En tant que domaine de la recherche celle-ci  est devenu si fortement politisée que c’est en termes religieux que l’on parle  des opinions opposées :  il y a les croyants et les incroyants,  et l’on souligne  que les premiers seraient les Justes alors que les seconds seraient dans les Ténèbres

les fluctuations actuelles  ne sont pas du tout  aussi extrêmes

que ne le disent les prophètes de malheur

 Ceux qui s’imaginaient les scientifiques comme d'inlassables chercheurs de vérité ont dû être choqués  par le scandale  qu’un hacker a déclenché  quand il mis la main sur des courriels envoyés par les chercheurs de l'université d'East Anglia.

Les emails échangés par les membres de l’Unité de recherche sur climat de cette Université montrent,  dit-on,  qu’on avait utilisé  des « trucs » pour « améliorer »  des statistiques,  et que des travaux  qui ne s’accordaient pas  avec le modèle informatique des changements climatiques présenté au GIEC auraient fait l’objet de censure.

Dans mon livre   Heaven And Earth (Le ciel et la terre),  j'ai mentionné l'existence de tels agissements,  et je me suis fait clouer au pilori  par ceux qui ont tout à gagner à ce que la bonne soupe du changement climatique continue à circuler .

Parce que c'est bien cela que c’est devenu :  des scientifiques capables d’influence sur le GIEC sont devenus des alarmistes professionnels,   et fabriquent des théories sensationnalistes  pour récolter les fruits en termes de crédits de recherche  et de célébrité.

 L’ennui  est que la seule manière possible de protéger ce fromage – et colporter  leur message de catastrophisme imminent-- c'est que la petite coterie élitiste  des camarades du climat,  au Royaume-Uni et aux Etats-Unis,  s’entende  pour refuser les enseignements de la géologie, de l'archéologie, de l'histoire,  de l'astronomie  et de la connaissance du soleil.

Vous voyez,  ce sont ces choses-là qui n’entrent pas dans leur jeu.

La réalité est que la Terre en est déjà passée par là,  qu’elle en a vu de bien pires  et qu’elle est encore, résolument,  bien là aujourd'hui.  La théorie du changement climatique  et le pronostic désastreux que colportent  ses partisans est tout simplement  indéfendable.

 Regardez donc  les faits : la Terre est une planète chaude, humide, une sorte de serre.

Elle n’a eu de glace sur sa surface que pendant  moins de 20 pour cent de son histoire,  et son passé géologique a connu  six épisodes de glaciation.

Deux périodes glaciaires  ont été marquées  par de la glace à l'équateur, avec un niveau des mers [qui avait baissé]  de 1 500 m.  En voilà un,  de changement  du niveau des mers !

Et cinq de ces ères glaciaires  se sont produites avec  une atmosphère bien plus chargée en dioxyde de carbone qu’elle ne l’est aujourd’hui.  De sorte que  le dioxyde de carbone  ne peut évidemment pas être la cause des changements climatiques dans le passé.

En fait,  à ses débuts  la Terre avait 1 000 fois plus de gaz carbonique dans l'atmosphère qu’aujourd’hui,  et pourtant il n'y a eu  aucun effet de serre incontrôlable,  ni points de basculement  ni acidité des océans. 

La source première  des deux principaux gaz à effet de serre,  la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone,  c’étaient les volcans.  Et c’est encore la vapeur d'eau  qui est le principal gaz à effet de serre.

C’est ensuite,  une fois les océans formés  et la vie apparue,  que le carbone été recyclé   entre les océans,  l’atmosphère,  les sols,  les êtres vivants  et les formations rocheuses..

Le dioxyde de carbone est un aliment pour les plantes,  et non un polluant.

Les activités humaines ne produisent que 3 % des émissions annuelles de dioxyde de carbone sur la planète :  la seule éructation d’un volcan  peut en  émettre autant que cela  en une seule journée.  Ce gaz a une courte durée de vie dans l'atmosphère ; il se fait  absorber par des processus naturels qui se produisent depuis des milliards d'années.  Au taux d'absorption normal observé  dans le passé, même si on brûlait la totalité des combustibles fossiles de la Terre,  on ne doublerait même pas  la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone.

