Europe : vingt ans après, les dangers de la nouvelle Russie
Par Françoise Thom le dimanche 21 février 2010, 16:44 - Note de synthèse - Lien permanent
Françoise Thom s'alarme de la pusillanimité aveugle des élites européennes face aux nouvelles menaces qui se cachent derrière le "redémarrage" des relations américano-russes.
Ce qui frappe l'historien lorsqu'il se penche sur les rapports Russie-Europe, c'est la permanence des fantasmes que la Russie engendre dans l'imagination des Occidentaux et la capacité de la Russie à dicter les cadres conceptuels dans lesquels elle veut être pensée – et incomprise- à l'étranger.
Ceci explique un autre mystère des relations entre Russes et Européens : l'imperméabilité à l'expérience des partenaires occidentaux.
France-Russie : une voie périlleuse
Les déboires successifs essuyés par les hommes d'affaires en Russie, les camouflets régulièrement infligés aux hommes d'Etat européens, les assassinats, les insultes aux diplomates, les nationalisations abusives, les manquements aux engagements pris, les violations du droit international, tout cela est oublié instantanément
A peine la Russie a-t-elle mené une guerre de conquête lui permettant d'occuper 20% du territoire d'un Etat voisin que les Etats-Unis parlent d'un « redémarrage », c'est-à-dire d'un effacement de l'ardoise (et donc l'oubli d'une utile expérience dont il eût fallu tirer les leçons), tandis que la France se hâte d'offrir à la Russie les moyens de sa prochaine guerre d'agression contre les Etats voisins en lui vendant des porte-hélicoptères Mistral.
Rarement l'incompréhension réelle de la Russie a été aussi grande qu'aujourd'hui, et lourde de conséquences désastreuses pour l'Europe. La France en particulier s'engage sur une voie périlleuse. La Russie lui a trouvé un rôle exaltant : celui d'un partenaire dans la modernisation du grand voisin oriental. Nous nous rengorgeons de tant d'honneur, notre vanité nationale est flattée. L'encens russe nous monte à la tête et nous ne voyons pas les dures réalités. Nous croyons la Russie faible, handicapée par une démographie catastrophique, une économie sous-développée. Nous nous imaginons que devant tant de difficultés elle va se tourner vers l'intérieur, panser ses plaies. Nous croyons que la crise a mis un frein aux ambitions de Moscou. Nous sommes à cent lieues de percevoir le monde comme le font les élites russes. Nous ne voyons pas les conséquences qu'elles ont tirées de la crise.
Le droit est toujours la codification d'un rapport de force
Certes l'optimisme qui régnait en Russie du début de l'année 2008 a été tempéré. A l'époque la Russie se voyait puissance émergente faisant partie du bloc Brésil Chine Inde dont l'ascension irrésistible allait détrôner le monde occidental, et surtout les Etats-Unis haïs. Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe se félicitait sans vergogne du naufrage des valeurs occidentales. « Le vieil Occident a perdu son rôle de leader intellectuel et moral du monde », se réjouissait le politologue S. Karaganov (1). Le modèle autoritaire antidémocratique semblait en passe de s'imposer, revanche éclatante pour la Russie qui n'a pas digéré l'éclatement de l'URSS et la défaite de son régime à parti unique en 1991.
Au printemps 2008 le président russe, qui vient d'être élu, propose la mise en place d'un nouveau système de sécurité en Europe. Les Européens n'ont pas compris que cette démarche résultait de l'évaluation faite à Moscou de la nouvelle « corrélation des forces ». Aux yeux des dirigeants russes l'effacement américain était désormais acquis et il fallait que l'Europe en prenne acte et lui donne une forme institutionnelle.
Pour les Russes, le droit est toujours la codification d'un rapport de forces. Celui-ci ayant évolué au détriment des Etats-Unis et en faveur de la Russie, l'architecture de sécurité européenne devait être modifiée en conséquence.
Comme en Europe on traînait les pieds et on continuait à refuser de voir les « réalités », comme on dit en Russie, Moscou décida de faire une petite démonstration : la guerre russo-géorgienne avait avant tout pour objectif de montrer aux Européens que l'alliance avec les Etats-Unis ne valait plus rien.
