse immigration (une rétro-invasion, dit Lévi-Strauss), ce n'est pas du racisme, mais un sentiment grégaire qui existait déjà lors de la Guerre du feu imaginée par Rosny-Ainé. Ce sentiment d'appartenance à un groupe, naturel puisque né avec l'homme, a motivé toutes les guerres et forgé toutes les solidarités économiques, ce qui explique que ce sont les hommes ayant la plus grande propension à former un groupe cohérent qui ont gagné ces guerres et se sont développés, et donc ont le mieux survécu. Le sentiment identitaire étant le lien qui assurait la force du groupe et donc sa survie, on comprend que les hommes sans capacité identitaire aient été éliminés. Seuls les groupes unis "à la vie, à la mort" face aux éléments, aux bêtes sauvages et à leurs ennemis, ont pu survivre dans ces millénaires terribles.
"L'humanité cesse aux frontières du groupe linguistique. On a parfois tendance à oublier que cette fracture, l'homme la doit au premier chef à son cerveau et aux mémoires à long terme qui s'y déposent" (Jean-Pierre Changeux2).
L'homme est ethnicisé (par la langue, mais aussi par la religion), comme il est sexué, et c'est la nature qui l'a voulu ! La cohésion sociale n'est pas faite que d'avantages sociaux, mais surtout d'identité, et celle-ci est un sentiment naturel, non condamnable et utile à la prospérité. D'où l'extrême importance de vouloir la préserver.
Et l'individualisme méthodologique ?
"La société n'existe pas : il y a des individus, hommes et femmes, et il y a des familles", disait Margaret Thatcher, en s'opposant manifestement au sens commun. "Une fois qu'on a bien perçu que la division du travail est l'essence de la société, rien ne demeure de l'opposition entre individu et société. La contradiction entre le principe individuel et le principe social disparait" (Ludwig von Mises). Mais l'économie ne recouvre pas toute la sociologie et, on l'a vu, le sentiment identitaire rattachant des individus à un même groupe est une réalité tangible (caractères raciaux, langue, habitudes vestimentaires et de comportements, constructions et paysages des lieux d'habitation) et mesurable (nombre d'interactions entre individus manifestant des caractères communs). L'individualisme méthodologique est un bon principe a priori : faisons comme si chacun était libre et l'économie sera bien organisée, du bas vers le haut en s'appuyant sur la connaissance supposée que chacun a de ses propres besoins, Mais cela n'est pas complètement vrai. Les sociétés influent sur certains choix, notamment sur ceux qui concernent l'identité collective : langue, religion, comportements et habitudes culturelles (le surmoi de Freud). Une partie des comportements de chacun ne proviennent pas de choix totalement individuels, et on peut définir comme sectaire un comportement entièrement dicté par un groupe.
Le malheur pour l'Europe est que l'islam agit comme une secte et empêche ses fidèles de penser librement, du moins dans des proportions bien supérieures aux religions chrétiennes. Cela est un véritable frein à l'intégration, puisque les immigrés musulmans ressentent très souvent un devoir d'allégeance à leur religion plutôt qu'au pays qui les accueille et donc une appartenance à l'islam (ils parlent de leurs coreligionnaires comme de leurs "frères" et les saluent différemment) plutôt qu'à la nation française ou allemande.
De même, Moussa Konaté (L'Afrique noire est-elle maudite ?) remarque qu'en Afrique, tout repose sur
"un pacte entre l'individu et la société basé sur la soumission à la famille, auquel tout est subordonné, même l'amour".
Derrière l'apparente convivialité, la soumission au groupe favorise le parasitisme, la corruption et la tyrannie, au détriment du travail. Le poids de la famille engendre une difficulté à s'isoler qui freine la lecture et l'étude, favorise la médiocrité intellectuelle. L'obligation de verser ses revenus, même maigres, dans le "tonneau sans fond de la solidarité" entrave l'épargne, l'initiative et donc le développement. Les frontières de caste perpétuent les privilèges. Les Africains sont enfermés dans un mode de vie qui est "une prison pour l'esprit", parce qu'ils se sont défendus de l'agression de la colonisation en se repliant sur des cultures traditionnelles magnifiées (Le Monde 16 nov. 2010)
L'Afrique (ici, surtout sahélienne), comme l'islam, exerce bien une contrainte sur les esprits, qui empêche les immigrés de cette région du monde de se comporter de manière totalement libre dans leur nouvelle société. Dans le melting pot où devraient se mélanger les citoyens pour former la pâte homogène de la nation, de nombreux immigrés musulmans et/ou africains maintiennent un lien entre eux qui forme grumeau. Une pâte pleine de grumeaux va évidemment manquer de cohésion.
