Chypre et le principe de Sutton : « Prendre l'argent là où il se trouve »
Par Jean-Jacques Rosa le mercredi 20 mars 2013, 12:11 - Article - Lien permanent
Au-delà des informations d'actualité, le Professeur Jean-Jacques Rosa rappelle les faits qu'il ne faut jamais perdre de vue.
William 'Willie' Sutton (30 juin 1901 – 2 novembre 1980) était un voleur de banque américain multirécidiviste. On estime qu'il a volé plus de 2 millions de dollars au cours de sa carrière criminelle qui s'est étendue sur une quarantaine d'année et qui lui a valu de passer plus de la moitié de sa vie d'adulte en prison. Son habileté à se déguiser pour attaquer ses cibles lui a valu deux surnoms : « Willie l'acteur », et « l'astucieux Willie ». Sutton est plus spécifiquement connu en raison de la légende qui lui prête d'avoir un jour répondu que s'il attaquait les banques c'était « parce que c'est là que se trouve l'argent ! » (source : Wikipedia).
C'est ce principe que les gouvernements de la zone euro, en particulier ceux des pays du nord, ont finalement décidé d'appliquer pour secourir le secteur bancaire chypriote particulièrement mal en point, et à la recherche désespérée de nouveaux fonds. En fait, la décision d'exproprier partiellement les épargnants des banques chypriotes a été imposée par l'Allemagne, la Finlande, l'Autriche et la Slovaquie, dont le principal souci est d'apaiser des électorats lassés par la multiplication des opérations de secours européennes, et d'éviter la survenance de possibles crises politiques même chez eux.
Les banques qui ont avantageusement tiré profit de la création de la monnaie unique sont aujourd'hui les premières victimes de la crise de l'euro (cf la chute des cours de leurs actions). Résultat : la confiance dans l'euro – en tant que réserve de valeur – est maintenant menacée d'en prendre un sacré coup sur les marchés internationaux et dans l'univers des grands investisseurs.
En quoi l'euro est-il responsable de cette pagaille ? Tout d'abord, il faut se rappeler que l'entrée de Chypre dans la zone euro en 2008 a permis aux institutions financières locales de se développer à un rythme accéléré, à la manière de ce qui s'est passé en Islande et en Irlande. Cette entrée leur a permis d'opérer désormais avec tous les avantages d'une monnaie stable, une monnaie de classe mondiale gérée par la BCE d'une manière très conservatrice « à l'allemande ». C'est ainsi que l'hypertrophie du secteur financier est une conséquence directe de l'euro.
Aujourd'hui, le banques chypriotes ont un encours total de crédits et autres placements à risques qui s'élève à 152 milliards de dollars, soit – selon le FMI - huit fois le Produit national brut du pays. C'est à dire un montant qui, en cas de difficultés, dépasse de loin, et même de très loin, la capacité de l'économie et du gouvernement de se porter à leur secours. C'est ce même genre d'extrême vulnérabilité aux chocs financiers qui a dévasté l'Irlande.
Second point : du fait de sa proximité géographique et de ce que les deux pays parlent la même langue, les banques chypriotes ont naturellement choisi la Grèce comme aire d'expansion privilégiée de leurs activités. C'est ainsi qu'elles ont développé leurs prêts aux entreprises et aux consommateurs grecs, cependant qu'elles se gorgeaient également d'emprunts du gouvernement grec. Une politique qui était toute à fait naturelle, mais débouchait sur des prises de risque énormes.
Suite à la crise de la zone euro – dont la responsabilité se trouve dans la conduite d'une politique monétaire erronée, conçue par rapport aux besoins allemands et non pour répondre aux difficultés des pays du sud méditerranéen - et en raison également de l'aggravation de la spirale déflationniste dont souffre l'économie grecque depuis la politique d'austérité voulue par la « Troïka », les haircuts imposés aux détenteurs privés de dette grecque ont très profondément affecté les banques chypriotes et leur ont infligé de très importantes pertes.