Dans le passé il a été naturellement absorbé par toutes sortes de choses,  depuis les récifs de calcaire  jusqu’aux êtres vivants,  en passant par le sol et les cailloux.  Par exemple, le calcaire est une roche des plus commune,  et elle en contient 44 %,  de dioxyde de carbone. 

La dissolution du gaz carbonique dans l'eau des océans  ne les a pas rendus  acides. 

Les réactions chimiques constantes entre l'eau des océans,  des sédiments et les roches du plancher océanique maintiennent les océans alcalins.  C’est lorsque nous manquerons  de roches  sur le plancher océanique que les océans pourraient devenir acides.

N'attendez pas que cela arrive !

 Nous nous trouvons encore au milieu d’une ère de glaciations   qui a commencé  il y a 34 millions d'années,  le climat étant mené,  entre autres,  par l'orbite de la Terre,  par le Soleil,  les océans  et les volcans.

Il est essentiel  de rappeler que le temps,  au sens géologique du terme,  est une toile infiniment  plus large  qu’aucune des vignettes détaillées  sur lesquelles les prophètes de malheur  voudraient exclusivement détourner  notre attention.

Il y a eu de longues périodes chaudes au cours de cette période glaciaire actuelle,  et les calottes glaciaires n’en ont pas fondu pour autant.  Elles ont avancé  et elles ont reculé,  comme elles continuent de le faire aujourd'hui.

 On peut révéler  les climats du passé  par des forages profonds dans la glace de l'Antarctique pour obtenir des échantillons de ce que qu’était la neige il y a des milliers d'années.

Ceux-ci montrent que lorsque les cycles climatiques  connaissent  un pic de température,  celui-ci  précède d'au moins 800 ans  un pic de dioxyde de carbone.  Si bien que c’est à une véritable inversion de la réalité  que se livrent  les propagandistes du changement climatique lorsqu’ils nous assurent que le dioxyde de carbone provoquerait les changements du climat :  la montée du dioxyde de carbone dans l'atmosphère n’a jamais fait que suivre les accroissements de  température,  elle ne les a jamais précédés.

 Le climat connaît des changements périodiques :  les cycles actuels  suivent un modèle d'environ 90 000 années de conditions glaciaires hautement variables,  suivie par quelque 10 000 ans de situations interglaciaires tempérées.

La période interglaciaire actuelle a débuté il y a plus de 12 000 ans :  c’est une autre glaciation qui nous attend.

À la fin de la dernière glaciation,  la température avait fluctué tout rompre :  une certaine époque a connu un accroissement naturel de la température  de 15°C en 20 ans :  ça,  c’est du réchauffement climatique.

Et pourtant,  l'homme a prospéré.

 Le pic de l'actuel épisode  interglaciaire  s’est produit  il y a 6 000 ans,  lorsque le niveau de la mer  était  plus élevé qu'aujourd’hui de presque 2,5 cm,  et que les températures étaient de 5° C plus élevées  qu'elles ne le sont actuellement.

Ni l’ampleur ni la vitesse des changements  actuels de température  ne diffèrent  de ce qui s’est produit dans le passé.  En revanche,  entre 12 000 et 6 000 ans avant notre époque,  au début  de la période interglaciaire actuelle,  le niveau des mers augmentait de 2 cm par an -- un rythme de changement bien  plus élevé que tout ce qu’on  peut constater  aujourd'hui.

Au cours de la dernière glaciation,  les terres chargées de glace s’étaient enfoncées.

Ces terres-là  sont en train de remonter :  par exemple, l’Écosse   et le Pays de Galles  remontent tandis que l’est de l'Angleterre s'enfonce.  Au cours de la dernière glaciation,  on pouvait aller à pied  de l’Europe à l’Angleterre,  de la Russie en Alaska à l'Alaska  et de Papouasie-Nouvelle-Guinée  jusqu’en Tasmanie.  La Manche n’était alors qu’une rivière.

Au cours des précédentes périodes interglaciaires,  les récifs coralliens et autres formes de vie se sont épanouies :  chaque fois  que montait le niveau de la mer,  les atolls coralliens se développaient.  Cela pourra faire sursauter  ceux que nos Philippulus  ont soumis au régime réchauffiste,  mais ce n’est pas une nouveauté : Charles Darwin écrivait déjà là-dessus en 1842.

