Réchauffement climatique ? La terre a ses trucs à elle pour contenir le volume de carbone.
Par Institut Turgot le vendredi 11 décembre 2009, 22:04 - Article - Lien permanent
Nous devons à la vigilance de François Guillaumat cette traduction en français d'un excellent papier, écrit par un professeur de géologie australien,Ian Plimer, rempli d'informations utiles pour nourrir la controverse qui fait rage sur le réchauffement planétaire.
C'est peut-être rassurant de s’imaginer que la science serait une discipline absolue: à l'abri des engouements, des fanatiques et des escrocs, pas perturbée par les extrémistes, les propagandistes, les m’as-tu-vu et les fanatiques. Cependant, elle ne l'est pas : elle est aussi vulnérable aux groupes d'intérêts et aux préjugés de ceux qui la pratiquent que toute personne morale ou parti politique.
On escamote des vérités gênantes, et on donne une importance exagérée à des preuves incertaines.
Et nulle part cette évidence n’est aussi préoccupante que dans la science des changements climatiques.
.En tant que domaine de la recherche celle-ci est devenu si fortement politisée que c’est en termes religieux que l’on parle des opinions opposées : il y a les croyants et les incroyants, et l’on souligne que les premiers seraient les Justes alors que les seconds seraient dans les Ténèbres
les fluctuations actuelles ne sont pas du tout aussi extrêmes
que ne le disent les prophètes de malheur
Ceux qui s’imaginaient les scientifiques comme d'inlassables chercheurs de vérité ont dû être choqués par le scandale qu’un hacker a déclenché quand il mis la main sur des courriels envoyés par les chercheurs de l'université d'East Anglia.
Les emails échangés par les membres de l’Unité de recherche sur climat de cette Université montrent, dit-on, qu’on avait utilisé des « trucs » pour « améliorer » des statistiques, et que des travaux qui ne s’accordaient pas avec le modèle informatique des changements climatiques présenté au GIEC auraient fait l’objet de censure.
Dans mon livre Heaven And Earth (Le ciel et la terre), j'ai mentionné l'existence de tels agissements, et je me suis fait clouer au pilori par ceux qui ont tout à gagner à ce que la bonne soupe du changement climatique continue à circuler .
Parce que c'est bien cela que c’est devenu : des scientifiques capables d’influence sur le GIEC sont devenus des alarmistes professionnels, et fabriquent des théories sensationnalistes pour récolter les fruits en termes de crédits de recherche et de célébrité.
L’ennui est que la seule manière possible de protéger ce fromage – et colporter leur message de catastrophisme imminent-- c'est que la petite coterie élitiste des camarades du climat, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, s’entende pour refuser les enseignements de la géologie, de l'archéologie, de l'histoire, de l'astronomie et de la connaissance du soleil.
Vous voyez, ce sont ces choses-là qui n’entrent pas dans leur jeu.
La réalité est que la Terre en est déjà passée par là, qu’elle en a vu de bien pires et qu’elle est encore, résolument, bien là aujourd'hui. La théorie du changement climatique et le pronostic désastreux que colportent ses partisans est tout simplement indéfendable.
Regardez donc les faits : la Terre est une planète chaude, humide, une sorte de serre.
Elle n’a eu de glace sur sa surface que pendant moins de 20 pour cent de son histoire, et son passé géologique a connu six épisodes de glaciation.
Deux périodes glaciaires ont été marquées par de la glace à l'équateur, avec un niveau des mers [qui avait baissé] de 1 500 m. En voilà un, de changement du niveau des mers !
Et cinq de ces ères glaciaires se sont produites avec une atmosphère bien plus chargée en dioxyde de carbone qu’elle ne l’est aujourd’hui. De sorte que le dioxyde de carbone ne peut évidemment pas être la cause des changements climatiques dans le passé.
En fait, à ses débuts la Terre avait 1 000 fois plus de gaz carbonique dans l'atmosphère qu’aujourd’hui, et pourtant il n'y a eu aucun effet de serre incontrôlable, ni points de basculement ni acidité des océans.
La source première des deux principaux gaz à effet de serre, la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone, c’étaient les volcans. Et c’est encore la vapeur d'eau qui est le principal gaz à effet de serre.
C’est ensuite, une fois les océans formés et la vie apparue, que le carbone été recyclé entre les océans, l’atmosphère, les sols, les êtres vivants et les formations rocheuses..
Le dioxyde de carbone est un aliment pour les plantes, et non un polluant.