La petite taille de son économie par rapport à l'hypertrophie de son secteur bancaire rendant impossible le recours à l'impôt pour donner à l'Etat les moyens de sauver les banques, l'appel à l'aide étrangère était alors inévitable. C'est la seconde raison pour laquelle l'euro est responsable de ce qui arrive à Chypre, même s'il est vrai que les banquiers de l'ile ont eu tort de concentrer leurs crédits sur la Grèce.
Chypre a appelé les européens et les russes à leur secours. Mais les Etats du nord, en particulier l'Allemagne, ne veulent pas imposer plus d'impôts à leurs concitoyens pour le seul plaisir de sauver les banques chypriotes. Ils ne veulent plus que la BCE continue de monétiser les dettes de l'Etat chypriote. C'est ainsi qu'ils en sont venus à considérer que le « principe de Sutton » pourrait bien faire l'affaire.
Ajoutons que la principale autre raison de cette politique de prélèvement sur les banques conçue par les eurocrates est que les principaux déposants dans les banques de Chypre relèvent de nationalités étrangères à l'Union européenne et à la zone euro, et qu'il n'y sont donc pas électeurs, ce qui fait que pour les hommes politiques européens la solution du hold up financier est une option bien tentante. Ils essaient maintenant de se justifier en expliquant qu'il ne saurait être question de sauver les avoirs d'oligarches russes spécialisés dans le blanchiment d'argent sale et la fraude fiscale, mais c'est juste une excuse pour justifier de taxer des gens sans avoir l'aval d'une représentation parlementaire, c'est à dire en bafouant les règles de base d'une société démocratique. Quand vous voulez tuer votre chien, vous l'accusez d'avoir la rage.
M. Poutine n'est certainement pas d'accord avec tout cela, et les chinois et autres investisseurs vont maintenant y regarder à deux fois avant d'engager leurs fonds dans des placements en euro. Cela ne sera pas sans conséquences sur les coûts de refinancement des dettes de l'Etat espagnol , portugais ou italien.

La version originale de ce texte (en anglais) a été publiée sur le blog personnel de Jean-Jacques Rosa. Traduction Henri Lepage.
Commentaires
le rétropédalage en la matière par les oligarques (FMI,Troïka et autres banksters) en 24 h n'est pas terminé sous l"amicale pression de nos amis Russes.Si certains parmi eux se souciaient et se soucient encore comme d'une guigne de l'avenir de leurs héritiers ,il est probable qu'une explication de texte à domicile par des spetnaz en retraite leur feront prendre conscience que leur futur très proche risque d'être obéré par une crise de saturnisme aiguë.La perte de quelques milliards de dollars vaut bien cette "explication".Cette hypothèse n'est pas aussi farfelue qu'elle le parait ,nos amis Russes ayant organisé des tours opérators de chasse aux pirates au large de la Somalie pour de richissimes clients sans bien entendu que cette info vérifiée ait été mentionnée dans nos médias à la botte,et ils est possible qu'ils ne feront aucunes différences avec le racket en passe d'être subi aujourdhui
On en peut qu'abonder aux propos de bon sens de Janus... :
le rétropédalage pathétique des eurocrates, essayant d'affirmer qu'ils n'ont jamais demandé que l'on dépouille les détenteurs de comptes de moins de 100,000€, en violation des règles européennes habituelles, est ridicule...
Mais le vote négatif des députés chypriotes (aucun n'a approuvé le plan, pas un seul!) sent bon l'amicale pression des grands frères russes, c'est fort juste!
La suite n'est-elle pas écrite? plan alternatif présenté par les russes... actifs offshore (hydrocarbures) et utilities chypriotes présentés en garantie, voire transférés... et pas de spoliation des comptes en banque. Non?
