Nucléaire : garder son sang froid face à la stratégie de l'épouvante
Par Jean-Michel Bélouve le jeudi 31 mars 2011, 17:53 - Note de synthèse - Lien permanent
Une fois de plus, des mouvements environnementaux pratiquent la politique de l’épouvante pour tenter de faire aboutir leur projet de société, et une fois de plus, ils sont entendus par des chefs d’états plus soucieux de ménager l’opinion que d’assurer l’avenir de leurs citoyens.
Jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement français a repoussé les revendications vertes qui veulent que la France « sorte du nucléaire ».
Mais saura-t-il résister longtemps aux pressions d’une population réceptive au discours alarmiste des verts et des opposants à l’industrie, traumatisée par les images de fin du monde et les commentaires superficiels de médias avides de sensationnel ?
A l’approche d’une échéance électorale majeure, nos gouvernants vont-ils faire des concessions à une opinion qui manifeste une défiance de mauvais augure à leur égard, ou bien vont-ils se comporter en hommes d’Etat responsables, en prenant des décisions réfléchies, rationnelles, au vu de dossiers solides, et non sous l’empire de l’émotion ?
Les comportements que nous n’avons cessé de dénoncer sur la gestion du changement climatique, la manière dont a été conduite l’affaire de la vaccination contre le virus H1N1, les palinodies sur les cultures OGM, tout cela ne nous inspire qu’une confiance limitée.
Catastrophes naturelles ou tsunami radioactif ?
Lorsque les Japonais ont été frappés par deux catastrophes naturelles successives d’une ampleur jamais subie par ce peuple, j’ai été bouleversé par l’apocalypse de cette région de Fukushima peuplée, industrieuse et moderne. J’ai d’abord constaté que la population et les constructions avaient convenablement résisté au tremblement de terre, pourtant l’un des quatre ou cinq plus violents séismes enregistrés dans le monde depuis un siècle et demie. Deux heures plus tard, un tsunami d’une force irrésistible se ruait, loin à l’intérieur des terres, emportant dans sa démesure meurtrière hommes, femmes, enfants, cultures, bétail, véhicules, constructions, usines …
La compassion de nos médias a été de courte durée. A peine avaient été cités les chiffres des victimes, des sans-abris, des destructions, on apprenait que six centrales nucléaires avaient été atteintes par le déluge, et que deux d’entre elles avaient subi des dommages. La situation apparaissait préoccupante à l’intérieur de la centrale de Fukushima Daichii. Aussitôt, les médias consacraient l’essentiel de leurs chroniques à la menace radioactive. Nous ne savons aujourd’hui que peu de choses sur l’étendue des dommages aux personnes et aux biens, pourtant considérables, que dis-je ? Epouvantables ! Par contre, nous ne savons plus démêler le vrai du sensationnel et du faux concernant la menace nucléaire, tant le tsunami d’informations contradictoires déferle. Et aussitôt, les mouvements environnementalistes et les ennemis de la société industrielle s’emparent de l’aubaine, pour tenter de faire aboutir leur projet idéologique. Et dans certains pays, ils réussissent à faire prendre des décisions politiques précipitées, dont les responsables n’ont vraisemblablement pas mesuré les conséquences.
Le problème n’est plus la mort ou la disparition de vingt-sept mille japonais, la souffrance d’un million d’individus, la ruine de toute une région. Le problème, c’est le nuage radioactif qui va venir nous perturber dans notre vie quotidienne ! La grande peur, c’est que la centrale qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres de chez nous ne se mette soudain à cracher ses vapeurs toxiques, comme à Fukushima.
L’analyse de cette catastrophe apportera des éléments nouveaux pour évaluer la sureté des équipements nucléaires actuellement en service, de ceux qui sont en construction ou offerts sur les marché, des dispositifs mis en place pour contrôler, prévenir les accidents et intervenir en cas de crise, des orientations à proposer à la recherche et au développement. Cette analyse conduira à des recommandations dont il conviendra d’évaluer les conséquences, en vue de décisions. Dans le cas de la France, dont la production électrique repose à près de 80% sur l’énergie nucléaire, et dont la filière industrielle rassemble toutes les spécialités du cycle de production et de traitement des déchets, cette démarche est capitale.
La France, un géant nucléaire
Il apparait en effet que la France et les français sont riches d’un patrimoine considérable avec le nucléaire civil, un patrimoine de science, de technologie, un développement industriel qui fait de nous la nation phare dans la production d’électricité abondante et peu coûteuse. La France s’est dotée d’une image internationale de pays innovant et performant dans ce domaine, elle exporte son électricité et elle vend ses centrales, son uranium enrichi, et ses services dans le monde entier, elle offre à ses nationaux une énergie électrique peu coûteuse, elle est forte de deux cent mille emplois qualifiés, bien rémunérés, que des prophètes de fin du monde veulent faire disparaître.
Elle est entrée, dès 1974, dans une démarche industrielle qui a fait d’elle le pays européen le moins émetteur d’oxyde de carbone par habitant, à égalité avec la Suède qui dispose d’importantes ressources d’hydroélectricité. Et cela s’est développé bien avant qu’on n’agite la menace climatique ! Elle en a touché les dividendes en se voyant exonérer de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du Protocole de Kyoto. Elle est en position relativement forte aujourd’hui, à l’heure où se négocie le partage de l’effort commun européen pour diminuer de 20% les émissions de l’Union. Nos voisins allemands se trouvent dans une situation bien plus périlleuse que nous pour leur économie et leur bien être à venir.
La sureté et la gestion des catastrophes : Fukushima à la loupe.
Bien entendu, il faut mettre l’actif en regard du passif. Les risques du nucléaire sont incontestables, et les nuisances aussi. De plus, cette filière est susceptible de provoquer des désastres de très grande ampleur, à la portée d’un territoire entier, voire au-delà de frontières nationales. On ne peut la comparer au transport aérien, dont les accidents mortels se répètent année après année, mais sont généralement limités aux vies des équipages et des passagers. Que l’on m’excuse de ce constat, qui ne relève pas du cynisme, mais qui ne fait que constater la banalisation du risque. Et je ne mentionne que pour mémoire l’activité minière, qui tue des mineurs par milliers, mais ne menace pas qui vit en permanence à l’air libre. Ne parlons pas de l’automobile ou de la moto, dont le risque quotidien est assumé par chacun d’entre nous. Notre première tâche consiste donc à situer correctement le niveau du risque nucléaire dans l’échelle de risques que nous assumons, et de méditer sur sa spécificité.
Nous aurons également à évaluer notre aptitude à gérer le risque. Avons-nous bien identifié tous les risques ? Savons-nous en évaluer la portée ? Comment s’organise la gestion des risques ? Ce sont là des questions cruciales, et la réponse est à présenter à ceux dont le mandat est de prendre des décisions lourdes de conséquences. Agiter le principe de précaution en décrétant « il y a risque, on arrête tout » constitue une fuite face à la responsabilité.
Ce qui parait désormais établi est que les centrales et leurs réacteurs de Fukushima ont bien résisté au séisme. Dés la manifestation du sinistre, la réaction en chaîne a été automatiquement stoppée dans les réacteurs. Mais le tremblement de terre a saccagé le réseau électrique environnant. Les générateurs électrogènes des centrales se sont automatiquement mis en action, pour pomper l’eau nécessaire au refroidissement du cœur fissile des réacteurs, qui n’évacue ses calories que très lentement. Le problème était identique pour les charges des réacteurs à l’arrêt, qui refroidissaient lentement dans des piscines ad hoc.
