L’esprit du 11 janvier

Depuis les attentats nous n’entendons plus que ça, au point que le fameux « esprit du 11 janvier » envahit toute la communication gouvernementale. Pas un problème, pas une contestation du génie intrinsèque du socialisme Hollando-Vallsiste sans évocation de « l’Esprit ». Un Hamon qui fait sa mauvaise tête et refuse de voter la loi Macron : hop Esprit es-tu là ? Le Front National menace la République socialiste soviétique dans le Doubs : l’Esprit du 11 janvier est convoqué à la rescousse. Une critique pointe contre Taubira : Esprit du 11 janvier. Le nombre de chômeurs explose: Esprit du 11 janvier. Il fait froid : Esprit du 11 janvier. Vos impôts augmentent : Esprit du 11 janvier. Sarkozy est sur écoute : Esprit du 11 janvier (ah non, zut, là c’était avant !). C’est bien simple, depuis les attentats un vent de spiritualité inégalé semble souffler sur les cendres du Parti Socialiste.

Il en va ainsi de l’amère de Paris. Avant les attentats elle était farouchement opposée à la candidature de sa ville à l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Compte tenu des précédentes bâches, toutes plus ruineuses les unes que les autres que nous a infligées le Comité International Olympique ces 20 dernières années, elle n’avait, pour une fois, pas tout à fait tort. Seulement depuis, l’Esprit est passé par là et « mais Maire », transfigurée par cette visitation est devenue une « farouche partisane » de ce beau projet, tout plein de « vivre ensemble » dedans. Pour détourner sans vergogne et à son seul profit un événement aussi tragique (les attentats, pas la candidature), il faut être socialiste. Imaginez un instant que Nicolas Sarkozy, Président de la République, ait osé en faire ne serait-ce que le tiers du commencement de la moitié, que n’aurait-on entendu ? Là, rien, tout ce qui est autorisé à penser détourne la tête, pour ne surtout pas voir le câble d’amarrage qui tient lieu de ficelle à cette bonne vieille manip’ socialiste.

Nous sommes tous Danois

En parlant de manipulation, les Nordiques font une belle bande d’emmerdeurs ! Alors que le petit monde de la socialie était en train de nous expliquer doctement que le 7 janvier était la faute de la France moisie ; que nous ne savions pas comment donner sa chance à toute cette jeunesse qui ne rêve (en fait) que de vivre comme Bernard Arnaud avec le QI d’un footballeur et le dynamisme d’un ado 15 ans ; les danois viennent foutre en l’air cette belle opération de culpabilisation du bobo mitonnée aux petits oignons. Leur tireur faisait bien partie de la minorité religieuse adepte de la liberté d’expression à coup de fusil, mais on cherche désespérément les ghettos et l’apartheid au pays de la petite sirène. Encore un bel amalgame qui fout le camp. Dire que l’on avait presque réussi à faire oublier les vacances à la Grande Motte dont les frères Kouachi ont bénéficié durant toute leur jeunesse aux frais du contribuable, tout comme les boulots de ce pauvre Coulibaly à la Mairie de Paris ou dans d’autres structures toujours financées par vos impôts.

Cependant, avec des socialistes inspirés par l’Esprit du 11 janvier, on n’est jamais loin du pathos estampillé « récup’ à deux balles ». Les cadavres danois n’étaient pas encore froids que le PS appelait déjà à une manifestation de soutien devant l’ambassade du Danemark. Je parie que toute la gauche qui cause est allée, ce même week-end, sur les Champs reprendre deux fois du saumon au Flora Danica histoire de « témoigner son soutien » au Peuple danois. Un malheur n’arrivant jamais seul, ces pauvres habitants de Copenhague ont dû, en plus de leurs malheurs, se fader le Cazeneuve : nouveau missi dominici de la « liberté d’expression menacée par le fanatisme » de la religion-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom. Et les mêmes de nous tracer le parallèle avec Charlie Hebdo : un homme seul là où les autres étaient trois, le crétin éliminé en moins de 24 heures contre 72 chez nous et surtout : en France les terroristes sont rentrés partout comme dans un moulin tandis qu’au Danemark le clampin est resté à la porte. C’est LA MÊME CHOSE, puisque l’on vous le dit !

