Vive Standard & Poor’s
Par Philippe Simonnot le samedi 13 août 2011, 14:45 - Article - Lien permanent
Personne n'y croyait vraiment, ils l'ont pourtant fait... L'agence de notation Standard and Poor's a dégradé la note américaine. Comment les Etats doivent-ils réagir face à cet avertissement ? Philippe Simonnot explique que l'une des solutions serait d'en finir avec ces "fausse monnaies".On avait dit qu’ « ils » n’oseraient pas. Hé bien ! « ils » l’ont annoncé bravement, et « ils » l’ont fait. Vive Standard & Poor’s. Et ils vont remettre ça.
Et honte à tous ceux qui voudraient « réguler », « surveiller », « punir » voir supprimer les agences de notation. Casser des thermomètres n'a jamais réussi à faire baisser la fièvre. Vaut mieux encore se les mettre quelque part !
La dégradation du triple A américain était du reste parfaitement prévisible. Tous ceux qui nous serinent depuis le début de cette crise – trois ans déjà- qu’on a fait mieux qu’en 1929 grâce à plus d’intervention des banques centrales, à plus d’Etat (Keynes, le grand retour !), à plus de régulation des marchés, en sont pour leurs frais. Comprendront-ils enfin qu’on ne crée pas de la richesse en imprimant du papier-monnaie ? Avec un taux d’intérêt quasiment nul, un déficit budgétaire abyssal, et un endettement qui crève plafonds et autres fragiles garde-fous parlementaires, l’économie américaine ne crée plus d’emplois ; la France non plus, pour ne citer que ces deux phares du keynésianisme militant.Quels arguments vont maintenant nous servir les pyromanes qui nous gouvernent et leurs experts patentés ? On attend la suite avec un amusement désespéré, tant le scénario de la crise se déroule avec une rigueur implacable. La seule manière d’en sortir serait d’en finir avec ces fausses monnaies qui ont cours légal, que l’on nous oblige à utiliser, et de construire un moyen de paiement véritablement international, à l’abri des manipulations étatiques. La solution existe, elle est simple, pratique, à portée de main. Elle a été proposée par nous-même en haut lieu. Le seul problème – et il est politiquement de taille - est que les privilégiés du système actuel (gouvernants, banquiers de tout acabit, et autres instances financières proches du pouvoir de création monétaire) feront tout pour ne pas l’adopter – tout jusqu’à nous entraîner dans un innommable abyme.

Philippe Simonnot est directeur de l’Atelier de l’Economie Contemporaine. Dernier livre publié : "Delenda America", (Editions Baudelaire). La version originale de ce papier a été publié dans Marianne en date du 8 août 2011.
Commentaires
Ce n'est pas parce qu'un bandit tue un autre bandit qu'il faut voir en le premier un honnête homme et le porter aux nues.
https://www.facebook.com/notes/le-l...
"Je te tiens, tu me tiens par la barbichette..."
http://www.bloomberg.com/news/2011-...
Selon wikipedia l'agence de notation financière chinoise Dagong Global Credit Rating a dégradé la note américain (« AA », abaissée à « A+ » en juillet 2010, puis à « A » le 3 août 2011)(1) Moody's n'a dégradé les USA que le 5 juillet.
Pour ceux qui veulent prévoir les prochaines dégradations de pays l'article Notation_financière et son graphique donnent de précieuses indications (2)(3).
Remarque : je ne suis pas économiste, mais il me parait plein de bon sens que la futur première économie du monde est sa propre agence de notation. Il m'a toujours semblé incroyable que les 3 seuls agences de notations soient américaine. Il ma aussi toujours semblé incroyable, que toutes les courbes de mesure de la température globale soit anglo-saxonne (américaine 3 courbes et anglaise 1 courbes).
(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Dagong
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Notati...
(3) http://www.dagongcredit.com/dagongw... Credit Rating Report of 50 Countries in 2010.pdf
C'est un peu plus compliqué que cela, on ne pourra pas se balader avec des pièces d'or ou d'argent, mais c'est inéluctable, la base "métaux précieux" n'a jamais cessé d'être la seule qui soit viable.... et ce parce des milliers d'années l'on prouvé.
De facto, la hausse de l'or et de l'argent prouve qu'ils sont les deux seules "monnaies" existantes, le reste n'étant que des "devises".
Si les agences de notation avaient fait leur boulot, les notes des états auraient dû être dégradées depuis longtemps et beaucoup plus fortement.
Petit rappel, les agences de notation n'ont pas vu la faillite ENRON par exemple, ni LTCM, ni Bear Stearns, ni Freddie Mac, ni Fannie Mae etc... elles sont bidon.
Les banquiers ne peuvent pas imprimer des lingots, à part quelques barres en tungstène, ils se sont donc approprié le droit d'imprimer "devises", un peu comme si Dracula était le directeur de la banque du sang, et avec ce système, du sang ils ont fait couler et ce n'est pas terminé.
Le pire serait une nouvelle devise mondiale basée sur un panier des principales devises actuelles, on repartirait sur une quarantaine d'années de la même veine, c'est à dire de pauvreté, de malheurs en tous genres sauf pour les mêmes.