LeTsunami est venu balayer les groupes électrogènes et les adductions extérieures d’eau! Alors, la chaleur des cœurs, confinée dans l’enceinte de métal et de béton qui protège des radiations l’environnement intérieur à la centrale, a fait monter la température et la pression. Plus il y a de pression de vapeur d’eau, plus la température de l’eau restée liquide s’élève, elle refroidit moins, son niveau baisse, une partie du cœur se met à fondre, la réaction en chaîne risque de reprendre. Il faut à tous prix apporter de l’eau pour refroidir, et pour ralentir les neutrons, mais où trouver l’eau, dans ce paysage de dévastation ? Dans la mer !
Imaginez ces pompiers courageux, qui vont chercher l’eau de l’océan avec les pauvres moyens disponibles, en espérant maintenir un flux suffisant pour stabiliser la température. De temps à autre, il faut limiter la pression, et libérer de la vapeur contaminée. Las ! C’est insuffisant, sous l’effet de températures, les molécules d’eau se dissocient au contact du zirconium qui gaine les crayons d’uranium et de plutonium. De l’hydrogène s’échappe, provoquant des explosions en série, qui blessent les secouristes, qui ouvrent l’enceinte de confinement. L’hydrogène s’accumule encore dans la centrale, explose et ouvre une brèche dans la toiture. Les radiations s’échappent alors et vont polluer les environs.
Cet engrenage infernal était-il évitable ? A-t-on pris les bonnes décisions au bon moment ? Les sauveteurs disposaient-ils de moyens techniques adéquats ? Il faut essayer de répondre à ces questions, non pour accabler les responsables et les instances décisionnaires, mais pour en tirer les enseignements pour la sureté de toutes les centrales du monde.
Qu’on imagine la situation dans laquelle se trouvent ces japonais courageux, qu’ils soient décideurs, ou qu’ils soient exécutants ! Il n’y a plus rien d’utilisable à l’entour. Il n’y a pas de lumière, il n’y a pas d’eau, les routes sont obstruées, la radioactivité menace et oblige les intervenants à des pauses longues, à des relais fréquents. Et il n’y a pas que les centrales à maîtriser. Il faut des secours à la population déplacée, alors que tout manque et doit être acheminé dans des conditions difficiles, il faut fouiller les décombres, enterrer les morts, soigner les blessés, s’occuper des orphelins, parer aux besoins de foules dénuées de tout et traumatisées. Il faut s’occuper des dangers que représentent les stocks d’usines chimiques répandues dans la nature, les conduites de gaz éclatées, les câbles électriques à haute tension qui pendent, il faut éteindre les incendies. Et il appartient aux décideurs de coordonner tout cela dans l’urgence.
L’apocalypse, qui l’a engendrée, la centrale de Fukushima Daichii, ou le tsunami ?
Le Japon fait partie des pays où le risque de tsunami existe. Il faut l’intégrer dans la maîtrise de la sureté nucléaire du pays. Mais quand la vague atteint une hauteur de 20 mètres, on se situe dans le domaine du hors norme. Si la violence du tsunami était prévisible, alors il faut juger du défaut de prévision d’une catastrophe naturelle, et non de la conception de centrales nucléaires qui répondait à un cahier des charges précisant l’importance du danger.
On pourrait douter de la pertinence de l’organisation des secours, mais jamais un tsunami n’a dévasté si profondément des terres. Qui aura l’audace de juger ? Le risque de catastrophe d’une telle intensité était peut-être imaginable. Le saura-t-on un jour ? Mais nous-mêmes, nous avons bâti des villes au pied de volcans éteints depuis des millénaires et dont le réveil est extrêmement improbable, mais pas strictement impossible. Saint-Denis de la Réunion, et ses cent vingt mille habitants au pied de la Roche Ecrite, en sont un exemple. Les Italiens sont installés sur les flancs de l’Etna, volcan très actif, où se trouvent des terres extraordinairement fertiles. Ils ont pris le risque, ils en tirent des profits et des bienfaits. Les japonais, dépourvus de ressources géologiques combustibles, ont choisi, après de longues hésitations dues aux souvenirs d’Hiroshima et de Nagasaki, d’exploiter des centrales nucléaires dans un pays accoutumé aux séismes, et leurs centrales ont résisté au séisme de magnitude 8,9 !
L’information est elle une mission de service public, ou bien une marchandise ?
II convient d’examiner l’effroyable bilan actuel : Tsunami, 27000 morts et disparus, radioactivité, pas de mort à ce jour. Certes, le combat continue, et la menace n’est pas conjurée, nous ferons le point dans quelques jours, ou quelques semaines. La terrible nuée radioactive est venue se promener au dessus de nos têtes de français, et elle nous a envoyée moins de rayonnement que ne nous envoie un interlocuteur humain dont les os contiennent quantité de strontium et de carbone 14 radioactifs. Nous vivons en permanence dans une ambiance radioactive, et nous émettons nous-mêmes des radiations. La nature nous a construits en conséquence. La question est de connaître exactement les seuils au-delà desquels il existe des inconvénients, et ceux dont le dépassement représente un véritable danger. Les spécialistes les connaissent et les mesurent fort bien. Le public, malheureusement, les ignore, et c’est pour cela qu’il est si facilement impressionnable et manipulable.
C’est une mission de service public indispensable, que d’Informer, éduquer le public, à commencer par les enfants des écoles, les initier à la technologie, à ses bienfaits et ses dangers. Les médias devraient savoir le faire. Ils savent le faire à l’occasion, et je profite de la remarque pour saluer l’excellent dossier nucléaire que nous a offert le Point, le 24 mars. Mais la majorité des publications et les grandes chaînes de télévision ne me paraissent pas avoir répondu aux attentes légitimes d’information de qualité.
Pour tirer la leçon du silence public sur le nuage de Tchernobyl, en 1986, que l’on ne cesse de reprocher aux autorités, à juste titre, l’Etat a créé une Autorité de Sureté Nucléaire (ANS) qui, outre la responsabilité de veiller au respect des règles de sécurité et de protection contre la radioactivité, a la mission d’informer sur le risque nucléaire. Elle le fait avec zèle et compétence, et j’y trouve une source précieuse d’information quotidienne sur les événements en cours. Les journalistes sont informés par elle jour après jour, et peuvent poser toutes les questions qu’ils désirent. Et je constate que presque systématiquement, la majorité des journaux et des télévisions exagèrent les informations qui leur sont données, les déforment, interprètent de manière fantaisistes les explications scientifiques, le tout en adoptant une glose dramatisante, sous des gros titres pour faire vendre ! Ainsi, le Figaro titrait un article mentionnant l’accumulation d’hydrogène sous le toit de la centrale, « LE RISQUE D’EXPLOSION NUCLEAIRE », accréditant l’idée qu’un réacteur nucléaire et une bombe atomique, c’est pareil !
Le beurre et l’argent du beurre.
Ces considérations faites, il convient de se poser la question suivante : comment se passer d’électricité nucléaire, ainsi que d’électricité à base d’énergie fossile émettrice de dioxine de carbone, et faire en même temps tourner des usines, les maintenir compétitives, créer des emplois, payer des rémunérations dix fois plus importantes qu’en Chine, cinq semaines de congé et dix jours de RTT, faire vivre la sécurité sociale, les Assedic, verser de bonnes retraites aux plus de soixante deux ans, financer le RMI, construire des logements sociaux ? Qui ne veut aucun risque renonce aux bénéfices.
