Lettre ouverte aux "Pigeons" présents et futurs pour les convaincre de passer à l’action
Par Philippe Nemo le lundi 29 octobre 2012, 11:44 - Note de synthèse - Lien permanent
Nombreux sont les chefs d’entreprise, cadres, économistes, « experts », journalistes économiques, qui votent à gauche. C’est là un sujet permanent d’étonnement pour le philosophe que je suis qui, par métier, connaît les idéologies et sait que, dans le système intellectuel du socialisme, l’économie de marché n’a pas de place.
D’où vient donc que les praticiens de l’économie soient si nombreux à se faire des illusions sur les intentions de la gauche à leur égard ?
C’est d’abord, sans doute, que ce sont des « pragmatiques ». Étant donné qu’en règle générale ils ne se déterminent pas, dans leurs propres actions, selon un système d’idées et de principes rigides, ils croient que tout le monde est comme eux et ils ont du mal à comprendre que les politiques puissent se comporter en idéologues. D’autre part, la propagande à haute dose administrée depuis des décennies en France par l’école et les médias a fini par faire son œuvre. La gauche est devenue « normale » et l’on ne perçoit plus son caractère révolutionnaire et utopique. Aujourd’hui, beaucoup de gens pensent qu’on peut faire normalement des affaires sous la gauche, voire mieux que sous la droite. Cela donne parfois des situations cocasses, comme lorsque telle radio, de quart d’heure en quart d’heure, alterne les cours de Bourse et les prêchiprêchas socialisants.
Avec les mouvements des « Pigeons », des « Dindons », des « Moineaux » et j’en passe, on assiste peut-être au début de la fin de cette schizophrénie. En effet, la gauche, désormais au pouvoir, déçoit et effraie. Alors qu’elle était censée faire le Bien, puisqu’elle est le Bien, voilà qu’elle bloque le fonctionnement de l’économie avec des prélèvements déments et qu’elle agresse les entrepreneurs, créateurs de richesses et d’emplois. Bref, elle fait le Mal économique !
On a vu cette surprise se faire jour dès le mois de juillet dans les commentaires sur le collectif budgétaire puis sur le projet de budget. Mais, ces dernières semaines, la coupe a débordé. Apprenant qu’on allait les priver purement et simplement du fruit de leurs efforts lors de la cession de leurs entreprises, les « Pigeons », les premiers, ont poussé un cri de désespoir pour eux et pour le pays. Déjà, depuis des lustres, les réussites d’entreprise étaient difficiles en France. Désormais, ce sera la démarche même de créer une PME, voire un petit commerce ou un restaurant, ou de prêter des fonds dans ce but, qui deviendra tellement irrationnelle que peu voudront encore s’y risquer.
Ces critiques ont pris d’emblée un tour assez radical, puisque le simple fait de s’auto-qualifier de « Pigeons » était, pour les protestataires, une manière claire de dire à l’opinion qu’avec la taxation des plus-values ainsi conçue, le gouvernement n’entendait pas percevoir un impôt, mais perpétrer un vol. J’observe cependant que, jusqu’à présent, les « Pigeons » en sont restés à l’expression d’une incompréhension navrée. Ils ont dit au gouvernement : comment pouvez-vous concevoir des mesures aussi irréalistes, qui ne sont susceptibles de produire que le contraire des effets attendus ? Et ils se sont bercés de l’espoir qu’en expliquant posément aux ministres et députés le problème économique posé par la mesure, dont ils n’avaient manifestement pas pris conscience, ils pourraient infléchir leurs décisions. Les événements ont paru justifier cette modération de ton, puisqu’après une valse-hésitation de l’Élysée, de Bercy et de la commission des Finances de l’Assemblée, une « usine à gaz » a été mise en place exonérant certains investisseurs jusqu’à un certain point et sous certaines conditions restrictives.
