Le 9 juin 2011 : "La France et le nucléaire", débat à l'Assemblée nationale avec Alain Madelin et Jean Bergougnoux
Par Institut Turgot le mercredi 15 juin 2011, 14:29 - Réunions - Lien permanent
Le jeudi 9 juin l'Institut Turgot accueillait Alain Madelin (ancien ministe de l'industrie) et Jean Bergougnoux (ancien directeur général d'EDF, Président d'honneur de la SNCF ainsi que d'Eurélectric) pour un débat sur le thème : "La France et le nucléaire - l'heure du choix".
Du fait des événements récents intervenus à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, la consternation devant l'ampleur des dégâts matériels et humains du tsunami a rapidement cédé le terrain à une vive controverse sur le rôle et l'avenir du nucléaire dans l'approvisionnement énergétique de nos pays.
Le vieillissement de notre parc de centrales nucléaires, mais aussi les contraintes européennes d'ouverture du marché électrique à la concurrence communautaire exigent que les autorités françaises prennent d'importantes décisions précisant les objectifs et les moyens qui conditionneront pour plusieurs décennies les perspectives d'avenir du secteur électro-nucléaire, tout en tenant compte des conséquences de Fukushima.
Le but de la réunion était de remettre un peu de raison et de mesure là où la passion, l'aveuglement et l'idéologie l'emportent souvent, au point de noyer l'information et la clarté des débats sous les préjugés.
Ci-dessous vous pouvez visionner le diaporama présenté par Jean Bergougnoux en accompagnement de sa présentation.
"la singularité nucléaire française"Jean Bergougnoux a rappelé des éléments factuels concernant le parc nucléaire français. Celui-ci compte 58 unités, dont la plupart ont été construites au cours des années 1980 et 1990, pour une durée de 40 ans. Se pose donc la question de leur prolongation ou de leur remplacement, d’autant que le démantèlement d’une centrale est très cher : 15 % de celui d’une construction.
En France, où 74 % de l’électricité est produite par le nucléaire, EDF va donc devoir consentir des investissements très importants dans les deux décennies à venir, qui vont impliquer des choix stratégiques. Or, du fait du moindre coût du nucléaire par rapport aux énergies dites « renouvelables » (l’éolien terrestre est 4 fois plus cher que le nucléaire, l’éolien « offshore » 8 fois plus, et le photovoltaïque 15 fois plus, ce surcoût étant financé par le nucléaire), c’est pour Bergougnoux le nucléaire qui constitue la meilleure option, une conviction partagée par Jean-Michel Bélouve dans son livre Nucléaire civil : le rebond !, publié chez LiberMédia en coopération avec l’Institut Turgot, et présenté à l’occasion de ce débat.
Mais la poursuite du programme nucléaire français impliquera des hausses de tarif, ceux-ci étant aujourd’hui réglementés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), bien en-deçà de ce que serait leur prix sur un marché compétitif. Sans une hausse des tarifs de 8 euros par mégawattheure (MGWh), il sera en effet impossible à EDF de réaliser les investissements nécessaires, d’autant que les nouveaux réacteurs EPR sont beaucoup plus coûteux que les anciens, cela en raison de l’addition des normes de sécurité allemandes à celles d’EDF du fait du caractère binational du programme.
Alain Madelin a confirmé le propos de Jean Bergounoux, en comptant toutefois sur la recherche pour rendre à l’avenir rentables d’autres sources d’énergie qui, aujourd’hui, ne le sont pas : éolien, biocarburant, hydrogène, et surtout photovoltaïque, ainsi que pour trouver de nouvelles économies d’énergie à réaliser. Plutôt que de subventionner la production d’électricité éolienne comme elle le fait, la puissance publique ferait mieux de subventionner la recherche, ou plus simplement de laisser le marché agir pour que les prix réels de la production d’électricité soient connus, conduisant à des innovations là où les coûts doivent être diminués (dans le photovoltaïque notamment).
Quant à la question des risques du nucléaire posée par la catastrophe de Fukushima, ceux-ci sont, en nombre de victimes, moins importants que ceux des centrales thermiques à charbon et des barrages hydroélectriques, comme l’a rappelé Alain Madelin. Une juste mesure s’impose donc à un an des élections présidentielle et législatives, qui vont être l’occasion d’une remise en cause du programme électronucléaire français par certains candidats.
Commentaires
Très intéressant, ne serait-ce que pour entendre le 'vrai' coût kW/h du nucléaire(avec coûts de démantèlement et de stockage certes optimistes), ou de voir confirmer un peu plus l'orientation de notre politique énergétique post Fukushima.
On peut visionner cet interview du scientifique Jean-Pierre Petit pour un complément d'information sur le nucléaire, la fusion, et ses alternatives moyen-long terme(notamment du solaire thermique importé à moindre coût et déperdition d'Afrique!):
http://www.dailymotion.com/video/xj...
Et pour enfoncer encore un peu plus la (fausse) bonne idée de semer des éoliennes aux 4 vents sur le territoire:
http://www.manicore.com/documentati...
"L'Allemagne réagit comme une société libérale ouverte au sens de Karl Popper. Comme en Allemagne, ouvrons le débat sur le nucléaire"
(Tribune de Nicolas Bouzou, Prix Turgot 2008)
http://www.lemonde.fr/idees/article...
quelques réflexions pour animer le débat:
i) Les dégats et le coût du nucléaire doivent se voir sur le long terme (1000 ans ou 20000 ans?).
ii) Que fait-on des déchets du nucléaire et des réacteurs qui ne sont plus utilisés?
iii) C'est bien de laisser les forces du marché agir mais sans aides étatiques il n'y aurait jamais eu une telle énergie nucléaire et un tel problème à gérer.
iv) pourquoi l'industrie du nucléaire n'est-elle pas assurée pour les risques qu'elle pourrait occasionner aux tiers?
v) les dégats et le coût des catastrophes de Fukushima et à Technobyl semblent gigantesques. Quelles autres catastrophes liées au secteur de l'énergie ont occasionnées des dégats économiques aussi importants sur une période aussi longue?
vi) Où en est l'EPR? Qu'en est-il de la progression du projet en Finlande? Quel en est le coût?
Le commentaire de Monsieur Madelin concernant Mme Merkel est indigne d'un homme politique.
que ce ce Monsieur m'explique quelles seraient les conséquences politiques et économiques d' un accident de type Fukushima dans notre beau pays....
Le commentaire de Monsieur Madelin concernant Mme Merkel est indigne d'un homme politique.