Ce n’est pas parce que nous sommes « en crise » que le monde s’arrête, et qu’il faut cesser de réfléchir. D’immenses développements sont en cours qu’il serait suicidaire de ne pas intégrer dans ses raisonnements.

Je peux citer, par ordre d’importance :

1.Nous sommes en train de passer d’une économie industrielle à une économie de la connaissance.

2.Le centre de gravité du monde est en train de passer, si ce n’est déjà fait, de l’Atlantique au Pacifique.

3.Nous allons changer de système énergétique dans les 10 ans qui viennent, passant d’un monde centré sur les hydrocarbures à un monde électrique.

4.La sociale-démocratie, dans quelques années, va se heurter au « mur de la dette », et il va y avoir des révisions déchirantes à effecteur sur ce qu’est l’Etat, et sur ce que doit être son rôle.

5.Un nouveau modèle d’organisation des sociétés a émergé (societes plate formes), ce qui change passablement la donne boursière ou financière.

Et j’en oublie sans doute…

Se lamenter sur « la Crise », chercher des boucs émissaires, réclamer des têtes, dans le fond, ne sert qu' dissimuler une paresse intellectuelle qui amène tout un chacun a s’exonérer de ses responsabilités en face d’un phénomène qui dépasse l’entendement.

Je n’imagine pas une seconde que le lecteur tombe dans ce travers. En Chinois (je vis a Hong-Kong), crise et opportunité sont représentés par le même idéogramme. Certes nous sommes au milieu d’une des plus fortes périodes de « création destructrice «  que l’ histoire ait connue. Ce que le lecteur doit faire c’est se dire ce que disait Goethe : "sur le passe, le Ciel lui-même n’a point d’empire".

Ras le bol la Crise ! Il faut orienter tout son effort intellectuel sur les opportunités, qui n’ont jamais été aussi flagrantes et, plutôt que de se dire "le système ne marche pas", se dire :"non seulement il marche, mais mon rôle est de comprendre comment il marche et d’agir en conséquence".

Que le lecteur me laisse conclure par un exemple.

Tout le monde sait que pour des raisons démographiques la retraite par répartition est condamnée. Bien des gens se doutent que l’Etat Français va avoir des problèmes de financement de sa dette dans un avenir proche. Il existe un système fiscal (l’assurance vie) qui permet a tout un chacun de se constituer une retraite. Les Français, qui savent que la démographie du système de retraite est épouvantable et que l’Etat risque la faillite, continuent pourtant de bourrent leur assurance vie… d’obligations d’Etat.

Comprenne qui pourra !