Notre espérance de vie dépasse les quatre vingt ans, malgré les risques « insoutenables » auxquels nous soumet l’effrayante civilisation industrielle. Voulons-nous détruire complètement l’industrie française, déjà bien mal en point ? Le nucléaire est l’un de nos beaux fleurons industriels. Il nous en reste quelques uns encore. Ils parlent d’or, ces moralistes verts, qui commandent de léguer à nos enfants une terre débarrassée de ses pestilences industrielles. Non pas que je prône le laisser-faire en matière de préservation de la nature et de santé publique; bien au contraire. Je désire moi-même un environnement sain et bon à vivre, et je pense qu’on peut le faire, et qu’on le fera d’autant mieux que nous aurons les moyens financiers d’assurer le nécessaire en la matière. C’est là un luxe que peu de pays appauvris peuvent s’offrir !
Enfin en route vers des marchés libres !
Une réflexion sur l’industrie nucléaire française doit s’attacher également à examiner le contexte politico-économique européen de libéralisation de la distribution d’électricité et d’ouverture à la concurrence européenne de marchés nationaux, protégés jusqu’ici par des régulations nationalistes et s’articulant, en France du moins, autour d’une offre quasi-monopolistique réservée à un cartel dominé par l’état.
Cette libéralisation doit, à mon sens, concerner toute la filière, et non la seule distribution. La concurrence est un stimulant du développement et de la créativité. Il faut envisager les opportunités exceptionnelles d’exportation et de profits extérieurs qu’offriront des marchés libérés à notre producteur historique d’électricité, bien plus compétitif que ses concurrents du vieux continent, et cela, grâce au coût favorable du nucléaire français. La bourse réagira favorablement à cette perspective d’expansion. Il faut examiner la possibilité, pour notre Etat, de céder à des prix élevés les actions qu’il détient dans les entreprises de la filière, et d’engranger de confortables recettes en achevant la privatisation. Il pourra ainsi réduire les déficits et la dette publique.
IL ne faut pas oublier les externalités favorables qu’une telle évolution entrainera pour le tissu économique tout entier, pour l’emploi, et pour la préservation d’un certain confort individuel que nos voisins européens auront bien du mal à conserver du fait de leur dépendance à des énergies déjà coûteuses, et qui ne cesseront d’enchérir.
Mais tout cela exige une condition, celle de cesser prétendre que les nouvelles énergies renouvelables peuvent se substituer, ne serait-ce qu’en partie, aux énergies traditionnelles et au nucléaire, et arrêter d’engloutir les capitaux disponibles et des aides publiques colossales dans des solutions technologiques non compétitives ou dans de ruineuses adaptations des réseaux de distribution aux contraintes spécifiques à ces énergies (voir l’article sur le rapport Accenture-Barclays ).
Changement climatique, génie génétique, exploitation minière et pétrolière, industrie nucléaire … Les idéologues et les irresponsables qui ont imposé au monde ce désastreux principe de précaution, lors du Sommet de la Terre de Rio, veulent nous interdire toutes ces voies de développement. Leur dessein pervers apparait clairement : c’est la société industrielle et capitaliste qu’ils veulent détruire. Allons avec précaution, mais allons de l’avant !

Jean Michel Bélouve, qui avait publié son premier ouvrage « la Servitude Climatique »en décembre 2009, préparait l’écriture d’un nouveau livre sur les problématiques de la sécurité énergétique et du changement climatique, lorsque la catastrophe de Fukushima est survenu. Ayant déjà réuni, à cette occasion, une documentation solide sur l’énergie nucléaire, il travaille actuellement à la réalisation d'un rapport de synthèse sur la question du nucléaire civil, dont l'initiative est soutenue par l'Institut Turgot et qui sera disponible avant l'été.
Commentaires
Merci pour votre présent billet. J'apprécie beaucoup.
P.S. : quelques suggestions pour corrections (éventuelles) de quelques fautes
cœur fissile -> cœur fissible
dioxine de carbone -> dioxyde (?)
quatre vingt -> quatre-vingts
Je crains que l'auteur n'accorde une bien grande confiance à l'objectivité et à l'honnêteté intellectuelle de l'ASN
Celle-ci est l'exemple type de la macro administration "napoléonienne" française, qui ne vise qu'à étendre une influence beaucoup plus idéologique que scientifique: l'idéologie "verte" tentaculaire n'est pas étrangère à cette administration ( celle-ci entre autres) .
Je vous donne comme exemple la réaction indignée d'un médecin ( trouvée sur un site professionnel) à un intervention très récente du Directeur et du Président de l'ASN à propos des examens médicaux irradiants.
"Une "mise sous tutelle" de l'exercice médical
Le 31 mars 2011
De récentes déclarations de M Jean Christophe Niel, directeur général de l'ASN, et de M André-Claude Lacoste, président de l'ASN (ref 1) mettent en cause l'opportunité des prescriptions d'examens de tomodensitométrie X, au prétexte de doses d'exposition pouvant atteindre 20 milliSieverts (cette "découverte" n'en est évidemment pas une, les dosimétries correspondant aux différents examens irradiants étant parfaitement connues depuis des décennies...)
Au prétexte (médiatique?) que cette dose représente, au regard du code du travail, la dose maximale annuelle admissible pour un travailleur exposé de catégorie A, il est invoqué, entre autres "un souci majeur si l'on veut éviter qu'à terme nous nous trouvions devant une croissance des doses inadmissibles", ainsi que la possibilité (présentée de fait comme une quasi certitude) qu' "une hausse incontrôlée de ces examens pourrait aboutir à une augmentation des cas de cancer, en particulier pour les enfants qui sont les plus vulnérables aux radiations."
Outre le fait que ces assertions ne reposent sur aucun fait scientifique (les doses d'exposition potentiellement carcinogènes et tératogènes s'établissant au dessus de 100 milliSieverts, seuil d'ailleurs rappelé par l'IRSN concernant l'accident de Fukushima), une question tout à fait cruciale pour notre profession est posée par la "mise sous tutelle" de l'exercice médical et de la liberté de prescription par de hauts fonctionnaires sans aucune compétence ni scientifique ni juridique dans le domaine médical, faisant fi de décennies de recherche, de retour d'expérience, et de recommandations médicales internationales, et se permettant de vouloir subordonner nos prescriptions non pas à des considérations rationnelles, mais à un principe qui pourrait s'énoncer comme " le moins possible coûte que coûte" (même si c'est au patient que celà "coûte"): en clair, ces informations sont tout simplement fausses !
Il est intéressant à ce propos de rappeler que les doses d'irradiation délivrées se doivent de respecter le principe ALARA ("As Low as Reasonnably Acceptable"). Malheureusement, en ces temps de "new age" à la mode, le terme "Raisonnable", c'est à dire conforme à la Raison, s'efface régulièrement derrière la pensée magique (et certaines arrières pensées politiques peut-être?).
Il est également notable (ref 2) que la "profession de foi" de l'ASN comporte les termes "protéger .....les patients"; on peut légitimement se demander vis à vis de quel "agresseur" nos patients devraient être "protégés"...les médecins sans doute ?
J'estime que cette "mise sous tutelle" annoncée de l'indépendance médicale (et qui n'en est qu'un cas particulier) constitue un danger pour l'exercice de notre profession, et apporte une pierre de plus aux divers "lobbies" antimédicaux dont nous serons néanmoins amenés (fidèles à nos engagements ) à soigner les zélateurs...fussent t'ils élus ou hauts représentants de l'Etat.
Références :
1°) http://www.lesechos.fr/entreprises-...