Le pire dans tout cela, est le signal envoyé à tous les investisseurs du monde entier : oui l'europe n'hésitera pas à réaliser un hold-up, par saisie de ce qui est auprès des banques, en s'attaquant au capital de ses propres citoyens. Il n'y a plus de règle de droit ici, au sens common law, seulement des technocrates sans foi ni loi construits sur le modèle des "élites françaises", lesquels iront chercher l'argent là où il est!
J'espère être d'un pessisime outrancier.
@AlexL
Non, votre pessimisme n'est pas outrancier.
C'est vraiment "la bêtise de trop", titre d'un excellent papier de Charles Wyplosz écrit dès dimanche soir sur le site voxeu.org (http://www.voxeu.org/article/cyprus... ). A lire, même encore aujourd'hui.
Peut-on vraiment parler de hold-up ?
Du point de vue des déposants étrangers, il me semble qu'il ne s'agissait pas de "dépots" mais bel et bien de "placements", vu en particulier le rendement élevé proposé. Dans ces conditions n'est-il pas normal que le montant nominal du placement soit ajusté à sa valeur réelle ?
Le blocus de Chypre vient de commencer.
Les masques tombent.
L’Union Européenne révèle son vrai visage.
La Banque Centrale Européenne révèle son vrai visage.
La BCE n’est qu’un gang de maîtres-chanteurs.
La BCE affame les Chypriotes jusqu’à ce qu’ils cèdent.
La BCE arrête de fournir des billets en euros aux banques de Chypre jusqu’à ce que les Chypriotes cèdent.
Les masques tombent.
L’Union Européenne n’est qu’une dictature.
Ni plus, ni moins.
Ceux qui soutiennent cette dictature n’ont aucune leçon à nous donner.
Aucune.
Le blocus de Chypre me rappelle le blocus de Berlin. (Le 24 juin 1948, à l’issue d’une longue dégradation des relations entre les quatre occupants de l’Allemagne, l’Union soviétique bloque les voies d’accès terrestre à Berlin-Ouest. Commence alors le « blocus de Berlin », qui dure jusqu’au 12 mai 1949.)
Ceux qui soutiennent l'Union Européenne sont comme ceux qui soutenaient l’URSS au moment du blocus de Berlin.
Ceux qui soutiennent l'Union Européenne ont oublié que le blocus de Berlin n'a pas empêché l'effondrement de l'URSS quarante ans plus tard.
Les dictatures peuvent faire tous les blocus qu'elles veulent : à la fin, les peuples finissent par les détruire.
Les 15 peuples qui étaient réunis dans l'URSS ont fini par reprendre leur indépendance : aujourd'hui, l'URSS est morte.
De la même façon, les 27 peuples qui sont réunis dans l'Union Européenne reprendront leur indépendance : demain, l'Union Européenne mourra.
L'Union Européenne rejoindra l'URSS dans les égouts de l'Histoire.
Lisez cet article :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Ce qui m'étonne aussi c'est que des gens qui ont approuvé la solution islandaise à son problème de banques (qui ma parait la plus naturelle), critiquent la solution proposée par les européens au cas chypriote. Du point de vue des déposants, laquelle est la plus couteuse ?
les banques sont en faillite si rien n'est fait ,la totalité des avoirs de la clientèle est menacée.... via la fermeture des banques
les banquiers sont certes responsables car ils ont proposé des affaires trop belles pour être vraies (revenu à 8 ou 9%)mais les clients ont souscrits persuadés que lUE garantirait toujours ou ferait marcher finalement la planche à billets ,spéculer sans risques: le rêve....
il y a 2 problèmes à régler :l'immédiat et ce n'est pas en train d'être fait ;après avoir promis à l'UE de piquer les sous des clients ,le rétropédalage chypriote a commencé (il est vrai qu'ils sont grecs ...)