 L'interglaciaire actuel  a connu des changements climatiques de faible ampleur :  certains sont périodiques,  menés  par des cycles solaire et orbitaux,  et par les marées ;  d’autres,  tels que les changements d’origine volcanique, sont aléatoires.

C’est pendant  les périodes chaudes que la vie prospère, et pendant les froides  qu’elle s’étiole.  C’est quand il faisait froid que de grandes civilisations se sont effondrées.

Pendant les 600 ans du «  réchauffement romain »,  il faisait si chaud que l’on cultivait la vigne  aussi loin au nord que le mur d'Hadrien.

Et le niveau des mers n'a pas monté,  et la glace des pôles  n'a pas fondu.  Certains glaciers alpins ont disparu,  pour seulement réapparaître plus tard.

Le froid est ensuite venu avec l'âge des ténèbres,  amenant avec lui  la famine, les maladies endémiques et la dépopulation massive.

Une période chaude de 400 ans  lui a succédé :  les Vikings faisaient pousser de l'orge et du blé, et ils élevaient des vaches et des moutons  dans certaines régions du Groenland qui sont aujourd’hui inhabitables.  Au cours de ce « réchauffement médiéval »,  les générations de récoltes assurées ont engendré tellement de richesse supplémentaire  qu’on a pu construire les grands monastères,  les cathédrales et les universités.

Et le niveau de la mer n’a toujours pas monté,  et on n’a toujours pas perdu les calottes glaciaires.

Et,  fait significatif,  ça ne peut pas être  les humains qui ont provoqué  les réchauffements romain et médiéval  par des émissions de dioxyde de carbone,  étant donné il n'y avait pas d’industrie.

 A suivi la Petite Ere Glaciaire :  il y eu la famine,  la maladie  et le dépeuplement.

On tenait  des foires sur la glace de la Tamise jusqu'au  années 1820.

La Petite Ere Glaciaire a pris fin en 1850.  Ce n’est pas étonnant que la température ait augmenté au cours des 150 dernières années : c'est ce qui arrive quand  une période froide se termine.

Cet accroissement de la température n’a pas été régulier :  il y a eu réchauffement de 1860 à 1880, refroidissement de 1880 à 1910,  réchauffement de 1910 à 1940,  refroidissement de 1940 à 1976, le réchauffement de 1976 à 1998 et maintenant,  de nouveau,  un refroidissement depuis 1998.

 A chaque période de réchauffement,  celui-ci  s’est fait  à la même vitesse.

C'est uniquement  lors du réchauffement de 1976 à 1998  que la température  et le dioxyde de carbone ont augmenté en parallèle  – aucun autre réchauffement  ou refroidissement contemporain  ne montre  la moindre corrélation  avec le dioxyde de carbone.

 Voilà la réalité,  ce sont là les va-et-vient  de l'histoire mouvementée  de notre planète en perpétuelle évolution,  telles qu’on les déduit  de l'observation, de la mesure et de l'expérimentation.

Pourquoi cette histoire-là  est-elle le contraire de ce que nous entendons dire ?  Parce que le sensationnalisme est tellement  plus lucratif.  Des scientifiques  qui avaient tout à gagner  à nous effrayer  ont inventé une catastrophe climatique  pour un public inquiet :  ils poussent une idéologie  qui est de l’intégrisme aveugle,  aucun sans rapport avec les faits scientifiquement établis.

Quant aux politiciens, ils se bâtissent  de nouvelles bureaucraties  et se posent en sauveurs de la planète  sans avoir à subir  les conséquences de leurs actes.

Il faudra que des têtes tombent.

Entre-temps, la planète fera ce qu'elle a toujours fait : elle changera encore.

 

Ian Plimer est professeur de géologie à l'Université d'Adélaïde. Son ouvrage ,  Heaven and Earth: Global Warming - The Missing Science (Le Ciel et la terre ou : la science qui fait défaut au réchauffisme planétaire),  est publié par Quartet Book. L'article original (en anglais) a été publié dans le Daily Mail du 29 novembre dernier.