Elle pense bien naturellement – c’est une mère aimante et raisonnable - à la vie qu’ils auront d’ici trente ans. Et comme Khadija, la première femme de Mahomet, celle qui lui avait dit :

« C’est la voix de Dieu que tu entends, il nous faut écrire ce qu’il te dit »,

elle est entreprenante, bien informée, et pratique. Bref une femme éminemment estimable.

Son mari n’a pas d’autre femme car il est trop pauvre. Elle vit dans un des pays les plus défavorisés, ou les femmes sont des plus soumises : Soudan, Yémen, Syrie, Mauritanie, même Algérie ou Maroc… ou l’éducation ne progresse pas, ou la malnutrition ne recule pas, et ou la loi coranique est interprétée non pas dans le sens que le Prophète lui-même avait voulu (ainsi il n’a jamais dit aux femmes de cacher leurs visages…), mais dans le sens qui favorise le statu quo pour les Mollahs, les Imams, les bureaucrates et militaires du pouvoir en place, et les hommes adultes en général.

En théorie les lois de son pays la soumettent à la volonté de son mari. Elle peut risquer la lapidation, la mutilation ou la mort suivant la gravité de ses fautes, des fautes que nos codes civils ignorent.

Si son pays en est là, ce n’est ni de sa faute, ni de celle de ses enfants. Elle dit justement quand elle peut parler qu’ils sont innocents, et victimes. Elle ne peut rien pour changer le système. Elle se doute que, si l’Europe dont lui parle son mari, qui lui semble tellement enviable, bénéficie de la prospérité, du respect des droits de la femme et des enfants, de la tolérance, de l’éducation et la santé pour tous, cela a à voir avec les institutions.

Elle vit douloureusement les conséquences de ce que la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’Egalité devant la Loi, l’Etat de Droit protégeant les biens et les personnes, la Liberté d’Entreprendre même simplement à son propre compte sont impossibles chez elle. Elle sait que les pays arabes qui ont progressé – il y en a – l’ont fait en avançant timidement dans ces directions.

Elle souhaite donc émigrer vers l’Europe avec sa famille, regardant d’abord vers la France ou l’Allemagne. Et elle a raison, tant que les institutions de son pays n’auront pas changé.

Nous pouvons lui faire trois sortes de réponses :

  1. Nous ne voulons pas de vous. Nous resserrons nos lois et règlements pour rendre votre départ et votre arrivée aussi difficiles que possible. Nous entourons l’Europe d’un rideau de fer avec miradors contre les clandestins. Nous cherchons activement tout prétexte pour chasser ceux de votre pays qui vous ont précédés, afin de les lasser et les pousser à rentrer chez eux, et nous leur payons leurs billets de retour. Si ceux qui restent commettent un délit chez nous, nous les traitons plus durement que nos indigènes. Nous ferons comme en Amérique avec ses Caucasiens et ses Latinos, et allons les ‘taguer’ en tant que maghrébins, moyenorientaux, noirafricains, centralasiatiques, islamobalkaniques, islamo-ésotériques (s’ils ne parlent pas arabe) et autres dénominations insultantes, pour mieux les noyauter. Nous regrouperons ceux qui restent dans des ghettos ou leurs enfants n’apprennent ni vos lois ni les nôtres, et n’apprennent que le mensonge et le crime. Nos medias les accusent tous en bloc pour les délits commis par une minorité. Nous nous servons de nos lois absurdes punissant l’usage et la vente des drogues pour les envoyer plus facilement en tôle. Nous emprunterons encore plus pour dépenser des fortunes en béton, en armements et détecteurs, en véhicules blindés, en systèmes informatiques, en prisons et camps… Nous lèverons une armée de CRS et de gendarmes. Dire bézef, flouze, même algèbre (al-jabr), hasard (as-zahr), gazelle (gazala), nénuphar (ninufar), noria (na-ara) et les autres des environ 500 mots français qui sont d’origine arabe sera puni d’amende. Nous ruinerons nos propres économies au point de finalement rendre la France moins attractive économiquement que ceux des pays arabes qui auront finalement décollé (car il y en aura). Nous réquisitionnerons nos chômeurs pour vous remplacer dans nos taches pénibles. Ainsi vous finirez par nous oublier dans la misère 100% française que nous aurons créé au nom de notre appel sacré : « Ils ne passeront pas ! » Restez ou vous êtes : ous avons tout oublié de notre passé commun avec l’Islam, vieux de plusieurs siècles. Nous ne vous connaissons pas.
  2. Ou bien nous pouvons ne rien dire ni faire, et faire comprendre à ces femmes que, si nous ne les aimons pas et souffrons en silence de la différence que les siens nous imposent, nous laissons faire. Parce que nous ne maitrisons plus notre propre avenir. Nous ne sommes même plus capables de résoudre entre nous occidentaux les crises (économiques, écologiques, financières, etc.) que nous avons-nous-mêmes créés sans qu’elles y soient pour rien. Et que c’est donc à elles, chez nous, d’inventer le leur. Mais elles se souviendront forcement qu’elles n’étaient pas les bienvenues quand nous tenions le haut du pavé. Que réservera l’avenir ? Inch’ Allah ! Pour elles et leurs enfants comme pour nous et les nôtres. D’ici là, en tout cas, nous mangerons plus souvent des tajines et des baklavas…
  3. Il existe une troisième voie. Celle du bon sens républicain. C’est de leur dire : Bravo ! Vous avez raison. Vous êtes les bienvenues. Nous allons même vous aider. Cependant il y a un ‘mais’, qui est cohérent avec votre expérience douloureuse :