La question que les entrepreneurs de ce pays doivent se poser est de savoir si ce sera un changement de cap durable. Je suis persuadé que ce n’est pas le cas et que, si les « Pigeons » ne veulent pas être très bientôt pigeonnés à nouveau d’une manière ou d’une autre dans les mois qui viennent, ils doivent rester en état d’alerte maximum. Car la mesure sur la taxation des cessions d’entreprise n’est pas isolée. Elle fait corps avec un ensemble de mesures, fiscales et non fiscales, prises par les socialistes depuis cinq mois, et qui vont toutes dans le même sens. Loin qu’elles puissent passer pour des erreurs et des égarements dus à l’improvisation, elles ressemblent plutôt à un début de mise en œuvre méthodique d’un programme de transformation révolutionnaire de la société.
Pour le comprendre, il faut prendre la mesure du fait que les socialistes français sont… socialistes. Il est connu qu’ils n’ont jamais songé à réviser sérieusement leur doctrine, à la différence de ce qu’ont fait depuis longtemps d’autres gauches européennes, singulièrement anglaise, allemande ou suédoise. Certains, il est vrai, l’ont fait, mais ils se sont comptés autour de la candidature de Manuel Valls aux primaires socialistes : le verdict est qu’ils ne pèsent que 6% des militants du PS (ce score n’a guère évolué depuis l’époque de Jean-Marie Bockel). Autant dire que l’immense majorité des socialistes qui sont aujourd’hui au pouvoir, ministres, membres des cabinets ministériels, parlementaires, ou membres de la direction du Parti, sont socialistes de la vieille obédience, nombre d’entre eux étant même d’anciens trotskystes (c’est le cas du Premier ministre lui-même).
Or l’axe de l’idéologie socialiste est que, d’une part, l’État peut et doit gérer l’économie (les socialistes n’ont jamais pris la mesure du phénomène de la complexité sociale qui rend impossible, scientifiquement parlant, une telle gestion centralisée), et que, d’autre part, il peut et doit réaliser la « justice sociale » en redistribuant autoritairement les richesses. De ces deux traits de la doctrine résulte mécaniquement et nécessairement une conception confiscatoire de la fiscalité. Car, pour gérer et redistribuer les richesses d’une société, il faut d’abord les rassembler dans des mains uniques, celles de l’État. Dans la perspective de l’idéologie socialiste, le respect de la propriété privée ne saurait donc être un principe. Ce ne peut être qu’une concession arbitrairement modulable et révocable.
Il vaut la peine d’expliciter un peu plus les implications profondes de cette idéologie. On a suggéré que le socialisme constituait une sorte de retour au tribalisme, une régression en deçà des transformations opérées par les sociétés modernes à partir de la création du droit romain. Celui-ci avait établi les règles qui définissent et protègent la propriété privée, et, par le fait même, il avait permis de définir, par opposition, le « fisc », c’est-à-dire l’argent de l’État. On ne pouvait donc plus considérer qu’il existe une richesse sociale indivise, comme dans les groupes tribaux. Toutes les civilisations qui ont hérité, à un degré ou un autre, de la tradition juridique romaine, ont tenu pour acquis qu’une cloison étanche doit être établie entre richesses publiques et privées. Le corollaire est que, quand un particulier a payé sa juste part des frais nécessités par le fonctionnement de l’État, il a purgé ses obligations et peut disposer librement du reste de ses biens, pour en jouir en paix, ou pour acheter, vendre, créer des activités économiques. Ce schéma s’est retrouvé dans toutes les démocraties libérales modernes. En France, il a été sacralisé par la Déclaration des droits de l’homme de 1789, base de toutes nos constitutions monarchiques et républicaines des XIXe et XXe siècles. Ce texte, d’une part, reconnaît la propriété privée comme l’un des principaux droits naturels de l’homme. D’autre part, il stipule que l’appareil étatique est établi au service des citoyens, qui doivent donc pouvoir contrôler tout le processus de perception et d’utilisation des impôts. Ils veilleront à ce que les prélèvements ne dépassent pas une certaine limite et que l’État ne se servira pas du pouvoir de coercition qu’on lui confie pour les piller. La logique de cette philosophie politique classique est que, si l’État se livre au pillage, il rompt le contrat social en vertu duquel il est établi, et que les citoyens ont alors le droit sacré de « résister à l’oppression ».