Le message de la crise Georgienne
La Russie était en situation de force et pouvait agir unilatéralement dès qu'elle le souhaitait. Sitôt la démonstration finie, le président Medvedev remit sur le tapis sa proposition de nouveau système de sécurité européen. Les Occidentaux naïfs s'étonnaient de voir la Russie préconiser la sécurité collective tout en violant de façon flagrante les accords Medvedev Sarkozy et en marginalisant l’OSCE.
Le raisonnement russe tel que nous venons de le reproduire montre que, de son point de vue, la position de Moscou était parfaitement conséquente. Medvedev ne disait pas autre chose lorsqu’il déclarait le 1er octobre 2008: “L’ancien ordre mondial s’est effondré et un nouvel ordre mondial est en train d’apparaître, plus sûr et plus juste. La preuve en est l’action entreprise par la Russie en août dernier pour sauver le peuple d’Ossétie du Sud, pour protéger nos concitoyens et les intérêts de la Fédération russe »(2).
Ainsi l’action unilatérale de la Russie était l’indice de l’émergence « d’un nouvel ordre mondial » qu’il était urgent de faire reconnaître par les Européens. La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l'indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou à pousser ses pions.
La guerre russo-géorgienne et la crise ont entraîné une évolution de l'analyse russe, mais pas celle que l'on croit naïvement en Occident. La crise a été perçue comme une opportunité à ne pas manquer. D'abord elle accélérait l'affaiblissement des Etats-Unis et leur désengagement de « l'étranger proche » de la Russie. Ensuite elle a laminé les élites pro-occidentales qui s'étaient constituées dans les pays de la CEI et au contraire renforcé les clans mafieux vivant de la prédation, qui sont d'orientation pro-russe. La crise présentait donc l'occasion rêvée de restaurer l'influence russe sur la périphérie déstabilisée par le choc.
La modernisation militaire
Mais, par ailleurs, la guerre russo-géorgienne et la crise ont aussi révélé aux dirigeants du Kremlin que l'archaïsme de l'économie et de la machine militaire russes pouvait être un obstacle à leurs ambitions de puissance. En Russie les revers, notamment sur le champ de bataille, sont le principal ressort de la modernisation. Ce fut le cas de Pierre le Grand après la défaite de Narva, d'Alexandre II après la guerre de Crimée, de Nicolas II après la guerre russo-japonaise. Dans ces trois cas les réformes spectaculaires mises en oeuvre avaient pour but de faire de la Russie une grande puissance militaire capable de défier l'Europe, et non d'émanciper la société russe.
La situation est analogue aujourd'hui. Le programme de « modernisation » lancé par Medvedev a pour but de renforcer la puissance russe et nullement de démocratiser le pays.
Il n'est que de voir les axes de cette modernisation pour s'en convaincre. Le système politique demeure inchangé, les fraudes massives aux élections continuent de plus belle. En revanche le régime russe a entrepris une réforme militaire radicale dont les grandes lignes ont été définies par le président Medvedev en septembre 2008 : amélioration de la capacité de déploiement des troupes, des systèmes de commandement et de contrôle, de l’entraînement, développement d’un armement de haute technologie, amélioration de la situation matérielle des militaires, développement d’une flotte de sous-marins armée de missiles de croisière, création d’un système de défense dans l’espace.
« La guerre peut éclater subitement et devenir tout à fait réelle. Des conflits locaux, larvés que l'on appelle même parfois conflits gelés, peuvent se transformer en véritable conflagration militaire…. Un système garanti de dissuasion nucléaire répondant à diverses circonstances militaires et politiques doit être mis en place d'ici 2020»,» a déclaré Medvedev aux généraux russes en introduisant la réforme (3).
La loi sur la Défense a été modifiée en octobre 2009. Désormais le président russe a le droit d'engager les forces armées sans l'autorisation du Conseil de la Fédération. Il peut faire intervenir les troupes en cas « d'attaque contre les forces armées russes à l'étranger », pour « défendre les citoyens russes à l'étranger », « défendre un Etat qui a demandé l'aide de la Russie » (4). Ce dernier point est particulièrement important, car il montre que la Russie est prête à des interventions militaires même si le territoire russe n'est pas menacé.
Précisons que la nouvelle doctrine militaire russe stipule aussi que la Russie est en droit de recourir à l’arme nucléaire pour repousser une agression faisant appel aux armes conventionnelles, et réserve à la Russie le droit de lancer des guerres préventives et la possibilité d'employer les armes nucléaires même dans un conflit local.