2°) http://classique.asn.fr/
pas de nucléaire,pas de gaz de schiste ( mais pas d'augmentation non plus des tarifs du gaz ) Entendu une association de consommateurs contre l'augmentation ce midi au motif que l'on peut acquérir sur le marché de gros du gaz non indexé sur le pétrole (c'est vrai mais pourquoi???parce que les promoteurs de Gasland auraient raison?
ou tout simplement comme disent les anglo saxons "not in my backyard"
pas de pétrole classique et encore moins non conventionnel pas de charbon, de l"éolien loin en mer et du solaire très largement subventionné (sinon il n'existe pas ) tout cela fabriquant du plein emploi vert parait il....
j'oubliais le salut est dans la décroissance/ Chinois, Indiens, Russe Brésiliens cessez de croître pour le bien de Gaia/mettons nous au niveau africain ( voila un bon plan qui réglerait l'immigration d'assistanat
La politique serait l'art premier de gouverner les hommes avec leurs conentements....( vaste programme)
là je suis extrêmement surpris je vais aller voir je n'ai pas mis les pieds sur Agoravox depuis des années et objectif liberté inconnu au bataillon
J'ai découvert l'énergie hydrolienne récemment et nous pourrions produire 1/3 de l'électricité des centrales ainsi, à moindre cout, sans le risque du nucléaire et proprement. On pourrait aussi utiliser sur site cette énergie pour produire de l'hydrogéne en masse ce qui éviterait les énormes pertes dues au transport de l'electricité (50% environ). et favoriser le développement de la pile a combustible pour l'automobile notamment, renforcer notre indépendance énergétique avec une énergie 100% écologique : la combustion de l'hydrogène produit de l'eau et rien d'autre, innocuité totale sur l'environnement. Pourquoi les gouvernements continue d'investir des milliards dans le nucléaire (EPR 3éme génération) et rien dans l'hydrolienne et d'autre énergie plus propres !! C'est incroyable, et pourquoi les verts (europe ecologie) dont c'est quand même le sujet de fond, n'en parle jamais et même peut être n'en connait même pas l'existence. Au lieu de faire de la politique et d'être des anti nucléaire, il ferrait mieux de s'informer des solutions d'avenir tels que celle la, de les faire connaitre et de se battre en ce sens, faire actes de propositions ! Ils ne sont pas plus verts qu'au PS ou à l'UMP, ils font juste de la politique de fauteuils ! La place doit être bonne !!!
@ konebien
Je suis désolé, et je comprends votre réaction. J'ai demandé à Henri Lepage de supprimer le commentaire que j'avais fait, à la suite d'une lecture trop rapide de votre commentaire, et d'une méprise avec un trolleur qui intervient systématiquement sur tout ce qui s'écrit pour contester l'action de certains mouvements. Henri Lepage l'a fait dès qu'il a pris connaissance de ma demande, mais manifestement, vous avez consulté cette page avant. Je vous prie de m'excuser.de ctte bourde.
@ protagoras et hyppocrate
L'ASN est avant tout le gendarme de la sureté nucléaire. Cette autorité a été créée en 2006 seulement pour répondre aux attentes des citoyens de pouvoir compter sur une sécurité optimale et sur une information objective et experte sur le nucléaire et le risque radioactif.
Le gendarme sévit souvent pour faire appliquer un règlement, et sans considération d'intérêts économiques, professionnels,etc. On lui a confié également une mission d'information, qu'elle exécute consciencieusement, par des communiqués et des rencontres avec la presse. Il n'est pas facile de concilier la mission de gendarmer et de communiquer. Mais il existe d'autres sources d'information : l'IRSN par exemple, qui est la structure officielle chargée d'études et de recherches sur la sureté en matière de radioactivité, et la Société Française d'Energie Nucléaire (SFEN), association qui rassemble des bénévoles venus du CEA, de l'ASN, de l'IRSN, de l'université, et de toute la filière industrielle.
Celui qui s'estime injustement sanctionné par l'ASN a la possibilité d'introduire un recours auprès de la juridiction administrative, et je ne peux pas prendre parti dans les exemples que vous citez, faute d'en connaître le dossier.
Cela dit, la communication en matière de nucléaire et de radioactivité est loin d'être parfaite. Les organismes que j'ai cités n'ont véritablement de contacts qu'avec les autorité et avec les médias, et ceux-ci font ce qu'ils veulent de l'information recueillie.
Je pense que la création de l'ASN constitue un progrès par rapport à la situation antérieure, mais qu'il ne faut pas s'arrêter là.
Un moratoire sur les hopitaux?
Un billet remarquable.
Je partage votre sentiment,le nucléaire,pôle d'excellence,fait partie de notre patrimoine(de notre identité même),et même si le reste de la planète s'en détourne pendant un moment l'intérêt national commande de continuer à investir massivement dans le secteur(donnant ainsi un signal au gouvernement du monde entier...).
Ceux qui profitent du désastre au Japon sont méprisables(même si le débat est toujours salutaire).
Chaque année dans le monde plus de 10 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent de sous alimentation,d'épidémies,de pollution des eaux et d'insalubrité(il y a évidemment un rapport direct avec l'accès à l'énergie,la croissance...).
Chaque année en France on compte près de 10 000 morts causés par des infections nosocomiales(aux Etats-Unis la pneumonie et la scepticémie,les deux principales maladies nosocomiales,sont à l'origine de la mort de près de 50 000 personnes par an,plus d'1 millions de morts depuis Tchernobyl...),on dénombre autant d'erreurs médicales mortelles(beaucoup d'enfants,et les blessures graves se comptent en dizaine de milliers,pour quel coût?).
En France les accidents domestiques(souvent "idiots",brûlures,chutes,empoissonnements,noyades)sont la cause de près de 20 000 morts par an.
etc...(je suis persuadé que les morsures et les piqûres d'animaux font chaque année dans le monde beaucoup de victimes)
Evidemment le dernier accident au Japon(comme Tchernobyl en son temps)doit servir de leçon,le retour d'expérience devant permettre de rendre encore plus secure les installations nucléaires.
Le lien vers le rapport Accenture-Barclays est "mort".
Le lien accenture barclays non tronqué
http://blog.turgot.org/index.php?po...
C’est consternant de la part d'une personnalité du monde libéral et des approbateurs de ce billet.
Je vais faire vite: le Cato Institute s'est prononcé contre le nucléaire, et cela devrait faire réfléchir les libéraux Français.
Pour ma part, je m'en tiens à ceci:
(1) Le nucléaire n'a pas démontré qu'il pouvait s'extraire de l'Etat. Né du monopole de l'Etat sur les matériaux fissiles et de leur production, des investissements financés par l'argent volé aux contribuables, de l'implantation par décision planificatrice, opérant sous le contrôle de l'Etat et notamment de la police et de la défense, déléguant son risque à l'Etat qui gère la protection civile, le nucléaire civil est une industrie foncièrement étatique, collectiviste et constructiviste. Elle est économiquement non viable dans un pur système privé. Elle l'est d'autant plus que c'est encore l'Etat et l'Union Européenne qui intervient pour en être l'assureur ultime, vu qu'aucun réassureur ou assureur ne peut prendre en charge un risque 7. Bref le nucléaire civil est en l'état actuel de la de son financement / capitalisation un projet impossible dans une société de droit privé.