L’idéologie socialiste est aux antipodes de cet idéal de liberté civique et humaniste, fondé sur l’idée d’autonomie de la personne humaine. Le socialisme est un « holisme », c’est-à-dire une doctrine où le collectif l’emporte par principe sur l’individuel. Pour lui, il est donc hors de question que l’impôt soit le fruit d’un quelconque contrat synallagmatique entre les individus et l’État. Il est l’outil révolutionnaire dont les dirigeants (qui croient représenter les « classes exploitées » dans leur lutte historique contre les « classes exploiteuses ») usent discrétionnairement pour gérer toutes les richesses de la tribu, quels que soient leurs prétendus propriétaires nominaux. Pour eux, il n’y a aucune raison de principe d’établir une cloison entre la cassette du fisc et celles des particuliers, puisque les unes et les autres constituent une même richesse indivise . Ce qui justifie ce totalitarisme est toujours la même idée, développée aussi bien par Marx que par les théoriciens « solidaristes » du début du XXe siècle, que les intellectuels du PS essaient aujourd’hui de remettre au goût du jour. Aucun citoyen n’est un Robinson capable de vivre seul. L’argent d’un capitaliste n’est pas le fruit de son génie et de son labeur propres, mais celui de ses collaborateurs qu’il a exploités, ainsi que des sciences, des technologies, des infrastructures et des institutions sociales diverses qu’il a trouvées toutes faites dans la société et qui sont le fruit des efforts de tous. Donc cet argent appartient à la collectivité entière et c’est arbitrairement, par le seul effet d’un « droit bourgeois » auquel on ne doit pas plus croire qu’on ne croit dans les vieux mythes, qu’il en a rassemblé dans ses mains la plus grande part. Le raisonnement ne s’applique pas uniquement à des Bill Gates, à des Mme Bettencourt ou à des M. Arnault. Il a une portée absolument générale et s’applique dès le premier euro gagné par tout agent économique, qu’il s’agisse d’un patron de PME, d’un artisan, d’un commerçant ou d’un créateur de start-up.
Tel étant le raisonnement, on voit qu’en matière fiscale, il ne peut y avoir qu’un dialogue de sourds entre ceux qui pratiquent l’économie de marché et les socialistes (du moins les nôtres). Deux mentalités strictement incommensurables et antagoniques se font face ici.
Pour les premiers, le fait générateur de l’impôt est la nécessité de payer à l’État les services qu’il rend, qui, si chers qu’ils soient, ont un coût limité, d’où résulte que, lorsque chaque contribuable en a payé sa juste part, le processus de prélèvement s’arrête. Pour les socialistes, au contraire, le processus n’a pas de fin, puisque l’impôt n’est pas la rémunération d’un quelconque service rendu, mais l’outil par lequel l’État gère toutes la richesse sociale. Pour eux donc, puisque ce que chacun possède n’est pas vraiment à lui, le fait générateur de l’impôt est le simple fait de posséder quelque chose. Dès qu’une quelconque richesse sera créée, et même si le contribuable a déjà payé plus que sa part des frais communs, voire en a déjà payé dix ou cent fois plus que d’autres contribuables, l’État sera en droit de prélever de cette richesse nouvelle la part qu’il estime nécessaire pour gérer l’économie nationale et assurer la justice sociale. Certes, il en laissera au contribuable une autre part, mais lui seul sera juge de l’étendue respective des deux parts, ce qui revient à dire qu’il se considère a priori comme propriétaire du tout. L’État socialiste ressemble à cet égard aux seigneuries féodales où le seigneur était le propriétaire « éminent » de tous les biens de ses dépendants, qui n’avaient sur leurs biens qu’un droit d’usage précaire et révocable. Les socialistes nous font régresser à ce stade historique. Alors que les Français croyaient s’être libérés en 1789 et avoir été, à cette date, constitués en citoyens libres et majeurs, l’État socialisant d’aujourd’hui les retransforme en serfs d’Ancien Régime.