ce qui est sûr c'est que la solution n'est pas le coup d'essuie glace de l'UE sinon le petit jeu va continuer
Russes Chinois et 'autres pourront aider contre la confiscation du potentiel gazier mais il va falloir trouver autre chose pour qu 'à l'avenir la spéculation bancaire s'arrête
il n' y a pas de solution indolore
ce sera forcément piquer des sous comme la tentative actuelle ou créer des impôts trés importants ce qui reviendra au même
il y a une seule chose pire, laisser les banques faire faillite la totalité des avoirs disparaîtrait
chypre a mangé son pain blanc et après avoir cru pouvoir profiter de l a Grèce la voila rattrapée son tour
ce n'est qu'un avant goût de ce qui nous attend ,certains rêvent qu'en imprimant des billets enUE et en les jetant d'un hélicoptère on pourra s'en sortir ,certains ,sans rire disent que l'austérité ça suffit en France ,elle n'a pas commencée puisque on a augmenté les impôts pour continuer à dépenser..et rien fondamentalement changer
si Laffer a raison les résultats fiscaux de fin d'année seront catastrophiques et on entendra vite de s travaux verts , vite des emplois pour les jeunes payés par les contribuables il faut gagner du temps espérer que Merkel chute et que les prochains soient plus accommodants ,les marchés ,eux ,ne le seront pas :d'ici la fin de l'année
les recommandations de l'OCDE et plus devront être appliquées sinon chypre sera une aimable plaisanterie
@hlepage : merci beaucoup, très bel article de Wyplosz, qui a non seulement le mérite de la clarté mais celui de présenter des scénarios possibles, au lieu de rester vague. Sa limite me semble être qu'il n'analyse pas le potentiel des ressources naturelles etc : puisqu'il faut prendre de l'argent quelque part, ces ressources suffiraient-elles ou non, et après tout, elles sont Chypriotes, donc c'est ce pays et ses habitants qui paieraient l'addition.. sans violation des droits de quiconque.
@Helios : le hold-up, ce sera surtout si/quand votre compte en banque, le mien etc.. se trouvent ponctionnés à leur tour... mais c'est déjà que l'homme de la rue de Chypre, qui ne touche pas de rendements extraordinaires, voit saisir ses économies, une partie de son salaire etc.. par le bon plaisir arbitraire des autorités. Comment restaurer la confiance, après?
le petit Baroso vient d'être convoqué à Moscou demain avec une quinzaine de ses petits camarades pour se faire gentiment tirer les oreilles,ce sera probablement le dernier avertissement avant solde de tout compte.Il aura intéret à faire preuve de compréhension à défaut d'intelligence,la Russie reste un grand pays et viens de s'asseoir brutalement à la table ou il n'était pas convié bien que l'on y veuille déguster ses provisions sans lui.La confiance ou ce qu'il en restait en l'europe et ses aparatchiks c'est fini et ce dans toute l'europe
Pour moi la faillite d'une banque ça se traduit par la liquidation des actifs de cette banque et la distribution de ce qui a été obtenu aux créanciers, y compris les déposants. C'est ce qui a été fait en Islande. Et en général les créanciers y laissent des plumes. Je ne vois pas pourquoi ça se passerait autrement à Chypre. A moins que quelqu'un ait le moyen de faire disparaitre miraculeusement la faillite, il y aura toujours quelqu'un qui paiera.
@hélios,bonjour, demandez à Bernanke la recette,on fabrique un peu de talbins et hop le tour est joué, plus de faillite à Chypre ,puisque d'après tout les ténors keynèsiens c'est sans conséquences aucune de pondre de la monnaie a tout va.Tiens pendant que nous y sommes qu'ils en fassent un chouya en p^lus pour abonder mes comptes bancaires,bon je rigole, mais c'est bien ainsi que raisonnent 90% des pundits ,experts,et illustres économistes en tout genre sur la planète
Extrême maladresse des Européens. Mais si Chypre n'était pas dans l'euro, la dévaluation subie par les déposants n'aurait-elle pas été bien supérieure au prélèvement envisagé ?
