Pour l’immigration musulmane
Par André Teissier du Cros le dimanche 5 décembre 2010, 18:42 - Article - Lien permanent
Je vous invite à regarder l’Union Européenne (500 millions d’habitants, dont 15 millions de musulmans, dont 10 millions rien qu’en France et en Allemagne) avec les yeux d’une femme du monde musulman proche : celui dit arabe (330 millions) ; l’iranien (77 millions) ; et le turc (76 millions).
Je dis bien : une femme, celle qui fait et élève des enfants. Elle s’appelle Ahlam, c'est-à-dire l’ingénieuse, l’imaginative, la rêveuse… Elle a trois enfants encore très jeunes.
Elle pense bien naturellement – c’est une mère aimante et raisonnable - à la vie qu’ils auront d’ici trente ans. Et comme Khadija, la première femme de Mahomet, celle qui lui avait dit :
« C’est la voix de Dieu que tu entends, il nous faut écrire ce qu’il te dit »,
elle est entreprenante, bien informée, et pratique. Bref une femme éminemment estimable.
Son mari n’a pas d’autre femme car il est trop pauvre. Elle vit dans un des pays les plus défavorisés, ou les femmes sont des plus soumises : Soudan, Yémen, Syrie, Mauritanie, même Algérie ou Maroc… ou l’éducation ne progresse pas, ou la malnutrition ne recule pas, et ou la loi coranique est interprétée non pas dans le sens que le Prophète lui-même avait voulu (ainsi il n’a jamais dit aux femmes de cacher leurs visages…), mais dans le sens qui favorise le statu quo pour les Mollahs, les Imams, les bureaucrates et militaires du pouvoir en place, et les hommes adultes en général.
En théorie les lois de son pays la soumettent à la volonté de son mari. Elle peut risquer la lapidation, la mutilation ou la mort suivant la gravité de ses fautes, des fautes que nos codes civils ignorent.
Si son pays en est là, ce n’est ni de sa faute, ni de celle de ses enfants. Elle dit justement quand elle peut parler qu’ils sont innocents, et victimes. Elle ne peut rien pour changer le système. Elle se doute que, si l’Europe dont lui parle son mari, qui lui semble tellement enviable, bénéficie de la prospérité, du respect des droits de la femme et des enfants, de la tolérance, de l’éducation et la santé pour tous, cela a à voir avec les institutions.
Elle vit douloureusement les conséquences de ce que la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Egalité devant la Loi, l’Etat de Droit protégeant les biens et les personnes, la Liberté d’Entreprendre même simplement à son propre compte sont impossibles chez elle. Elle sait que les pays arabes qui ont progressé – il y en a – l’ont fait en avançant timidement dans ces directions.
Elle souhaite donc émigrer vers l’Europe avec sa famille, regardant d’abord vers la France ou l’Allemagne. Et elle a raison, tant que les institutions de son pays n’auront pas changé.
Nous pouvons lui faire trois sortes de réponses :
- Nous ne voulons pas de vous. Nous resserrons nos lois et règlements pour rendre votre départ et votre arrivée aussi difficiles que possible. Nous entourons l’Europe d’un rideau de fer avec miradors contre les clandestins. Nous cherchons activement tout prétexte pour chasser ceux de votre pays qui vous ont précédés, afin de les lasser et les pousser à rentrer chez eux, et nous leur payons leurs billets de retour. Si ceux qui restent commettent un délit chez nous, nous les traitons plus durement que nos indigènes. Nous ferons comme en Amérique avec ses Caucasiens et ses Latinos, et allons les ‘taguer’ en tant que maghrébins, moyenorientaux, noirafricains, centralasiatiques, islamobalkaniques, islamo-ésotériques (s’ils ne parlent pas arabe) et autres dénominations insultantes, pour mieux les noyauter. Nous regrouperons ceux qui restent dans des ghettos ou leurs enfants n’apprennent ni vos lois ni les nôtres, et n’apprennent que le mensonge et le crime. Nos medias les accusent tous en bloc pour les délits commis par une minorité. Nous nous servons de nos lois absurdes punissant l’usage et la vente des drogues pour les envoyer plus facilement en tôle. Nous emprunterons encore plus pour dépenser des fortunes en béton, en armements et détecteurs, en véhicules blindés, en systèmes informatiques, en prisons et camps… Nous lèverons une armée de CRS et de gendarmes. Dire bézef, flouze, même algèbre (al-jabr), hasard (as-zahr), gazelle (gazala), nénuphar (ninufar), noria (na-ara) et les autres des environ 500 mots français qui sont d’origine arabe sera puni d’amende. Nous ruinerons nos propres économies au point de finalement rendre la France moins attractive économiquement que ceux des pays arabes qui auront finalement décollé (car il y en aura). Nous réquisitionnerons nos chômeurs pour vous remplacer dans nos taches pénibles. Ainsi vous finirez par nous oublier dans la misère 100% française que nous aurons créé au nom de notre appel sacré : « Ils ne passeront pas ! » Restez ou vous êtes : ous avons tout oublié de notre passé commun avec l’Islam, vieux de plusieurs siècles. Nous ne vous connaissons pas.
- Ou bien nous pouvons ne rien dire ni faire, et faire comprendre à ces femmes que, si nous ne les aimons pas et souffrons en silence de la différence que les siens nous imposent, nous laissons faire. Parce que nous ne maitrisons plus notre propre avenir. Nous ne sommes même plus capables de résoudre entre nous occidentaux les crises (économiques, écologiques, financières, etc.) que nous avons-nous-mêmes créés sans qu’elles y soient pour rien. Et que c’est donc à elles, chez nous, d’inventer le leur. Mais elles se souviendront forcement qu’elles n’étaient pas les bienvenues quand nous tenions le haut du pavé. Que réservera l’avenir ? Inch’ Allah ! Pour elles et leurs enfants comme pour nous et les nôtres. D’ici là, en tout cas, nous mangerons plus souvent des tajines et des baklavas…
- Il existe une troisième voie. Celle du bon sens républicain. C’est de leur dire : Bravo ! Vous avez raison. Vous êtes les bienvenues. Nous allons même vous aider. Cependant il y a un ‘mais’, qui est cohérent avec votre expérience douloureuse :
Si vous voulez bénéficier de votre émigration, il vous faudra apprendre les institutions qui nous ont, nous-mêmes, rendus si prospères. Votre Coran lui-même n'est ni plus ni moins antirépublicain que la Bible des Chrétiens. Ce sont vos Imams et Mollahs qui le sont. Grace à leur interprétation à eux de la loi coranique, ils gouvernent votre pays sans opposition et écrivent eux mêmes les décrets d'application. Cela s'appelle le Fascisme, régime favori des dictateurs. Mais régime dont vous, les femmes, êtes les premières victimes. Ecoutez les femmes nées musulmanes qui ont choisi la France : Tchador Djavann (née iranienne, auteur de 'Bas les Voiles' et de 'A Mon Corps Défendant, l'Occident). Malika Sorel (née algérienne, auteur de 'Le Puzzle de l'Intégration, les Pièces qui vous manquent.') et autres.
Apprenez d’abord que dès le premier jour en France vous paierez sans le savoir la TVA, impôt qui contribue à 47% au budget de l’Etat, chaque fois que vous ferez un achat. Dites le à vos détracteurs indigènes.
Ensuite nous vous offrons l’accès à la citoyenneté française si vous acceptez de passer un examen en français démontrant que vous comprenez bien les institutions dont vous allez bénéficier, êtes disposées à les défendre, et à les soutenir au sein de votre nouvelle communauté, et à prêter serment sur la Constitution . Une partie des ressources financières que nous aurions allouées à la lutte contre l’immigration va servir à vous enseigner le français ainsi qu’à vos enfants, et à vous consentir un prêt personnel sur l’honneur, remboursable en 10 ans, vous permettant de faciliter votre insertion sans rien devoir à votre communauté. Attention : Un prêt à vous, Madame. Pas à votre mari… Mais quand vous l’aurez remboursé, toute votre famille, lui compris, accédera à la citoyenneté. Sous serment aussi, bien sur.
Evidemment, j’entends la réponse :
« C’est très joli, mais en fait vous voulez simplement faire de nous des Français. Devons nous rejeter l’Islam, qui est notre foi et la racine de notre culture, et que vous semblez critiquer ? »
Et nous devons apprendre à lui dire :
- Si vous êtes musulmane, vous croyez comme beaucoup de Français en le Dieu d’Abraham, celui des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans, l’unique, omniprésent, omniscient, pur esprit, le Dieu de miséricorde, de compassion, de justice, de vérité, de tolérance et de pardon pour toute l’Humanité. Toute ! Devant Lui, nous sommes tous égaux. Tous !
- Mais beaucoup d’excellents Français sont des humanistes athées. Leur foi est en l’Etre Humain là ou il est, capable de raison, de sagesse, de connaissance et de bienveillance, aspirant à la justice et à la vérité. Jean-Paul Sartre, dont l’athéisme était au dessus de tout soupçon, a dit :
"Tant que le plus misérables des Juifs (ou de toute autre minorité), ou qu’il soit, sera en danger simplement pour ce qu’il est, chaque Français devra savoir que lui-même ne connaitra jamais la sécurité d’être".
Et personne ne l’a contredit.
Croyants et athées sont égaux devant la République. Elle représente l’intérêt public. La religion est l’affaire privée, la conviction intime de chacun, donc hors d’atteinte du pouvoir politique. Marianne ne viendra jamais vous mettre en question, Madame, pour vos convictions. Mais le Dieu d’Abraham en qui vous avez foi, lui, les connaît, vous entend, et cela lui suffit.
André Teissier du Cros est Président du Comité Bastille
Commentaires
Toute idée même bien écrite s'inscrit dans une dynamique une histoire un passé un présent un avenir.
Au point où nous en sommes de la situation de la France et compte tenu du passé migratoire les solutions proposées qui sont douces à mes oreilles ne conviennent pas à une approche pragmatique du phénomène de l'islamisation. Il y a dans votre idée une illusion typiquement rationaliste. Celle qui consiste à penser qu'une pensée équilibrée rationnelle et pacifiste triomphe grace à un choix préférentiel de l'individu en l'occurrence l'immigrée.
Telle n'est pas la leçon de l'expérience accumulée depuis les années 60.
Voilà pourquoi aujourd'hui cette approche me parait dangereuse. Trop d'immigrés sont en réalité et pour longtemps les idiots utiles du troisième totalitarisme, trop sont formatés à l'idée que le combat des musulmans est l'axe prioritaire de leur vie. Cela changera mais pas avec de bons sentiments il y faudra résistance et persévérance.