Ainsi la Russie se dote d'un arsenal législatif justifiant les interventions militaires contre des Etats tiers. N'oublions pas non plus que Moscou a suspendu sa participation au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Qu’on compare le raffut médiatique qui avait accompagné l’annonce de la doctrine Bush et le silence presque total de la presse occidentale sur l’évolution de la doctrine militaire russe, et on peut mesurer l’efficacité de la machine de propagande poutinienne. Rappelons d’ailleurs à ce propos que le budget prévu pour la propagande à l’étranger en 2010 atteint 1,4 milliards de dollars, dépassant celui de l’aide aux chômeurs, ce qui montre une fois encore les priorités du Kremlin (5).
L'innovation du régime medvedevien consiste en ceci que la Russie a décidé d’atteler les Européens de l'Ouest à la construction de son secteur de puissance (nous retrouvons la politique de Pierre le Grand).
Attention au processus de vassalisation
Le contrat d'achat des Mistrals présente un triple avantage: d'abord la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l'effort de les développer elle-même; deuxièmement elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne; troisièmement elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l'Allemagne.
Les déboires accumulés des géants de l’industrie française (le dernier en date étant la préférence donnée par Abou Dhabi à la filière nucléaire coréenne) ne peuvent que renforcer cette dépendance à l’égard de la Russie, pour laquelle les transactions économiques sont des instruments d’influence, les considérations proprement économiques et commerciales ne jouant qu’un rôle secondaire.
Un expert russe a récemment comparé cette politique russe à celle de la Chine face aux Etats-Unis: selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s'opposer à Pékin. La même chose est déjà vraie pour l'Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals (6).
Déjà la France ne sait plus dire non à Moscou: elle rend la cathédrale Saint Nicolas à Nice à l'Eglise orthodoxe russe, elle s'engage à voler au secours d'Avtovaz, la compagnie automobile au déficit abyssal soutenue par Poutine, elle accepte de faire défiler ses troupes sur la place Rouge, oubliant, comme l'y invite l'historiographie poutinienne, que la victoire de l'Armée rouge a entraîné un nouvel asservissement pour la moitié de l'Europe. Nos gaullistes autrefois si soucieux d'indépendance nationale quand il s'agissait des Etats-Unis ne trouvent rien à redire à cette politique pourtant autrement dangereuse à terme pour notre liberté et celle de l'Europe. Car la « schröderisation » de la classe politique européenne avance à pas de géant et le traité de Lisbonne qui fait la part belle aux grands Etats risque d'accélérer ce processus (c'est d'ailleurs l'analyse faite à Moscou).
La "schröderisation" de la classe politique européenne
Car il ne s'agit pas que de la menace militaire (encore que celle-ci ne doive pas être sous-estimée: au moment où les Mistrals seront livrés à la Russie, en 2012, Poutine risque d'être de nouveau président, avec une constitution taillée sur mesure, comme nous venons de le voir, et le doigt prompt à la gachette, comme le montre l'expérience). Le plus dangereux pour l'Europe est l'influence délétère qu'exercent sur les élites européennes les idéologues russes. Ce sont eux qui ne cessent de répéter que la nature des systèmes politiques importe peu, pourvu qu'ils soient « pragmatiques »; de sussurer que le souci des libertés fondamentales n'est qu'une hypocrisie utilisée par les Anglo-Saxons pour camoufler leur volonté de détruire les nations; qu'en relations internationales seule l'approche « réaliste » et égoïste est payante, c'est-à-dire celle qui se fonde sur la prise en compte cynique du rapport de force. En Europe seuls doivent compter les grands pays, en partenariat bien sûr avec la Russie, seul importe l'intérêt national, défini bien sûr pour chacun par la Russie.
L'experte russe Lilia Chevtsova s'étonnait récemment de la facilité avec laquelle les Européens se font les perroquets de la propagande russe (7). Elle citait une remarque extatique adressée à Poutine par Thierry de Montbrial lors de la rencontre de Valdaï en 2007: « Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l'histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d'autres...Ceci prouve que vous êtes un démocrate » (8) ...
Combien de fois avons-nous entendu que la Russie avait été « humiliée », que chaque pays avait le droit de défendre ses « valeurs », que nous n'avions pas à chercher à imposer notre démocratie libérale etc... Selon l'ex-chancelier Schröder, la Russie « a le droit de défendre ses intérêts de sécurité », c'est-à-dire d'interdire à l'Ukraine et à la Géorgie de choisir leurs alliances. En avril 2008 Jacques Sapir expliquait gravement dans le Figaro que la Russie était « une zone de stabilité et de croissance » dans une Europe en pleine crise financière, alors que « les banques russes n'avaient pas été contaminées par la crise » et qu'il fallait s'attendre « à des entrées massives de capitaux » en Russie (9).