C’est en fonction de ces logiques mentales profondément installées dans leurs esprits par des décennies de propagande socialisante, sans qu’ils en soient toujours conscients, que nos politiciens (y compris, hélas, de très nombreux politiciens de « droite ») et les technocrates de Bercy peuvent inventer sans sourciller et sans se lasser des impôts monstrueux, comme cette taxation des plus-values de cession à 62% qui a motivé la fronde des « Pigeons », mais aussi les impôts progressifs à taux toujours croissants (alors que l’idée même de progressivité de l’impôt est une flagrante injustice : car pourquoi certains citoyens paieraient-ils exponentiellement plus que d’autres pour recevoir de l’État les mêmes services ?), et encore l’ISF, qui taxe arbitrairement une épargne qui s’est constituée à partir de revenus qui ont déjà payé toutes les taxes, enfin les impôts scandaleusement confiscatoires sur les donations et sur les héritages par lesquels l’État entend s’approprier, sans aucune raison valable, la moitié de la fortune des citoyens, en attendant de prendre le reste aux enfants et les dernières miettes aux petits-enfants.
Un instant de réflexion suffit à montrer que ce ne sont pas là des mesures de gestion normale, puisqu’un tel régime de spoliation fiscale ne peut, par définition, être durable. Ce type de fiscalité n’a de sens que dans la perspective d’une transformation profonde de la société. Les connaisseurs sauront même y reconnaître la réalisation du programme de « spoliation de la bourgeoisie » que Marx avait fixé aux révolutionnaires à la fin du Manifeste communiste, dont, précisément, l’impôt progressif était le principal outil. Ajoutons que, dans les discussions doctrinales actuelles du PS, on dit explicitement qu’on veut en finir avec l’héritage, présenté comme une sorte de survivance injustifiable de l’ancienne société à « statuts », donc comme un trait d’archaïsme sociétal qui n’aurait plus de raison d’être dans une société « moderne ». De même, argumente-t-on, que la révolution bourgeoise, pour instaurer l’égalité devant la loi, a dû abolir les privilèges hérités de la féodalité, de même, la révolution socialiste doit abolir ce « privilège » qu’est l’héritage pour instaurer l’égalité des chances. Qu’il en résulte, pour l’avenir, une disparition de la diversité sociale, une homogénéisation totalitaire des styles de vie et des mentalités, et par ailleurs, sur le plan strictement économique, l’impossibilité d’accumuler le capital et donc l’effondrement des investissements et des initiatives économiques, ils n’en ont cure. En effet, l’égalitarisme est leur but premier et obsessionnel, et il est clair que, pour atteindre ce but, la suppression de l’héritage (y compris de l’héritage culturel) est le meilleur instrument. Quant au dynamisme économique, leur aveuglement idéologique leur faire croire que les investissements privés émanant des détenteurs privés de capitaux pourront être avantageusement remplacés par leur Banque publique d’investissement. Celle-ci, gérée par leurs puissants cerveaux keynésiens, ne sait-elle pas mieux que les industriels, les commerçants et les artisans, quels sont, branche par branche et région par région, les besoins et les ressources présents et futurs de la société ?
Dans le cadre de cet article, je ne peux en dire plus sur ces thèses socialistes ni sur les erreurs scientifiques manifestes sur lesquelles elles reposent. Mais ce que je viens d’en dire suffira peut-être pour faire comprendre aux « Pigeons », « Dindons » et autres « Moineaux » que ce n’est pas sous un gouvernement et une majorité parlementaire ayant une telle idéologie qu’ils pourront jouir d’un environnement favorable à la marche normale de leurs entreprises. Laisser fonctionner l’ordre spontané de société et la libre entreprise n’est tout simplement pas dans les gènes des hommes actuellement au pouvoir.
Sans doute ceux-ci n’entendent-ils pas faire la Révolution au sens de 1793 ou de 1917. Ils entendent du moins remettre en branle le mouvement de réformes profondes qui avait été entamé en 1981, qui avait été interrompu par les alternances de 1986 et de 1993, mais avait été repris sous le quinquennat Jospin, puis de nouveau interrompu en 2002. Il peut maintenant reprendre sa marche en avant, aussi discrète que possible, mais multidirectionnelle et inexorable. Regardons en effet les mesures que les socialistes ont prises ou annoncées depuis le début de l’été. Elles vont toutes dans le même sens d’une transformation révolutionnaire de notre société. Elles portent toutes atteinte aux principales libertés civiques.