Monsieur Tessier,
vous êtes un dangereux utopiste et vous vous drapez "de probité candide et de lin blanc" pour vous donnez bonne conscience.
Comme le rappelait fort justement le philosophe Julien Freund, ce n'est pas parce que vous ne désignez pas d'ennemi que votre ennemi ne vous désigne pas.
C'est de la politique de bisounours, digne d'un enfant de trois ans.
Avant de se dire 'pour l'immigration musulmane', titre de l'article, il faudrait se demander si l'immigration en soi est nécessaire, et si au contraire il ne faudrait pas développer la natalité en France d'abord et avant tout, par un ensemble de mesures, dont la toile de fond indispensable serait la confiance dans l'avenir (le sien et celui du pays).
Ensuite c'est faire preuve d'un manque absolu de sens historique que de dire ou de croire que le Coran est 'soluble' dans les valeurs européennes et libérales; le Coran est dans son ensemble absolument opposé au rôle des femmes dans la société. Cette religion ne peut pas ne pas poser de problème dans les sociétés libérales de l'Ouest.
Où avez-vous vu par ailleurs que les lois s'appliquaient plus durement contre les immigrés?...
Enfin, il est navrant de voir que la première réponse à apporter aux immigrés ('nous ne voulons pas de vous') soit assimilée à la construction de miradors et de murs, alors que tout le monde sait qu'ils arrivent tout simplement...par avion avec des visas donnés par la France! Cela tend à prouver que l'on ne peut RIEN contre le phénomène de l'immigration, ce qui est absolument faux. Une politique stricte (déjà ne plus délivrer des visas à tout-va) est possible, sans nous faire verser dans la dictature pour autant.
Merci pour cet article inattendu. Il est si rare qu'un promoteur de l'islamisation s'exprime sans haine de nous-mêmes que j'apprécie cette contribution au débat, même si je n'en partage pas toutes les réponses et y vois un semblant d'angélisme.
La France, sans autre rente que son tourisme et sa gastronomie, est-elle en assez bon état pour voler au secours des musulmanes ? Je pense que nous devrions commencer par réparer nos fondamentaux et pour cela bannir la providence à compte ouvert qui nous conduit à la banqueroute.
ce monsieur est un dangereux utopiste
à moins qu'il ne soit un membre actif, et masqué, de la cinquième colonne !
Merci pour vos commentaires. Je reponds a tous:
"Trop d'immigrés sont en réalité et pour longtemps les idiots utiles du troisième totalitarisme,..." Oui, il y en a. Mes sources disent qu'ils sont une minorité. Ce sont les autres qui m'interessent, et surtout leurs enfants nés en France. Je propose que nous continuions nos efforts en cours, et non pas utopiques, pour en faire des Français heureux de l'être.
"C'est faire preuve d'un manque absolu... que de dire... que le Coran est 'soluble' dans les valeurs européennes et libérales." Je connais le Coran et la Bible. Montrez moi dans l'un un texte antilibéral ou antiféminin, un texte invitant à la guerre sainte, un texte condamnant en bloc toute une ethnie au massacre, un texte de haine, et je vous trouverai sa contrepartie dans l'autre. Nous Français avons échappé, nous aussi, à l'inquisition, aux guerres de religion et à l'ignorance facilement fanatisée (en 1870 75% des Français etaient analphabètes) en proclamant la séparation de l'Eglise et de l'Etat et les droits inaliénables de l'individu. En Europe aussi, de 1918 à 1945 le Fascisme s'est souvent drappé d'un Catholicisme totalement déformé. Ce que la République a fait des Français, ainsi que des enfants de millions d'immigrants venus chez nous de toute l'Europe et la Méditerranée, je dis qu'elle peut le faire de ceux qui viennent et viendront de toute manière.
Utopiste? Ce dont je parle, nous le faisons déja. Par contre, voyant le monde dans son etat actuel qui s'aggrave, je crois utopique toute politique visant a arreter l'immigration ici ou ailleurs.
Suis-je un membre masqué d'une 5e colonne? Oui, je le confesse. Je suis membre de la conspiration des bonsens-istes et des bonnevolont-istes.
Suis-je dangereux? J'ai 73 ans, et c'est la premiere fois que j'entends cette hypothèse.
Je suis heureux de ce débat mais je propose qu'on l'apaise un peu...
Cet article mérite nombreux commentaires, dont certains sont implicites dans mes messages sur les musulmans et donc dont je ne vais pas parler maintenant, et d'autres.
Parmi ces « autres », je vais me borner ici à l'aspect démographique :
- les immigrants musulmans sont de plus en plus souvent des femmes
- elles sont de plus en plus souvent seules
- elles ont un niveau d'études de plus en plus élevé
Donc elles ont un profil qui se rapproche de celui évoqué dans cet article. On s'éloigne de l'immigré type d'il y a quelques décennies, un homme montagnard ou rural, analphabète, faisant venir quelques années plus tard une femme et des enfants ayant grandi dans un milieu ne les préparant absolument pas à leur nouvel environnement.
Par ailleurs la difficulté de ces discussions sur l'immigration vient du fait qu'on emploie un terme global, « les immigrés » par exemple, là où il y a des individus extrêmement variés.
Pour prendre un exemple non musulman, nous avons actuellement une immigration non négligeable de Chinois de Chine communiste, extrêmement différents des Chinois d'Indochine, et n'ayant aucun lien culturel avec la France. La première génération travaille énormément, comme patron ou employé de restaurant par exemple, reste isolée et mal intégrée, mais leurs enfants sont normalement scolarisé et seront probablement assimilés.
@ jew avec moi , bravo ! il y a tellement de dormeurs et de rêveurs ..........
Le discours de M. Teisseir est fondé sur l'amalgame entre le christianisme et l'islam.
Un amalgame d'une fausseté absolue puisque ce sont les différences entre ces deux religions qui expliquent l'état actuel des pays occidentaux et musulmans.
La suite du dicours est connue, c'est le "credo" relativiste: Nous français avons vaincu l'hydre chrétienne, et de même nous vaincrons l'islamique.
D'où nous vient cette supériorité sur les Arabes, les Pakistanais, les Égyptiens, les Iraniens ?
M. Teissier répond par nos institutions: C'est un peu court.
D'où viennent nos institutions ? Quel despote éclairé nous a libérés défintivement des ténèbres chrétiennes ?
Aucun: Nos institutions sont l'émanation de notre culture, de notre identit.
Des siècles d'une évolution où le christianisme joua un rôle moteur.
C'est pourquoi on constate que les pays chrétiens, passés ou présents, ont développé chacun à leur manière des institutions laïques et libérales.
Les français semblent d'ailleurs souvent aussi peu au fait de la diversité occidentale en matière, que le l'intolérance brute, pure et simple, des pays musulmans.
Seule la Turquie a présenté des institutions séparant État et religion, ce qui ne semble pas freiner sa dérive islamiste, ni avoir empêché le nettoyage de toute trace chrétienne de son territoire.
Rappelons que la laïcité y a été imposée par des militaires formés en Occident, dont ils s'étaient et imprégnés de la culture.
Mustapha Kemal n'avait pas de mot assez dur contre cette religion et contre son fondateur.
Il est donc cocasse de voir son oeuvre exhibée par les islamophiles comme une preuve de compatibilité entre islam et liberté.
Que notre culture change, et nos institutions changeront.
Que vaut la déclaration des droits de l'homme de nos très humains révolutionnaires, à côté du Coran, la parole incréée d'Allah ?
Il existe déjà une déclaration des droits de l'homme en islam, ratifiée par tous les pays musulmans, pour lui faire pièce.
C'est le pot de terre contre le pot de fer.
La principale différence entre l'islam et le christianisme est la portée de leur révélation.
Selon le christianisme, Dieu ne nous enseigne que la morale, pour notre usage et non pour juger autrui.
Jésus ne gouverna pas, bien qu'il se dit le Messie, celui dont on attendait qu'il fût roi et guerrier.
Il dut s'en défendre.
Il prit même le contrepied radical de ces attentes, et donna ainsi naissance à la distinction entre Dieu et César.
Notre laïcité n'en est qu'un avatar, absurde sous sa forme actuelle puisqu'elle est incapable de se protéger contre une religions qui vise très ouvertement à l'abolir.
Selon l'islam, à l'inverse, aucun domaine n'est étranger à la révélation, et l'homme doit se soumettre et soumettre autrui à l'ordre d'Allah.
C'est un fait avéré, surabondamment documenté, indiscutable.
L'islam a donc une pente non pas fasciste mais totalitaire.
L'accusation de fascisme portée contre le christianisme est absurde: Tout système politique est extérieur au christianisme, par définition.
Gouverner c'est contraindre (le moins possible si on est libéral) or Jésus ne contraint pas.
Mohamed, si.
M. Teissier prétend réfuter toute différence entre le Coran et la Bible: Je me propose de le prendre en défaut, prochainement.
Mais la différence de nature entre les textes exige quelques préalables.
En effet la Bible est un recueil de textes disparates, alors que le Coran est la parole d'Allah telle quelle.
Il n'y a rien d'équivalent dans le christianisme, mais les Évangiles s'en approchent: On peut comparer les deux.
Dans le christianisme l'Ancien testament ne peut être compris qu'avec l'éclairage des Évangiles.
Il en va de même pour les Actes des apôtres et les Épîtres de Paul.
Aucun passage ne peut en être cité ou commenté sans cet éclairage.
Pour finir, la Sunna est essentielle dans l'islam, la compréhension du Coran en est souvent tributaire.
Je vais donc produire quelques passages calamiteux du Coran et de la Sunna que M. Teissier acceptera peut-être de rapprocher des Évangiles.
Premier exemple, M. Teissier: Le cas des "fornicateurs".
Coran 4:15: “ Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d’entre vous. S’ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu’à ce que la mort les rappelle ou qu’Allah décrète un autre ordre à leur égard. ”
Coran (24:2): “ La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah – si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition. ”
Sunna (Muslim, At-tirmidhi, Ibn Majah et Abi Daoud): “Prenez (ce que je vous dis) ! Prenez (ce que je vous dis) ! Allah a décrété un nouvel ordre à leur égard: la vierge par la vierge: 100 coups de fouet et un an d’exil, et la mariée par la mariée : 100 coups de fouet et lapidation”.
Comme vous le savez, nombre de versets du Coran sont abrogés par d'autres plus récents. L'ordre des sourates n'est pas chronologique. De longues études sont nécessaires pour démêler ce désordre.