Le danger d'un état revanchard
Après la guerre russo-géorgienne le premier ministre français François Fillon s'est mis en quatre pour éviter des sanctions à la Russie, reprenant mot pour mot les arguments ressassés par la propagande russe depuis des années, assimilant les partisans d'une politique de fermeté à des ringards de la guerre froide (dont bien sûr les Occidentaux étaient largement responsables): "Il y a deux options possibles : ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l'isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d'années – ce n'est pas la voie qu'a choisie la France, ce n'est pas la voie qu'a choisie l'Europe –", ou on choisit l'option du dialogue (1er septembre 2008).
A force de marteler que la défense de la démocratie libérale était l'apanage des néo-conservateurs américains, les propagandistes russes en arrivent à inciter les Européens à renier les bases mêmes sur lesquelles s'est construite l'Europe pendant plus de cinquante ans. L'idée d'une égalité de droits entre les Etats européens, petits et grands, l'idée que le rapport de force est exclu entre Européens, l'idée d'une solidarité européenne, tout cela est dédaigneusement balayé de la main à Moscou. Si cette « philosophie » du Kremlin gagne du terrain, !!l'Europe risque de régresser prodigieusement et d'oublier les dures leçons tirées des deux guerres mondiales.
On l'a vu dans les années 1930, la présence d'un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l'arbitrage. Comment expliquer qu'il se trouve tant d'Européens, notamment de Français, qui acceptent de devenir les apologètes du darwinisme social post-communiste russe appliqué aux relations internationales?
Nadejda Mandelshtam, la veuve du poète Osip Mandelshtam mort au Goulag, se demandait dans ses Mémoires pourquoi l'intelligentsia russe avait massivement pactisé avec le bolchevisme. Elle en était arrivée à la conclusion que c'était la fascination de la violence qui avait suscité cette complaisance chez les intellectuels. Aujourd'hui on a l'impression que c'est la brutalité russe, le torse nu et le langage cru de l’ex-président Poutine, qui exercent une séduction fatale sur nombre de dirigeants européens. Ceux-ci cherchent peut-être dans ce monde hobbesien un remède à l'étouffant « politiquement correct » distillé par les media et les institutions européennes – sans voir que ce remède est pire que le mal.
Aujourd'hui Moscou propose une alliance des Etats-Unis, de l'Union Européenne et de la Russie contre les menaces « du Sud »(10). La Russie se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l'émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. Visiblement la Russie table sur le « redémarrage », voire l'effacement total du disque dur des Occidentaux. Espérons qu'elle a tort.

NOTES
- (2) Cité in : Nezavisimaja Gazeta, 29/10/08
- (3) Source
- (4) Source
- (5) gazeta.ru 8/12/09
- (6) The Guardian, 18/12/09
- (7) Fiodor Lukianov, « Integracia po poniatiam », gazeta.ru, 26/11/09
- (8) Lilia Shevtsova, « The Kremlin Kowtow », Foreign Policy, JANUARY 5, 2010
- (9) Lilia Shevtsova, « Druzja Rossii », Ežednevny žurnal, 29/06/09. La citation est retraduite du russe.
- (10) J. Sapir, « Crise financière, la Russie au secours de l'économie européenne », Le Figaro, 4/04/08
- (11) V. D. Rogozin, « Bez tarakanov russofobii », gazeta.ru, 15/12/09. Ceci au moment où une officine de propagande russe a couvert la Grande-Bretagne d’affiches représentant Obama et Ahmadinejad, avec la mention : « Lequel représente le plus grand risque nucléaire ? » V. The Guardian, 18/12/09

Françoise Thom est Maître de Conférences en histoire à Paris IV Sorbonne. La version originale de ce texte a été publiée sur le site Diploweb
Commentaires
Merci de nous avoir éclairé sur cette situation, car à écouté les journaux télévisuel ont à l'impression que tous vas bien dans le meilleur des monde pour la Russie. Personnellement je n'est jamais eu confiance en monsieur Poutine, je trouve qu'il cache bien son jeux.
