La Cour des Comptes aurait chiffré à 200 millions d'euro l'économie si tous les médecins télétransmettaient leurs feuilles de soins. Je ne reviendrai pas sur la qualité des prévisions financières ou comptables de la Cour des Comptes. Je comprends que le mépris dans lequel la tient la classe politique depuis 1974 en votant un budget en déficit ne lui permette plus de s'attacher aux détails d'une prévision qui ne servira à rien ni à personne.

Ce que demande Mme Blanchard c'est de faire des économies! La belle affaire et elle a bien sur trouvé dans la liste que lui a adressé la sécu ou son syndicat qui défend bec et ongles cette institution démocratique qui est le fromage des syndicats, un sujet en or pour accuser les médecins: la télétransmission! Alors en bonne soldate des syndicats, elle écrit son papier. Les médecins gaspillent il faut qu'ils télétransmettent.

Elle oublie deux faits, notre journaliste; ou, plutôt, elle a fermé les yeux en les constatant pour vite les oublier.

1/ L'UNCAM a tous pouvoirs pour faire toutes les lois et règlements qui par un pur hasard n'existeraient pas encore afin de contraindre les médecins à télétransmettre. C'est bien l'incurie des Caisses qui est la source de ce gaspillage! Ajoutons par ailleurs que ce gaspillage n'est pas perçu de la même façon par les syndicats de l'intérieur qui s'y sont toujours opposés pour "défendre l'emploi menacé".

2/ Le déficit de l'assurance maladie en 2010 se situe entre 11 et 12 milliard d'euro. Soit 60 fois le présumé gaspillage des feuilles de soins non télétransmises. Il eut été de bonne pratique journalistique de le souligner et de suggérer des pistes crédibles pour combler les 59/60 de ce déficit quand toutes les Caisses auront contraint les médecins à télétransmettre... Ne cherchez pas elle n'en dit mot!

Il y a quand même une question qui se pose.

Mais qu'a donc fait ce médecin parisien gynécologue pour déclencher cet article très politique? Quel acte irréparable a-t-il commis? De quelle faute lourde est il responsable dans son exercice médical?

Rien, vraiment rien. Ah si, j'oubliais! Il a parlé de "brûler la sécu..." . Un jour de déprime, jugez en plutôt:

"En fait, la SS c'est comme une compagnie d'assurance qui, bien que saignant toujours plus à blanc ses clients, serait en perpétuelle situation de faillite virtuelle. Mais plutôt que de déposer le bilan elle essaie toujours de trouver une idée pour renflouer son " trou». Elle avait pourtant trouvé ici la lumineuse idée de se défausser sur d'autres assureurs à la santé financière plus prospère : les mutuelles!

Lesquelles disent aujourd'hui "pouce on joue plus"!

Moi je me demande -naïvement je veux bien l'admettre-depuis des années pourquoi on ne met pas ce Système à plat pour le remplacer par un autre plus performant.

Mais je me dis modestement que je n'ai pas fait l'ENA et que pris en flagrant délit de carence intellectuelle profonde je ne devrais pas parler des choses qui me dépassent.

Alors j'ai quand même une idée grandiose et fantasmatique: et si on brulait la SS?

Mince, c'est moi qui risque d'être brulé sur le bucher pour propos hérétiques!

Chut! Ne dites a personne mes élucubrations."

Voilà pourquoi Sandrine Blanchard lui a préparé cette tribune assassine, on ne plaisante pas au SNJ avec l'héritage. On ira jusqu'au bout, jusqu'à la faillite mais on restera fidèle à une institution délabrée par la bureaucratie, ravagée par l'inefficience et la tutelle de l'état, arcboutée sur un principe économiquement et arithmétiquement erroné celui de faire payer ceux qui travaillent pour les soins de tous et même de ceux qui ne sont pas français. On ira au bout car c'est la fin d'une idéologie dévastatrice. Trait_html_691a601b.jpg

La version originale de ce texte a été publiée sur le site personnel de Guy-André Pelouze (Cosmosophy) en date du 13 octobre 2010, sous le titre "Sandrine Blanchard et l'arithmétique".