(2) L'extension de la privatisation des opérateurs comme RWE en Allemagne ou EDF en France ne permettra aucunement le désengagement de l'Etat qui continuear d'assumer le risque ultime et la protection civile
(2) Les Hommes de l'Etat ont imposé le nucléaire en méprisant, violant les droits de propriété de tous les individus situés dans le rayon du risque posé par toute centrale. En application du principe de « homesteading » , la compagnie d'assurance de l'opérateur externalisant des nuisances doit trouver un accord avec les assureurs de tous les individus concernés. Cela fait beaucoup, des millions d'accords à trouver. Le lecteur de Hayek devine bien que ce genre d'accord est impossible. Aussi c'est bien le constructivisme et l'oligarchie étatique qui permettent de faire croire à l’accord de tous y compris de ceux situés à l’extérieur du territoire national pour faire réaliser le nucléaire civil. Par ailleurs l'opérateur subissant une catastrophe de l'ampleur de Fukushima doit évidemment indemniser tous les propriétaires irradiés jusqu'à extinction de la nuisance. Bien entendu cela ne sera pas obtenu grâce à l'oligarchie étatique.
(3) Il est connu que le risque par centrale a été plafonné dans les 1,5 Mds €. Ce montant moins élevé que le coût de l'infrastructure est ridicule, et bien sûr infiniment plus bas que le coût d'une catastrophe de degré 7. Dans une société de droit privé où les assurances jouent le rôle ultime de régulateur (Hans Hermann Hoppe), l'évaluation du risque à sa juste valeur forcerait les opérateurs à s'y conformer. Le montant des primes serait tel que tout potentiel opérateur serait dissuadé de s’y mettre. Qui pourrait d’ailleurs assumer un risque de 500 Mds € (seulement 2 fois plus que les conséquences – payées par le contribuable Américain- de la destruction du World Trade Center) supérieur à sa propre capitalisation boursière ?
(4) Vu l'engagement de l'Etat, de la France, de l'Union Européenne, des instances internationales (AIEA) pour asseoir le nucléaire civil en matière de protection civile, contrôle de la non prolifération, normes d'exploitation, assurance, dégageant de leurs responsabilités les opérateurs nucléaires, c'est bien la filière pétrole-gaz-charbon, première capitalisation mondiale qui peut en véritable capitaliste répondre à la demande énergétique et assumer l'externalisation de son risque environnemental dans une société libérale débarrassée de l'emprise de l'Etat.
Jean-Michel Bélouve a bien raison de faire descendre aux oubliettes les écologistes, mais il ne se rend pas compte de l'énormité de son argumentation constructiviste en faveur du projet nucléaire qui ne peut en aucun cas se passer de l'Etat. J'espère que l'Institut Turgot se rapprochera du Cato Institute pour réexaminer son analyse.
@ Fred Rabeman
Ne vous fachez pas, Fred, et discutons sereinement.
[JM Bélouve] "ne se rend pas compte de l'énormité de son argumentation constructiviste en faveur du projet nucléaire qui ne peut en aucun cas se passer de l'Etat."
Nous sommes deux libéraux, mais nous ne sommes pas, vous et moi, des clones cérébraux. Je vous prie de m'accorder le droit à la différence dans l'interprétation d'un ensemble de valeurs que nous partageons.
D'un point de vue strictement libéral, vous avez entièrement raison. Mais vous remarquerez comme moi que nulle part au monde, aujourd'hui, il n'existe d'état libéral (la Suisse, toutefois, se rapproche du modèle libéral). Alors, ou bien on dit à nos concitoyens : voila, le libéralisme c'est çà, c'est à prendre ou à laisser, ou bien on essaye de libéraliser petit à petit le système. Le libéralisme ne saurait être une fin en soi, à mon sens, mais n'est que le moyen de parvenir à une harmonie sociale et à un mieux-être largement partagé.
Lorsqu'un libéral se montre dogmatique, il cesse alors, à mon sens, de se comporter en libéral. Je suis partisan d'une ouverture à l'autre, d'une recherche de compromis, par souci d'efficacité. Il est évident que le nucléaire civil, qui n'est que l'enfant du nucléaire militaire, a hérité de son puissant parent un caractère étatiste, se traduisant par la formation d'un cartel monopolistique public. Il commence à évoluer par l'ouverture à la concurrence de la distribution d'électricité, et par un début de privatisation.
Vous ne contesterez pas que le nucléaire civil représente un enjeu économique et social de grande importance. Sa condamnation engendrerait une perte importante de capital scientifique, industriel et commercial. Il serait regrettable que les libéraux rejoignent les Verts, et accordent leur voix à celle du député green Yves Cochet demandant à l'Assemblée Nationale, il y a quelques jours, de sortir du nucléaire et d'entamer le processus de décroissance.
Qu'on pousse à faire évoluer le nucléaire vers la libéralisation, qui passe par la privatisation complète et par l'abandon de tout dirigisme concernant le contrôle public des prix de l'électricité et l'encadrement économique de la filière, cela me parait indispensable. Mais à la libéralisation économique s'ajoute la nécessité de gendarmer efficacement cette activité à risques multiples. Et le rôle du gendarme, c'est à l'Etat de l'assumer.
Interdire le nucléaire civil est aussi anti-libéral que d'interdire les OGM ou d'imposer de mélanger de l'alcool à l'essence. L'électricité est un produit comme un autre, et le choix de technologie pour la produire doit être laissé à l'initiative du producteur. Celui-ci doit se soumettre aux règlements et au contrôle du gendarme garant de la sécurité et de l'ordre public.
Il faut également considérer les impératifs géopolitiques, et il me semble que la théorie libérale classique ne tient pas assez compte de cette contrainte. L'Etat ne peut laisser au vendeur de centrales nucléaires la liberté de contracter avec n'importe quel pays. Il y a des pays incapables de gérer la catastrophe nucléaire. Il y a des pays susceptibles de se doter d'armes nucléaires, et des pays qui renoncent à l'arme nucléaire, mais qui sont politiquement instables. Certes, tout pays est fondé à envisager de se doter de bombes atomiques, mais rien n'oblige les Etats des vendeurs de centrales à faciliter la démarche de ces pays.
Nous sommes dans un système mondial de rapports de forces et de jeux stratégiques. C'est comme ça. Comment voulez-vous réformer cela ? Par le gouvernement mondial ? ce serait dire adieu pour toujours au libéralisme, et à la liberté. Je suis viscéralement attaché à la liberté individuelle, mais également à la liberté des peuples, et à la liberté des nations lorsque la nation ne comprend qu'un unique peuple ou une association consentante de peuples. Les accords internationaux sont nécessaires, et, comme tous contrats, ils comportent des limitations consenties à la liberté des nations, mais ils ne doivent pas, à mon sens, déroger au principe de souveraineté. Cela n'empêche nullement de souhaiter la disparition des frontières, la libre circulation globale des biens et des personnes. mais celui qui migre d'une nation à l'autre se soumet au cadre législatif et à l'autorité publique de sa nation de destination. Toutefois, il existe des arguments de bon sens et d'efficacité à limiter certaines migrations. Cela n'est pas libéral, c'est simplement pragmatique.
Tout cela vous montre à quel niveau de réflexion libérale je suis parvenu. Je suis imperméable au libertarianisme, parce qu'il m'apparait utopique. je suis pour les principes libéraux qui fonctionnent. Je tiens compte également du jeu individuel au sein du système social, où les comportements ne peuvent respecter les principes de responsabilité que s'ils sont cadrés par des lois efficaces, une police et une justice fortes. Mais le jeu social aboutit souvent à voir certains s'engouffrer dans des marges de liberté qui attentent à la liberté des autres: l'effet pervers ! Tout cela pose des limites à l'application pratique du libéralisme, et c'est aussi bien comme cela, car à quoi ressemblerait la société si nous étions parvenus à un système philosophico-social abouti et immuable ?
Très intéressant échange entre MM. Belouve et Rabeman. Fred, vous montrez parfaitement l'inéluctable étatisme du nucléaire, et c'est un argument formidablement stimulant. Toutefois cela ne condamne le nucléaire que dans la vision libertarienne du monde qui relève, comme vous le savez, du même regsitre intellectuel que la transmutation des métaux.