Il y a d’abord le vol à mains armées que constitue la nouvelle fiscalité (les socialistes ne sachant pas comment créer les richesses, ils ne savent que les mettre en commun et les répartir). Puis une litanie déjà longue de mesures liberticides, qui va de la politique de la ville (25% de logements sociaux dans toutes les communes : ne sachant pas assurer l’ordre public, les socialistes ne savent que mélanger les populations et étendre aux quartiers « bourgeois », coupables d’être paisibles, le désordre que l’immigration a causé dans les banlieues) à la politique scolaire (ne sachant pas faire de bons élèves, les socialistes ne savent que mélanger les mauvais élèves avec les bons, de sorte que tout le monde devienne médiocre ; tel est le sens du retour à la carte scolaire, de la suppression des internats d’excellence, des notes, des redoublements, du travail à la maison, du recrutement d’une masse de nouveaux professeurs sous-qualifiés, mais qui seront susceptibles de formater la jeunesse dans le sens d’une société « solidaire »), en passant par le mariage gay, l’adoption des enfants par des couples homosexuels, le développement de l’initiation à la sexualité à l’école, même primaire, la gratuité totale de la pilule et de l’avortement pour les filles à partir de quinze ans, sans que leurs parents aient même le droit d’en en être informés (ces dernières mesures poursuivent la destruction de la famille méthodiquement entamée depuis des lustres, la famille classique étant accusée d’être le conservatoire des « égoïsmes » et de faire obstacle à la création de la grande famille sociale voulue par l’utopie). Vont encore dans le même sens les restrictions au quotient familial (plafonné au nom de la « justice » parce que, par définition, l’avantage fiscal proportionnel qu’il procure est plus grand pour les hauts revenus que pour les revenus inférieurs) ou la réduction des exemptions de charge pour les aides à domicile (qui rend désormais quasiment impossible aux jeunes parents des classes moyennes d’avoir une « nounou » ou une jeune fille au pair chez eux et vise à les contraindre à abandonner leurs enfants à des structures collectives). Le même esprit se fait jour encore dans l’interdiction faite aux médecins de pratiquer des dépassements d’honoraires ; que les socialistes ne veuillent pas que la Sécurité sociale rembourse ces dépassements, c’est une chose ; qu’ils interdisent aux médecins de les proposer à leurs propres risques, et aux patients qui le souhaitent de les payer de leur propre poche, c’est une mesure tyrannique. De même encore, quand les socialistes suppriment de facto le statut d’auto-entrepreneur en augmentant de façon brutale sa fiscalité, ce n’est certes pas pour les quelques millions que cela rapportera au budget, c’est parce que le statut même d’auto-entrepreneur leur est odieux : des hommes libres menant seuls leur barque sans rien demander à personne, voilà qui heurte trop brutalement leur idéal à eux, qui est et a toujours été l’emploi public.
Certes, ces intentions totalitaires ne sont pas explicitées par les services de communication de l’Élysée, de Matignon ou de Bercy, et l’on croira peut-être que je suis un paranoïaque qui se fait peur avec de vains fantasmes. Je le souhaiterais pour le salut du pays. Mais j’ai bien peur d’avoir raison, car j’ai le triste (et rare) privilège d’avoir lu depuis des années les textes doctrinaux du PS, des syndicats et des intellectuels qui leur sont proches. Je sais que les projets évoqués ci-dessus sont réellement discutés dans leurs cénacles et leurs écoles. Je sais que telle est bien la conception du monde qui structure leurs initiatives, loin que celles-ci soient le fruit de l’improvisation, moins encore de l’électoralisme (au reste, des croyants en l’Absolu se soucient peu de l’opinion des électeurs, même s’ils doivent en tenir compte au jour le jour pour des raisons tactiques, comme on vient de le voir avec la volte-face sur les plus-values de cession).