J'ai donc réuni ci-dessus, que je sache, tous les textes relatifs au châtiment de la fornication.
Le caractère très prescriptif et concret de ces versets ne peut laisser aucun doute: Allah demande expressément à ses fidèles de châtier les fornicateurs avec la dernière violence..
Les sceptiques peuvent contrôler que les diverses écoles de pensée musulmane s'accordent sur ce point; et se renseigner au sujet des lapidations et flagellations de femmes en pays musulman (à ma connaissance ces dispositions touchent principalement les femmes enceintes, puisque leur état prouve leur faute).
Faut-il le rappeler, Jésus, confronté au cas d'une femme convaincue d'adultère, eut la célèbre formule "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre", conformément à son enseignement selon lequel on juge soi-même et non autrui. Puis, lorsqu'elle lui demanda son verdict, il répondit: "Va et ne pèche plus".
À la samaritaine, Jésus dit: "''Tu dis bien : 'Je n'ai pas de mari' ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.''
À peine un soupçon de reproche.
Voilà donc les deux philosophies que vous prétendez identiquement nuisibles, contre toute évidence, contre les textes, contre l'Histoire, et contre la réalité contemporaine.
J'attends votre réfutation...
Pour continuer, je voudrais vous faire connaître, peut-être, certains aspects de la sunna qui jettent une lumière crue sur la personnalité de Mohamed.
1 - Après la bataille dite du fossé, il restait une tribu juive à Médine, sur les trois initiales. Mohamed en ordonna l'extermination des hommes, qui furent égorgés (on estime leur nombre enter 6 et 900), femmes et enfants étant vendus comme esclaves. Détails sordides: La présence de pilosité distinguait les enfants des hommes; il prit pour lui la plus belle des femmes, Ryhanah.
2 - Mohamed avait chassé de Médine la tribu juive des Banu Al-Nadir. Pour extorquer leur trésor, il fit torturer celui qui en possédait le secret, à Khaybar, Kinanah b. al-Rabi, au moyen de briquets (pierres brûlantes) sur sa poitrine, puis le fit égorger. Détail sordide: Il prit pour lui sa femme...
3 - Mohamed ne tolérait pas qu'on le moque. Une femme de Médine faisait des vers contre lui, Asma bint Marwan. Il demanda à ce qu'elle en fût châtiée. Un homme de son clan l'assassina une nuit, pendant son sommeil parmi ses 5 enfants. Mohamed l'absout le lendemain. Il fit aussi assassiner un vieux poète, Abaou Afak; et un autre poète, Kaab Ibn Achraf.
Ces trois faits sont indissociables du reste de la sunna, étant des mêmes auteurs ( Tabari, Ibn Ishaq...).
Je ne saurais trop vous engager à vérifier ces faits par vous-mêmes.
Il me semble important de souligner la singularité du personnage de Mohamed dans l'islam: Choisi entre tous les hommes pour recevoir la révélation ultime, il ne peut être que le meilleur des hommes, celui à imiter en tout.
Prétendrez-vous démontrer qu'il constitue un modèle équivalent à Jésus ?
Selon moi l'intolérance moderne observée contre Salman Rushdie ou les caricaturistes danois sont conforme à l'exemple de Mohamed et n'ont donc rien de surprenant.
Merci à Fucuis! Je recommande son post, j' y ai beaucoup appris.
Très bonne analyse et comparaison de "Fucuis" sur les deux religions...
@Yves Montenay
Il est vrai que beaucoup de musulmans sont sous le joug des "prêcheurs" (immans) et aimeraient pouvoir (ce mot est important) vivre comme bon leur semble mais nous ne les entendons guère et pour cause...
Ceci dit, nous citoyens Français, sommes-nous responsables de la façon dont cette immigration s'est faîte depuis 30 ans au moins, à cette question, je réponds non, mille fois non mais c'est nous qui en subissons les effets ainsi que le "politiquement correct".dont les médias nous abreuvent sur ce sujet.
Pour ne prendre qu'un seul exemple, tous nous savons que les églises en France sont vandalisées, souillées, voire plus, mais pas un mot là-dessus, pourquoi ce déni des réalités...
Vous ne dîtes mot sur les banlieux de toutes les grandes métropoles Françaises, pourquoi devrions-nous accepter cet état de fait, initié par les politiques de tous bords qui n'ont pas su, dès le départ, apprendre aux immigrés les notions élémentaires, à commercer par la langue française, qui régissent les Lois de notre République Française.
Pour conclure, que pensez-vous de l'UOIF ou autre organisme de ce genre car là se trouve le fond de ce problème !
Erratum
Dans mon post, je m'adressais à M. Tessier et non Yves Montenay;
L'article de M. Teissier du Cros est, pour partie, très original, et il a le mérite de susciter un type de réflexion parfois négligé. Que l'assimilation des musulmans soit susceptible de passer en priorité par les femmes est d'ailleurs une idée que je partagerais volontiers, s'agissant en tout cas de celles qui, françaises ou ressortissantes étrangères, vivent en France. Beaucoup de jeunes femmes rejettent l'enfermement que leur proposent les "intégristes". Elles pourraient théoriquement faire évoluer l'islam. Il n'est pas très plaisant quand on a 25 ans de se faire gouverner par un petit frère ignorant, sexiste, borné et sectaire, et on aspire à autre chose.
Pour autant, les objections se profilent en une masse menaçante. D'abord l'article suppose réglés facilement des problèmes redoutables. Si on laisse s'installer massivement, non seulement les femmes, mais naturellement leurs familles, et que l'apprentissage du français se fait selon les modalités décrites, croit-on que le mari manifestera un enthousiasme débordant à l'idée de passer par les fourches caudines de la francisation et de l'examen ? Rien, dans la doctrine de l'islam ni dans les mœurs des pays d'origine, ne les prédisposent à une telle largeur d'esprit. Est-ce que, magiquement, une brève plongée dans notre monde, feraient évoluer les esprits au point qu'ils deviendraient subitement ouverts, adhérant à nos lois, à nos mœurs (des mœurs bien antérieures à l'apparition de la République, soit dit en passant) ?
La description faite par l'auteur de l'islam, de ses relations avec les non-musulmans, qu'ils soient agnostiques, athées, déistes, chrétiens, juifs, ou autres, est proprement idyllique. Elle est conforme à un courant de pensée qui recule devant des analyses serrées de ce qu'est l'islam, dans sa nature doctrinale et dans les comportements qu''il induit, de la nature du "beau modèle" présenté par "le Prophète". (Au passage, je rappelle tout de même que, pour une majorité massive de Français, Mahomet n'est pas un "prophète". La courtoisie n'oblige pas à feindre de le croire. Je suis d'ailleurs stupéfait de l'empressement croissant avec lequel, dans certains milieux irréligieux, on adopte cette titulature).
Je rappelle tout de même que la charia n'est pas seulement une "loi coranique", comme dit dans l'article, mais qu'elle dérive au strict minimum de l'ensemble Coran (interprété comme le Coran lui-même dit qu'il faut qu'on l'interprète, donc selon le système de l'abrogation mis ensuite au point de manière précise) + hadiths + vies de Mahomet. S'imaginer qu'on peut picorer libéralement dans le (seul) Coran les versets qui nous arrangent, en passant par-desus les "décrets d'application" des imams, manifeste un irréalisme total tant que l'islam n'aura pas connu, sous l'impulsion des musulmans eux-mêmes, une réforme radicale (vraiment très très radicale), réforme qu'on ne voit pas se profiler. Dire "votre Coran lui-même n'est ni plus ni moins antirépublicain que la Bible des chrétiens" appellerait bien des développements sur le statut du Coran dans l'islam, sur le statut de la Bible dans le christianisme, sur la "république", qui mèneraient trop loin. Là encore, l'auteur, mû par sa générosité et son ouverture d'esprit, suppose résolus, ou en voie de l'être, des problèmes qui ne le sont en rien.
La description apocalyptique d'une France de miradors, dans laquelle il serait interdit de prononcer le mot "algèbre", est proprement stupéfiante ; elle s'inscrit dans un type de littérature auto-dénigrante qui augure mal de nos rapports futurs avec le monde musulman, qui ne doute pas un instant de sa supériorité profonde, même s'il est travaillé par le ressentiment que cause son déclin. Pour le moment, comme la chose est claire à qui suit l'actualité, le sectarisme et le renfermement sur soi seraient plutôt le fait du monde musulman, et cela de Mindanao à Marrakech. Ce ne sont pas les non-musulmans qui s'interrogent gravement pour savoir si on a le droit de dire "Bonjour, Monsieur" à un musulman, car il va de soi que c'est oui. Ce sont des musulmans, y compris sur nos terres, qui consultent anxieusement leurs docteurs pour savoir si oui ou non il est licite pour un fidèle de prononcer "la paix soit sur toi" en s'adressant à un kafir. Quant à "notre passé commun avec l'islam, vieux de plusieurs siècles", il conviendrait peut-être de procéder à un petit démêlage. Une bonne partie de ce passé commun consiste, non pas seulement en de savantes cogitations inspirées par Averroès, ou en l'utilisation du théorème d'al-Kashi, mais en... affrontements très durs, sur terre et sur mer, qu'il est, je pense, inutile de recenser par le menu. J'ai assurément un "passé commun" avec ceux qui veulent ma disparition ou mon asservissement comme dhimmi, ou mon "retour" à l'islam, Voie totale naturelle à l'être humain, mais ce genre de "passé commun" est, disons, un peu spécial. Ce n'est pas à moi à faire des efforts pour me faire accepter de ceux qui se définissent comme étant mes ennemis (eh oui !), c'est à eux de prouver leur bonne volonté, non pas par de belles paroles spécieuses ("l'islam est une religion de paix et de modération", etc.), mais par des actes précis, concrets, répétés, vérifiables.
Malgré ces critiques radicales, je redis que l'article a le mérite de lancer des propositions qui forcent à réfléchir. On doit donc en remercier M. Teissier du Cros.
Dans sa réaction, M. Montenay, avec qui j'ai eu un aimable échange récemment à propos de son article sur Turgot, fait une observation démographique intéressante sur le nombre relatif et les caractéristiques des immigrantes musulmanes . Pourrait-il donner des références ?
