Pas seulement pour des raisons évidentes d'efficacité de l'argent public et de l'économie mais aussi pour des motifs tenant à la dignité et à la psychologie : l'assistanat enferme les gens qui en sont bénéficiaires dans un piège, et finit par leur retirer tout pouvoir d'initiative et à les transformer en oisifs qui n'ont rien fait de leur vie et n'ont été en rien utiles à leurs semblables; ce qui les rend tristes, aigris et malheureux.

"L'assistance doit être une seconde chance, pas un mode de vie", disait le président Clinton.

Quand on tient un pareil discours, on est souvent critiqué par certaines associations chrétiennes, par exemple le Secours Catholique, ou le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), organisations qui se revendiquent du catholicisme en apparence mais sont en réalité très pénétrées par l'extrême gauche.

Rappelons le slogan publicitaire affiché par le CCFD qui montre un africain abandonné avec la mention :

"tu mangeras quand tu seras compétitif".

Sous entendu s'il n'est pas compétitif, il faut l'aider financièrement.

Cette incitation à l'assistanat permanent est-elle véritablement conforme au christianisme ? Pour répondre à cette question il faut d'abord consulter la Bible. Je recommande en particulier la lecture de la seconde lettre de Saint-Paul aux Thessaloniciens qui a été proclamée tout récemment à la messe du 25 août, fête du roi de France St-Louis.

En voici un extrait :

"Frères, au nom du Seigneur Jésus Christ, nous vous ordonnons d'éviter tous ceux d'entre vous qui vivent dans l'oisiveté… Nous n'avons pas vécu parmi vous dans l'oisiveté, et le pain que nous avons mangé, nous n'avons demandé à personne de nous en faire cadeau. Au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d'en vous. Bien sûr nous en aurions le droit ; mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter. Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'ilne mange pas non plus."

Ainsi il n'est pas vrai que le christianisme donne sa bénédiction à l'oisiveté et à la paresse. De nombreuses encycliques papales l'ont précisé, en particulier celle de Jean- Paul II intitulée "Centesimus Annus" qui a rappelé le droit à l'initiative dont chaque être humain est pourvu et qu'il est criminel de nier, comme l'ont fait les régimes communistes de l'autre côté du rideau de fer avant 1989 qui ont même persécuté ceux qui s'en prévalaient.

L'homme est fait pour l'action et non pour vivre aux dépens des autres. Si on le laisse faire, il produira évidemment plus qu'il ne consomme car telle est sa vocation. C'est pourquoi les messages et positions des associations que j'ai citées ne sont qu'un scandaleux travestissement à la sauce marxiste et tiers-mondiste de la pensée chrétienne.

Il en est de même des positions récemment prises par ces associations sur la répression du crime et de l'immigration illégale. Elles ne font en réalité que s'aligner sur la ligue des droits de l'homme, le MRAP, la Licra et autres organisations gauchistes pour entonner la même chanson, de façon à donner l'illusion d'une symbiose entre chrétiens et laïcs contre la politique du gouvernement en matière d'ordre et de sécurité.

C'est ce que fait aussi le journal "Le Monde" qui tire à boulets rouge contre cette politique sécuritaire. Selon tous ces gens décidément bien éloignés des réalités, il ne faudrait en somme pas punir la délinquance car cela stigmatiserait les minorités ethniques où souvent elle se produit, et il faudrait assister les gens pauvres, les incitant ainsi à l'oisiveté et à la perception d'allocations sociales.

Ce programme revient en fait à rabaisser le niveau partout. Il constitue une puissante et dangereuse machine pour excuser le mal et exonérer les individus des conséquences de leurs actes. Je doute qu'il emporte l'adhésion générale et, de fait, "Le Monde" ne semble pas suivi par beaucoup d'autres journaux dans son oeuvre de propagande et de dénigrement.

En résumé, l'altruisme et la générosité ne consistent pas à prendre l'argent des autres (au lieu de donner le sien) pour aider les déshérités. Ils consistent au contraire à leur donner du courage, de l'élan, de la foi en soi-même, de l'idéal pour qu'ils reprennent espoir. Leur donner de l'argent, c'est souvent une façon de se débarrasser d'eux en les enfonçant encore davantage dans l'inactivité et la médiocrité. C'est également un cercle vicieux, bien démontré par la courbe de Laffer qui montre la désincitation à l'activité productrice que la fiscalité engendre.

Arthur Laffer, cet économiste américain devenu célèbre dans les années 80, avait coutume de dire :

"Si à chaque fois que vous travaillez, vous recevez une facture et à chaque fois que vous arrêtez de travailler, vous recevez une allocation, pourquoi voulez vous travailler ?"

J'espère vous avoir ainsi démontré qu'altruisme et assistanat ne riment pas ensemble et sont même parfois antinomiques.

Si cela ne suffit pas, on peut présenter la chose d'une autre façon, avec la fable de la cigale et de la fourmi. Normalement c'est la fourmi qui a raison (elle travaille durement pendant l'été pour construire sa maison et préparer ses provisions pour l'hiver) et la cigale a tort (puisqu'elle ne prévoit rien, danse et joue tout l'été puis se trouve prise au dépourvu "par l'hiver" comme dit la fable).

Mais il y a une version moderne de la fable que l'on m'a envoyée par courriel et que je vous lis :

"… La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie tandis que d'autres ont froid et faim.

La télévision organise des émissions qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions. Comment peut-on laisser souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance ?

Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi. Les journalistes organisent des entretiens demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie "sa juste part". Le gouvernement édicte une loi sur l'égalité économique.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et sa maison est saisie car elle n'a pas assez d'argent pour les payer. La fourmi quitte la France pour s'installer en Suisse où elle recommence son travail avec succès.

La télévision montre la cigale en train de finir les dernières provisions de la fourmi, bien que le printemps soit encore loin, et habitant sa maison devenue logement social qui se détériore car la cigale n'a rien fait pour l'entretretenir.

La cigale meurt d'une overdose. La maison est ensuite squattée par un gang d'araignées fraîchement immigrées. Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté."

Voilà. J'arrête ici ce cauchemar, qui est en somme la version socialiste de "la cigale et la fourmi".

Trait.jpg Ce texte de Patrick Simon a fait l'objet d'une chronique sur Radio Courtoisie.