Beucoup de bruit pour rien. Après tout, il ne s'agit que d'une taxe de plus, non? En quoi serait-elle plus criticable que celle frappant les transactions financières ou que toute autre impôt ou taxe? La question se pose aussi et surtout de savoir qui paiera, si ce n'est le chypriote. Non, le vrai problème et le vrai scandale, c'est quand les erreurs des uns sont payées par d'autres ce qui est malheureusement trop souvent le cas!
"
si Laffer a raison les résultats fiscaux de fin d'année seront catastrophiques et on entendra vite de s travaux verts , vite des emplois pour les jeunes payés par les contribuables il faut gagner du temps"
je ne croyais pas si bien dire ça y est revoila les subventions pour les économies d'énergie et voila un coup de pouce pour les HLM mais schizophrénie ambiante revoila la taxation des super riches à 66,66 . là c'est diabolique-:)
taxons le capital (alors qu'il a déjà été taxé avant d'être capital )taxons les propriétaires toujours et plus , augmentons les obligations des propriétaires,empêchons le droit d'expulsion et étonnons nous que la construction chute sur un fonds de faillite économique
le national socialisme est en route ,prenons encore et toujours et l'Etat se substituera à ce égoïstes du privé , ces maudits libéraux.
les grands groupes vivant des subsides de l'Etat ne penseront pas comme moi mais quoiqu'il fasse l'Etat n'a pas les moyens de faire tout, tout seul
rendez vous en octobre/novembre pour voir combien de milliards manquent dans l'escarcelle de l'Etat et comment il les trouvera sans toucher à ses électeurs fonctionnaires:
Bonjour
La situation avant intervention du we dernier est que les banques chypriotes n'ont quasiment pas de capital (apres tout ce sont des banques, quoi de plus normal dans notre systeme de reserve fractionnaire), peu de liabilities au bilan et enormement de depots. Ils ont place ces depots, ce qui est leur boulot, notamment en obligations grecques. On parle d'environ 800% du PIB de l'ile qui est cense garantir le systeme. Les pertes prises sur le haircut grec detruisent leur bilan: elles sont en situation de faillite. On passe les actionnaires a la moulinette, ce n'est pas assez. On nettoie les autres creanciers, ce n'est pas assez. Reste les deposants. C'est tout a fait normal et conforme a l'etat de droit. Les deposants savent ce qu'ils font quand ils prennent le risque de deposer leurs actifs a Chypre. A eux d'en tirer les consequences. Le 'paradis' Chypriote ne sera plus jamais le meme, quelle que soit la solution, sauf si quelqu'un d'autre paye la facture: inacceptable me semble-t-il.
Puis vient la question de la garantie de depots sous 100,000 Euros. Il est clair que Chypre n'a pas les resources pour la couvrir - d'ou un risque systémique de capitulation totale du systeme bancaire Chypriote - enter Europe.
De plus la BCE a pris environ 7.5Mds d'euros de risque en autorisant la banque centrale chypriote a imprimer de l'argent via l'ELA. La on est dans l’incompétence totale - ils sont pris dans un jeu dangereux ou il est plus facile d'entrer que de sortir.
La solution proposee par la troika consistait en fait a repartir les pertes sur (i) les deposants de maniere arbitraire et quasi homogene, independamment de la sante de leur banque particuliere et (ii) le contribuable europeen. Ce n'est pas forcement idiot mais presenter ca comme une "taxe" est une faute grave de communication. Les deposants ont deja perdu 40-50% de leur argent parfois et on leur propose de ne payer que 10% - il s'agit d'un sauvetage, pas d'une taxe!
Les Chypriotes ont cru pouvoir ameliorer leur position de nego en jouant la Russie contre l'UE. Je ne suis pas sur qu'ils en sortent grandi. Et la facture risque de ne pas etre plus legere... Finalement ils vont sauver Merkel de son incapacite a communiquer correctement. Bravo!
Tout ca est tres amusant mais guere encourageant sur la capacite de nos elites a gerer la crise. A titre personnel je vais m'empresser de sortir mes actifs de la zone Euro.
Bien a vous.