Bonjour Fred, je suis heureux de voir que vous êtes de ceux qui suivent les publications de l'Institut Turgot.
Merci de signaler que l'accident japonais était une bonne occasion pour rappeler cette vérité occultée que le nucléaire civil ne doit son existence qu'à la formidable subvention publique implicite qui résulte de l'exemption qui lui est reconnue de ne pas avoir à s'assurer, comme toute autre industrie. Dont acte.
Deux remarques, cependant,
Puisque vous citez le Cato, je me rappelle d'un débat, dans les colonnes du Cato Journal, au cours des années quatre-vingts, où nos amis de Washington contestaient l'affirmation radicale selon laquelle les très grands risques, comme les centrales électriques nucléaires, relevaient du totalement inassurable sur les marchés privés. Un papier de cette époque signalait que cette inassurabilité était liée à la présence de réglementations publiques qui avaient notamment eu pour effet de faire disparaître un marché mondial de réassurance de grands risques qui était en train de naître à Londres.
Par ailleurs, il n'est pas définitivement certain qu'en l'absence de couverture du risque par la puissance publique, nous n'aurions jamais eu d'industrie nucléaire privée. Ce qui est certain est que nous n'aurions sans doute jamais eu ces centrales mastodontes qui font la fierté de nos ingénieurs. Mais peut-être, sous la contrainte précisément du coût de l'assurance, la recherche technologique se serait-elle orientée vers d'autres voies, comme par exemple la mise au point de réacteurs hyper-miniaturisés beaucoup mieux contrôlables. Peut-être aurions nous aujourd'hui tout de même une industrie électrique nucléaire, mais fondée sur des caractéristiques techniques toutes différentes (et qui sans doute n'offusquerait pas les écolos partisans d'une énergie décentralisée - il est permis de rêver !)
Là est sans doute le véritable coût de l'intervention de l'Etat : du fait de la disparition de la responsabilité inhérente à toute entreprise privée, l'orientation des techniques vers des excès de gigantisme qui satisfait l'hubris des décideurs publics et des ingénieurs (publics et privés) mais qui maximisent les coûts reportés sur les citoyens, sans qu'on leur demande leur avis.
Notons tout d'abord que si le nucléaire a été initié par les états, c'est parce que ceux ci ont cherché à maitriser l'uranium pour d'autres usages (militaires)
Il est probable que sans cette intervention, les premières centrales seraient arrivées un peu plus tard sur le marché, mais en utilisant des filières moins risquées, comme par exemple aujourd'hui la filière thorium qui promet de produire nettement moins de déchets, et dont le principe réactif éloigne a priori tout risque d'emballement fatal du coeur, puisque la réaction du cycle du thorium s'arrête tout simplement lorsque le courant initialement amené au coeur pour initier la réaction est coupé.
Bref, ce qui est fait est fait, l'héritage du nuc' étatique est là. Voilà pourquoi la proposition de l'auteur, une libéralisation progressive du secteur, est indispensable pour se débarrasser des "vieilles" centrales "risquées" (au sens du coût d'un accident, même si celui ci est très peu probable) et permettre leur remplacement par d'autres type d'installations qui éloigneront de nous le spectre d'un accident grave.
J'ajouterai que la présence d'un mastodonte étatique (deux en fait), EDF + ERDF, est un obstacle à l'apparition de nouveaux paradigmes énergétiques: les "mini réacteurs" de type hyperion (mais il y a d'autres boites sur le coup) permettent d'envisager une organisation où la production d'énergie rentable sera plus décentralisée et le transport longue distance moins utile. Pas sûr que EDF/ERDF n'utilisent pas de façon déloyale leur position étatique pour empêcher l'émergence de nouveaux schémas dominants par des concurrents plus mobiles et innovants.
Je suis satisfait de constater que cet article suscite tant de commentaires où se conjuguent passion et talent intellectuel. Cela me conduit à préciser ma démarche rédactionnelle.
Un auteur peut être animé de diverses motivations. On peut écrire par goût des raisonnements élaborés, des créations de l'esprit; pour accomplir des performances de plume et de belle langue; pour exprimer des convictions, affirmer son ego et justifier son engagement; pour opérer une catharsis de ses propres angoisses et frustrations; pour satisfaire une inclination doctorale et magistrale...etc.
En ce qui me concerne, je cherche, par l'écriture, le discours et l'échange, apporter une contribution, aussi modeste soit-elle, à défendre des acquis moraux et sociétaux contre des dérives rampantes, qui me font souvent douter de l'avenir que nous lèguerons à nos enfants et à leurs descendants. Né d'un père commerçant et d'une mère exerçant une profession libérale, j'ai développé très tôt un goût d'indépendance et une exigence de liberté individuelle. J'ai longtemps fondé mes agissements sur l'observation des jeux des acteurs dans les systèmes sociaux au sein desquels ils agissent, et recherché l'efficacité dans le contexte de société auquel j'étais confronté, et cela me servait de morale. J'ai récusé le dogme religieux à l'adolescence, et refusé depuis tout dogme et toute idéologie. Mais lors de mes études supérieures, en école de management, j'ai perçu tout l'intérêt des valeurs libérales comme repères d'action. Offrir à l'individu de larges marges de liberté, c'est offrir un vaste champ à sa créativité, à sa productivité, à sa motivation. Libérer les relations interpersonnelles et les échanges, qu'il s'agisse d'échanges culturels, commerciaux, ou autres, c'est partager largement l'expérience, le savoir, la compréhension mutuelle, et c'est donc multiplier par synergie les produits des actions individuelles. Permettre à l'individu de bénéficier pleinement des fruits que lui apportent son action et ses réussites, c'est le motiver à agir toujours mieux et plus efficacement. Et de tout celà, il résulte un mieux être pour l'individu, et le progrès pour la société tout entière.
Je ne suis libéral que parce que je constate que cet humanisme est bien plus fécond que tous les autres systèmes. Mais mon libéralisme n'est pas une credo, et il n'est pas tabou. Il ne constitue qu'un moyen, le meilleur à mon sens, pour parvenir à la réalisation d'aspirations individuelles et à la meilleure harmonie sociale.
Dans ma démarche, je me sens obligé de tenir compte que le libéralisme ne va pas de soi, parce que je ne suis pas le prototype de l'être parfait, et que d'autres, qui sont mus par d'autres ressorts psychologiques, sont aussi estimables que moi. L'homme est un animal ambigu. C'est à la fois un animal social, comme le mouton, ou le chimpanzé qui vit dans une organisation sociale immuable où règnent les rapports du dominant aux dominés, et c'est aussi un animal individualiste, comme ces grands prédateurs que sont les félins. Je serais plutôt de la catégorie des prédateurs. Les grégaires ont tendance à mieux s'accommoder de systèmes dans lesquels d'autres assument la responsabilité, et, en échange, ils offrent aux responsables leur soumission. Ils aiment agir en fonction d'instructions très précises, et se rassurent dans la subordination et la conformation aux oukases.
Je respecte les moutons. Je constate que plus la société évolue, sous l'action des créatifs et des entreprenants, la proportion des prédateurs s'accroit. L'ouvrier devient plus autonome, et ne veut plus se complaire à la chaîne. Le cadre d'aujourd'hui est moins fidèle, mais plus créatif. Les prédateurs ont un rôle éminement positif, à condition que leurs prédations s'orientent vers l'accaparation des richesses qu'ils produisent eux-mêmes, et non vers la spoliation d'autrui.
