Tout est normal !

Difficile de passer au travers, les conseillers, les laudateurs, la presse (pardon pour le pléonasme) bref, tout ceux qui comptent dans le milieu feutré et très fermé de la bien-pensance autorisée nous l’affirment : avec François Hollande, la Présidence sera enfin apaisée. Plus personne ne sera stigmatisé en fonction de ses origines ou de ses croyances, seulement en fonction de ses revenus. C’est qu’il faut en finir avec cette odieuse habitude de vouloir remettre la France au travail. La France : ce pays fertile où, comme le disait Clémenceau, on sème des impôts pour y récolter des fonctionnaires. Dans ce pays de cocagne, des jeunes issus de quartiers défavorisés (comprendre des enfants d’immigrés) rançonnent et rackettent à tout va, sans que la Justice réagisse avant la dixième infraction constatée (et encore, je suis généreux). Pour les socialistes au pouvoir, la normalité consiste donc à faire preuve de compréhension à l’endroit des défavorisés et à appliquer sévèrement les lois pour les autres. Lorsque l’on est un homme blanc, catholique hétérosexuel et bien portant, on a tout à redouter du pouvoir socialiste. Le jeune discriminé sera valorisé, tandis que l’autre, le privilégié sera ponctionné. Ils vous l’ont répété durant toute la campagne : pour vivre ensemble, il faut un ordre juste. Si vous ne vous attendiez pas à une justice aussi rigoureuse à votre endroit, c’est que vous êtes naïf. Il convient de réduire les odieuses inégalités « territoriales » en permettant la totale expression des « richesses » issues de l’immigration de masse. Vous, les petits bourgeois habitants « normaux » des quartiers « normaux », vous ne connaissez pas votre chance de participer, ainsi au quotidien et par la grâce des héritiers de Guy Mollet : à l’émancipation du parasite social.

Quand vous ne faites pas partie de la richesse de la France (comprendre une minorité ethnique), vous êtes juste bon à travailler pour être rançonné : au propre par les défavorisés sus mentionnés et de façon plus générale par le fisc. L’Etat possède d’ailleurs cette supériorité sur les mafias ou les diverses tribus de banlieue : celle d’étendre sa voracité sur tout le territoire. Si par hasard vous avez le malheur de ne pas consentir à vous faire plumer et que vous franchissiez nos frontières pour aller exprimer votre solidarité en des terres de moindre rapine, vous devenez un ennemi public. Les députés élus dans la foulée du mec normal, ne voient aucune contradiction à envisager de vous déchoir de la nationalité française. Ce sont les mêmes qui poussaient des hauts cris lorsque Sarkozy avait caressé l’idée de retirer la qualité de Français aux tueurs de flics d’origine étrangère (et souvent binationaux), avant de capituler piteusement en rase campagne. Il s’en est même trouvé un pour demander la confiscation des bien de Gérard Depardieu, l’exilé le plus célèbre de France (oui, oui, ils osent tout). Nous voilà replongé en 1793 où l’on saisissait les propriétés des émigrés. Encore un petit effort et nous entrerons dans le régime de la Terreur fiscale en attendant, avec gourmandise, le Directoire (mais seulement parce que nous sommes taquins et cultivés).  La bêtise, en la matière, n’est pas réservée aux seuls députés. Leur chef, le sémillant promoteur de l’aéroport de Notre Dame des Landes trouve « minables » ces salauds de riches qui s’enrichissent (sic !) en partant payer leurs impôts à l’étranger. C’est vrai ça, quelle idée de fuir, alors que  ce bon Ayrault se propose de les appauvrir en France ! Bienvenue en Normalie…

SOS  … racistes !

Pour les socialistes, seule compte la lutte des classes, c’est connu depuis Marx. Il convient donc, suivant ce saint principe, de venir en aide au prolétariat. Comme le prolo traditionnel ne se laissait plus prendre aux sirènes des « enchanteurs du rêve français »,[1] nos bons esprits ont transféré leurs actions de grâces vers l’étranger. Vous savez : cette altérité qui nous rend chaque jour plus fort… et plombe nos comptes sociaux. Les socialistes se sont, en leur temps, alliés avec les plus stupides de nos patrons, pour faire de la baisse du salaire des travailleurs français, au travers d’une immigration débridée, l’alpha et l’oméga de la compétitivité nationale. Quelle idée géniale ! Plutôt que de délocaliser vers des pays à bas coût de main-d’œuvre, pourquoi ne pas faire venir leurs crèves la faim chez nous ? Résultat, après vingt ans de ce régime remplaciste, nous avons la misère du monde ET les délocalisations.