Voilà donc pourquoi un pays comme la France ressent l'immigration massive originaire d'Afrique du Nord et subsaharienne comme un danger mortel pour son identité et qu'elle se donne le droit de la limiter drastiquement.
Mais comment limiter l'immigration ?
Toute l'actualité montre à quel point l'intégration des immigrés a été ratée et l'énormité de la tâche qu'il reste à accomplir pour les intégrer aujourd'hui, puisque nous n'avons aucun moyen juridique pour les renvoyer chez eux (ni le désir, puisqu'ils ont la nationalité française acquise par le droit du sol). De ce fait, il parait totalement irréaliste de vouloir faire venir d'autres immigrés en France (et sans doute même dans toute l'Europe) tant que nous n'aurons pas réglé le problème des immigrés déjà présents. Le danger pour nos nations à la démographie déclinante (à très juste titre) serait mortel.
Il faut renoncer à toutes les idées de recours à l'immigration, avancées par Michel Godet, Jacques Attali ou le Comité Bastille, surtout en période d'augmentation du chômage, et d'autant plus que la désindustrialisation va tarir le besoin d'emplois non qualifiés. Nos futurs immigrants devant supporter un coût de la vie parisien n'auront aucune chance d'être compétitifs face à des Chinois mangeant et dormant à la manière et au coût chinois ! Arrêtons d'importer de futurs chômeurs !
Le coût de l'immigration
Les mesures de l'apport des immigrés ont toujours été difficiles à faire. Michèle Tribalat estime que la part de croissance générée par les immigrés correspond simplement à la part de croissance démographique qu'ils ont créée par leur arrivée et leur natalité. En gros les immigrés ont favorisé leur propre croissance démographique et économique, mais pas de croissance pour les Français déjà là.
Un essai d'évaluation des coûts et des effets économiques de l'immigration (Colloque Fondation Singer-Polignac 17 novembre 2005), corrige le procès en «abandon» des cités.
S'appuyant notamment sur les travaux des professeurs d'économie Jacques Bichot et Gérard Lafay, Yves-Marie Laulan, président de l'Institut de géopolitique des populations, estime le coût de l'immigration et de son intégration (éducation, formation professionnelle, logement, santé, lutte contre la délinquance, maintien de la sécurité, etc.) à 36 G€/an. Soit 80% du déficit public, 13,5% des dépenses publiques, 3,5 fois le «trou» de la Sécu, 2 fois de budget de la recherche et de l'enseignement supérieur, 87% du budget de la défense... Laulan :
"Il ressort que chaque immigré qui franchit la frontière (250 000 par an) coûte 100 000 €/an à la collectivité nationale, soit vingt fois plus que les Corses. (...) Nous rejoignons ainsi les calculs de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui estimait voici plusieurs années à quatre fois son salaire annuel le coût d'installation d'un immigré. A ceci près que M. Allais estimait qu'il s'agissait d'un coût effectué une fois pour toutes alors qu'ici il s'agit d'un coût annuel."
Comme l'explique le professeur Lafay, ce prix à payer est celui «des erreurs commises par tous les gouvernements successifs depuis trente ans». Erreurs ayant consisté à laisser s'installer une immigration familiale, sans qualification professionnelle et sans désir de s'intégrer à la culture d'accueil. Cet important investissement national financera peut-être demain la croissance et les retraites. Dans l'immédiat, ces efforts méritent mieux que les manifestations de francophobie et les exercices de culpabilisation.
Cet apport supposé est-il bien mesuré ? Certes, les bénéfices priment pour la première génération, qui sait d'où elle vient et travaille dur tout en étant reconnaissante au pays qui lui a procuré du travail, mais les coûts l'emportent pour la deuxième génération, dont les parents ont trop travaillé pour avoir le temps de s'en occuper. Et la différence culturelle des parents a été nuisible pour les études. Grandie au milieu de Français, cette génération vit comme une injustice son traitement qu'elle estime discriminatoire. Ressentiment et délinquance mènent au chômage et à la dégradation des quartiers ghettos de logements sociaux, voire aux émeutes (en 2009, 90 % des interpellés étaient français, mais 84% d'origine étrangère). Si on ne compte que le coût des immigrés, le coût de la deuxième génération, non immigrée, est occulté et le solde annoncé est trompeur.