Lorsque j'écris, ou que je m'exprime publiquement, je cherche à parvenir à des résultats pratiques. Notre société a une histoire, une culture, et là reside son capital moral. Je dois en tenir compte, si je veux la faire évoluer dans le sens d'une société plus libre, et donc plus libérale. Je ne peux pas décréter le libéralisme, tout entier et tout de suite ! Notre société contemporaine française est le fruit d'une seconde guerre mondiale qui a porté au commandement une puissante faction socialo-communiste et un général victorieux, un grand prédateur dominant, exerçant un charisme extraordinaire sur des fidèles entièrement soumis. Qu'un système libéral eût pu naitre dans de telles conditions eut été miracle. Notre société d'aujourd'hui peine encore à se sortir de ce modèle. Il faut pourtant qu'elle évolue.
Qu'on ne compte pas sur moi pour porter un jugement sévère sur les actes de la génération passée. J'accepte ce qu'elle nous lègue, et avec, je cherche la voie qui la dirige vers le progrès. Mon fils Vincent a écrit une série d'articles présentant les diverses options du libéralisme. J'ai cherché à me situer dans la typologie des libéraux qu'il proposait, et je ne me suis reconnu vraiment dans aucune d'entre elles. En fait, je me crois un pragmatique, qui se sert de principes libéraux pour cadrer son action. Fred, sur Facebook, m'a reproché mon "constructivisme". En épistémologie, je suis effectivement constructiviste, mais en politique, certainement pas ! Je suis opposé à l'idée qu'on doive construire une société sur un modèle donné et pré-établi, et cela explique ma lutte acharnée contre les dogmes de Nouvel Ordre Mondial et celui de l'environnementalisme fascisant.
Je souhaite au contraire que le société évolue selon sa propre dynamique, mais en convainquant le plus grand nombre possible de femmes et d'hommes d'adopter des valeurs que je crois fécondes, en produisant des analyses aussi solides et aussi claires qu'il m'est possible de les concevoir, et en faisant des propositions aussi libérales que réalistes.
Je remercie les intervenants d’avoir réagit à mon billet et je leur prie d’excuser le délai de ma réponse.
Je rejoins entièrement Henri Lepage.
La leçon magistrale de Hans Hermann Hoppe donnée à Paris en 2003 m’avait appris l’importance première des assureurs dans une société de droit privé. Je ne suis pas en mesure de mesurer scientifiquement le risque de pollution nucléaire, par contre je suis comme le pollueur nucléaire potentiel un agent économique ; fort de mes droits de propriété, je peux exiger qu’il soit correctement assuré de telle sorte que je sois convenablement indemnisé le cas échéant, et que sa compagnie d’assurance soit solvable.
La propagande de l’Etat dira que les émissions radioactives de Fukushima ne posent aucun problème à la santé publique, mais l’entrepreneur soucieux de sa propriété dit que sa production agricole contaminée se voit attribuée une valeur marchande inférieure à tout autre exempte de radioactivité. Quand l’Etat et ses vassaux intellectuels ne savent qu’estimer le risque en termes de santé publique (étatique), le Libéral mesure le risque économique, le seul risque d’ailleurs quantifiable et pertinent au regard de ce que font les gens.
Alors, les Japonais vont-ils indemniser tous les agents économiques du Monde, dont les exploitations et propriétés sont dégradées par la pollution de Fukushima ?
Voilà la juste piste de réflexion.
A ce jour, les Etats ayant poursuivi une politique nucléaire civile ont plafonné la couverture du risque nucléaire, à l’image de ce qui se fait en matière de sécurité sociale. Ainsi il n’est pas possible d’indemniser correctement. Bien sûr, l’URSS n’a pas payé les dommages causés aux habitants des nations contaminées, et le Japon ne le fera pas, sous prétexte que lesdites radiations ne sont d’aucun danger pour la santé publique.
Eh bien cela est une violation intolérable des droits de propriété.
Ah si seulement l’industrie nucléaire avait été soumise à la loi du marché ! Le risque eût été assuré, et ainsi les parties potentiellement exposées auraient donné leur accord.
Henri Lepage fait remarquer que l’on aurait alors opté pour des générateurs nucléaires de petite taille. Mais bien sûr, car la finance nous apprend que tout n’est pas assurable, ou alors la prime d’assurance (le premium d’option) est tellement élevée que l’opérateur y renonce : c’est le quotidien des gérants de fonds !
Il convient donc de permettre la transition du nucléaire civil étatique au nucléaire totalement soumis à la loi intransigeante du marché.
Drieu, c’est bien le nucléaire étatique qui est condamnable. L’industriel nucléaire correctement assuré et s’étant implanté dans un territoire avec l’accord de ses habitants ne saurait être interdit d’exercice ! Ceci est une application concrète de la théorie libertarienne.
Ensuite Monsieur Bélouve, je ne sais pas ce que vous connaissez du Libertarianisme, mais ce que j’en sais de Hans Hermann Hoppe a des applications pratiques très simples qui se résument en la loi suprême du marché et des revendications des propriétaires. Ah vous êtes un industriel de la chimie ? Fort bien, mon fils pourra travailler dans votre usine…mais vous allez polluer mon jardin, ma production va être dévaluée, alors j’exige une compensation monétaire.
Cela a été rendu impossible par l’intervention de l’Etat qui s’est permis d’exproprier, d’imposer ses pollueurs et d’offrir sa protection civile de type militaire aux frais du contribuable. C’est intolérable dans une société moderne de libertés.
Je vois comment l’Etat Japonais gère la double catastrophe du tsunami et de Fukushima. Les sinistrés manquent de nourriture, sont parqués dans des écoles et soumis à des conditions sanitaires indignes de tout Japonais. Non vraiment, ne laissons pas l’Etat intervenir dans de telles situations, exigeons l’intransigeance du marché pour que les opérateurs industriels soient assurés de telle sorte que les victimes de leurs risques soient richement prises en charge par les assureurs.
Mais bien sûr, il n’est pas question d’argumenter en Libertarien à la face des pouvoirs publics qu’il faut brosser dans le sens du poil à coup de « intérêt national », « patrimoine industriel et scientifique », et c’est en cela que je vous rejoins, au risque d’adopter la posture constructiviste de l’Homme de l’Etat. Il sera déjà bien difficile d’obtenir la privatisation du nucléaire comme en Amérique du Nord. Alors demander la privatisation de la protection civile qui concerne évidemment les pompiers serait une démarche vouée à l’échec en l’état actuel de notre société.
Enfin, je condamne sévèrement la propagande étatique en faveur de l’industrie nucléaire placée sous son autorité, tout comme pour toute autre industrie, ainsi que toute appropriation de son argumentation. Les décideurs publics se trouvent déstabilisés par Fukushima. Bien fait pour eux. Et pourtant ils trouvent encore le moyen de jouer à l’apaisement pour éviter la panique. C’est là qu’un autre grand risque émerge, celui de voir les Etats nous obliger à adopter des solutions énergétiques dites renouvelables en dehors des réalités du marché.
@ fred Rabeman
Vous dites:
"Je vois comment l’Etat Japonais gère la double catastrophe du tsunami et de Fukushima. Les sinistrés manquent de nourriture, sont parqués dans des écoles et soumis à des conditions sanitaires indignes de tout Japonais".
Là, Fred, vous êtes excessif. Pire, vous êtes injuste ! Et même incohérent avec vous même ! Vous rendez-vous seulement compte de la violence cataclysmique de ce tsunami, et de la désorganisation totale qui en résulte? Voudriez-vous que le gouvernement japonais loge les sinistrés dans des quatre étoiles qu'il ferait pousser d'un coup de baguette magique? Du coup, c'est vous qui attendez tout de l'état. Et qu'est-ce que cette allusions à des conditions sanitaires "indignes de tout japonais". Il existerait des conditions que seraient bonnes pour des haïtiens, mais pas pour les peuples d'élites tels le notre ou celui du Japon?