Relisant les interventions de Fucius, je trouve leur caractérisation de l'islam parfaitement conforme aux faits. J'appelle "faits" l'auto-description de l'islam par les docteurs de l'islam (corroborée par les les spécialistes non-musulmans quand ils ne pratiquent pas le double langage) + l'observation des comportements dans les divers pays musulmans, sur une période de plus d'un millénaire, dans les pays les plus divers, et sous les conditions et dans les contextes les plus variés, sous les modalités locales les plus diverses (chacun peut voir la différence entre le vandalisme wahhabite et le maraboutisme nord-africain) + l'actualité. Et quand je dis l'actualité, ce n'est pas seulement dans le monde arabe, mais au Maghreb, en Turquie, en Afghanistan, en Iran, dans le sous-continent indien, en Malaisie, en Indonésie, aux Philippines, en Afrique noire, à Dearborn, à Bruxelles, au Canada, en Australie.
Les développements de Fucius sont à considérer de près, en particulier parce que, dans la vie d'un musulman, qu'il soit très pieux et rigoriste ou un peu laxiste, l'attachement émotionnel à l'égard de Mahomet est très fort. Or le non-musulman curieux et dénué de préjugés qui consulte les recueils de ahadith (spécialement les deux plus vénérables), mais plus encore la Sirat Rasul Allah d'ibn Ishaq ne peut pas manquer de s'étonner qu'un fondateur de religion se présente sous de tels aspects. Celui qui est habitué à considérer ce qu'on nous dit sur Bouddha, Jésus, Mani, Guru Nanak et d'autres, reçoit, en présence du dit "beau modèle" (auto-description dans le Coran en 33:21) ce qu'on appellera pudiquement un sacré choc (mais pas un choc sacré). Bien entendu, il ne manque pas de musulmans ignorants, d'autres qui pratiquent la sophistique apologétique, et de kuffar complaisants, pour nier farouchement ces faits, ou pour expliquer que si Mahomet combattait, c'était toujours, mais vraiment toujours, parce qu'il était assailli par des ennemis féroces, fourbes, incapables de tenir leur parole, et ainsi de suite.
Pourquoi revenir sur ces évidences, qu'il est un peu lassant de devoir répéter ? C'est parce que nous ne pouvons concevoir une politique réaliste pour nos rapports avec les musulmans que si nous acceptons de regarder la réalité en face. En particulier quand elle ne correspond pas du tout à nos schémas mentaux, à nos attentes, à notre continuelle propension à imaginer qu'il suffit que nous soyons bienveillants pour que l'Autre, par heureuse et mécanique réciprocité, se pénètre d'une douce sympathie pour nous. C'est cette capacité à se mettre dans la tête de l'Autre qui a cruellement manqué autrefois à nos dirigeants et à une bonne partie de nos élites intellectuelles, politiques, médiatiques, et même industrielles et commerciales, en face du communisme, en face du nazisme. Les propositions originales de M. Teissier du Cros ne peuvent être appréciées qu'en fonction de leur faisabilité. Et cette faisabilité ne s'estimera qu'en fonction de l'idée qu'on se fera des intéressés, les immigrées et leurs familles, idée qui, à son tour, ne peut négliger ce que nous savons de l'islam. L'islam qui, je le rappelle, n'est pas réductible à une "religion"...
Je relis la réponse de M. Teissier du Cros à certains intervenants. Elle contient, je crois, un petit lapsus, concernant l'alphabétisation. On lit "en 1870 75% des Français étaient analphabètes". Je suppose que l'auteur voulait dire "en 1780", à la veille de la Révolution française. Même là, on pourrait discuter, mais peu importe. Le taux d'analphabétisme a baissé assez régulièrement depuis le début du XVIIIe siècle jusqu'au Premier empire, puis régulièrement mais plus rapidement ensuite (les lois Jules Ferry n'ont fait que finir le travail), passant de quelque chose comme 65 % vers 1720 à quelque chose comme 5% vers 1880.
Ensuite M. Teissier dit "mes sources disent qu'ils [les immigrés idiots utiles d'un troisième totalitarisme dont parle thegap] sont une minorité". Une petite minorité ou une grosse minorité ? Quelles sont ces sources ?
Voici quelques données dont on dispose publiquement (je n'ai pas gardé trace de toutes les références précises, on voudra m'en excuser, mais on devrait pouvoir les retrouver). Des sondages récents dans des pays occidentaux suffiraient à dissiper des illusions dangereuses. Plutôt que de se demander quelle proportion des musulmans sont des "islamistes", ce qui dépend très variablement du critère retenu, et permet de se rassurer un peu vite, on préférera s'intéresser à un critère concret, simple, le soutien manifesté envers l'application de la charia.
D'abord dans un pays musulman en majorité qui a été récemment dans l'actualité, et qui porte mille espoirs à en croire les media. Il s'agit de la très "tolérante" Indonésie (voir ce qui se passe à Aceh), que les commentateurs s'échinent à présenter comme un exemple (ainsi le président Obama dans un discours à Jakarta, devant l'Université d'Indonésie, le 10 novembre 2010, dans la même veine que le discours du Caire),. On apprend que 52 % des Indonésiens sont en faveur de la charia, et 40 % pour couper la main des voleurs (agence australienne Roy Morgan Research, 2008).
Ensuite dans des pays occidentaux autres que la France. En Grande-Bretagne, au Canada, en Irlande, plus du tiers et jusqu'à 40 % des musulmans sont actuellement en faveur d'une application de la charia. En Grande-Bretagne, l'appui pour la charia est plus forte chez les jeunes que chez les gens âgés ; chez les 16-24 ans, près du tiers est d'avis que l'apostasie doit être punie de mort, contre moins du cinquième chez les plus de 55 ans. La croyance en l'effet de l'instruction n'est pas nécessairement fondée (on connaît d'ailleurs pas mal de terroristes qui ont fait des études supérieures, par exemple des études d'ingénieur, ce qui ne peut étonner que les amnésiques du communisme). Le musulman américain moyen est nettement plus instruit que l'Américain moyen. Mais 81 % des musulmans de Détroit veulent la charia ("strongly" ou "somewhat") dans les pays musulmans, ce qui augure mal de l'avenir pour un pays qui ne l'est pas encore (Dearborn, la ville de Henry Ford, à la périphérie de Détroit, compte un bon tiers de musulmans). Du reste un sondage de 2006 en territoire palestinien, Palestine, Liban, Egypte, confirme bien que l'appui plus ou moins fort à la charia ne dépend pas du degré d'instruction. L'enquête allemande publiée dans le rapport "Muslime in Deutschland" du ministère fédéral de l'intérieur (2007) montre que 30 % des musulmans résidant en Allemagne sont absolument ou dans une certaine mesure d'accord avec l'idée qu'on doit interdire de persuader les musulmans de changer de religion. Près de la moitié tiennent le Coran et la démocratie comme incompatibles. Et 9,4 % sont en faveur des punitions prévues par la charia. A Minneapolis, les chauffeur de taxi de l'aéroport, en majorité somaliens, refusaient récemment, avant de se faire rappeler à l'ordre, de conduire des voyageurs non-musulmans transportant de l'alcool, et des aveugles avec leur chien.
Et maintenant la France. Selon un sondage CSA / Le Monde des religions de 2008 rapporté par l'AFP, 38 % des musulmans de France rejettent la charia pour un pays non-musulman, mais 37 % estime qu'elle doit être appliquée en partie et 17 % qu'elle doit être appliquée dans tout pays. 70 % sont tout à fait ou plutôt pour le port du voile. Au vu de ces données, le Figaro du 29 octobre 2008 titre avec une logique impeccable qui confirme bien la lucidité des média : "L'islam de France bien intégré".
M. Teissier du Cros n'a pas tort de souhaiter que le débat se déroule paisiblement. Une des meilleures manières de le rendre paisible, ce qui ne veut pas dire complaisant, est de considérer des données numériques, spécialement lorsqu'elles sont convergentes.
@Curmudgeon
Merci pour cet exposé de faits édifiant.
J'ajouterais qu'il est moins pertinent de quantifier les modérés parmi les musulmans (croyants, et non "ethniques") que d'examiner les rapports de force. Les islamistes n'ont cure de la démocratie.
Selon Mohamed l'avis des croyants passe après le consensus des "savants", qui passe après son exemple (sunna), qui passe après le coran.
"Le taux d'analphabétisme a baissé assez régulièrement [...]passant de quelque chose comme 65 % vers 1720 à quelque chose comme 5% vers 1880."
Ce que vous appelez gentiment un petit lapsus est plus probablement ce que croit "sincèrement" savoir M. Teissier.
Sincèrement mérite ici des guillemets car rien ne l'oblige à s'entetenir dans l'erreur.
M. Teissier, comme une grande partie de sa génération, est une victime consentante des illusions laïciste et relativiste.
Toutes deux imposent la christianophobie, d'abord pour se justifier comme alternative, ensuite et plus récemment pour que l'islam équivale au christianisme.
Ainsi les relativistes s'emploient-ils à dissimuler les horreurs islamiques, ou les minimiser, ou en dernier lieu à nous convaincre que le christianisme, s'il n'était pas contenu, produirait les mêmes.
Et de convoquer l'Inquisition et les croisades.
Le relativisme est un dévoiement de la tolérance et du libéralisme particulièrement pernicieux, puisque ses victimes pratiquent l'obscurantisme en croyant le combattre.
Il partage avec l'athéisme la conviction que l'obscurantisme est l'apanage des religions - sa seule utilité est peut-être de nous apporter la preuve du contraire.
Le laïcisme est une idéologie absurde car élaborée dans un contexte imprégné de religion chrétienne, puis généralisé à toute religion au mépris de leurs caractéristiques propre.
L'absurdité consiste à prétendre définir les religions "de l'extérieur", en quelques principes vagues.
La réalité est que chaque religion se définit elle-même, conformément à ses dogmes fondamentaux et ses textes.
Ce qui avait du sens avec le christianisme peut n'en avoir aucun face à l'islam.
La notion de laïcité aurait peut-être été viable si elle pouvait interdire une religion présentant une menace réelle et sérieuse pour la liberté de conscience et la neutralité de l'État.
Mais constater que la laïcité n'est pas viable, c'est encore se heurter à l'obscurantisme de notre époque.
Valeurs républicaines a toutes les sauces; ça commence a sérieusement me gonfler ( pour être poli!!)
A croire que la France n'existe que depuis 1789...
Ras le bol!
la logique intellectuelle est brillante,
mais l'homme n'est qu'un homme, dont les motivations sont loin d’être toujours honnêtes,
et ce billet est le propos d'un intellectuel généreux et doux rêveur un peu déconnecté des réalités,
il faut se rappeler que c'est avec de brillantes théories que nos grands penseurs ont créés candidement les plus grands maux de notre monde.