Les arguments des "immigrationnistes" ne tiennent plus, d'autant plus que de nouveaux immigrés musulmans ne feraient que rendre encore moins intégrables les enfants d'immigrés déjà présents : le désir de s'intégrer s'estompe lorsque l'entourage est de même langue et même religion, Internet, télévision par satellite et téléphone mobile permettent désormais de continuer à vivre virtuellement avec son pays d'origine durant toutes les périodes de loisirs, ce qui enlève toute nécessité de s'intégrer au pays d'accueil. Plus besoin de bistrot du coin, d'amis dans l'immeuble, de cinéma en français etc.
Aujourd'hui, il n'y a presque plus d'immigration de travail, mais beaucoup de regroupements familiaux (y compris des immigrés allant cherche épouse "au pays", ou imposant un époux "du pays" à leur fille), contribuant ainsi à recréer l'ambiance du "pays" en France. Se développent ainsi des communautés vivant de plus en plus séparément du reste des Français, pittoresques lorsqu'elles étaient peu nombreuses, déstabilisantes lorsqu'elles menacent de supplanter en quelques décennies les autochtones. Les immigrationnistes deviennent alors des "remplacistes" et les Français s'inquiètent légitimement de voir que leurs élites, leurs médias, et même leurs lois leur interdisent de réagir à cette "rétro-invasion" conduisant directement à une libanisation de leur pays.
NOTES
(1) entrevue de Malika Sorel dans Le Spectacle du Monde.
(2) Le Monde 22/10/1997

Yves Egal est ingénieur conseil en écologie urbaine. Cet article sera suivi d'un second volet intitulé : "Le droit du sol est-il un droit de l'homme ?".
Commentaires
J'attendrai avec intérêt votre second article. Je vais lire celui-ci avec attention.
Je vous propose déjà de vous joindre à la conférence-débat que nous espérons organiser au 1er trimestre, et d'y traiter le sujet suivant:
Quelles mesures pratiques proposez vous aux Français (reformes institutionnelles, amendements à la Constitution, programmes d'enseignement, mesures de police préventives ou punitives, etc. etc.) pour endiguer puis refouler le mal évident que vous dénoncez en ces termes, et pour "gérer" les quelques millions d'immigrés récents, anciens ou descendants d’immigrés anciens, tous d'origine musulmane récente ou ancienne, citoyens français ou autres en situation régulière ou irrégulière) qui sont déjà en France?
Nous cherchons une date qui convienne à Antoine Sfeir, (http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoin...), également membre du Comité Bastille, Editeur des Cahiers de l’Orient, qui accepte de se joindre à nous.
Libanisation de la France, remise en cause du droit du sol...
Le moins qu'on puisse dire est que l'auteur ne se couche pas devant la rectitude politique !
Le diagnostic est lucide, et ces question sont effectivement les plus importantes de notre temps: La survie de la nation est en jeu.
Je rebondis sur le commentaire de M. Teissier, qui souhaite qu'il soit question des mesures pratiques, et qui récemment, dans un article, prônait, en résumé, de sommer les immigrants de choisir entre nos institutions et leurs valeurs en contradiction avec elles.
Je crains qu'aborder d'emblée ces mesures ne soit mettre la charrue avant les boeufs, dans la mesure où il n'y a pas de consensus quant à la nature du problème.
Je propose donc comme préalable de faire une sorte d'inventaire des différentes visions du contexte.
Je suppose qu'il en existe deux ou trois.
Nous pourrons ensuite proposer des remèdes en précisant bien à quelle vision ils se rattachent et en quoi ils y remédient.
Nous éviterons ainsi bien des malentendus et dialogues de sourds au moment de discuter des mesures à prendre.
J’expose maintenant une vision du contexte:
Selon moi l'islam comporte intrinsèquement une doctrine contraire aux fondements de notre identité, dont nos institutions issues.
Il s'agit de la charia.
À un degré dans l’abstraction au-dessus, il s'agit de deux principes fondamentaux:
1 - Aucun domaine de ce monde n'est étranger à la volonté d'Allah,
2 - Il est impératif que la volonté d'Allah soit respectée par tous.
Je prétends que ces deux principes constitueraient une rupture radicale avec notre culture marquée par des siècles de christianisme, religion selon laquelle l'enseignement de Dieu ne concerne que la morale individuelle.
De ce fait nous pensons la politique hors de toute référence théologique, non pas depuis 1905 mais depuis plus de mille ans.
Ce trait culturel n'affecte pas que les esprits chrétiens, car il s'agit d'un concept autonome. Il peut être connu, voire adopté, indépendamment construction mentale où il a sa nécessité.