Il existe de lecteurs qui viennent par hasard sur le site Turgot, qui constatent que les articles publiés sont bons, novateurs et instructifs, et lisent ensuite les commentaires. A la lecture de phrases telles que je viens de les citer, ils pourraient se dire "Mais qui sont ces libéraux qui se montrent si excessifs ?". En tant que libéral, vous avez la responsabilité de garder la mesure, même dans des commentaires où l'on se lâche un peu, parfois. Mais point trop n'en faut !
@ fred Rabeman
Vous dites:
"Je vois comment l’Etat Japonais gère la double catastrophe du tsunami et de Fukushima. Les sinistrés manquent de nourriture, sont parqués dans des écoles et soumis à des conditions sanitaires indignes de tout Japonais".
Là, Fred, vous êtes excessif. Pire, vous êtes injuste ! Et même incohérent avec vous même ! Vous rendez-vous seulement compte de la violence cataclysmique de ce tsunami, et de la désorganisation totale qui en résulte? Voudriez-vous que le gouvernement japonais loge les sinistrés dans des quatre étoiles qu'il ferait pousser d'un coup de baguette magique? Du coup, c'est vous qui attendez tout de l'état. Et qu'est-ce que cette allusions à des conditions sanitaires "indignes de tout japonais". Il existerait des conditions que seraient bonnes pour des haïtiens, mais pas pour les peuples d'élites tels le notre ou celui du Japon?
Il existe de lecteurs qui viennent par hasard sur le site Turgot, qui constatent que les articles publiés sont bons, novateurs et instructifs, et lisent ensuite les commentaires. A la lecture de phrases telles que je viens de les citer, ils pourraient se dire "Mais qui sont ces libéraux qui se montrent si excessifs ?". En tant que libéral, vous avez la responsabilité de garder la mesure, même dans des commentaires où l'on se lâche un peu, parfois. Mais point trop n'en faut !
Je voudrais soutenir le point de vue de Fred Rabeman.
Jean-Michel Bélouve, c'est vraiment triste de vous voir renoncer à vos valeurs de liberté et de responsabilité, pour le plaisir de taper sur les écologistes. Il faut croire que sur tous les sujets il faille prendre la position opposée de celle des Verts pour être dans le vrai.
Votre théorie consiste à dire qu'il faut tirer toutes les leçons de cette catastrophe (pardon, de ce grave accident). Fort bien. L'ennui c'est qu'il y a des avis très divergents sur le sujet. Pour ma part, je crois qu'on ne peut occulter, au delà du risque non assuré et non assurable, la large sous estimation du coût du démantèlement et du traitement des déchets. Vous n'êtes pas d'accord ? Pourquoi pas ! Mais ne m'imposez pas vos vues sur le sujet. Laissons les agents économiques, responsables, décider ce qui est le plus rentables, finissons-en avec le tarif réglementé et avec les contraintes iniques sur l'éolien imposées par l'Etat.
Enfin, vous appelez dans votre premier commentaire à une sorte de "Realpolitik" : en substance, la France a des atouts dans l'industrie nucléaire, soutenons cette dernière quoi qu'il en coûte. Au delà du fait que cette analyse fasse abstraction de l'expertise que la France pourrait acquérir dans l'immense marché du démantèlement, cela me rappelle un article d'Alain Madelin que je viens de lire sur ce site : "Mais qui dit croissance schumpétérienne signifie qu’à côté de ce processus de création existe un processus de destruction des activités dépassées par le progrès.[...]Or, nous savons que sur le marché politique de nos vieux États providence, les forces du passé savent se faire entendre.[...]Dans le climat frileux et anxiogène de la France d’aujourd’hui, la tendance est forte à protéger le passé par rapport au futur, à favoriser les rentes et à pénaliser les talents."
fred Rabeman : "Alors, les Japonais vont-ils indemniser tous les agents économiques du Monde, dont les exploitations et propriétés sont dégradées par la pollution de Fukushima ?
Voilà la juste piste de réflexion."
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Partir sur le postulat que toutes les propriétés du Monde (!) seraient dégradées par la pollution de Fukushima, ce n'est pas de la réflexion, c'est de l'obscurantisme, c'est nier des siècles de science et de raisonnement cartésien (Paracelse disait déjà il y a 5 siècle "la dose fait le poison").
A titre d'illustration, les épinards de Fukushima sont "contaminés" au maximum à 5000 Bq/kg (essentiellement par l'I131, dont il ne restera que 1/100 au bout de 2 mois, 1/1000 au bout de 3 mois, etc). Càd qu'en mangeant environ 4 tonnes de ces épinards, on aurait absorbé la même dose de radioactivité prise lors d'une simple scintigraphie (20 millions de becquerels, injecté directement dans le sang !).
Donc s'il y a des indemnisations à demander, c'est aux Rabeman et autres catastrophistes anti-nucléaires pour propagation d'allégations mensongères, exagération, abus de confiance, diffamation, insinuations infondées de nature à porter préjudice moral et matériel aux victimes de Fukushima et à l'industrie du nucléaire.
La diffamation nucléophobe des médias et des anti-nucléaires comme vous a un prix et il est exorbitant quand on sait que plus du tiers de l'humanité n'a toujours pas d'électricité ni eau courante que l'énergie nucléaire aurait pu fournir à vil prix, c'est à quelle adresse qu'on vous envoie la facture, fred ?
@miniTAX
Il faut envoyer la facture aux états qui refusent les biens produits dans la région de Fukushima (la plupart des pays du monde), à l'état Japonais qui oblige les Tokyotes d'acheter de l'eau en bouteille pour les enfants....
Vous aurez bien du mal à trouver les épinards de la région de Fukushima! Et je crains que la situation ne perdure. Encore aujourd'hui les biens produits autour de Tjernobyl ne sont pas vendus dans nos grands magasins.
@ MiniTAX
Quand je parle de dégradation des propriétés suite à la contamination mondiale provoquée par la centrale nucléaire de Fukushima, je désigne uniquement la baisse de leur valeur patrimoniale par rapport à une situation exempte de ladite pollution.
C'est l'esprit de l'une des leçons magistrales de Hans Hermann Hoppe.
Par ailleurs, je ne me suis pas prononcé contre l'énergie nucléaire et son exploitation, mais contre le nucléaire étatique, subventionné par l'état ou couvert par l'état. J'exige un nucléaire civil entièrement capitaliste et responsable de l'exploitation à la prise en charge de la protection des populations en cas de pépin.
Monsieur Bélouve, je milite pour que la société soit débarrassée de l'Etat en cas de catastrophe provoquée par un agent économique. Les libéraux ont été nombreux à fustiger le sauvetage étatique des banques en 2008. L'industrie nucléaire, elle aussi doit faire face à ses responsabilités, elle doit assumer l'entièreté de la protection civile, et bien entendu avoir négocié des accords de compensation avec les habitants autour des sites, et cela avant la mise en service.
Je souhaite également une société où l'intervention de l'Etat soit minimale en cas de catastrophe naturelle. Je n'aime pas la gestion collectiviste de l'Etat. Je lui préfère la gestion d'un agent privé.
Si vous êtes croyant, priez pour qu'une catastrophe comme celle de Fukushima n'arrive pas en France, et si vous n'êtes pas croyant priez quand même... fatigué de toutes ces propagandes ... pro-nucléaire incluse.