Antisémitisme de gauche

Et pendant ce temps-là, chez nous, alors que Manuel Valls parle d’islamofascisme comme un vulgaire Éric Zemmour – qu’il conseillait pourtant de ne pas lire (mais ça, c’était avant) – un mitterrandiste pur jus nous explique, comme si de rien n’était, que le Premier ministre de la France est sous « influence juive ». J’ai appris, à cette occasion, probablement comme beaucoup de mes compatriotes que la violoniste qui sert d’épouse au gars Manuel était juive, ce dont je me fous éperdument. Voilà le parti de l’intelligence pourtant bien embarrassé, et par l’un des siens de surcroit (heureusement que l’inoubliable interprète de Raymond Bettoun venait de disparaître). Probablement un peu honteuse d’avoir fourni tant de zélotes (si l’on peut dire) à la collaboration avec l’Allemagne nazie, la gauche française s’était pourtant, depuis, refait une virginité à l’ombre de la toute-puissance du « parti des 40 000 fusillés » entrés en Résistance à partir de juin 1941. Hélas, avec la disparition du Parti Communiste, les réflexes antisémites de la gauche radicale reviennent au galop. C’est ainsi que sous couvert de la défense du peuple palestinien, nombre d’extrêmes gauchistes dénoncent depuis des années « la finance apatride » et finissent par se retrouver avec les barbus à l’été 2014, dans les rues de Paris, pour crier « mort aux juifs ». L’extrême gauche n’est pas le PS me direz vous, seulement vu le nombre de trotskistes qui cachetonnent rue de Solférino, chassez le naturel, il revient au galop. Le camarade Cambadélis, en bon premier sectaire avait donné le ton la semaine dernière en déplorant, l’air chafouin, que « l’on assimile les juifs à Israël et les musulmans à l’Etat Islamique », avant de rétropédaler. Cette promiscuité idéologique ne choque pas grand monde. Imaginons que Jean Marie Le Pen ait dit la même chose (oui, imaginons un instant). Du reste, comme il n’est pas dépourvu d’humour, je lui suggère de le faire et de s’excuser ensuite de cette lamentable« Cambadélisation des esprits »… Comment s’étonner de pareille apathie puisque l’on n'enseigne plus l’histoire autrement que comme un catéchisme laïc, destiné à promouvoir « les valeurs de la République ». Là aussi il faut être de gauche pour croire au « vivre ensemble » quand les profs ne peuvent pas parler de la Shoa sans risquer l’émeute avec ceux de leurs élèves qui représentent une « chance de la France ».

L’Histoire est une science, humaine donc imparfaite, mais nous l’admettons communément comme une science. Lorsque l’on en fait l’instrument d’une idéologie, voire une idéologie à part entière, le risque est grand de produire l’inverse de l’effet recherché. Il en va ainsi avec le génocide des juifs d’Europe. Du rôle d’incidente de l’histoire du second conflit mondial, il en devient le principal élément dans les manuels de nos collégiens et lycéens. Tout est alors passé au crible de la morale du moment. Cette dernière étant tout sauf intemporelle — car le fruit de l’époque qui la consacre – l’appliquer à l’étude d’un événement passé ne peut que conduire à l’accumulation d’anachronismes qui sont la plaie de l’Histoire. Pour tirer des leçons d’un événement, quel qu’il soit, il faut le comprendre et, pour ce faire, il ne faut pas l’analyser avec nos a priori d’aujourd’hui. Il faut, en la matière, se garder du « y avait qu’à, fallait qu’on ». L’extermination d’un peuple est un drame épouvantable. Que l’on fasse de la protection des juifs un marqueur de l’esprit de tolérance qui anime nos démocraties modernes me semble justifié, surtout en regard de ce qui s’est passé dans les années 30. Que l’on se jette, au nom de la morale actuelle, l’attitude des protagonistes du dernier conflit mondial à la figure, en fonction de leurs réactions vis-à-vis du massacre, me semble déjà beaucoup plus critiquable. Enfin qu’au nom des victimes de la folie nazie, toute critique argumentée envers Israël ou une personne de confession juive devienne de l’antisémitisme, me semble être un détournement de l’histoire, porteur de bien des tragédies à venir, ainsi qu’une justification en or fournie à tous les adeptes du « complot juif mondial ». Malgré tous ces dangers, la « reductio ad hitlerium » est un instrument dialectique dont use et abuse régulièrement la gauche qui cause.