On pourrait croire que devant les piètres résultats de leurs politiques passées (que la droite a renoncé à enrailler), les socialistes revenus aux affaires adopteraient un profil bas. C’était sans compter sur les multiples clercs du très lucratif clergé antiraciste. A force de combattre le racisme supposé des méchants blancs, ce dernier est devenu plus raciste que ses cibles étaient supposées l’être. D’ailleurs, le racisme ne s’exerce qu’à sens unique, du blanc vers le moins blanc, jamais dans le sens contraire, c’est aussi vrai que la terre est plate ! Ainsi, l’élection de Miss France 2013 vient-elle de donner lieu à une savoureuse saillie du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires). Il se trouve que ces infatigables défenseurs de la cause noire se sont fendus, 24 heures à peine après le sacre de Miss Bourgogne, d’un communiqué par lequel ces cuistres regrettaient que Miss France : « soit aussi blanche que la neige de fin d’année déposée sur les clochers de notre France éternelle » (authentique !). Imaginons, l’espace d’un instant, que le Front National ait déploré, lors du concours de Miss Black (promu par les mêmes apôtres de la diversité) que la gagnante soit : « aussi noire que la suie déposée au fil des ans dans les conduits des cheminées de nos ancêtres », le tollé eut été général. Avez-vous entendu parler de cette déclaration ouvertement raciste du CRAN ? Non, bienvenue en Normalie.

Des vertus de l’affichage en politique

On le sait depuis longtemps : moins on a à donner, plus on l’étale. C’est un principe vieux comme l’impécuniosité de l’État, c’est dire s’il est multiséculaire. Dans ce rayon, les ingénieurs de la pensée unique socialistes sont « champions du monde » comme on le dit (de moins en moins, exode racial oblige) à Sarcelles. Comme ils n’ont plus les moyens de changer la vie, nos bricolos-socialos nous donnent la possibilité de changer de vie. Encore que dans le cas présent, le verbe donner soit un peu excessif. Ils nous imposent de changer de vie Il en va ainsi du « mariage pour tous » en réalité une union pour quelques-uns (et unes). En vertu du principe qui veut que : tout ce qui diverge est beau, les stratèges socialistes foncent tête baissée dans le sociétal. Pour quelques milliers d’homosexuels désireux de singer les pratiques hétérosexuelles : frac, robes blanches, Monsieur le Maire et tutti quanti, les progressistes autoproclamés vont remettre en cause les règles de la filiation, interdire la mention de père et de mère sur les actes d’état civil et reconnaître à tous un « droit à l’enfant » comme les planteurs avaient, fut un temps, un « droit à l’esclave ».Toujours dans la même veine, les spécialistes de l’égalité progressiste du PS nous assènent que la PMA (Procréation Médicalement Assistée) est un droit de l’Homme, ou plus précisément de la Femme dans le cas d’espèce. Au nom d’une logique qui leur est propre, ces législateurs fous mettent sur le même pied une femme qui ne PEUT pas avoir d’enfant par les voies naturelles avec une autre, qui ne VEUT pas en avoir par des voies naturelles. Si l’on se met, au nom de cet égalitarisme imbécile, à accepter de couvrir des dépenses de santé pour « convenance personnelle » (sexuelle en l’occurrence), je ne vois pas très bien comment l’on va pouvoir continuer longtemps à refuser de rembourser la chirurgie esthétique non réparatrice. Où se situe le progrès dans cet immense chambardement… on se le demande encore, mais tout est normal.

Les vacances de Monsieur Hulot

Pendant ce temps-là, notre Président (louées soit sa clairvoyance et sa grande sagesse normale) vient de nommer Nicolas Hulot : « envoyé spécial pour la planète ». La France a donné au monde : Versailles, les Lumières et les Droits de l’Homme. Voici maintenant que nous faisons don, à notre bonne vieille Terre, d’un envoyé spécial spécialisé en gel douche. Arrêtons-nous un instant sur ce galimatias, si révélateur des pratiques de Com’ du temps. Le terme « envoyé spécial » vous a un côté journaliste baroudeur qui sied particulièrement bien au personnage. Sauf qu’être « envoyé spécial » suppose de venir de quelque part. Dans le cas présent, être « envoyé spécial pour la planète » suppose une origine extraterrestre, d’où l’on démontre que Normalito et ses camarades vivent bien sur la planète des Bisounours.

