Par un raisonnement des plus tendancieux, la Cour (des miracles judiciaires en l’occurrence) a condamné Zemmour, non pas en raison du caractère mensonger de ces propos (c’eût été un peu gros), mais en raison de sa nature. Curieuse parabole en effet, qui fait de la qualité de l’émetteur du message, une circonstance non seulement aggravante mais « condamnante ». Puisque Monsieur Zemmour est un journaliste connu et écouté (par une bande de pétainistes invétérés, cela va de soi), il est forcement coupable car il ne peut ignorer la portée de ses propos et les dommages qu’ils sont à même de causer, du fait de leur large diffusion, fermez le ban.

On peut donc lire cet arrêt de la manière suivante : puisqu’il est établi que l’accusé est en contradiction assumée avec les tabous de sa profession, puisqu’il en tire un bénéfice éhonté, puisque sa parole porte et que de ce fait il rassemble et déculpabilise tout ceux que ses « confrères » s’efforcent d’éparpiller et de culpabiliser, puisqu’il ne saurait être question de contrevenir sans dommages et de façon aussi flagrante aux principes de la pensée autorisée, par ces motifs et en raison de sa notoriété, condamnons le prévenu à l’indignité etc. etc …

En dehors du témoignage, remarqué, de l’inusable empêcheur de tuer la République en rond qu’est Jean Pierre Chevènement et de l’indignation publique du tout nouveau Secrétaire d’Etat aux Transports Thierry Mariani (espérons qu’il le reste), le silence de la classe politique en dit long sur son courage. Pas besoin d’aller faire le paon à la tribune de l’ONU ou de trainer sa chevelure d’argent devant la première caméra venue en s’autoproclamant défenseur des Libertés au niveau de la planète toute entière, si c’est pour garder un  profil aussi bas en pareille circonstance.

Que la gauche mondialisée se félicite de cette iniquité, tout le monde s’y attendait. Heureusement pour elle, le Lion de Belfort rugit encore, cela prouve au moins que tous les patriotes qu’elle comptait naguère, ne sont pas encore passés au Front National. Qu’à droite, en revanche, personne ne vienne contester cette décision liberticide, à une notable exception près, voilà qui en dit long sur la réalité du terrorisme intellectuel. Il est amusant de constater combien la peur de l’excommunication médiatique conduit le politicien à la prudence. Il est ainsi des jugements que l’on respecte au nom de la séparation des pouvoirs et de l’autorité de la justice … et d’autres pas.