A l’étranger aussi, les socialistes sont tordants.

Si nous sommes devenus avec le Venezuela, le conservatoire mondial des archéosocialos, nous n’avons pas le monopole des imbéciles heureux. De ce point de vue, les Grecs ne sont pas mal non plus. Les Hellènes ne se sont pas contentés de nous envoyer de nouveaux clowns pour nous distraire. Ils ont poussé le vice jusqu’à élire des gens qui croient pouvoir changer le monde par le seul fait de leur démagogie. Le fait que deux générations de Papandréou se soient succédées pour dilapider un pognon que les successeurs de Périclès n’avaient pas, faute d’avoir sciemment négligé le moyen d’en faire entrer dans les caisses par le biais, entre autres, de la collecte de l’impôt, ne choque personne. Pas plus que les déclarations hallucinantes du nouvel Hercule sur le sang qu’il est prêt à verser pour l’honneur de son pays n’ont suscité le moindre ricanement (en France, parce qu’en Allemagne on ne s’en est pas privé). Rien ne peut entamer leur sérieux et leur donner vaguement le sentiment du ridicule, pas même le fait de dire qu’ils iront « jusqu’au bout et même au-delà » (après Buzz, voici Alexis l’Eclair). Pourtant, ce qui achève de prouver que Tsipras est bien socialiste, ce ne sont pas ses phrases grandiloquentes, c’est son absence totale de sens des réalités. Quand il déclare, sans l’ombre d’un sourire, qu’il compte sur la France pour être la garante de la croissance en Europe, il monte sur l’Olympe de la bêtise collectiviste. Sérieusement bonhomme ! Avec Hollandréou : la croissance en Europe, garantie par la France ?

Laissons les Grecs à leurs conjectures économiques et concentrons-nous sur un socialiste, économiste à l’étranger et fanatique de licence grecque en matière de sexualité à ses (visiblement nombreuses) heures perdues. Non, mes amis, je n’ai aucune idée sur les mœurs de Thomas Picketti, en revanche la presse est pleine de ceux de DSK. Il est impossible de conclure un papier sur l’humour de gauche sans évoquer le champion toute catégorie du foutage de gueule. Faire croire à la terre entière que l’on se consacre au développement de sa prospérité globale, à la tête du Fond Monétaire International, alors qu’en réalité, on semble n’avoir à l’esprit que les prochaines promenades de popaul, voilà qui est bien socialiste. Et à tous les moralistes qui se désolent des frasques lilloises du meilleur économiste du monde, tout en se félicitant qu’une femme de chambre du Sofitel nous ait évité la honte de l’avoir pour Président, je rappellerais que l’actuel titulaire de la fonction, tout en prétendant se dévouer corps et âmes au redressement du pays, emmenait régulièrement popaul se redresser rue du Cirque, à scooter, dans le dos de celle qui lui avait voué son âme… Timeo socialistos et dona ferentes !

Toute cette profusion de bourdes, prononcées avec un sérieux de légat du Pape, achève de me convaincre qu’il est criminel de légaliser le cannabis auquel, tous ces grands esprits s’adonnent avec passion. Visiblement, les dommages au cerveau sont irrémédiables et la conséquence des concentrations déraisonnables de THB sur la stabilité spatio-temporelle des fumeurs réguliers, ne plaide pas pour la mise en vente libre d’un produit aussi véritablement stupéfiant.

Marc Suivre''

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