Chez un athée, "Dieu n'enseigne pas comment gouverner les hommes" devient "il n'existe aucune certitude universelle et intemporelle applicable au gouvernement des hommes", idée qui sera bienvenue chez un relativiste mais nettement moins chez un communiste.
Chez un musulman, l'idée qu'Allah ne gouverne pas les hommes ne peut être adoptée qu’au prix d’une incohérence quasi schizophrénique, ce qui est certes compatibles avec certains esprits humain, mais pas la majorité.
À ma connaissance deux pistes ont été envisagées pour y faciliter l'exercice :
- Extirper les passages fautifs du Coran et de la Sunna, selon le principe des versets sataniques
- Justifier d’un moratoire indéfini, par exemple jusqu’au retour de l’imam caché chiite.
Aucune des deux pistes ne semble avoir la moindre chance de recontrer un succès significatif
Or, si nous devions tous être soumis à la volonté d’Allah, il est évident que la liberté de conscience et la démocratie seraient hors de question. L’adhésion de tous à l’islam serait une nécessité d’État; et les règles de notre société seraient issues non pas du débat démocratique mais du Coran, de la Sunna, et du consensus des plus éminents des théologiens musulmans.
En conclusion :
L’islam est intrinsèquement contradictoire avec nos valeurs les plus fondamentales. Il est impossible de l’enseigner d’une manière qui ménage la démocratie, la liberté de conscience, et l’égalité de droit.
Ce débat est une impasse avant d'avoir eu lieu, parce qu'il se fonde sur la généralisation du comportement de quelques minorités agressives, qui refusent la loi, alors que la plupart des immigrés sont intégrés, travaillent et respectent les lois républicaines : laissez les tranquilles !
Concernant ces minorités agressives, pourquoi réformer quand il suffit d'appliquer la loi ? Mais réellement l'appliquer et non chercher des compromis qui sont autant de renonciations que nous imposent des politiques, des intellectuels et des juges corrompus par le relativisme. Face à une République de nouveau intransigeante, qui proposera aux immigrés, mais également à ses propres enfants, un modèle fier de ses racines chrétiennes et de son histoire, confiant dans l'avenir, assumé et prosélyte, l'Islam sera rapidement dilué dans la nation. Bref, le problème n'est pas l'Islam mais l'affaiblissement de notre culture et de notre nation européenne par les générations au pouvoir depuis 40 ans.
Au-delà, il y a la question de l'immigration à venir. Ce qui a manqué depuis 40 ans pour légitimer (ou non) la question de l'immigration, c'est un véritable débat démocratique sanctionné par référendum. Au lieu de cela, on a limité de plus en plus durement la libre expression du peuple, ce qui a provoqué rejet et ressentiment. Prenons exemple sur les Suisses ou les Canadiens ! Seule la démocratie retrouvée donnera une solution à cette question.
@ Fucius : la morale est nécessairement collective, puisqu'il s'agit de vivre ensemble. On ne peut vivre ensemble si chacun définit pour lui-même ce que sont le bien et le mal. En revanche, les vertus sont de l'ordre de l'individu. Ce que propose le Christianisme, qui inspire en réalité chacune de nos institutions au sens large, mais également la plupart des institutions des pays développés ou émergents, quelles que soient leurs cultures originelles, est l'adhésion volontaire à une morale collective universelle, par le développement des vertus propres à chacun.
@ ATC : on comprend, avec tristesse, que c'est le rejet obstiné de vos racines culturelles chrétiennes et l'espoir de leur destruction qui vous motive, certainement pas le sort des immigrés. Vous donnez l'impression d'instrumentaliser les immigrés dans une logique perverse, sous le masque du vieux sage. Prétendre favoriser une immigration « musulmane » est tout simplement raciste envers les Arabes (selon vous, s'ils sont Arabes ou plus généralement Africains, sont-ils nécessairement musulmans ?) mais également discriminatoire envers les immigrés potentiels venant d'autres régions du monde. Pourquoi n'appelez-vous pas plutôt à une immigration asiatique... ou tout simplement européenne ?
Je suis tout à fait surpris par la teneur de cet article et de la réaction du deuxième commentateur. Suis-je vraiment sur le site de l'institut Turgot où on s'attendrait plutôt à des propos favorables à la liberté de l'homme ? Je vous le dis clairement messieurs : vous êtes incohérents dans vos analyses. Soit vous vous déclarez ouvertement pour le rôle interventionniste de l'Etat, soit vous vous déclarez partisans du laissez-faire. Il faut choisir. Un libertarien ne souffrirait guère de vos incohérences inefficaces mais également dangereuses.