@ l'auteur,
Votre article est totalement dissymétrique. Vous partez d'une position défensive et vous décrivez de la façon la plus détestable l'autre partie. Dans un site de si haute tenue, je suis plutôt étonné de voir un article où la subjectivité domine!
Votre analyse me parait bonne concernant la menace Russe. Par contre, pour permettre aux gens de se faire une opinion circonstanciée, il faudrait parler clairement de tout ce qui sent mauvais du côté occidental et à quels dangers nous ont conduit l'alliance avec les USA. Quant aux valeurs qui ont fait l'Europe, cela ne me parait être que pure théorie. Il suffit de voir avec quel mépris des peuples et avec quelle corruption (morale, intellectuelle plus que matérielle) des élites l'Europe s'est faite. Rien d'étonnant d'ailleurs à ce que ceux qui se sont déjà couchés et compromis continuent à le faire car après tout, l'argent comme le pouvoir et la violence n'ont pas d'odeur pour ses gens là .
Vous rendriez justice à vos analyse en élargissant le spectre car crier au "vilain méchant Russe" face aux gentils occidentaux me parait vraiment simpliste et trompeur.
Je tiens à saluer votre article tout de même car il est toujours utile de rappeler aux spécialistes du déni que leur politique est dictée par la peur et l'avidité plus que par la raison. Comprenez que mon propos est simplement de dire que ce qu'on a fait avec nos "amis" se fera avec nos "ennemis" avec la même facilité puisque reposant sur la même lâcheté.
Cordialement
Mes félicitations sincères. Il y a longtemps que je n’ai pas lu un article si bien argumenté sur la Russie d’aujourd’hui. Le menace russe est réelle et pas du tout une fantaisie. En essence la France de Sarko est en train de suivre la même politique militaire avec la Russie que la Russie l’a suivi elle même avec l’Iran. C’est la politique « pragmatiste » de Munich à la Schroeder qui engendre beaucoup de dangers pour la paix et la sécurité en Europe.
j'ai rarement vu un article aussi partisan sur ce blog,en general assez serieux
pourriez vous madame nous rappeler le budget militaire de la russie pour 2010 et celui des usa pour 2010.allez assez de suspens respectivement 36 Md d'euros pour les russes 670 Md de dollards pour les etats uniens en voyant ces chiffres j'ai du mal à imaginer que ce soient les russes qui nous menacent.qui a deux guerre d'agression en cours et qui en prepare peut etre une troisieme(iran venezuela)?les russes?en georgie les russes ont simplement remis les pendules a l'heure et oui la russie est encore une grande puissance avec laquelle il faut compter surtout dans son proche immediat.
si l'europe un jour veut etre une puissance politique elle ne peut l'etre qu'avec la russie.la russie dans l'europe apporte a l'europe tous ce qu'il lui faut pour cela.un immense territoire des matieres premiere en quantités du petrole du gaz.imaginer que les russes vont laisser les etats uniens s'installer a leurs frontieres et avec le sourire en plus c'est du grand n'importe quoi.les seuls qui ne veulent pas d'une europe avec la russie c'est les etats uniens.il n'y aurait plus aucune raison qu'ils aient des bases pleine d'armes un peu partout en europe.on sait oui poutine et medvedev sont de grand tyrans.c'est vrai qu'un eltsine c'etait tellement plus confortable tous le temps saoul les oligarque au pouvoir pret a vendre la russie,clinton qui se fout de lui ouvertement devant les camera c'est sur qu'avec poutine,clinton son fou rire c'est chez le dentiste qu'il finissait.oui poutine a repris la russie en main chassé les oligarques et c'est tant mieux pour ce grand pays et pour le monde qu'il puisse y avoir des pays qui freinent l'appetit hegemonique d'autre pays.quand au fameux mistral nous n'etions pas les seuls a pouvoir le leur vendre les sud coréens et les espagnols aurait été ravis de leur fourguer et sans doute pour moins cher on parle de fleuron mais il ne faut pas rever ce sont des navires de transport moderne multitache c'est tout.ce n'est pas ce qui vas donner la superiorité navale au russes.s'il ne se donnent pas la peinent de developper ce types de navires ce n'est pas parcequ'ils n'ont pas la technologie à ce niveau la russie n'a pas grand chose a nous envier.c'est que ce n'est pas une prioritée strategique pour eux.en nous achetant ces navires ils font un geste politique de raprochement.
