Retraites : la queue du chien
Par Marc de Scitivaux le mardi 23 mars 2010, 11:51 - Article - Lien permanent
Les Français sont les gens les plus intelligents de la Terre, c’est bien connu (surtout en France). Et il faut une forte dose d’intelligence pour inventer depuis vingt ans les arguties permettant d’échapper à cette constatation simple: puisque la durée de vie s’est allongée considérablement, la durée du travail doit également s’allonger.
Partout dans le monde, des gens forcément beaucoup moins intelligents que nous –des Danois, hier, aux Espagnols aujourd’hui– en ont tiré une conclusion (certainement trop simpliste!): l’âge de la retraite est passé à 67 ans.
Les Français sont-ils schizophrènes? Interrogés sur la nécessité de réformer les retraites, ils répondent majoritairement oui –et c’est alors leur raison qui parle. Mais interrogés sur un possible allongement de la durée du travail qui les frapperait, ils répondent tout aussi majoritairement non –et là, c’est leurs "tripes" qui parlent.
Dans un monde de plein-emploi, la demande serait beaucoup moins forte. Mais entre les délocalisations et le couperet de l’âge, la retraite apparaît comme le moment où les revenus ne dépendent plus de l’existence ou de la disparition du travail. Retraite et fonction publique sont des havres qui mettent à l’abri des conséquences cruelles de la mondialisation. En réalité, la retraite, pour beaucoup, n’est pas le moment où on arrête de travailler mais le moment où l’angoisse de perdre son travail disparaît.
Mais le surcoût d’une retraite qui ignorerait la réalité des modifications démographiques ne peut être financé que par l’accroissement des prélèvements, sociaux s’il s’agit des cotisations, fiscaux s’il s’agit de l’impôt. Les conséquences sont simples: le travail plus coûteux qu’ailleurs se délocalisera et les "riches" continueront à migrer.
On a pu amoindrir les conséquences évidentes de cette logique économique par la dette. CRDS, Cades, etc., resteront comme des monuments à la gloire de la capacité française de repousser les problèmes plutôt que de les régler.
Mais on le voit bien aujourd’hui: les artifices n’ont plus qu’une durée de vie limitée, la Grèce est l’annonce de ce qui pourrait arriver ailleurs.
Jusqu’à maintenant les pouvoirs publics ont réformé à la marge, pratiquant la méthode du gradualisme que l’économiste Frédéric Bastiat décrivait ainsi en 1840: "Mon pauvre chien, je dois te couper la queue, mais pour que tu souffres moins, je t’en couperai un petit bout chaque jour." Il est temps de couper d’un seul coup le reste de la queue qui en est d’ailleurs, la plus grande partie.
Marc de Scitivaux est coprésident des Cahiers Verts de l'Economie. La version originale de ce texte a été publiée dans Le Journal du Dimanche en date du 20 février 2010.
Commentaires
dur dur, mais si vrai.
moi-même j'ai subi le chômage définitif des + de 50 ans. On ne le sait pas quand ça arrive on pense tout le temps que dans les 6 mois suivants……… etc………
je suis devenue pauvre à vie, ma retraite étant des plus minces (et pourtant j'ai été cadre), et j'ai été saisi de tous mes biens…………
cependant je n'ai jamais cessé de travailler. Par ex; j'ai fait beaucoup les marchés……
à la reception récente d'un petit héritage j'ai bien cru que la solution serait de viabiliser ma maison…… finalement j'ai ouvert un magasin (j'ai 68 ans).
une nouvelle vie commence donc... je suis bizarre j'en ai conscience
comme vous dites :
la durée de vie s' allonge donc on doit travailler plus longtemps
evidemment , c' est pourquoi je propose la suppression des droits à la retraite
pour les journalistes qui ont un petit bureau bien au chaud l' hiver,
un siège avec des accoudoirs, une machine à café au bout du couloir ,
et qui pour résumer, ne sont pas plus fatigués Ã
60 ans qu' Ã 20 ans
cordialement
Marc a raison..