"Elle vit douloureusement les conséquences de ce que la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Egalité devant la Loi, l’Etat de Droit protégeant les biens et les personnes, la Liberté d’Entreprendre même simplement à son propre compte sont impossibles chez elle."
Ahla sait-elle que les 10% de radicaux parmi les 10 millions de musulmans en France (c' est-à-dire les seuls qui comptent puisque jamais aucune majorité silencieuse n' a influé sur le sort d' une nation nulle part dans l' histoire du monde) veulent justement mettre à bas toutes ces avancées civilisationnelles car elles sont contraires au commandement d' Allah ?
Seules les lois d' Allah comptent. Les lois des hommes sont subordonnées à leur rectitude par rapport à la chari' a.
Allah sait-elle qu' en France la séparation de l' état et de l' islam est de moins en moins évidente; politiques inaugurant des mosquées en présence d' enfant voilée, discours invitant à embrasser un islam religion de paix, de tolérance et d' amour, participation des politiques au plus haut niveau à des évènements religieux de l' islam ? Organisation de festivités religieuses islamiques sur les deniers publics par des députés maires en vue ?
Ahla sait-elle qu' en France la loi de 1905 est régulièrement et ouvertement bafouée.
La laïcité positive, Ahla en a-t' elle entendu parler ?
Ahla sait-elle que l' état de droit n' existe plus en France dans 800 zones dites "sensibles" ?
Ahla sait-elle qu' en France la police n' est pas seulement tenue en laisse mais muselée et empêchée de courir après les voyous afin qu' ils ne se fassent pas mal en tombant ?
Ahla sait-elle qu' en France un papi apeuré qui fait feu sur deux cambrioleuses se retrouve en prison préventive pour de longs mois alors qu' un braqueur ayant ouvert le feu sur des policiers à l' arme de guerre se trouve être libéré avant que le canon de son arme ait eu le temps de refroidir ?
Ahla a-t' elle entendu parler des procès systématiquement intentés en France contre ceux qui s' élèvent contre l' islamisation de France ? Liberté d'expression ? Wouallou ! Alors même que la liberté commence là.
Si Ahla veut échapper à l' obscurantisme et à l' arriération, la France n' est plus le pays indiqué.
D' ici moins de trente ans, grâce à des Messieurs André Teissier du Cros, la France sera une copie conforme de ce lieu de désolation qu' elle veut fuir.
Reste chez toi, Ahla ! Non seulement tu n' as rien à gagner en venant en France, tu y retomberais inévitablement sous la coupe de ces barbus que tu veux fuir mais tu feras faire à tes enfants l' économie d' une guerre civile inéluctable.
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Merci pour ce débat de qualité.
A tous, je recommande un ouvrage: Islam et Liberté - Le Malentendu Historique, de Mohamed Charfi, Albin Michel 1998 très d'actualité. Un professeur musulman de haute autorité, ancien ministre de l'éducation, démontrant qu'en effet le Coran peut et doit être réconcilié avec le droit républicain dans un contexte de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
A Yves Montenay : En effet l’homme musulman n’aimera pas les conditions que je veux imposer à la citoyenneté. Je suis d’avis, dans ce cas, de lui dire non : La République n’est pas négociable, point. En effet, l’assimilation passe par les enfants, et pour cela il faut qu’ils rencontrent à la crèche et a l’école d’autres enfants de souche française, en nombre suffisant pour un amalgame. Encore une raison pour maintenir une forte natalité indigène en France.
A Fucius : Je dis connaître les deux religions, et je persiste. Je nie toute supériorité ou infériorité à telle ou telle religion. Mais je sais que les pays musulmans sont arriérés en ce qui concerne la rationalité souveraine, l’esprit de tolérance et de dialogue, le conflit entre le devoir de vérité et le devoir de loyauté, toutes attitudes que nous avons eues dans notre passé.
Mais je dis aussi que sans le conflit israélo-palestinien véritable cancer rongeant tout le monde européen et méditerranéen, jamais l’Islam ne se serait autant fanatisé. Mettre fin à ce conflit en imposant aux deux parties la reconnaissance mutuelle et le respect absolu des droits historiques est une priorité absolue pour le Monde Libre.
Votre interprétation du Coran, je peux en effet vous sortir la même de la Bible et pas seulement l’Ancien Testament. J’ai à votre intention tout autant de citations du Deutéronome, de Josué et du Lévitique mais aussi de Saint Paul ou de Martin Luther ("Qu'on interdise aux juifs chez nous et sur notre sol, sous peine de mort, de louer Dieu, de prier, d'enseigner, de chanter...") ou de tel ou tel Pape ("Quiconque procède à la vaccination cesse d’être un fils de Dieu : la variole est un châtiment voulu par Dieu, la vaccination est un défit contre le ciel.", Léon XII, 1829…) qui ne sont pas piqués des hannetons. Voyez par exemple Deutéronome 21/10 et la suite… Mais je dis que la vraie violence, celle qui blesse, brule et parfois tue, est en effet le fait de jeunes délinquants dans les banlieues maudites qui n’ont jamais reçu la moindre éducation et certainement pas celle du Coran ; et que les redresser ne peut se faire qu’en les traitant comme délinquants et non pas comme musulmans. Enfin je dis que bien évidemment pour devenir un bon républicain il faut oublier la pure lettre des écritures saintes, et, si on est croyant, en redécouvrir l’esprit. J’ai vécu une fois un débat entre un Soufi, un Teilhardien et un prêtre bouddhiste : Ils étaient d’accord.
Vos exemples du Coran : Je les connais. Ma réponse au musulman qui les invoque à la lettre n’a pas besoin d’invoquer des textes saints, elle s’adressera à sa femme : « Si ton mari vient ici, il prétend venir en République. Il est maitre de ses pensées et de ses opinions. Mais s’il insiste pour mettre en pratique à la lettre ces textes inspirés par la haine sans vouloir comprendre d’où vient vraiment cette haine, il ne peut pas venir ni rester. Sache-le et explique le lui : C’est Marianne, ou ces textes. Ce n’est pas négociable. Tu ne veux pas, toi une mère, que tes propres enfants risquent un jour, en France même, la lapidation et la flagellation, et c’est pourquoi toi tu veux rester en France. Tire toi-même tes conclusions et dis-lui non avec nous. Sinon, en effet, allez vivre en terre d’Islam. » Et vos textes sur la personnalité de Mohamed : Très franchement je n’y attache pas plus de crédit qu’à au moins 80% de la Bible. Mais dans les deux livres il y a des perles, et elles passent le même message. Et jamais, si je veux assimiler des musulmans, j’irai discuter des mérites respectifs de Mohamed et du Christ, bien entendu ! Mais par contre je suis d’accord avec vous qu’il nous faut défendre les principes républicains avec clarté et fermeté.
A Yves Montenay : Les responsabilités du passé ne m’intéressent pas tellement. L’immigration est éternelle et prend toujours les gens par surprise. Je connais l’UOIF. Je viens d’y prendre un texte à titre d’exemple confirmant leur but d’intégration et de conciliation : http://www.uoif-online.com/v2/spip.... Bien entendu, l’UOIF désapprouve le vandalisme que vous décrivez. Mais j’affirme encore que ces vandales sont des voyous, pas des musulmans.
A Curmudgeon : Merci. Je crois avoir répondu en disant : Si la femme joue le jeu et le mari résiste, enseignons à la femme et aux enfants quels sont leurs droits en France. Oui, il faudra continuer à enseigner, à communiquer, à se servir des institutions musulmanes en France même, pour faire comprendre le pourquoi de ce qui n’est pas négociable. Et en effet cela prendra du temps, mais je dis –et c’est pourquoi je ne souhaite pas discuter de l’Angleterre et de l’Allemagne… - que c’est encore en France que l’intégration se passe le moins mal, tout en prenant une génération ou même deux.
Je ne suis pas du tout d’accord avec votre vision totalement négative de notre histoire commune avec l’Islam. Oui elle a été violente, destructrice, guerrière, mais elle nous a aussi beaucoup apporté ; et ils peuvent nous renvoyer la vision qu’eux en ont, en commençant par les croisades et en finissant par l’Etat d’Israël imposé en 1948. Et bien entendu les torts sont partagés.
Oui je le répète, en 1871 les Français, rencontrant les soldats prussiens, ont découvert avec surprise que les ¾ d’entre eux étaient passés par l’enseignement élémentaire alors que les ¾ des nôtres étaient encore analphabètes pour simple cause de non-scolarisation. D’où la superbe réaction de la IIIe, Jules Ferry et l’Ecole laïque. Je vous montrerai mes sources.
Conclusion : Le fondamentalisme islamique doit être une arme pour nous. Il nous faut lui dire clairement Non. A nous de leur dire, en les paraphrasant : « prenez dans la Sharia tout ce qui dit comme la République, et observez-le si vous le voulez. Prenez dans la Sharia tout ce qui contredit la République, et sachez que chaque fois que vous l’observerez, vous serez, dans ce pays ou vous avez choisi de vivre, traité comme délinquant, voire comme criminel. Et c’est alors en tant que tel que vous serez punis, et non pas comme musulmans.
M. Teissier du Cros a évoqué dans sa réponse l'analphabétisme supposé des soldats français de 1a guerre franco-prussienne. Du coup, bien que sa remarque soit incidente à l'axe de son propos initial, j'ai cru signaler ce qui m'a semblé être un lapsus. Mais dans sa deuxième réponse, M. Teissier du Cros maintient ses chiffres. Je maintiens les miens, et voici pourquoi.
Pour l'évolution du taux d'alphabétisation, l'anecdote de la rencontre avec les Prussiens n'a aucune valeur probante, on en conviendra, devant l'enquête du baron Dupin (1826), la massive enquête Maggiolo (1877-1879), sur 32000 communes et avec le concours de 15928 instituteurs, à partir de l'indice des signatures au mariage, enquête corroborée par les travaux de Furet & Ozouf, cent ans plus tard, et confirmés par maintes monographies locales dues à des historiens et des généalogistes.
Par exemple, le département de la Vienne, parmi les dix derniers départements français pour l'alphabétisation, comptait 37 % d'illettrés parmi les conscrits de la classe 1865-1867. On doutera donc fortement que les trois quarts des soldats français de 1870 aient été analphabètes. Etant donné que 21 % des Français savaient signer leur nom sous Louis XIV, et 37 % sous Louis XVI, et même en admettant qu'un signataire n'était pas nécessairement très lettré, il est éminemment improbable qu'on ait eu 75% de soldats français analphabètes en 1870, donc un taux d'analphabétisme équivalent à celui qui prévalait presque deux siècles auparavant.