Si vous vous déclarez pro-interventionnisme de l'Etat - ce qui semble être le cas - alors il faudrait plutôt vous poser d'autres questions premières notamment sur le champ de l'intervention, sa fréquence, son amplitude, sa durée, son efficacité, etc. C'est seulement après cela que vous pouvez choisir des secteurs d'intervention : comme le secteur choisi dans cet article : l'immigration : renvoyer les Africains chez "eux". La lecture du chapitre sur le monopole des terres d'hier et d'aujourd'hui in "L'éthique de la liberté" de Murray Rothbard pourrait vous être utile pour savoir si vous êtes vraiment plus propriétaires d'une portion de terres grâce à votre ethnie ou couleur de peau,... qu'un autre homme parce qu'il serait prétendument "étranger". Il me semble que le virus du collectivisme vous ferme les portes de l'entendement individualiste. Vous ne voyez pas un homme devant vous mais son origine, son ethnie, sa "race",... Et vous vous prétendez libéraux ! Mais rien que les auteurs cités pouvaient présager de l'orientation du rédacteur de l'article. Allais, toujours lui. Bienvenus au Front National.
@sema
La liberté de l'homme est justement au coeur de mon commentaire puisque j'y expose en quoi l'islamisation de notre culture, par l'immigration et le prosélytisme, risque fort de saper nos valeurs de liberté individuelle (tautologie).
M'avez-vous lu ?
L'interventionnisme de l'État n'est pas du tout le sujet.
Ce n'est pas un État qui a obligé Rushdie et tant d'autres à vivre cachés pour avoir exprimé une opinion.
Le problème se situe au niveau de la culture, des valeurs communes, dont l'État et toutes les institutions sont la conséquence et non la cause.
Selon vous l'individualisme pur interdit qu'on prenne sa défense contre les idées totalitaires: Dans ce cas il est perdu.
Selon moi c'est une valeur à perpétuer, et nous ne pouvons pas laisser enseigner l'exact contraire sur notre sol sans réagir, au moins vocalement.
La liberté est fragile, un tour d'horizon des pays musulmans suffit pour constater à quel point.
L'immigrationnisme peut se défendre selon diverses perspectives argumentaires, par exemple démographique et économique. Mais s'y mêlent souvent en outre des considérations idéologiques qui, dans l'ensemble, me paraissent très hâtives, superficielles, celles qui sont couvertes par les beaux mots : diversité, mixité, métissage, etc. Elles sont souvent le fait de gens qui, très ignorant de l'histoire de leur propre culture, la dépeignent de façon caricaturale, comme bornée, aigre, refermée sur elle-même, misonéiste, xénophobe, raciste, etc.
Il suffit de se remémorer un peu notre passé sur un temps long pour ébranler fortement cette vision. J'ignore qui sont mes ancêtres lointains, et, chose notable, je ne m'en préoccupe pas, alors que dans bien des cultures une telle négligence serait coupable. Au passage : dans ces affaires, les questions de race, qu'on voit obsessionnelles sur certains sites autres que celui-ci, sont vraiment sans grand intérêt. Un Antillais noir est un "Français de souche".
Sans remonter au néolithique, le territoire que nous appelons la France a été peuplée par des populations sur lesquelles nous sommes assez ignorants, des Ligures, des Basques, et bien d'autres. Arrivent les Celtes (des envahisseurs), nos fameux "ancêtres les Gaulois" des souvenirs scolaires anciens. Ces Gaulois ont été vaincus par l'armée romaine. Ils se sont romanisés. Romanisés au point qu'ils ont oublié carrément leur langue, et adopté le latin. Il reste en français, au mieux, une centaine de mots d'origine gauloise.
Les Gaulois écrivaient très peu leur langue, mais quand ils l'écrivaient, comme ils n'avaient pas d'écriture propre, ils empruntaient ce qu'ils avaient sous la main : alphabet étrusque (dans la Gaule cisalpine), grec, latin. J'utilise actuellement l'alphabet latin. Quelle en est la provenance ? L'alphabet latin vient de l'alphabet étrusque, qui vient de l'alphabet grec. Les Grecs avaient un système d'écriture syllabique (Linéaire A et Linéaire B), qu'ils ont oublié, et qu'ils ont remplacé par une écriture alphabétique empruntée aux Phéniciens. Les Phéniciens avaient mis au point leur alphabet consonantique (auquel les Grecs ont ajouté des voyelles), qu'ils avaient emprunté à des novateurs inconnus, lesquels se sont peut-être inspirés de signes égyptiens. On devine encore facilement que notre A majuscule est, après rotation de 180°, la représentation stylisée d'une tête de bovidé (c'est la signification du mot hébreu "aleph") avec ses deux cornes. Le mot "alphabet" proclame clairement l'origine de cette innovation géniale : alpha + bêta = aleph + beth.
