Si les sociétés multinationales commencent pour certaines à ressentir les effets de ce «cataclysme» économique, et que l’ensemble du secteur financier revoit sa politique de prêt à la baisse avec pourtant des « liquidités » à leur disposition, c’est que quelque chose cloche. Pourra-t-on longtemps se voiler la face et ne pas voir que l’économie n’est pas telle qu’on voudrait qu’elle soit, mais telle qu’elle est ? Pourquoi certains pensent-ilsopportunités, quand d’autres pensent risques ?

Les évolutions « macro-économiques » et les fluctuations de l’activité au niveau de l’économie mondiale ne concernent pas directement les PME, et les variations du PIB sont parfois anecdotiques au niveau d’une PME dont le taux de croissance avoisine les 15% par an.

En allant plus loin, il est facile de voir que les sociétés qui créent de la valeur réelle pour leurs propriétaires, pour leurs clients, et pour leurs fournisseurs, sont des PME. Seuls certains groupes tels Google, Microsoft ou d’autres sociétés de ce type en termes de taille, peuvent rivaliser avec la création de valeur générée par les PME. Certaines PME ne connaissent pas la crise, d’autres ont des potentiels de croissance inexploités, et d’autres enfin disparaissent par manque de réactivité et de créativité. La fatalité en économie n’existe pas : il y a des bons choix et des choix erronés. Les premiers permettent aux individus de se développer et de satisfaire encore plus de besoins, les seconds réduisent le spectre des choix possibles et constituent des « pertes ».

Car, il existe toujours en économie des besoins illimités. Seules les ressources pour répondre à ces besoins sont limitées. Le problème en économie sera toujours d’allouer des ressources rares à des fins alternatives : en deux mots il faut faire de bons choix. Et les mauvais choix permettent de rebondir et de tirer des leçons des erreurs passées. Les hommes politiques ne semblent pas vivre sur la même planète que nous. Par exemple le bon sens permet d’affirmer que si mes dettes croissent plus vite que mes revenus, je cours à la faillite. Pour un homme politique, ce bon sens n’existe pas. Autre exemple : des ressources longues doivent financer des emplois longs. L’endettement n’est réaliste que si l’on est capable de rembourser le capital et les intérêts. Si une entreprise dépasse la limite fixée par sa capacité d’endettement, elle risque d’entraîner avec elle les actionnaires, les fournisseurs et les banquiers qui lui ont fait confiance. Cela est vrai pour une entreprise et pour un individu mais ne semble pas être vrai pour les hommes politiques.

Il est temps de prendre la mesure du bon sens et d’envoyer définitivement au relooking les théories économiques utilisées par les hommes politiques pour gérer les Etats. L’équilibre des finances publiques, sans recours à la dette et au déficit public, est possible aujourd’hui pour les hommes politiques du monde entier qui souhaitent réellement améliorer le bien-être de leurs concitoyens.

De même que le développement d’une PME est question de potentiel et de méthode, la gestion d’un Etat repose elle aussi sur des principes et une méthode. Ces principes sont ceux de l’équilibre budgétaire sans recours à l’inflation et sans recours à l’endettement, et les méthodes sont le cantonnement de l’Etat à son rôle originaire de sécurité des biens et des personnes à l’intérieur d’un territoire donné. Si l’Etat s’en tient à ces règles simples il est possible de garantir une croissance économique pérenne et durable. Les individus et les entreprises évolueraient dans un environnement relativement stable, et les hommes politiques ne seraient que les garants de l’appropriation, l’usage et la transmission des biens et ressources rares à l’intérieur des territoires donnés. Cette description n’est pas utopique; c’est la réalité quotidienne qui nous enseigne que c’est la seule voie possible pour garantir à tous richesses et prospérité. Trait_html_691a601b.jpg Pascal Dray est consultant, expert en économie et en gestion d'entreprise.