Et le slogan suivant lequel c'est Jules Ferry et les hussards noirs de l'Ecole de la République qui, subitement, auraient tiré la France des ténèbres de l'obscurantisme est une fable persistante, mais à laquelle aucun chercheur ne saurait souscrire (je ne parle même pas de l'oubli de la loi Guizot de 1833). Ce qui fait l'intérêt réel de cette légende, c'est sa signification idéologique dans la construction d'une saga républicaine. La République a des mérites incontestables, que la grande majorité des Français d'aujourd'hui lui reconnaissent, et qu'il convient de défendre fermement, et c'est mal servir sa cause que de la compromettre avec des fictions pseudo-historiques. Ceci étant, comme l'a indiqué un commentateur ici même, la France existait avant l'établissement de la République, et donc aussi le fonds de nos mœurs. Il n'est donc pas nécessaire d'invoquer les "valeurs républicaines" à tout bout de champ, spécialement quand ces valeurs n'ont rien de spécifiquement républicain.
Suite de ma réponse à M. Teissier du Cros.
1) Je ne connais pas le livre de Mohamed Charfi, mais le peu que je peux savoir de ses idées, c'est que Charfi serait un "coraniste" admirateur du moutazilisme. C'est donc une litote que de dire qu'il est très peu représentatif des musulmans. On ne peut évidemment que souhaiter l'émergence d'un islam qui serait une religion et rien d'autre, comme il semblait le souhaiter, mais même là tous les problèmes ne seraient pas réglés.
2) Votre politique de poser des questions fermes est judicieuse dans son principe. Simplement, dans la pratique, comment procéder ? Vous dites à M. Montenay qu'on dira non à l'homme musulman chaque fois qu'il refusera les conditions, c'est-à-dire assez souvent. Il faudra donc alors annoncer clairement la révocation de la politique de regroupement familial. Les associations diverses crieront qu'on détruit des unions. Comment faire ? L'homme musulman ameutera d'autres musulmans qui feront bloc avec lui. Il ferait beau voir qu'on dise oui à la femme et non à son mari. Si j'en juge par la mollesse de nos réactions devant des exactions caractérisées, je doute que, à moins d'un changement profond, non pas tellement de l'opinion, mais plutôt des élites, nous soyons en position de dire "non" à qui que ce soit qui serait assez fort en gueule. Mais peut-être sommes-nous à un tournant.
3) Le conflit israélo-arabe a fait monter la température, c'est certain, mais s'il y a une chose qui est patente, c'est que, en l'absence même de l'Etat d'Israël, d'autres prétextes auraient été trouvés pour entrer en conflit avec les infidèles. La lecture de la littérature actuelle de l'islam le montre de manière répétitive. Deux ou trois intellectuels de bonne compagnie n'abolissent pas la division du monde en domaine de l'islam (= de la paix) et domaine de la guerre.
Ce qu'on peut espérer : a) une trêve reconduite, b) une forte dissidence hérétique dans l'islam, type ahmadisme, c) une réforme radicale de l'islam de l'intérieur, peu probable actuellement, d) un rejet de fait de l'islam standard par une proportion importante de gens qui ne garderaient que des convictions déistes et une certaine piété.
3) Je me suis gardé d'entrer dans une discussion comparative judaïsme / christianisme / islam, qui risque de nous égarer. S'il y a un problème de l'islam en France et dans les pays occidentaux, il n'y a aucun problème du christianisme, du moins aucun que je puisse percevoir. Je me bornerai à observer deux choses. D'abord l'accord entre un soufi (qui statistiquement ne représente pas grand chose en islam), un teilhardien (qui statistiquement ne représente pas grand chose dans le christianisme et même dans le catholicisme) et un prêtre bouddhiste, ça, c'est le type même de l'aimable discussion entre gentlemen dont rien de très substantiel ne peut sortir, les prémisses étant assez fumeuses. C'est "à un certain niveau, toutes les religions se valent", théorie improbable que Fucius a raison de ne pas prendre au sérieux. On court les plus grands périls en se laissant guider par de telles illusions. Ensuite, votre typologie selon laquelle le "bon républicain" doit oublier la lettre des textes religieux, et le "croyant" doit retrouver l'esprit de ces textes, crée une étrange dichotomie entre le "croyant" et le "républicain", ces pôles ne se situant évidemment pas sur les mêmes dimensions. Le croyant s'oppose à l'incroyant, si on y tient vraiment (mais franchement ce serait supposer que l"incroyant", ou "laïc", dans l'étrange vocabulaire français, ne "croirait" à rien, conjecture douteuse), et le républicain s'oppose à quoi ? au monarchiste peut-être ? La confusion terminologique dans le langage courant de la politique française a atteint un degré tel qu'on ne sait plus de quoi on parle : démocratie, république, vote majoritaire, laïcité, gauche, droite, extrême-droite, fascisme, racisme, etc., tout ça est brassé hardiment sans grand profit pour qui que ce soit. J'en reste là pour ne pas dévier.
4) Ma vision de nos relations avec l'islam n'est pas du tout "totalement négative". Je vois à peu près ce que l'islam a apporté. Il s'agit d'ailleurs souvent de transmission, moins d'élaboration, même si elle existe. La pensée grecque, par exemple, est passé en partie (en partie seulement) par les Arabes, via le truchement des juifs et des chrétiens, par le syriaque. On notera à la suite de Rémi Brague que les Arabes se sont ensuite empressés de détruire les manuscrits. L'astronomie doit quelque chose aux zoroastriens persans. Notre système de numération de position à base dix et avec zéro, et les signes qui vont avec, les fameux "chiffres arabes", tout cela nous a été transmis par les Arabes, mais sont une invention indienne, une percée intellectuelle exceptionnelle, qui n'a absolument rien d'"arabo-perso-musulman". Je sais parfaitement que les Arabes ont développé l'algèbre, la trigonométrie, l'optique, etc. Tout le monde connaît leur apport en architecture, en cuisine et ainsi de suite (on notera tout de même que le plan des mosquées est au départ, là encore, un emprunt à la basilique byzantine, que le hammam est un bon vieux bain romain). Tout cela, je le sais. Mais enfin je sais aussi que, encore au XIXe siècle, les puissances occidentales devaient se prémunir contre les pirates du nord de l'Afrique, et, par puissances occidentales, j'entends y compris les Etats-Unis, lesquels ont été jusqu'à payer tribu (voir sur Wikipedia : First Barbary War, Second Barbary War) [Je précise que notre irruption militaire en Algérie était peut-être justifiée, mais que l'établissement colonial a été une grosse erreur, comme bien des esprits l'ont vu à l'époque]. Non ma vision de nos rapports avec l'islam n'est pas totalement négative. Mais je ne crois pas trahir la vérité en la jugeant, dans l'ensemble, plus malheureuse qu'heureuse.
Un ajout pour M. Teissier du Cros. Vous dites à Fucius : "Et vos textes sur la personnalité de Mohamed : Très franchement je n’y attache pas plus de crédit qu’à au moins 80% de la Bible." Ce qui importe ce n'est pas ce que vous, vous pensez de ces textes, et le crédit que vous leur concédez ou non. Ce qui compte, c'est le statut qu'ils ont en islam. Et ce statut, il compte. On ne peut pas faire comme si c'était négligeable. Toute discussion avec les musulmans qui croirait se passer de cela est vouée à la superficialité et à l'échec.
Je suis obligé de le répéter, avec Fucius, Mahomet est un "beau modèle", et ce modèle apparaît un peu dans le Coran, beaucoup dans les hadiths, clairement dans les siras. C'est comme ça, et pas autrement. On est dans un système où certains musulmans pieux adoptent une certaine démarche grave légèrement penchée en avant parce que le Prophète (PSL), nous dit-on par une chaîne de transmission fiable, arpentait le sol de cette manière. Un univers mental où l'ordre dans lequel on met et on enlève les sandales droite et gauche est régi par une stipulation de Mahomet (ajoutons qu'il est licite de marcher avec les deux pieds nus ou les deux pieds chaussés, mais pas avec un seul pied chaussé). Et ainsi de suite sans fin. Faisons un effort "interculturel", un gros effort vraiment : imaginons un curé de paroisse gravissant les marches de sa chaire d'un air plein de componction, aux fins de chapitrer ses ouailles sur leurs pantoufles fourrées ?
Ce n'est pas nous qui choisissons ce qui nous convient dans la doctrine musulmane, et par suite, nous ne sommes pas en position de rêver un islam imaginaire à la place des musulmans (par exemple avec d'aimables soufis). Nous pouvons et devons indiquer clairement aux musulmans ce qui, dans l'islam standard actuel est incompatible avec notre civilisation, comme vous le proposez. Nous pouvons encourager les musulmans ouverts, ils existent bien sûr, et certains n'osent pas se manifester à cause de la pression communautaire, on les lit anonymement sur le Web. Mais c'est aux musulmans de résoudre le problème qui est d'abord un problème de l'islam, et qui ne devient le nôtre que parce qu'on nous l'impose. Les musulmans sont les premières victimes de l'islam tel qu'il existe. Nous venons ensuite.
Merci vivement pour vos reponses qui sont tres riches.
Je suggere a Henri Lepage que nous avons ici la matiere d'un beau debat a l'Institut Turgot. Je propose d'ouvrir le debat par un expose de 20 minutes recapitulant, en tenant compte de toutes vos contributions, mes raisons pour persister a dire:
Pourquoi, en ce debut de siecle, je suis pour l'immigration musulmane, en France notamment.
Je propose qu'on attende maintenant de ses nouvelles.
Tres cordialement a tous,
ATC
Votre texte soulève trois types de questions : la question du droit d’asile, ou immigration pour raisons humanitaires, celle de l’immigration volontaire, avec des causes bien connues comme la pauvreté, mais aussi le chômage, l’absence de démocratie et de perspective d’avenir, ou/et encore la volonté de profiter d’un système social avantageux ; et enfin la question de la politique d’immigration d’un pays.
La « solution » que vous préconisez dans votre texte, « l’accueil républicain de bon sens », me semble relever en fait de la question du droit d’asile. Et, par rapport aux deux autres attitudes que vous évoquez (le rejet et l’indifférence/passivité), elle m’apparait certes la plus juste, à la fois d’un point de vue moral et d’un point de vue social. A condition de bien préciser, que l’accueil de telles personnes répond bien, ou doit bien répondre, aux conditions du droit d’asile en France ; or votre texte ne semble pas faire de distinction claire entre ce droit d’asile, forcément limité dans son application, et l’immigration volontaire, laissant ainsi à penser que vous appelez à une immigration de masse sous le prétexte de l’oppression religieuse, de l’intolérance, ou encore de l’absence de démocratie, de la pauvreté et du chômage… Ce qui ne me parait pas acceptable. D’une part, selon une formule bien connue, « La France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde » (et quel pays le pourrait d’ailleurs), et ensuite en quoi avons-nous vraiment besoin de continuer à faire appel à des immigrés, et pourquoi des immigrés musulmans ?