Résumé : j'écris une langue indo-européenne apportée par un envahisseur (parmi d'autres) en utilisant des caractères de lointaine origine phénicienne sinon égyptienne, et cela sur du papier, invention chinoise passé aux Arabes au VIIIe siècle, puis à nous.
Les Gaulois ont appris ce qu'était le droit romain, les villes romaines (les Gaulois avaient eux aussi des villes, mais moins avancées, moins bien équipées). La Gaule romaine a été en partie, et sur un temps assez long, convertie à une religion originaire du Levant, le
christianisme, lui-même issu du judaïsme du Second Temple. Les deux premiers "évêques" attestés de Gaule, ceux de Lyon ex-Lugdunum (nom gaulois romanisé) portaient des noms grecs, Potheinos et Eirênaios, et venaient de Smyrne, sur la côte ionienne d'Anatolie, l'actuelle Turquie (d'où, au XXe siècle, les Grecs ont été totalement expulsés, après une présence multiséculaire).
Sont arrivés les Francs. Ils ont donné au pays leur propre nom, nous n'habitons plus la "Gaule", mais la France. Et ils ont influencé la langue, au point d'y laisser pas mal de mots, y compris les couleurs "blanc", "bleu", "brun". Et le nom même de la langue connue maintenant comme "français". Je parle donc le résultat multiséculaire d'un latin modifié par des gorges gauloises puis par des gorges germaniques.
Beaucoup plus tard, les Arabes ont apporté aux fameux Français une nouvelle manière de faire les calculs, non plus avec le lourd et malcommode système romain, mais la numération de position avec zéro, en base 10, inventée par les Indiens, qui nous ont également fourni les signes appelés "chiffres". J'ai donc sur le cadran de ma montre, dont la marque est écrite dans un système d'origine proche-orientale, des chiffres indiens, mais les 60 secondes et les 60 minutes sont un vestige lointain du système sexagésimal mésopotamien.
Mon téléphone (nom grec) portable (adjectif latin) me géolocalise (mot grec + latin) par GPS, en utilisant la triangulation par trigonométrie, la trigonométrie ayant été développée par des mathématiciens musulmans (adjectif arabe) de langue arabe, ayant appris les mathématiques des Grecs et des Indiens.
Thomas d'Aquin avait lu en latin les musulmans Alfarabi, Avicenne, Averroès, et le juif Maïmonide. Les philosophes arabes avaient appris la philosophie des Grecs parce que des traducteurs juifs et chrétiens leur avaient traduit le grec vers l'arabe via le syriaque. Les astronomes arabophones avaient appris l'astronomie en partie des zoroastriens de Perse, etc.
Je consomme tomates (mot aztèque), pommes de terre, maïs, dans des assiettes en porcelaine (invention chinoise), et aussi vanille, chocolat, tous aliments d'origine amérindienne. J'écoute des orchestres symphoniques équipés de cymbales d'origine turque (mais les cymbales sont connues très anciennement), de tambours à nom persan. Je vais écouter des chants de Noël où j'entends la phrase hébraïque "Alléluia".
On peut continuer comme ça assez longtemps.
Toutes les cultures, même celles des petites ethnies traditionnelles, empruntent aux autres cultures. Mais il n'y en a pas une qui ait montré une capacité d'absorption aussi grande que celle de l'Europe, ni la chinoise (très attachée à son quant-à-soi), ni l'indienne, ni les cultures amérindiennes, ni la culture arabo-perso-musulmane, pourtant assez assimilatrice. Aucune. De même le christianisme a montré une capacité synthétique considérable. Je n'ai aucune vertu personnelle là-dedans, je suis simplement l'héritier de gens qui se sont ouverts à mille innovations extérieures, souvent volontairement.
Or c'est à ce moment de l'histoire que des gens bornés et incultes, qui n'avaient jamais entendu parlé d'Averroès hier après-midi, entreprennent avec hauteur de me chapitrer sur la nécessité de m'ouvrir à la mixité, la diversité, etc.
Eh bien il ne s'ensuit pas que je doive accepter maintenant n'importe quoi, n'importe comment, à n'importe quelle vitesse, et spécialement pas que je doive accepter d'un groupe minoritaire la soumission à une manière de vivre et de pensée que je rejette, car au lieu de constituer un apport, elle me détruirait.
