Il n'empêche que le débat se déplace vers les questions de choix de société comme toujours en France puisque la politique avec un grand P est devenu la religion pour tous ; ainsi le dieu Etat (qui peut tout) reste au centre ; les trois candidats en tête sont en effet étatistes et centralisateurs puisque la politique fiscale, de protection sociale, de formation, restent dans les mains du pouvoir central ; l'UMP l'est un peu moins que les deux autres, sauf que Sarkozy a fait une politique de gauche pendant cinq ans en donnant sans cesse des gages, en refusant de libéraliser la santé, l'éducation etc, il le paye d'ailleurs en étant péniblement second ; les électeurs de Bayrou de 2007 se sont soit abstenus, soit se sont diffractés entre Sarko et Marine Le Pen ; reste François Hollande qui pourrait se permettre de faire une politique centriste s'il n'était pas travaillé par les courants gauchistes et relativistes qui l'empêcheront sans doute de gagner. Mais peut-être vais-je trop vite en besogne.

En tout cas le recul de l'abstention, le fait que Hollande ne dépasse pas les 30% qui lui aurait permis de faire levier, et que Mélenchon n'atteigne pas le score du PC au commencement de son déclin en 1981, permet de penser que nous allons vers une cohabitation puisque si Sarkozy gagne, il perdra aux Législatives vu le haut score du FN, ce qui promet des triangulaires féroces. A moins que la droite populaire force le trait en exigeant une alliance sauf que, vu les positions extrêmes du FN, elle ne se fera pas. Il se trouve que la cohabitation semble plaire à Sarkozy puisqu'il avait déjà commencé en 2007 en refusant d'ouvrir le gouvernement "jusqu'aux sarkozistes"… Tout va donc se jouer en 2017 en réalité : entre une voix étatiste et ses oscillations national/communistes, et une voix réellement libérale, au sens non pas affairiste du terme, mais utile pour l'intérêt du plus grand nombre.

Voilà l'enjeu : ou l'étatisme ou la république réellement citoyenne qui tire vers le haut au lieu de pousser vers le bas.