Si vous voulez bénéficier de votre émigration, il vous faudra apprendre les institutions qui nous ont, nous-mêmes, rendus si prospères. Votre Coran lui-même n'est ni plus ni moins antirépublicain que la Bible des Chrétiens. Ce sont vos Imams et Mollahs qui le sont. Grace à leur interprétation à eux de la loi coranique, ils gouvernent votre pays sans opposition et écrivent eux mêmes les décrets d'application. Cela s'appelle le Fascisme, régime favori des dictateurs. Mais régime dont vous, les femmes, êtes les premières victimes. Ecoutez les femmes nées musulmanes qui ont choisi la France : Tchador Djavann (née iranienne, auteur de 'Bas les Voiles' et de 'A Mon Corps Défendant, l'Occident). Malika Sorel (née algérienne, auteur de 'Le Puzzle de l'Intégration, les Pièces qui vous manquent.') et autres.

Apprenez d’abord que dès le premier jour en France vous paierez sans le savoir la TVA, impôt qui contribue à 47% au budget de l’Etat, chaque fois que vous ferez un achat. Dites le à vos détracteurs indigènes.

Ensuite nous vous offrons l’accès à la citoyenneté française si vous acceptez de passer un examen en français démontrant que vous comprenez bien les institutions dont vous allez bénéficier, êtes disposées à les défendre, et à les soutenir au sein de votre nouvelle communauté, et à prêter serment sur la Constitution . Une partie des ressources financières que nous aurions allouées à la lutte contre l’immigration va servir à vous enseigner le français ainsi qu’à vos enfants, et à vous consentir un prêt personnel sur l’honneur, remboursable en 10 ans, vous permettant de faciliter votre insertion sans rien devoir à votre communauté. Attention : Un prêt à vous, Madame. Pas à votre mari… Mais quand vous l’aurez remboursé, toute votre famille, lui compris, accédera à la citoyenneté. Sous serment aussi, bien sur.

Evidemment, j’entends la réponse :

« C’est très joli, mais en fait vous voulez simplement faire de nous des Français. Devons nous rejeter l’Islam, qui est notre foi et la racine de notre culture, et que vous semblez critiquer ? »

Et nous devons apprendre à lui dire :

  • Si vous êtes musulmane, vous croyez comme beaucoup de Français en le Dieu d’Abraham, celui des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans, l’unique, omniprésent, omniscient, pur esprit, le Dieu de miséricorde, de compassion, de justice, de vérité, de tolérance et de pardon pour toute l’Humanité. Toute ! Devant Lui, nous sommes tous égaux. Tous !
  • Mais beaucoup d’excellents Français sont des humanistes athées. Leur foi est en l’Etre Humain là ou il est, capable de raison, de sagesse, de connaissance et de bienveillance, aspirant à la justice et à la vérité. Jean-Paul Sartre, dont l’athéisme était au dessus de tout soupçon, a dit :

"Tant que le plus misérables des Juifs (ou de toute autre minorité), ou qu’il soit, sera en danger simplement pour ce qu’il est, chaque Français devra savoir que lui-même ne connaitra jamais la sécurité d’être".

Et personne ne l’a contredit.

Croyants et athées sont égaux devant la République. Elle représente l’intérêt public. La religion est l’affaire privée, la conviction intime de chacun, donc hors d’atteinte du pouvoir politique. Marianne ne viendra jamais vous mettre en question, Madame, pour vos convictions. Mais le Dieu d’Abraham en qui vous avez foi, lui, les connaît, vous entend, et cela lui suffit. Trait_html_691a601b.jpg André Teissier du Cros est Président du Comité Bastille