Les activités humaines ne produisent que 3 % des émissions annuelles de dioxyde de carbone sur la planète : la seule éructation d’un volcan peut en émettre autant que cela en une seule journée. Ce gaz a une courte durée de vie dans l'atmosphère ; il se fait absorber par des processus naturels qui se produisent depuis des milliards d'années. Au taux d'absorption normal observé dans le passé, même si on brûlait la totalité des combustibles fossiles de la Terre, on ne doublerait même pas la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone.
Dans le passé il a été naturellement absorbé par toutes sortes de choses, depuis les récifs de calcaire jusqu’aux êtres vivants, en passant par le sol et les cailloux. Par exemple, le calcaire est une roche des plus commune, et elle en contient 44 %, de dioxyde de carbone.
La dissolution du gaz carbonique dans l'eau des océans ne les a pas rendus acides.
Les réactions chimiques constantes entre l'eau des océans, des sédiments et les roches du plancher océanique maintiennent les océans alcalins. C’est lorsque nous manquerons de roches sur le plancher océanique que les océans pourraient devenir acides.
N'attendez pas que cela arrive !
Nous nous trouvons encore au milieu d’une ère de glaciations qui a commencé il y a 34 millions d'années, le climat étant mené, entre autres, par l'orbite de la Terre, par le Soleil, les océans et les volcans.
Il est essentiel de rappeler que le temps, au sens géologique du terme, est une toile infiniment plus large qu’aucune des vignettes détaillées sur lesquelles les prophètes de malheur voudraient exclusivement détourner notre attention.
Il y a eu de longues périodes chaudes au cours de cette période glaciaire actuelle, et les calottes glaciaires n’en ont pas fondu pour autant. Elles ont avancé et elles ont reculé, comme elles continuent de le faire aujourd'hui.
On peut révéler les climats du passé par des forages profonds dans la glace de l'Antarctique pour obtenir des échantillons de ce que qu’était la neige il y a des milliers d'années.
Ceux-ci montrent que lorsque les cycles climatiques connaissent un pic de température, celui-ci précède d'au moins 800 ans un pic de dioxyde de carbone. Si bien que c’est à une véritable inversion de la réalité que se livrent les propagandistes du changement climatique lorsqu’ils nous assurent que le dioxyde de carbone provoquerait les changements du climat : la montée du dioxyde de carbone dans l'atmosphère n’a jamais fait que suivre les accroissements de température, elle ne les a jamais précédés.
Le climat connaît des changements périodiques : les cycles actuels suivent un modèle d'environ 90 000 années de conditions glaciaires hautement variables, suivie par quelque 10 000 ans de situations interglaciaires tempérées.
La période interglaciaire actuelle a débuté il y a plus de 12 000 ans : c’est une autre glaciation qui nous attend.
À la fin de la dernière glaciation, la température avait fluctué tout rompre : une certaine époque a connu un accroissement naturel de la température de 15°C en 20 ans : ça, c’est du réchauffement climatique.
Et pourtant, l'homme a prospéré.
Le pic de l'actuel épisode interglaciaire s’est produit il y a 6 000 ans, lorsque le niveau de la mer était plus élevé qu'aujourd’hui de presque 2,5 cm, et que les températures étaient de 5° C plus élevées qu'elles ne le sont actuellement.
Ni l’ampleur ni la vitesse des changements actuels de température ne diffèrent de ce qui s’est produit dans le passé. En revanche, entre 12 000 et 6 000 ans avant notre époque, au début de la période interglaciaire actuelle, le niveau des mers augmentait de 2 cm par an -- un rythme de changement bien plus élevé que tout ce qu’on peut constater aujourd'hui.
Au cours de la dernière glaciation, les terres chargées de glace s’étaient enfoncées.
Ces terres-là sont en train de remonter : par exemple, l’Écosse et le Pays de Galles remontent tandis que l’est de l'Angleterre s'enfonce. Au cours de la dernière glaciation, on pouvait aller à pied de l’Europe à l’Angleterre, de la Russie en Alaska à l'Alaska et de Papouasie-Nouvelle-Guinée jusqu’en Tasmanie. La Manche n’était alors qu’une rivière.
Au cours des précédentes périodes interglaciaires, les récifs coralliens et autres formes de vie se sont épanouies : chaque fois que montait le niveau de la mer, les atolls coralliens se développaient. Cela pourra faire sursauter ceux que nos Philippulus ont soumis au régime réchauffiste, mais ce n’est pas une nouveauté : Charles Darwin écrivait déjà là-dessus en 1842.
L'interglaciaire actuel a connu des changements climatiques de faible ampleur : certains sont périodiques, menés par des cycles solaire et orbitaux, et par les marées ; d’autres, tels que les changements d’origine volcanique, sont aléatoires.