N’avons-nous pas assez de chômeurs, et notamment des jeunes, en France ? N’avons-nous pas assez de diplômés, de gens « compétents », de talents inexploités ou étouffés par un système économique et social injuste, un système qui ne répond plus qu’à l’exigence de profit maximal à court terme et à n’importe quel prix humain, social et écologique? Il ne s’agit pas de se fermer à tous les échanges humains et à toute forme d’immigration, mais un pays a le droit de décider de sa politique d’immigration, après un vrai débat national et démocratique (ce qui n’a pas encore eu lieu dans notre pays), et de choisir ainsi le profil des candidats à l’immigration, et les candidats eux-mêmes. Alors je pense qu'il est temps de procéder à un moratoire de l'immigration, même si les frontières ne sont pas et ne peuvent plus être hermétiques ; cela renvoie à la nécessité du vrai débat national et démocratique évoqué plus haut, mais aussi à une réforme radicale du système économique mondial (néolibéralisme) et à la nécessité de ne plus soutenir, dans les pays d’immigration, des gouvernements autoritaires et corrompus, qui ne font rien pour leurs populations. On comprend très bien que ces populations préfèrent alors émigrer, pour fuir la pauvreté et l'injustice et pour toutes les raisons que vous indiquez à juste titre (Séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Egalité devant la Loi, l’Etat de Droit protégeant les biens et les personnes, la Liberté d’Entreprendre...). L’immigration de masse actuelle représente une sorte de retour de bâton, d'effet boomerang, pour nos politiques et nos hommes politiques, qui paient (et nous avec) le prix social et humain du maintien d'un "système" ou d'une situation ici et là bas, injuste.
Enfin, pourquoi faire particulièrement appel à des immigrés musulmans ? Avec déjà plusieurs millions de musulmans en France (et en Europe), je ne vois pas l’intérêt d’en avoir davantage, car enfin, estimez vous vraiment que nous ayons à gagner avec le développement d’une religion encore obscurantiste par bien des aspects, et pour laquelle (et pas seulement pour les « islamistes »), la notion de laïcité ne veut rien dire, ou pas grand-chose. Or la laïcité est un élément fondamental de notre république, et un pilier du vivre ensemble, tel du moins que nous le concevons. Nous avons eu assez de mal à l’imposer face à l’Eglise catholique… Par ailleurs, il faut prendre en considération l’islam réellement existant (et pas celui abstrait et idyllique que vous dépeignez un peu naïvement). Que dire de l’influence de l’Islam, un certain islam peut être, et même sans doute, mais c’est la réalité actuelle, dans nos banlieues et autres « quartiers sensibles », dans lesquels un étrange « communautarisme » semble se développer, et dans lesquels, surtout, l'état de droit n'existe presque plus, là où des voyous font la loi ?
Une partie, et certes une partie seulement, de l’islam, exploite la misère, les discriminations, le chômage, les peurs, de toute une population d’immigrés essentiellement musulmans par leurs origines, victimes aussi, il faut le dire, des efforts insuffisants d'intégration de notre part (alphabétisation, cours de civisme et de langue, accueil, mixité des quartiers...). Tout cela contribue à entretenir le racisme, la haine, le rejet de l’autre, et le refus d’intégration d’un certain nombre de ces immigrés ; ce n’est sans doute pas le fait d’une partie majoritaire de l’Islam de France, ni d’une majorité d’immigrés, mais pour combien de temps encore ? On peut se poser la question. Car, inutile de se voiler la face, cet islam là (« islamisme ») progresse dans nos pays européens, et nous devons le combattre résolument et fermement, avec si possible le concours des musulmans eux-mêmes, ceux du moins, et je pense qu’ils sont nombreux, qui veulent s’intégrer et respecter nos lois.
Alors, non, je ne veux pas d’une colonisation à rebours, d’où qu’elle vienne; alors, non, en tant qu’agnostique humaniste, je n’ai pas envie de voir se développer l’Islam en France, même si je respecte tous les croyants. Je ne trouve pour ma part, aucun attrait à l’Islam (à l’exception du soufisme), ni du reste pour aucun des monothéismes qui ont régenté la vie spirituelle d’une grande partie du monde. A vrai dire, je pense que les religions, et particulièrement les monothéismes, sont des entreprises d’aliénation et de soumission (Islam signifie d’ailleurs étymologiquement « soumission »), et qu’elles ont fonctionné soit comme des goulags mentaux et spirituels, soit comme de véritables et efficaces « opiums du peuple »… Même s’il y a eu, bien sûr, des exceptions et de nobles figures dans toutes ces institutions humaines trop humaines. Je ne me réjouis donc absolument pas de la reprise du religieux dans nos sociétés, reprise que j’appréhende comme une régression grave de civilisation. Il est vrai que le vide spirituel de notre époque, son matérialisme effréné, pose un problème à tous les humanistes, et qu’il restera toujours plus difficile d’offrir au plus grand nombre, non pas une alternative et un autre credo auquel se soumettre (encore une fois), mais des voies et des pistes, des repères et des valeurs, à construire et à partager, dans l’échange et le respect, et au risque de la liberté, c'est-à-dire du dialogue et de l’inachèvement.
M. Teissier,vous ne vous êtes pas prêté à l’exercice que vous avez proposé et auquel j’ai accepté de me prêter.
Plus exactement, ce que vous avancez manque absolument de sérieux.
Votre opinion est que les religions sont des auberges espagnoles, que leur enseignement est d’une parfaite vacuité.
À mon avis la prévalence d’une notion aussi évidemment fausse dans votre génération tient paradoxalement à la domination, par vous connue, de la morale et de la pensée chrétienne, au point qu’elle a pu passer pour le naturel de l’homme.
Les générations qui vous ont suivi n’ont pas eu cette expérience.
Quoi qu’il en soit, votre aversion à l’endroit des religions me semble vous empêcher de penser le sujet, jusqu’à nier l’évidence.
Pour que l’analyse comparée des textes du christianisme et de l’islam ait un sens, il faut exploiter ces textes conformément aux dogmes de ces religions.
Il faut donc se donner des règles. Vous n’avez tenu aucun compte de celles que j’ai proposées, et vos citations montrent que vous refusez de procéder rationnellement.
Ainsi, vous menacez de citer le Deutéronome, mais comme je l’indiquais en préalable, vous devriez alors en donner la « clé d’interprétation » évangélique. Sans cette « clé » vous vous situerez en dehors du christianisme.
Au sujet de l’islam, vous traitez par le mépris des passages entiers de la sunna, ce qui vous place absolument en dehors de l’islam, ou je n’y connais rien.
J’en conclus que vos idées sur l’islam et le christianisme ne sont justes que du point de vue d’un athée.
Au lieu de proposer des solutions à un problème manifeste, vous vous fondez sur vos préjugés pour prétendre que le problème n’a aucune raison d’exister : Il suffirait que tout le monde soit comme vous…
Outre que cela n’a aucun intérêt, j’objecterai que l’athéisme ne garantit pas la concorde universelle, bien au contraire, puisqu’il nous laisse même démuni d’une morale.
Vous citez tel pape et Luther à charge contre le christianisme : C’est « hors sujet ».
Ces citations auraient leur place dans une discussion sur l’effet des religions sur la formation de la pensée au cours de âges.
Un sujet passionnant mais qui exigerait davantage encore de rigueur.
Essayons déjà de traiter rationnellement le premier.
Vous affirmez que l’islam est sans rapport avec le « mal des banlieues », qui résulte essentiellement du conflit israélo-palestinien.
Si cela était vrai, cela ne justifierait pas qu’on laisse enseigner sur notre sol que tout ordre juste ne peut être fondé que sur la charia, ce qui est fondamentalement contraire à la démocratie et à l’égalité de droit (si l'ordre est musulman, les non-musulmans ne peuvent pas être égaux aux musulmans); que les femmes adultères doivent être lapidées; que les apostats de l’islam doivent être tués; que l’adhésion à l’islam est une obligation héréditaire.
Votre appréhension purement française de la question de l’islam, sauf pour citer la Palestine, souligne votre refus de penser cette question.
N’avez-vous rien à dire de l’intolérance religieuse généralisée en pays musulmans, en application de l’islam, chez des peuples de civilisations préislamique avancée et très diverses ?
Que vous évoque l’existence d’une Déclaration des droits de l’homme en islam ?
" Mais je dis aussi que sans le conflit israélo-palestinien véritable cancer rongeant tout le monde européen et méditerranéen, jamais l’Islam ne se serait autant fanatisé." André Tessier du Cros.
Vous ne connaissez rien à l'histoire de l'islam visiblement (ni à l'histoire du nationalisme arabe), en particulier le fait que dans les années 30 certains courants ont fait alliance avec le nazisme avant même la création d'Israël ; votre prose est l'exemple type, chimiquement pur, du logiciste idéaliste cachant évidemment son antijudaïsme par un antisionisme pseudo salvateur...
Par ailleurs, le judéochristianisme diffère de l'islam en ce qu'il pose la liberté au coeur du créé humain, ainsi Adam (Gen,II, 19) nomme lui-même les animaux alors que dans le Coran Adam récite le nom des animaux que lui a dicté Allah, voilà une différence, majeure...
J'oubliais quelques suggestions de lecture:
Pourquoi je ne suis pas musulman (Ibn Warraq)
L'islam des interdits (Anne-Marie Delcambre)
What went wrong (Bernard Lewis)
Et à propos de l'islam modéré, le point de vue de J-F Revel, auteur libéral s'il en fut, grand pourfendeur du totalitarisme:
http://aperto-libro.blogspot.com/20...
Je suis d’accord avec vous sur plusieurs points. Pas un instant je ne souhaite convertir les Français a l’Islam, ni d’ailleurs n’ambitionne de faire du prosélytisme chrétien ou athée vis-à-vis des Musulmans. (Je considère l’athéisme comme une religion comme une autre car lui aussi se fonde sur une conviction irrationnelle, et lui aussi a eu ses fanatiques et ses obscurantistes.)