Tout procède de ce concept très francais d'âge légal de la retraite,qui est un non sens absolu.
L'âge de cessation d'activite principale devrait une decision individuelle, en fonction de l'etat de santé, de la situation de fortune, ou d'absence de la dite fortune, de la penibilité des professions exercées, et d'accords bilateraux ou de branche.
En aucune manière d'un texte legislatif..
Avec modulation des cotisations et prestations en fonction de la durée effective de la vie professionnelle: retraite a points...
Ceci bien sur dans le secteur concurrentiel qui laisse entier le sujet des solutions a appliquer au secteur public..
On peut fort bien supprimer un fonctionnaire sur 2, ou 2 sur 3, dans le cadre de la RGPP,on continuera neanmoins a lui servir nous lui souhaitons pour de nombreuses anées 90 % de sa meilleure remuneration.
tout à fait;
je propose aussi une loi dans le cadre de l' amélioration
de la cohésion sociale, de permettre à tous ceux
qui ne travaillent pas dans le batiment, les travaux publics,
l' agriculture ou en travail posté de faire un stage annuel de 15 jours
à l' un de ses emplois afin d' avoir une meilleure approche
de la pénibilité.
cordialement
Les derniers remaniements ministériels, s’ils ont fait somme toute peu de bruit dans les médias m’inspirent les réflexions et l’analogisme historique suivant.
François Baroin, héritier plénipotentiaire du Grand-Orient a été nommé au budget ; la Franc-maçonneries et ceux qui la constituent savent donc avec certitude désormais qu’ils ont les clefs de la cave et risquent d’être fort occupés dans les années à venir à sortir toutes les bonnes bouteilles et à boire jusqu’à plus soif ; ce faisant, endormis par l’ivresse du pouvoir que donne l’argent facile, l’intelligentsia nobiliaire constitué d’hommes et femmes lettrés seront trop occupés à défendre leurs places au soleil pour se donner les moyens de réagir et d’avoir une vue d’ensemble sur la France.
Eric Woerth quant à lui est un comptable. Il va appliquer les recettes qu’il connait au ministère du travail et donc de ce fait, désespérer Billancourt. Avec certitude, on peut attendre l’ensemble des fonctionnaires dans les rues à la minute où l’on touche au régime des retraites ce qui sera fait donc d’ici à septembre 2010, l’ensemble des institutions françaises fonctionneront sur trois pattes avec les répercussions économiques en chaine que l’on connait.
Sont touchés à ce stade, la « noblesse » qu’elle soit Francs maçonnes ou non dans la mesure ou, nommer Baroin au budget est en quelque sorte une affirmation de préférence donnée par le pouvoir exécutif. Le peuple sera être touché, directement mais personne ne réagira dans les hautes instances puisque ivre mort.
Nicolas Sarkozy sait que, dans l’état de la France d’aujourd’hui, il ne saurait être réélu. En fin politique, il a d’abord obtenu ce qu’il désirait, le vote des français, par la séduction.
Les récents désaveux des régionales, les attaques personnelles qui transpercent, la montée des verts s’alliant à la gauche, un tout qui fait que le Président actuel sait avec certitude qu’il ne pourra obtenir sa réélection par la séduction cette prochaine fois. Or cet homme ne comprend la vie qu’en incessant rapports de force. Ce qu’il ne peut obtenir par la douceur, il choisit, aujourd’hui, de l’obtenir par la force et il prépare son terrain.
Nicolas Sarkozy sait que sa plus grande force est de se positionner en homme d’action et il prépare son terrain de jeu : La France.
Un grand pays pour un si petit homme me direz-vous ? Peut être plus si grand quand il en aura fini.
Eric Woerth va mettre tous les fonctionnaires dans la rue d’ici six mois ; aucun contre pouvoir n’interviendra, ils ont été achetés ; la bourgeoisie, elle n’existe plus ou prou.
On assiste, ni plus ni moins à un hold-up. Ce petit homme est en train de, volontairement, poussée la France dans le vide afin d’être appelé à la rescousse.
Tout est écrit et je me prends à avoir peur…