C’est pendant les périodes chaudes que la vie prospère, et pendant les froides qu’elle s’étiole. C’est quand il faisait froid que de grandes civilisations se sont effondrées.
Pendant les 600 ans du « réchauffement romain », il faisait si chaud que l’on cultivait la vigne aussi loin au nord que le mur d'Hadrien.
Et le niveau des mers n'a pas monté, et la glace des pôles n'a pas fondu. Certains glaciers alpins ont disparu, pour seulement réapparaître plus tard.
Le froid est ensuite venu avec l'âge des ténèbres, amenant avec lui la famine, les maladies endémiques et la dépopulation massive.
Une période chaude de 400 ans lui a succédé : les Vikings faisaient pousser de l'orge et du blé, et ils élevaient des vaches et des moutons dans certaines régions du Groenland qui sont aujourd’hui inhabitables. Au cours de ce « réchauffement médiéval », les générations de récoltes assurées ont engendré tellement de richesse supplémentaire qu’on a pu construire les grands monastères, les cathédrales et les universités.
Et le niveau de la mer n’a toujours pas monté, et on n’a toujours pas perdu les calottes glaciaires.
Et, fait significatif, ça ne peut pas être les humains qui ont provoqué les réchauffements romain et médiéval par des émissions de dioxyde de carbone, étant donné il n'y avait pas d’industrie.
A suivi la Petite Ere Glaciaire : il y eu la famine, la maladie et le dépeuplement.
On tenait des foires sur la glace de la Tamise jusqu'au années 1820.
La Petite Ere Glaciaire a pris fin en 1850. Ce n’est pas étonnant que la température ait augmenté au cours des 150 dernières années : c'est ce qui arrive quand une période froide se termine.
Cet accroissement de la température n’a pas été régulier : il y a eu réchauffement de 1860 à 1880, refroidissement de 1880 à 1910, réchauffement de 1910 à 1940, refroidissement de 1940 à 1976, le réchauffement de 1976 à 1998 et maintenant, de nouveau, un refroidissement depuis 1998.
A chaque période de réchauffement, celui-ci s’est fait à la même vitesse.
C'est uniquement lors du réchauffement de 1976 à 1998 que la température et le dioxyde de carbone ont augmenté en parallèle – aucun autre réchauffement ou refroidissement contemporain ne montre la moindre corrélation avec le dioxyde de carbone.
Voilà la réalité, ce sont là les va-et-vient de l'histoire mouvementée de notre planète en perpétuelle évolution, telles qu’on les déduit de l'observation, de la mesure et de l'expérimentation.
Pourquoi cette histoire-là est-elle le contraire de ce que nous entendons dire ? Parce que le sensationnalisme est tellement plus lucratif. Des scientifiques qui avaient tout à gagner à nous effrayer ont inventé une catastrophe climatique pour un public inquiet : ils poussent une idéologie qui est de l’intégrisme aveugle, aucun sans rapport avec les faits scientifiquement établis.
Quant aux politiciens, ils se bâtissent de nouvelles bureaucraties et se posent en sauveurs de la planète sans avoir à subir les conséquences de leurs actes.
Il faudra que des têtes tombent.
Entre-temps, la planète fera ce qu'elle a toujours fait : elle changera encore.
Ian Plimer est professeur de géologie à l'Université d'Adélaïde. Son ouvrage , Heaven and Earth: Global Warming - The Missing Science (Le Ciel et la terre ou : la science qui fait défaut au réchauffisme planétaire), est publié par Quartet Book. L'article original (en anglais) a été publié dans le Daily Mail du 29 novembre dernier.
Commentaires
""""Une période chaude de 400 ans lui a succédé : les Vikings faisaient pousser de l'orge et du blé, et ils élevaient des vaches et des moutons dans certaines régions du Groenland qui sont aujourd’hui inhabitables. Au cours de ce « réchauffement médiéval », les générations de récoltes assurées ont engendré tellement de richesse supplémentaire qu’on a pu construire les grands monastères, les cathédrales et les universités.""""
Encore un qui a séché les cours d'histoire, tout ce que les vikings ont été capable de faire pousser c'est du foin pour nourrir leurs animaux, tout le reste était importé. De plus cette région soit disant inhabitable aujourd'hui, l'est, car elle a toujours bénéficié d'un micro-climat lui pemettant d'être verte à chaque été....Il suffit d'y aller pour s'en rendre compte.
Robert,
Un peu court la réponse à cet article très documenté et dérangeant pour les
alarmistes rouges et verts.