Last but not least, il faut tenir compte du fait que ces projets révolutionnaires sont probablement ceux du Président de la République lui-même. Celui-ci, malgré ses allures débonnaires, est sans doute sensiblement plus radical dans ses convictions socialistes que ne l’était François Mitterrand (lequel était surtout un cynique ; il a permis à la gauche de faire en France les tristes « avancées » que l’on sait entre 1981 et 1995, mais il avait suffisamment côtoyé les communistes et les fascistes dans ses jeunes années pour être parfaitement au fait des dangers de la collectivisation d’une société). François Hollande, lui, est un pur produit de l’esprit post-soixante-huitard. Il n’a pas d’autre culture que le socialisme, ni par éducation, ni par métier. Il a dit qu’il « détestait les riches », et il a osé écrire dans son programme officiel que l’« âme de la France » est l’« égalité », invention aussi insultante pour le peuple français qu’arbitraire et fondée sur une grave ignorance de l’Histoire. Car s’il est exact que les Français, d’ailleurs sans attendre 1789, ont voulu l’égalité des droits, ce n’est qu’une frange étroite de Jacobins terroristes et de communistes, toujours extrêmement minoritaires en France, qui a voulu l’égalité des conditions aux dépens de la liberté. Et quel esprit sec et étroit de ne voir dans l’âme du peuple français que cette revendication haineuse et ressentimenteuse, et de ne pas y voir tout le reste, des cathédrales de Chartres ou de Reims à Pascal et à Péguy, de Jacques Cartier à Cavelier de la Salle et à Bougainville, de Chrétien de Troyes à Proust, de Couperin à Dutilleux, de Monge et Pasteur au laser français installé sur Curiosity…
L’amour de François Hollande pour l’égalité lui fait penser qu’il n’y aura de vraie « justice » en France que quand personne n’y gagnera plus de 4 000 euros par mois (plafond qui, toutefois, ne s’applique pas à la nomenklatura ni à ses associés de l’économie mixte : il faut bien que les gardiens de la Cité idéale échappent aux soucis de la vie). Si telle est bien sa pensée, il n’est nullement paranoïaque de faire l’hypothèse qu’il est décidé à engager la France, d’une manière ou d’une autre, sur ce que Hayek a appelé la « route de la servitude » qui commence par la social-démocratie et s’achève en totalitarisme. On peut l’inférer de son dernier discours télévisé où il a dit que son « agenda » consistait à « redresser la France » en deux ans, après quoi on repartirait en avant dans la « construction d’une société solidaire ». Que peut bien vouloir dire cette dernière formule, sinon qu’il y aura encore, dans un avenir proche, une nouvelle aggravation du poids de l’État, des prélèvements obligatoires et des réglementations de toutes sortes réduisant comme une peau de chagrin les espaces de liberté des Français ?
En d’autres termes, Messieurs les « Pigeons », les « Dindons » et les « Moineaux », ni lui ni ses proches n’ont l’intention de vous laisser vivre. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est qu’un début. Dans les mois et les années qui viennent, si un coup d’arrêt n’est pas mis à ces politiques, les impôts augmenteront encore, les transferts sociaux au nom de la « solidarité » se généraliseront, il n’y aura plus un tarif de service public qui ne sera pas modulé selon les revenus afin de mettre en œuvre la « solidarité » et de « réduire les inégalités », le droit du travail se durcira jusqu’à rendre impossible toute gestion normale des entreprises exposées à l’évolution des marchés, les syndicats se verront attribuer de plus en plus de pouvoirs, y compris dans les PME où ils enragent d’être aujourd’hui si peu présents. Ces politiques seront encore durcies à mesure que le nombre d’assistés augmentera (on le fera augmenter en faisant entrer et en naturalisant de nouvelles vagues d’immigrants pauvres, le ministère de l’Intérieur s’y emploie ces jours-ci avec la simplification de la procédure de naturalisation) et que le nombre d’hommes indépendants et capables de résister à la marée montante du collectivisme diminuera par destruction ou exil. On en viendra fatalement, n’en doutez pas, à employer des moyens policiers pour contrôler et terrifier les récalcitrants, selon une évolution commune à toutes les sociétés socialistes historiques sans exception.
Messieurs les « Pigeons », et plus généralement Messieurs les entrepreneurs, il faut donc que vous compreniez que ce que veulent les socialistes, c’est votre mort. Votre mort comme agents d’un certain système économique, mais aussi votre mort comme classe sociale et, plus profondément, comme type d’homme.