Un interview de vadim stolz disponible sur internet nous explique le dessous des cartes, a voir cela change de la version "officielle". La version rapportée dans cet article oublie que l 'otan cherche a encercler et destabiliser la russie depuis la chute du mur, pour quelle raison? A la place de la russie ne seriez vous pas inquiet?
L'ABM vise t il vraiment l'iraq? et si oui pourquoi les polonais crient ils quand on veut le supprimer en disant que cela les mets a la merci de la russie, alors que c'est censé viser les iraqiens?
De qui se moque t on?
Bonjour
J'ai rarement aussi peu partagé le point de vue d'un auteur sur le site de l'Institut Turgot. On croirait lire un stéréotype d'un média occidental.
J'invite l'auteur à consulter le dossier 'Le réveil de la Russie" de la revue "La Nouvelle Revue d'histoire" (La NRH) dans son N° 38 de sept/octo 2008 ou encore http://alexandrelatsa.blogspot.com/...
-Poutine a reconstruit l'état Russe et permis à son économie de redémarrer après que Eltsine l'ai livrée aux oligarques. Ce faisant il redonne au peuple Russe ses richesses et je ne serai pas surpris qu'il puisse être réélu où conserver un mandat important car son peuple le soutient. Beaucoup de nos politiques aimeraient avoir sa côte de popularité...
- Poutine s'est opposé à la guerre d'Irak de 2003
- Poutine s'attache peu aux apparences, ce qui lui vaut d'être tant décrié en Occident, par les faiseurs d'opinions dégoulinant de bien pensance
- La Russie de Poutine-Medvedev défend le droit international et les souverainetés des états. Elle devient un acteur majeur s'opposant à l'axe turco-américain.
- La Russie est agressé par les USA et pas l'inverse. La stratégie d'étouffement des américains est permanente à travers l'OTAN et l'organisation des révolutions de couleurs que ne sont dues qu'à des groupes très minoritaires, capables de canaliser les foules.
L'avenir de l'Europe et de la Russie: c'est d'être alliées au sens le plus large possible!
Les pays de l’ex bloc soviétique sont le plus réel témoignage sur les « fruit » qui peut donner une « alliance plus large possible », même « fraternelle » avec la Russie. « La Russie über alles » a été la devise de l’empire russe des tsars, de l’empire comunisto-bolchevique et des bolshevico-démocrates de nos jours. C’est monsieur Poutine lui qui l’a qualifié comme « le plus grand désastre géopolitique du siècle » l’effondrement de l’Union Soviétique, autrement dit l’ex empire tsariste. Désolé pour les nostalgique des temps perdus.
n'importe quoi.la russie tsariste était tsariste pas coco ni bolcho il ne faut pas tous melanger ensuite à l'epoque que vous evoquez les usa etais uber alles en faisant la conquete du pays qu'ils occupent(en exterminant les indiens les mexiquains du texas et de la californie) l'angleterre etais uber alles en occupant la moitié du globe la france etais uber alles en occupant la moitié de l'afrique et bien sur deutschland uber alles comme ont dis autre epoque autre meurs a l'heure actuelle il n'y a qu'une seule puissance réelement agressive et ce n'est pas la russie.les pays dont vous parlez ont été livrés pieds et poingts liés par les alliés aux communiste a la fin de la seconde guerre mondiale.ce qui n'est pas notre cas.les raport ne sont pas les memes.
« La Russie tsariste était tsariste, pas coco, ni bolcho », c’est juste, mais pas complet. La Russie tsariste était une puissance impérialiste, sans être ni coco ni bolchevique.Les cocos bolcheviques ont hérité et n’ont rien changé de l’espace impériale tsariste. Les démo-cocos d’aujourd’hui regrettent et font l’impossible pour retourner ou rattacher l’ex républiques soviétiques (l’espace de l’empire tsaristes) actuellement indépendantes, avec la Russie et refonder ainsi l’empire de leur prédécesseurs. Ils tentent encore de dicter leur volonté aux pays ex communiste d’Europe Orientale.