Je suis flatté et intéressé par les commentaires très instructifs que je lis à la suite de mon article.
Libéralisme ? Les principes libéraux sont une tentative de résumer en quelques mots comment devrait marcher le monde, en commençant par l'économie. Mais ils sont empiriques et, pas plus que les droits de l'homme, ils ne peuvent apporter la preuve qu'ils sont toujours vrais. Ainsi la liberté de l'Homme a été plutôt positive dans l'histoire économique. D'où l'idée qu'il faut défendre cette liberté pour tout. Mais qu'entend-on par liberté ? Ses définitions (liberté de penser, agir, avoir des enfants, immigrer, s'installer...) et ses applications (en temps de paix, de guerre, enfants, adultes, malades...) sont multiples, selon les multiples circonstances du vaste monde. Les principes ne sont que des guides, vrais a priori, mais à confirmer ou à reconsidérer selon les circonstances. Ne tombons pas dans le piège de l'intégrisme intellectuel qui voudrait que des droits et des principes puissent être vrais toujours et partout à partir du jour où quelques hommes de génie les ont énoncés. Toujours douter et remettre en cause.
Ainsi, l'individualisme méthodologique est-il très éclairant en économie, mais pas suffisant en sociologie. Le groupe existe : il se voit et se ressent, statistiquement. Il y a des Français noirs (enfants adoptés, immigrés depuis plusieurs générations), mais les Français ont statistiquement une couleur. Et une religion, voire une absence de religion. Car une bonne part de nos choix soi-disant individuels sont dictés par le groupe : on devient rarement musulman avec des parents chrétiens. Etudier les comportements de groupes est aussi nécessaire que d'étudier le comportement rationnel des individus.
Or les musulmans ont statistiquement plus de comportements dictés par leur culture (la culture, la langue et la religion se tiennent beaucoup) que les Européens, car l'islam est plus totalitaire dans ses textes et dans son histoire. Donc un musulman recrée (encore une fois, pas tous, mais suffisamment pour poser problème) son monde à lui là où il s'installe (avec même l'envie d'imposer son mode de vie à ses hôtes).
Si on reconnait l'existence du groupe, de la nation, et son importance dans notre prospérité, il y a lieu de s'inquiéter de gens qui veulent détruire l'unité de la nation. La liberté est une chose importante, mais elle ne suffit pas à organiser notre vaste monde. D'autres concepts issus de l'observation, et donc tout aussi légitimes que la liberté, doivent être pris en compte par les libéraux, dont je me réclame.
@Yves Egal
"il y a lieu de s'inquiéter de gens qui veulent détruire l'unité de la nation."
Nous sommes d'accord sur le fond, mais je crois qu'il faut se garder de formulations tendant à personnaliser le problème.
Je préfère pour ma part discuter de l'islam et non des musulmans.
L'islam est un objet qu'il est possible de connaître et décrire au prix de quelques efforts et de rigueur intellectuelle.
Dès lors la question est moins de constater l'existence de comportement de groupe que de constater la nature totalitaire de l'islam dans ses textes, soit le Coran (une longue série de prescriptions d'Allah lui-même, dont plusieurs injonction de châtier des déviances et de faire la guerre) et la sunna (récit des actes et dires de Mohamed, le personnage à prendre en modèle au-dessus de tout autre, et qui a hélas commis les pires crimes); et accessoirement dans le consensus des théologiens musulmans.
Ce constat posé, vient la question: L'islam est-il intrinsèquement subversif pour les sociétés démocratiques et respectueuses de la liberté de conscience.
Un débat qui peut, et devrait, être mené sans citer un seul musulman autre que Mohamed.
Les passions sont vives quand on l'aborde, et la peur aussi de plus en plus, mais nous sommes de plus en plus nombreux à nous être rendus à l'évidence: La réponse est oui, absolument.
Voilà un texte qui fait écho au livre de Hugues Lagrange, "le déni des cultures". Je partage en partie votre analyse et je suis moi aussi un lecteur attentif de Malika Sorel.
Je souhaitais vous apporter un éclairage leplaysien (Lire mon texte sur ce site: "les origines de l'occident et la question des structures familiales").
