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La vidéo ci-dessus couvre l'intégralité de l'exposé et de la discussion. Il est toutefois possible de télécharger seulement la bande son (en mp3)

L'orateur a expliqué que si, en économie capitaliste, les cycles économiques sont inévitables (cf l'explication Schumpétérienne), ce qu'il faut fondamentalement expliquer est pourquoi, périodiquement, et sans qu'on puisse le prévoir, certains booms se transforment en gigantesques bulles qui débouchent naturellement sur de méga-busts avec, à la clé, une gigantesque crise financière et économique.

Contrairement aux explications sytémiques à la mode, ces accidents n'ont rien à voir avec la logique intrinsèque de fonctionnement d'une économie de marché capitaliste. Chaque grande crise de ce type, bien que partageant une même origine fondamentale (essentiellement d'ordre monétaire), ainsi que des éléments et des processus de même nature avec celles qui l'ont précédé, est en fait un cas particulier qui s'explique par un certain nombre d'éléments spécifiques généralement liés aux caractéristiques institutionnelles de la période, mais ayant également souvent un caractère parfois circonstanciel, et même purement accidentel.

En l'occurrence, l'analyse d'Henri Lepage explique l'ampleur particulièrement exceptionnelle des événements que nous venons de vivre par la rencontre de quatre séries de facteurs spécifiques :

  • 1. une dimension monétaire indispensable : erreurs de gestion monétaire, présence d'institutions qui favorisent l'inflation , régime monétaire international fondé sur le système des monnaies de réserve, rôle des banques centrales;
  • 2. le rôle des interférences politiques dans le fonctionnement marchés (l'affaire des subprimes aux Etats-Unis) : la politisation des décisions tue en quelque sorte les anti-corps spontanés que devrait produire normalement le marché;
  • 3. empilement au fil des années d'un ensemble de réglementations et de politiques ayant certes au départ une certaine justification, mais dont, dans le plus long terme, les effets pervers finissent par interagir et par donner naissance à une véritable bombe qui n'attend plus qu'un motif accidentel pour exploser;
  • 4. l'action des mécanismes d'aléa moral qui s'accumulent au fil des interventions publiques pour réguler le fonctionnement des marchés, et dont les conséquences sont totalement perverses (exemples des politiques de sauvetage).

Henri Lepage a publié dans la revue Politique Internationale de Patrick Wajsman (numéro Hiver 2009) un article qui résume certains de ces aspects.