Or que fait un homme sain d’esprit quand quelqu’un veut le tuer ? Certes, il peut fuir. Après tout, les pigeons et autres volatiles ont des ailes, et ils seront bien accueillis dans plusieurs pays du vaste monde. Mais il faut se dépêcher, car il n’est pas douteux que le gouvernement va bientôt ériger autour de la France un nouveau « mur de Berlin » destiné à empêcher les riches contribuables et les jeunes gens dynamiques de fuir le paradis socialiste.
L’autre option est de prendre les armes. J’entends celles dont on dispose en démocratie, c’est-à-dire : former des partis politiques nouveaux, intervenir dans ceux qui existent, avant tout créer des moyens d’expression nouveaux, des journaux, des radios, des TV, et simultanément – il est essentiel de ne pas oublier ce volet stratégique – les agences de publicité susceptibles de les faire vivre. Les « buzz » sur Internet sont certes quelque chose, nous venons d’en avoir la preuve. Mais les blogs et les échanges de mails sur la Toile sont des messages qui vont toujours de personnes privées à personnes privées. Je crains qu’ils ne soient pas de nature, à eux seuls, à cristalliser la conscience collective et à transmuer le paysage idéologique. Ce qu’il faut, c’est que les adversaires du socialisme fassent brèche et déboulent sur l’agora, c’est-à-dire sur l’espace public, là où tout le monde entend tout le monde. Seuls de « vrais » médias et de « vrais » partis politiques présentant des candidats aux élections pourront réussir ce changement d’échelle et, à terme, provoquer un basculement des votes, ce qui doit être le but final. La gauche elle-même nous a montré la voie, elle qui a gagné grosso modo la bataille idéologique et politique depuis 1981 parce qu’elle a entrepris d’occuper tout l’espace public en s’emparant de l’ensemble des grands médias, et, j’y insiste, du système publicitaire qui les fait vivre.
Eh bien ! Messieurs les entrepreneurs, puisque vous êtes entrepreneurs, entreprenez sur ce terrain aussi si vous voulez sauver votre peau. Il n’est plus temps de jurer vos grands dieux que « vous ne voulez surtout pas faire de la politique », que vous n’êtes « ni de gauche ni de droite », que vous entendez vous en tenir au « réel » et aux « lois de l’économie ». Car c’est un fait avéré par toute l’histoire idéologique qu’il y a des visions du monde et des catégories mentales irrémédiablement hétérogènes et qui ne peuvent dialoguer même (et, hélas, surtout) quand les hommes en cause sont de bonne foi. Les hommes qui règnent aujourd’hui au gouvernement et au Parlement voient les « faits », le « réel » et l’avenir de la France et du monde tout autrement que vous. Soyez certains que cette césure ne pourra être surmontée ni à court ni à moyen terme. Malgré tous vos efforts, vous ne parviendrez pas à les convaincre. Votre seule option est de les combattre. Vous devez, sous une forme ou une autre, faire de la politique – il y a, ces jours-ci, des signes cumulés que tel est bien l’état d’esprit d’une grand partie des milieux économiques.
Bénissons le Ciel que les socialistes aient fait ces semaines-ci l’erreur tactique de s’attaquer ouvertement et méchamment à la frange intelligente, active, dynamique, inventive, et encore « riche », de la population. Il ne serait que naturel que ce soit de cette frange que naisse une résistance organisée à la collectivisation du pays.

Philosophe, Philippe Nemo est notamment l'auteur de « La France aveuglée par le socialisme » (éd. Bourin) et de « La Régression intellectuelle de la France » (éd. Texquis).
Commentaires
Très bon article. Beaucoup de points très justes. Je suis comme Philippe Nemo, je crains le pire maintenant. Je n'ai cessé d'être critique depuis une trentaine d'années, redoutant que les politiques menées ne nous conduisent à la situation présente. Et bien, çà y est, nous y sommes! Pauvres de nous!
Pourquoi les analystes suggérant des décisions politiques à l'opposé de ce qui nous arrive maintenant avec les socialistes n'ont pas été prisés par les équipes précédentes ?
Vos réponses intéressent la majorité du peuple de France qui étant majoritairement de droite subit une politique systématique de gauche!