Dans la rubriques commentaire, vous répondez précisément à un commentaire: "Ainsi, l'individualisme méthodologique est-il très éclairant en économie, mais pas suffisant en sociologie. Le groupe existe : il se voit et se ressent, statistiquement. Il y a des Français noirs (enfants adoptés, immigrés depuis plusieurs générations), mais les Français ont statistiquement une couleur. Et une religion, voire une absence de religion. Car une bonne part de nos choix soi-disant individuels sont dictés par le groupe : on devient rarement musulman avec des parents chrétiens. Etudier les comportements de groupes est aussi nécessaire que d'étudier le comportement rationnel des individus.
Or les musulmans ont statistiquement plus de comportements dictés par leur culture (la culture, la langue et la religion se tiennent beaucoup) que les Européens, car l'islam est plus totalitaire dans ses textes et dans son histoire."
Pour les leplaysiens, c'est la famille qui caractérise d'abord une personne. Vous avez raison, l'individualisme méthodologique ne suffit pas, mais le groupe qui fait aussi la personne est d'abord et avant tout le rôle de la famille. Vous pensez que l'islam influence les musulmans, je pense que c'est d'abord la formation sociale qu'ils ont reçue au sein de leur famille. Il faut savoir que la famille arabo musulmane est particulière et très différente de la famille du bassin parisien ou encore de la famille anglo-saxonne. La célèbre phrase de Magaret thatcher que vous citez ne me surprend pas. La famille anglaise a une organisation sociale typiquement libérale individualiste et encourage leurs enfants à prendre leur liberté rapidement. La famille arabo musulmane est communautaire. Les enfants sont perçus comme de simples membres d'un groupe plus large: la famille élargie.
Pour résumer, les arabo musulmans agissent d'abord selon le groupe, alors que les français ou les anglais ont été formés dans leurs familles à agir davantage selon eux-mêmes.
@Toussaint
"Pour résumer, les arabo musulmans agissent d'abord selon le groupe, alors que les français ou les anglais ont été formés dans leurs familles à agir davantage selon eux-mêmes."
Sans doute, mais ce constat posé: Ce comportement arabo-musulman provient-il de l'islam ?
D'où le comportement occidental provient-il ?
L'islamisation des esprits occidentaux (aussi appelé "métissage culturel") devrait graduellement changer les esprits: Quelle tendance l'emportera ?
Enfin, les comportements de groupe arabo-musulmans sont-ils nécessairement contraires à la liberté individuelle, et, quand ils le sont, vont-ils nécessairment jusqu'à la coercition ?
@ Fucius
Vous écrivez: "Sans doute, mais ce constat posé: Ce comportement arabo-musulman provient-il de l'islam ?"
Pour moi, le comportement a prioritairement une origine d'une part individuelle et unique (nous naissons tous avec une personnalité particulière) et d'autre part une origine familiale (formation sociale primitive et fondatrice pour le futur adulte).
Si l'on accepte que le Coran est interprété par des hommes et en particulier par des arabo musulmans, je considère que le "comportement arabo-musulman" est d'abord le reflet de la famille type communautaire endogame (Frédéric le Play écrivait: "la famille crée la société à son image"). Je parle d'abord d'anthropologie avant de parler de théologie. Je suis conscient par ailleurs que le Coran est un véritable "code civil" et qu'il influence nécessairement la vie des musulmans.
Vous écrivez: "D'où le comportement occidental provient-il ?"
C'est une vaste question. Y a t-il vraiment un seul comportement occidental ? L'allemagne nazi, terre chrétienne par excellence, n'a-t-elle pas enfantée une barbarie assourdissante ? Là aussi, pour voir plus clair, il faut passer par l'analyse des structures familiales. Je vous renvoie au livre incontournable de l'historien et démographe Emmanuel Todd, L'invention de l'Europe.
L'innovation occidentale (essentiellement le nord ouest européen, Angleterre, Hollande, Danemark, France) se trouve peut-être dans la vision de l'homme et de la femme adulte. Pour la famille anglaise, nucléaire absolue, les enfants sont perçus comme des futurs adultes autonomes, qu'il faut donc émanciper rapidement. Les parents forment des "adultes précoces" individualistes. Voilà l'innovation "occidentale" selon moi.
Pour les autres questions, il est bien difficile de répondre. Je ne crois pas qu'il existe une "islamisation des esprits occidentaux". Le groupe arabo-musulman rentre nécessairement en contradiction avec l'individualisme occidental. C'est pour moi l'explication clé de la difficile intégration des immigrés africains dans les banlieues françaises. Ceci aggravé par "l'effet de voisinage", c'est à dire une trop grande concentration de population de même culture qui, devant les difficultés (chômage, école, ...), n'encourage plus à s'intégrer, mais au contraire à se retourner vers sa communauté d'origine.