Trêve de plaisanterie, même l’intéressé ne sait pas ce qu’il va faire de son titre ronflant qui lui vaut quand même un passeport diplomatique. Un « envoyé spécial » du Président de la République outre le fait qu’il représente la France, est aussi supposé être un proche de celui qui le missionne. De ce côté là, pas de problème, les deux sont aussi élégants l’un que l’autre. Au moment où de vils mécréants mettent en doute le saint dogme du réchauffement climatique, il est tout de même rassurant de sentir une chaude normalité au plus haut niveau de l’État. Une normalité qui n’hésite pas à afficher son credo à la face du monde… au moyen de nos impôts. Quoi de plus normal ?

Harlem : un Désir sectaire

Le pugilat à la tête de l’UMP nous le ferait presque oublier, mais « lui Président » a doté, il y a peu, son parti d’un nouveau Premier sectaire. Or, force est de constater qu’en matière de désir, Harlem en suscite autant qu’un bidet. Aussi doit-il s’agiter, telle une gerbille sous extasie, pour que l’on s’aperçoive de son existence. Il faut dire, à sa décharge, que les ministres du PEGC (sous prof des années 70 du siècle dernier) d’Allemand se donnent tellement en spectacle, qu’il est bien difficile d’exister depuis Solférino. Il n’empêche, celui qui doit sa carrière à Malik Oussékine  se démène comme ce dernier face à un voltigeur, pour prouver qu’il est parmi nous. Ainsi, le bougre a-t-il récemment pris la plume, pour exhorter tous les parlementaires (oui, vous m’avez bien lu, tous, même ceux qui ne lui appartiennent pas) à passer à la vitesse supérieure sur le droit de vote des étrangers. Le monde à Hulot et le Parlement Harlem, décidément que de générosité chez Normal 1er.

Dans une lettre ouverte publiée dans Libération (comme c’est curieux) le Désir « appelle chacune et chacun d’entre vous (les parlementaires) à examiner cette question en conscience et sans considération partisane (un peu comme lui quoi !) et à donner force de loi à une promesse que la République doit enfin tenir ». Ce trait comique est un monument élevé à la gloire de la pensée unique éternelle. Tout à sa harangue, Harlem amalgame les choux et les poireaux pour en faire un brouet suintant la bonne conscience de celui qui n’en a aucune. Je passe sur l’exhortation à laisser de côté les calculs partisans. De la part du mec qui dirige un parti qui s’apprête à se faire copieusement botter le cul lors des municipales, la volonté d’enrichir les listes électorales de tout un tas d’électeurs captifs est sans aucun doute un acte de pur altruisme. Intéressons nous davantage à la conclusion : « donner force de loi à une promesse que la République doit enfin tenir ». En quoi les élucubrations des deux François : le Mitterrand et le Normal, engagent-elles la République ? Les promesses de candidats à la magistrature suprême qui ne reculent devant rien pour se faire élire n’ont pas vocation à être systématiquement traduites dans la loi. À ce compte-là, on se demande pourquoi, Harlem et ses petits copains ont combattu si âprement Nicolas Sarkozy. Ils lui reprochaient sans doute de ne pas être aussi à droite qu’il avait promis de l’être en 2007.

On le voit, le socialisme normal c’est l’exclusion, le rejet de toute opposition et ce sentiment détestable entre tous d’incarner le bien à soi tout seul. Un Président normal ne doute jamais de la pertinence de sa mission. Il est juste, du moins aime-t-il à le faire croire. Tout comme les prétendantes au rôle de Miss France, Normalito n’aspire qu’à « faire le bien autour de lui, Jean-Pierre ». La France doit encore subir cinquante-trois mois de normalité avant de pouvoir envisager d’aller de nouveau de l’avant. C’est long, c’est même très long ! Au rythme où la normalité enchaîne les conneries, il n’est du reste pas exclu que la cote de l’anormalité s’envole vers des sommets … en 2017.

NOTE

[1] Rappelez vous que, avant de nous promettre tout et son contraire, Normalito avait envisagé de « réenchanter le rêve français ». Ce slogan d’une mièvrerie à faire pâlir Chantal Goya a été vite abandonné au profit du délire sur « le changement c’est maintenant » qui sert actuellement d’essuie tout à l’Elysée.

La version originale de ce texte a été publiée sur le blog de Marc Suivre en date du 20 décembre 2012. Remarquons que tous les articles de Marc Suivre sur son blog sont généralement accompagnés par la reproduction de cartoons politiques fort bien conçus.