Hockey_Stick_petit.gifIl y a eu, bien sûr, des enquêtes inévitables sur des individus tels que Michael Mann de Penn State University -- qui a manipulé les données pour créer sa fameuse courbe des températures en "crosse de hockey") et Phil Jones (directeur du CRU). Les enquêtes ont été brèves, parfaitement superficielles, et pour l'essentiel ont été menées par des individus déjà publiquement déclarés comme partisans de la version populaire du réchauffisme. Elles ont conduit à des exonérations qui sont tout à fait incroyables étant donné la réalité des faits.

Par-dessus le marché, on a vu force organismes professionnels, dont l'American Society of Agronomy, l'American Society of Plant Biologists et la Natural Science Collections Alliance, dont la plupart n'ont aucune connaissance experte d'aucune sorte en matière de climat, reprendre à leur compte l'opinion suivante : le climat se réchaufferait, ce réchauffement serait dû aux émissions de dioxyde de carbone par l'homme, et la poursuite de ces émissions mènerait à la catastrophe.

Il est raisonnable qu'on s'interroge sur les raisons qui les font se sentir obligés de souscrire à cette opinion-là. La position du GIEC dans le Résumé pour les décideurs de son quatrième rapport d'évaluation (2007) est moins avancée, se bornant à affirmer que la plupart du réchauffement des 50 dernières années serait due aux émissions de l'homme. On prétend parfois que le GIEC serait à 90% sûr de cette affirmation, mais elle n'a aucun fondement statistiquement identifiable -- elle est purement subjective. Le GIEC affirme également que les observations de l'anomalie de température moyenne du globe seraient compatibles avec les prédictions de réchauffement des modèles informatiques.

Il y a, cependant, certaines choses que l'on passe sous silence quant à ces affirmations du GIEC.

Par exemple, les observations ne le sont, compatibles avec les modèles, que si les émissions comprennent des montants arbitraires de particules aérosols réfléchissantes (résultant, par exemple, de sulfates industriels) dont on se sert pour neutraliser une bonne partie du réchauffement prédit par les modèles. Quant aux observations elles-mêmes, ce avec quoi elles sont compatibles en l'absence de ces ajustements, c'est le fait qu'il y a trop peu de réchauffement pour que cela vaille la peine de beaucoup s'en soucier.

En outre, le GIEC suppose que lesdits modèles prendraient précisément en compte toutes les autres sources possibles de réchauffement -- plus particulièrement, la variabilité naturelle, non forcée, liée à des phénomènes tels que El Niño, l'Oscillation décennale du Pacifique, etc. Or, l'absence relative de réchauffement statistiquement significatif depuis plus d'une décennie montre à l'évidence que cette hypothèse-là était erronée.

Bien sûr, rien de tout cela ne compte plus pour ceux qui remplacent la raison par des affirmations d'autorité.

Voyez cette lettre du 9 avril envoyée au Financial Times par les présidents de l'Académie Nationale des Sciences aux Etats-Unis et de la Royal Society (Ralph Cicerone et Martin Rees, respectivement). Elle reconnaît que le Climategate, en même temps qu'un froid inhabituel, ont contribué à réduire la préoccupation du public. Cependant, MM Cicerone et Rees s'obstinent à affirmer que rien ne se serait passé pour altérer l'affirmation plutôt extrême comme quoi le climat serait en train de changer et cela serait dû à l'action humaine.

Puis on les voit rajouter (à propos du réchauffement) un énoncé fort singulier, presque en passant :

« les incertitudes sur le taux à venir de cette augmentation, dépendant en grande partie des effets de "rétroaction" , de la vapeur d'eau et des nuages, font actuellement l'objet de recherches".

CloudsQui pourrait deviner, à partir de cet énoncé-là, que ces effets de rétroaction sont justement la question cruciale? Sans ces rétroactions positives que présupposent les modélisateurs informatiques, il n'y aurait aucun problème de quelque importance, et on ne pourrait plus lier les diverses catastrophes qui dépendent de nombreux facteurs au réchauffement climatique d'origine humaine.

Ce qui veut dire que la question qui compte pour la politique est loin d'être réglée.

Or, la lettre n'en conclut pas moins :

"Nos académies fourniront le fondement scientifique pour les dirigeants politiques et économiques qui doivent créer des politiques efficaces pour orienter le monde vers une économie à faible émission de carbone."

En d'autres termes, la solution serait résolue alors même que la question scientifique ne l'est pas.

En France, plusieurs savants de renom ont récemment publié des livres critiquant l'alarmisme qui se concentre sur les émissions de carbone. Le message de tous ces écrits est que les normes scientifiques qui prétendent fonder ces préoccupations alarmistes sont médiocres, et que le langage, dans certains cas, est allé trop loin.

En réponse, une lettre signée par 489 chercheurs français en matière de climat a été adressée aux

"organismes scientifiques français les plus élevés : le Ministère de la Recherche, le Centre National de la Recherche Scientifique, et l'Académie des sciences"

faisant appel à eux pour défendre la "science" du climat contre ces attaques.

Il ne semblait y avoir aucune reconnaissance du fait qu'appeler les organismes de paiement à prendre parti dans une discussion scientifique ne saurait favoriser la liberté du débat.

La controverse a été, et continue d'être, largement couverte par la presse française. À bien des égards, la situation française est meilleure que celle des États-Unis, dans la mesure où "les plus hautes instances scientifiques" n'ont pas pris officiellement de positions publiques --ou du moins pas encore.

Malgré tout cela, il semble bien que le grand public est de plus en plus conscient que c'est autre chose que de la science qui se fait en matière de changement climatique, et que les politiques proposées ont bien des chances de causer de graves problèmes à l'économie mondiale.

Il se peut donc qu'après tout le Climategate ait eu un effet.

Mais il est imprudent de supposer que ceux qui ont fait leurs plans pour profiter de la question vont tout simplement laisser tomber sans livrer bataille. On peut seulement espérer que les réchauffistes vont perdre, de sorte que nous puissions revenir à faire de la vraie science et à traiter de vrais problèmes d'environnement tels que nettoyer l'air et l'eau. C'est cela qui devrait être un objectif approprié pour la Journée de la Terre. Trait_html_691a601b.jpg

Richard Lindzen est professeur de météorologie au Massachusetts Institute of Technology. La version originale de ce texte a été publiée dans le Wall Street Journal du 22 avril 2010


Voir aussi de Richard Lindzen :

Voir les vidéos des Minnesotans for Global Warming :