Quand je parle d’immigration, il s’agit d’accès à la citoyenneté française. Notre Comite Bastille propose de l’ouvrir mais de le réglementer strictement parce que notre projet – la réduction de la pression fiscale – crée l’autorité permettant de profiter de l’accroissement démographique pour engager la réduction structurelle donc régulière de la pression fiscale, cet accroissement venant a la fois de la natalité et de l’immigration. Nous ne préconisons pas d’inviter une marée humaine, mais de passer de 0.6% a 1.3% de croissance sur 40 ans (Languedoc-Roussillon actuellement : 1.1%). Nous constatons que l’immigration est là, et que chacune des deux politiques possibles – l’intégration ou le rejet – représentent un effort pénible, une souffrance. Tant qu’à être condamné a un effort, nous disons qu’il vaut mieux que son résultat soit une création plutôt qu’une destruction. Et je pense qu’il y a suffisamment de mauvais musulmans (qui ne respectent pas plus la Sharia que la majorité des Catholiques ne respectent le carême, mais de bon sens et de bonne volonté) des deux cotés de la Méditerranée pour que l’Europe, avec eux, finisse, dans un avenir certes lointain, par entrainer le Monde Arabe a son tour vers la laïcité.
Nous réunirons pour le débat auquel nous vous invitons les faits et chiffres classiques et disponibles montrant que l’immigrant même ethniquement étranger apporte plus de solutions que de problèmes (le nouveau-né aussi), que l’immigration est créatrice nette d’emplois, et que le rejet de l’immigration a toujours marqué le déclin d’un pays et l’accroissement des problèmes sociaux. Nous proposons aux immigrants devenant citoyens - comme aux jeunes français d’ailleurs - l’engagement par serment sur ce qui n’est pas négociable dans les institutions d’une république laïque, que nous avons déjà cite ici. J’ai acquis la citoyenneté américaine en 1988, et j’ai prêté serment de cette manière. C’est une des pratiques américaines que j’approuve pleinement.
Le nouvel article (9 décembre) paru sur le site de l'Institut Turgot, par Yves Egal, constitue une contribution très sérieuse au débat. Un débat avec l'excellent Henri Lepage serait effectivement une bonne idée. Pierre Cevennes opère des distinctions essentielles, et pose une question capitale : pourquoi spécialement une immigration musulmane ? Les immigrations belge, italienne, portugaise, arménienne, polonaise, vietnamienne (et autres immigrations asiatiques), celle des juifs d'Europe centrale et de l'Est, ne se sont pas du tout déroulées de manière idyllique. Mais ça a finalement bien marché. Les immigrations plus récentes sont considérablement plus difficiles, c'est peu dire. Il doit bien y avoir de bonnes raisons.
Pierre Cevennes dit justement que la séparation des Eglises et de l'Etat ne s'est pas faite sans problèmes en France. Oui. J'ajouterai qu'il y a eu des problèmes des deux côtés (on connaît a recette : pour une bonne guerre civile à la française, prendre deux parties bien bornées, et chauffez-les à feu vif). Et franchement, le laïcisme hargneux à la française n'est pas non plus très propice à l'apaisement civique : la circulaire de 1906 sur l'ouverture des tabernacles n'est peut-être pas un des actes juridiques les plus admirables dans l'histoire du droit français. A contrario, observer ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Dès le départ, il y a eu refus de toute religion "établie" dans la Constitution (Premier amendement, 1791). Et, bien entendu, l'Eglise catholique américaine n'a jamais mis en cause cette disposition. L'acceptation de la séparation en France ne fait pas problème en 2010. Je le redis donc : il y a un problème de l'islam, il n'y a en revanche aucun problème du christianisme (ni d'ailleurs du judaïsme). Pas de fausses fenêtres. Je ne souhaite pas développer, pour ne pas alimenter un débat adventice.
[Au passage, on aimerait bien que s'opère une sérieuse "séparation entre le Marché et l'Etat". Mais c'est trop demander pour le moment.]
Plus généralement, ce que nos sociétés arrivent à faire, avec des succès divers, mais à faire tout de même dans l'ensemble, c'est d'établir des distinctions que les sociétés anciennes opéraient difficilement, peu, ou pas du tout. Les distinctions en particulier entre : mœurs / coutumes, morale, droit, religion, philosophie, science, technique, politique, économie, éducation, enseignement, arts ; puis des distinctions fines à l'intérieur même de ces domaines. Les descriptions ethnologiques montrent bien à quel point les sociétés traditionnelles (même celles qui comportent une certaine dose de "division du travail") tendent à intégrer tout cela dans un ensemble culturel à très forte cohésion, confinant parfois à l'indistinction. Dans un tel bloc, grâce aux outils analytiques que notre culture extrêmement différenciée mettent à notre disposition, nous pouvons certes séparer par la pensée tel comportement qui ressortit plutôt de la religion et tel autre qui ressortira plutôt, disons, de l'économie. Mais pour l'individu qui baigne dans sa culture, la disjonction est nettement plus malaisée, voire impossible et même, en quelque sorte impensable ou impie (même la cité grecque nous paraît assez étouffante). Or justement, que voyons-nous avec l'immigration musulmane ? L'irruption d'un retour archaïsant dont nous sommes sortis depuis vraiment très très longtemps. [Les cultures à arrière-plan confucianiste ou bouddhiste ne semble pas générer des problèmes d'une telle ampleur.]
Pour un Français agnostique, athée, déiste, panthéiste, de religion judaïque, catholique, réformée, bouddhiste, etc., il est exigé des efforts héroïques, pour ne prendre qu'un exemple que je choisis délibérément dans l'anodin et l'innocent et même dans le drôle, si ce Français veut entrer dans l'univers mental où on justifie l'usage du cure-dent (siwak) par ce que nous appelons "la religion" (mais l'islam standard n'est justement pas simplement une religion, et si on n'a pas compris ça, on sera dans l'impossibilité de comprendre ce qui se passe). On lit sur un site Web musulman ceci, qui est un alliage typique de l'indistinction archaïque et de la justification pseudo-moderniste : "Le Siwak est largement utilisé chez les musulmans après que le prophète Mohammed (sws) ait réalisé sa valeur comme moyen à utiliser par les musulmans pour se nettoyer les dents. A cet égard notre Prophète (sws) est considéré comme le premier éducateur en véritable hygiène bucco-dentaire."
Cette mentalité rend difficile pour beaucoup d'immigrés potentiels en provenance des pays musulmans une prestation de serment du genre de celle dont parle M. Teissier du Cros dans son intervention ci-dessus (n° 32), même si, d'évidence, la nation accueillante n'a pas fixé sa doctrine sur le cure-dent.
Petite annonce
République française, une et indivisible, mais généreuse, recherche immigrés proche-orientaux. Les candidats devront être de langue maternelle arabe, mais prêts à acquérir une maîtrise suffisante du français. Ils devront être monogames, distinguer le religieux et le politique, et s'engager à respecter les lois de la République.
Réponse
Nous sommes un groupe d'arabophones monogames proche-orientaux, un peu exotiques, distinguant Dieu et César, appelés "chrétiens". Nous avons entendu parler de la France, généralement sous un jour favorable. Nous envisagerions de demander à immigrer sur son sol. Si notre candidature est examinée, nous nous engageons à apprendre la langue et à respecter les lois du pays.
Toutefois nous désirons nous assurer que les lois de la République française (dont on nous a dit grand bien) s'appliquent effectivement à tous indifféremment. Nous avons vu circuler des rumeurs, probablement infondées, suivant lesquelles des églises seraient l'objet de déprédations, leurs fidèles soumis à des vexations diverses. Vous comprendrez, chère République française, que nous ne souhaitions pas tomber de Charybde en Scylla.
Il me semble qu'un consensus s'est exprimé ici:
Les musulmans refuseront l'engagement de citoyenneté que propose le Comité Bastille parce qu'il est en conflit avec leur loi, laquelle aura, de l’avis général, toujours priorité a leurs yeux parce que tous sont de bons musulmans. Si cela est vrai, le problème ne se posera pas, et nos propositions seront vite oubliées sans danger pour la France.
Je remercie Yves Montenay et Curmudgeon pour la modération constructive de leurs remarques. Aussi Fucius, avec qui je suis à peu près d’accord quant à sa discussion des religions, en répétant toutefois que je conteste l’intérêt d’une comparaison des dogmes religieux parce que la seule question à l’immigrant quel qu’il soit est : « Voulez vous sincèrement devenir Français ? Auquel cas, voici les lois, qui ne sont pas négociables. » et ceci reste ma position, que j’exprime aux Musulmans que je connais. C’est pourquoi j’ai en effet refusé d’entrer dans la discussion comparée qu’il propose (vous ne vous êtes pas prêté à l’exercice que vous avez proposé…) : Je pense qu’elle était hors du sujet.
A Curmudgeon j’ajoute : Mes sources sur le degré d’analphabétisme en France sont américaines (thèse de doctorat de Michael Howard, The Franco-Prussian War, 1961). Elles sont peut-être contestables. Si Mohamed Charfi est mutazilite (dominant pendant l’Age d’Or des Abassides), donc rationaliste, donc une exception, encourageons cette exception… Le mutazilisme approuvait notamment la rébellion contre l’autorité, fut-elle islamique. Je me dis pour l’immigration musulmane parce que précisément c’est elle qui pose problème, auquel il faut répondre, et non pas l’immigration belge. Et je suis d’accord avec son message 34.
J’apprécie le message d’Effarant : En effet, nous devons commencer par appliquer nos propres lois. Je le répète à Curmudgeon (message 25).
Merci à Pierre Cévennes, pour sa contradiction positive et raisonnable, et pour sa distinction entre l’Islam et un certain Islam. Bien entendu une colonisation à rebours est exactement le contraire de ce que nous proposons.
Par contre, relisant attentivement l'ensemble du débat, je constate que je suis tour à tour accusé de:
• Conspiration, (membre actif d’une cinquième colonne),
• Mépris pour l’Islam soit au nom de la « supériorité chrétienne », soit au nom de la supériorité laïque, soit pour Athéisme-républicanisme fanatique : Je serais convaincu que l’obscurantisme est l’apanage des religions (Ou es-tu, Georges Clemenceau ?) qui ne seraient a mes yeux que des « auberges espagnoles. »
• Pro-Islamisme aveugle, pour cause de Christianophobie,
• Dangereux utopisme,
• Ignorance crasse,
• Douce rêverie.
Je trouve que cela fait beaucoup de procès d’intention, de jugements a priori, et de préjugés au mètre carré… Je propose donc de clore ce débat, et d’attendre l’invitation d’Henri Lepage !
Très cordialement a tous.