Bonjour, bonjour,
Coucou Robert ! Comment allez-vous ? C'est pour quand votre prochain voyage au Groenland ?
Alors…
Le Groenland est une île vaste qui s'étend entre le 60e et le 85e parallèle. Elle possède la caractéristique d'avoir plusieurs types de climats ; au nord, un climat très froid et quasiment pas de précipitations ; à l'est, un climat froid, des précipitations neigeuses abondantes en hiver et la mer qui gèle ; au sud et au sud-ouest, un climat beaucoup plus clément, des précipitations essentiellement pluvieuses en été, des températures qui dépassent régulièrement 0°C en été et peuvent atteindre facilement +10 à +20°C et… une mèr qui ne gèle pas en hiver… Ceci, que le climat soit plutôt chaud ou plutôt froid. D'ailleurs, cet hiver 2010 qui a vu les hautes latitudes sous des très froides températures, n'a pas failli à la règle : les côtes sud et sud-ouest étaient libres de glaces :
http://nsidc.org/data/seaice_index/...
Bien, faisons un peu d'histoire maintenant…
Question : où se sont installés la majorité des Inuits ? Au nord ? non… à l'est, non… au sud-ouest et au sud ? OUI !
Autre question : où se sont installés les Vikings ? Au nord ? non… à l'est ? non… au sud-ouest et au sud ? OUI !
Comment sait-on cela ? Par les textes et par les recherches archéologiques qui sont nombreuses car les traces de la présence et de l'activité des vikings ont été bien conservées.
Le côtes du sud et du sud-ouest du Groenland était-elles différentes au Moyen Âge d'aujourd'hui ? Non : les analyses palynologiques et sédimentologiques montrent que le paysage n'a guère changé depuis le Moyen Âge : cela est une évidence lorsqu'on a compris comment fonctionne, en gros, le climat groenlandais.
Contrairement à ce qui est écrit, les terres occupées par les vikings au Moyen Âge sont parfaitement habitables et elles sont actuellement habitées. il suffit de faire comme Robert - se rendre sur place - pour le savoir…
Combien étaient les vikings du Groenland ? 5000 au maximum, 3500 plus sûrement.
Que cultivaient-ils ? Les analyses palynologiques de Vincent Bichet et Emilie Gauthier, de l'université de Besançon, montrent que la culture des vikings était essentiellement celle de fourrages nécessaires à leurs troupeaux ; mais attention, la culture des plantes fourragères est difficile dans le sud et le sud-ouest du Groenland et les vaches et les cochons doivent être logés une bonne partie de l'année dans les étables. C'est pourquoi, très rapidement, les vikings ont abandonné la culture des fourrages et se sont tournés vers l'élevage d'animaux rustiques : moutons et chèvres qui ne nécessitent pas autant de fourrages.
Le mode de vie des vikings du Groenland est connu par les textes mais encore par l'archéologie : en effet, les habitations des vikings ont été délaissées au début du XVe siècle et n'ont jamais été habitées depuis. Ce sont donc des témoins exceptionnels de la vie au Moyen Âge au Groenland. Ce n'était pas une terre de cocagne, mais au contraire une terre austère et difficile qui vivait pauvrement de l'élevage et de l'exportation de l'ivoire et de la fourrure.
Autrement dit, la présence des Vikings au Groenland n'a que très peu à voir avec le climat au Moyen Âge, mais avec le fait que les côtes sud et sud-ouest de cette île ont toujours été propices à l'établissement des hommes. Le Roy Ladurie le disait déjà dans sa thèse de 1967 : "Histoire du climat depuis l'an Mil".
Il existe une très abondante littérature sur cette question, qui commence dans les années 1930 pour l'essentiel et s'enrichit années après années des travaux fascinants des historiens, des archéologues et des scientifiques. Allez sur google scholar et tapez : greenland norsemen. Certains de ces articles sont en libre accès.
Bon, tout ceci pour dire que ce professeur accumule sur ce point, comme sur tous les autres, toutes les bêtises qu'on peut lire sur le climat. Sur la présence des vikings au Groenland, c'est clair : il n'a jamais rien lu…
Idem sur le Moyen Âge : les cathédrales, les universités - il aurait pu ajouter le vin en Angleterre pour faire encore plus chic… - ça n'a pas grand chose à voir avec le climat. Relisez Le Roy Ladurie, Le Goff, Duby…
Pour le reste, ce brave professeur mélange allègrement la variabilité naturelle du climat et les forçages anthropiques, notamment celui du CO2.
Bien à vous.
Olivier