On peut crier haut e fort : « ne touchez pas mon pot », mais on ne peut pas écrire l’histoire de nos jours en criant : « n’import quoi ! ».
elle etait une puissance imperialiste comme toutes les puissances de l'epoque
ben oui c 'est normal que les bolcheviques n'aient rien changé a l'espace tsariste vous avez des exemple dans l'histoire humaine pas celle des bisounours ou des gens qui arrivent au pouvoir decident de demanteler le pays qu'ils ont pris?la russie actuelle n'a pas grand chose a voir avec l'ex urss.les russes voient les choses de leurs point de vue mettez vous a leur place vous les comprendrez mieux.c'est un pays independant puissant avec une frontiere commune avec la chine puissance montante et debordante.elle n'a pas envie d'avoir une frontiere commune avec les etats uniens puissance dominante et agressive.c'est pourquoi elle ne laissera surement pas l'ukraine ou la bielorussie integrer l'otan ou l'UE sans reagir (economiquement avec le gaz ou politiquement avec la secession des russophones de ces pays qui represente une importante part de la population de ces pays)
Aux contradicteurs : pourquoi la russie s'apprète-t-elle à livrer 300 missiles anti missiles à l'IRAN ? Peut-être pour permettre à l'IRAN de faire face à une attaque israelienne ou US ? et tout cela au bénéfice de qui ? Certes pas de l'Occident ...
Réponse à Bato Dibra :
Je suis loin d'être un admirateur du bolchévisme et pourtant, je suis séduit par la Russie d'aujourd'hui menée par des hommes de qualité, car elle n'a pas à être jugée aujourd'hui sur la base de celle qu'elle était auparavant. Staline était un tyran à la recherche d'un pouvoir communiste conquérant, alors que Poutine et Medvedev sont des chefs d'une Russie nationale. Alexandre Soljenitsyne lui même à toujours fait la distinction entre la Russie et l'URSS qui en était la négation.
Réponse à Brumarj:
Le soutient de la Russie à l'Iran a commencé avec l'arrivée de Poutine. L'objectif et les intérêts bilatéraux sont multiples:
- la Russie s'engage en Iran pour éviter que se ne soit la Chine ou la Corée du Nord qui ne s'installent à sa place.
- la Russie veut devenir un opérateur important dans le nucléaire civil, à la hauteur de ce qu'elle est dans les hydrocarbures. Ainsi, elle propose ses services à l'Iran, pour la construction de centrales, comme pour la fabrication de l'uranium. Parallèlement, elle vend également des armes à l'Iran pour protéger ses sites stratégiques, dont la centrale de Bushehr.
- sur le plan militaire, les 2 pays sont encerclés par les USA: pays Baltes, Ukraine, Géorgie, Afghanistan, Kirghizstan pour la Russie et Turquie, Irak, Afghanistan, Azerbaïdjan, Koweït, Arabie saoudite, Bahreïm pour l'Iran.
- les 2 pays sont du même coté dans le débat qui les oppose aux autres états sur le statut juridique de la Caspienne.
- les 2 pays ont une vision commune sur la question arménienne, et en particulier sont en total opposition avec le projet américain qui consisterait en une bande frontière entre Arménie et Iran.
- La Russie souhaite avoir un rôle de modérateur en Iran et être le médiateur entre l'Iran et l'Occident.
PS : je suis étonné par le silence de l’auteur de l’article
Le troupeau des bolcheviques suivait aveuglement le Parti de Lénine et de Staline sans aucun réserve, applaudissait chaque mots et chaque ordre de la direction sans avoir besoin de réfléchir parce que réfléchir était une grande trahison et les grandes traitres méritaient le Goulag, l’exécutions, les prisons etc. Malheureusement il y a encore dans nos jours des gens qui approuvent, pour différents raisons, sans un mini réserve, tout en bloc, la politique du Kremlin. Même s’ils ne sont pas des cocos conscients, leur esprit d’esclave tout obéissant est le même. Le national-bolchevisme du Kremlin d’aujourd’hui n’est qu’une variant de celui d’hier. On peut présenter des arguments, mais est ce que existent des arguments capables de faire tomber le mur chinois de fanatisme religieuse-politique ?
Je ne comprends pas pourquoi des fusées russes a cuba c'etait une provocation, alors que l'abm en pologne c'est bien.
Je ne comprend pas l'interet de l'existence meme de l'otan actuellement et la volonte qu'ont les usa d'y faire entrer tout pays ayant une frontiere commune avec la russie.
Si ce n'est pas là la definition de l'encerclement.
Je ne comprend pas pourquoi la réponse russe a l'agression georgienne sur des civils en ossetie a été dite excessive par les medias et meme la CE alors qu'ils n'ont detruit que des cibles militaires et qu ils ont laissé le gouvernement georgien en place.
Si ils avaient annexé le pays(partis comme ils etaient c'etait enfantin) en massacrant autant de civils georgiens que les georgiens ont tué de civils ossèto-russes(la quasi totalite de la population avait la double nationalité) ca aurait effectivement pu etre considéré comme excessif .
Par contre l'agression georgienne a finie par etre admise (ca devenait difficile de le nier malgré la campagne de désinformation massive de tous les media occidentaux, payés par qui?) ) mais personne ne l'a vraiment condamnée malgré les 2000 morts civils enregistrés.
Et l'invasion de l'iraq par les usa n'est elle pas excessive?
Pourtant tout les medias regardent ailleurs et se gardent de tout commentaires
Bref que vous soyez americains ou russes les jugements des medias aux ordres de washington vous seront blancs ou noirs.
Les russes sont mechants puisqu ils ne se laissent pas encercler et destabiliser et menacer par des fusées sans rien dire, par contre les americains qui utilisent officiellement la torture et qui sont en guerre dans deux pays non frontaliers ou les victimes civiles s'enregistent chaques semaines, sont des gentils.
Etrange
"la victoire de l'Armée rouge a entraîné un nouvel asservissement " : la prochaine fois ils feront la paix avec Hitler et vous combattrez les divisions allemandes repoussées par les russes...Et ça se dit "historienne" ? On est dans les bas fonds de la propagande. Motivations atlantistes ? Religieuse forcenée ? Franchement on donne le parole à de ces zigotos en France...Maître de conférence ? Et alors ? Exclue de l;'Institut français de polémologie (cf wikipedia) : des détails ?
@darius :
les fusées russes à Cuba étaient offensives. Ce que les Polonais voulaient chez eux, c'était un bouclier anti-missiles. La différence est-elle difficile à comprendre ? Ce bouclier n'était pas censé être destiné à s'opposer aux missiles russes, d'ailleurs, mais aux missiles iraniens.
Admettons que ce soit pure hypocrisie, d'ailleurs, et que ce bouclier ait été autant, sinon plus destiné à contrer une menace russe (ce que je crois) qu'une menace iranienne : si les Russes ne sont animés d'aucune intention belliqueuse, en quoi est-ce un problème pour eux ? Les Polonais et les Américains gaspillent leurs ressources - et alors ?
"Je ne comprend pas l'interet de l'existence meme de l'otan actuellement et la volonte qu'ont les usa d'y faire entrer tout pays ayant une frontiere commune avec la russie.
Si ce n'est pas là la definition de l'encerclement."
La volonté des USA ? Franchement ? Vous ne croyez pas qu'il y va un peu aussi de la volonté des pays ex-voisins de l'URSS ?Et si vous ne comprenez pas que leur inquiétude à eux est un peu plus sérieuse que les fantasmes d'encerclement des russes, c'est qu'une bonne partie de la seconde moitié du XXème siècle a du vous échapper.
@kawa : ici, on est carrément dans l'ad hominem minable. Pas l'ombre d'un argument, bravo.
CETTE FEMME EST PAYER PAR LA CIA ???
LE DEPARTEMENT D'ETAT US ???
L'OTAN ???
Je pense que Madame Thom a un point de vue interessant... Mais que seule l'histoire nous dira si elle a raison... Ou plutot la civilisation restante. Si ce sont les Etats Unis et l'Europe, elle aura raison, si ce sont les puissances montantes, comme la Russie, la Chine, et leur "alliée" l'Iran, Madame Thom se sera trompée de camp, et puis c'est tout. De toute façon dans ce monde le plus fort a raison et Madame Thom aimerait que cela reste les Etats Unis et l'Europe, car ce serait plus simple pour nous, et cela qui plus est, lui donne un statut important de Cassandre, c'est sur qu'en la lisant on devient pro Sarah Pallin... Mais sans tomber dans cette Russophobie, je connais des ressortissantes de Russie réfugiées politiques, et ça, pour le coup, c'est une réalité, comme la dictature tchétchène mise en place par Poutine...le vrais problème vient de l'Europe, l'Europe est une marionnette au milieu d'une guerre économique, nationaliste, religieuse et idéologique, alors qu'elle devrait montrer l'exemple et taper du poing. Du coup on en est réduit au choix du moins pire des grands méchants totalitaires. Et d'ailleurs je n'ai vu que peu de commentaires sur cette article condamnant tous les partis cités pour leurs politiques de souveraineté, au détriment des peuples.