À vous lire,
Pourquoi les analystes suggérant des décisions politiques à l'opposé de ce qui nous arrive maintenant avec les socialistes n'ont pas été prisés par les équipes précédentes ?
Vos réponses intéressent la majorité du peuple de France qui étant majoritairement de droite subit une politique systématique de gauche!
À vous lire,
brillant. merci monsieur nemo. c'est utile de rappeler les ravages de l'idéologie.
Votre article est clair, complet et précis. Il montre que les français qui ont voté socialiste ont voté pour la politique de l'échec.
Grotesque de A à Z. Belle performance...
Excellent. Plus particulièrement, "les socialistes ne savent pas produire de richesses". C'est d'ailleurs pourquoi beaucoup sont sans doute socialistes. Une autre information a mettre dans la corbeille de la mariée à propos de ce qu'il faut appeler un déclin; la performance de notre système éducatif se situe aux alentours du 20ème rang mondial sur la quantité des connaissances acquises. Elle passe au 80ème rang sur l'intérêt de ces connaissances dans le monde professionnel ! Je suis entrepreneur, j'ai un projet qui va bientôt voir le jour à l'étranger au grand désespoir de ma famille, de purs bobos, qui connaissent par coeur toutes les niches fiscales utiles à la préservation de leurs revenus.
"Bien, voilà qu’elle bloque le fonctionnement de l’économie avec des prélèvements déments et qu’elle agresse les entrepreneurs, créateurs de richesses et d’emplois. Bref, elle fait le Mal économique !"
Ben oui, ça s'appelle l'austérité et c'est l'Europe qui le veut. Peut-être que la droite imposerait moins d'efforts aux petits entrepreneurs et plus aux travailleurs. Les mastodontes de l'économie, par contre, pèsent suffisamment lourd sur le monde politique pour faire des bénéfices tranquillement et délocaliser quand le climat n'est plus assez bon. C'est ces aberrations du libéralisme qu'une vraie gauche s'appliquerait à corriger.
"les socialistes français sont… socialistes" mieux vaut être sourd que d'entendre ça (oui, je sais).
Au cas où lire la fin de l'article m'aurait réconcilié avec l'auteur, je m'excuse, j'ai décroché. La divergence d'opinions est trop intense.
Pensée puissante, synthèse remarquable, bravo et merci!
Entre temps, les pigeons... se sont suicidés, quel dommage, le combat qui aurait été nécessaire et auquel vous les appeliez dépassait peut-être leurs ambitions, moyens, ou capacité à résister.
Internet reste, pour le moment, un espace de liberté où peuvent apparaitre rapidement et se structurer des mouvements incontrôlables, ce qui effraie les politiques. Puissent d'autres pigeons, plus endurants, naître et lire votre avertissement!
@ Potto.
Mais il est bien évident que Sarkozy est un socialo-étatiste forcené qui n'a cessé de faire grandir la taille de l'état.
La production de lois sous son mandat, dont la fameuse exit-tax, en sont les preuves. De gauche à droite, les Français n'ont le choix qu'entre des socialistes pour les gouverner.
Pour un euro investi, l'entrepreneur offre le meilleur levier de retour sur investissement économique et social (création de valeur, création d'emplois). Il est temps que nos hommes politiques (de droite comme de gauche) le sachent.
Nous démarrons notre communication sur l'entreprenariat, notre passion d'entrepreneur. Ce site se nourrira et évoluera grâce à votre participation et grâce à vos idées.
http://www.facebook.com/JeDefendsMo...
@Pascale
100% d'accord avec vous!
@Whisno
"Ben oui, ça s'appelle l'austérité et c'est l'Europe qui le veut."
1/ Ben non, ce n'est pas l'austérité. L'austérité consiste à baisser ses dépenses et non augmenter les impôts car sinon c'est l'austérité pour les autres et non pour vous.
2/ Ce n'est pas "l'Europe qui le veut" non plus, c'est l'épargnant, qui ne veut plus financer des canards boiteux, et prendre le risque de perdre toutes ses économies, tant que ceux-ci n'auront pas rééquilibré leur compte! L'austérité s'impose d'elle-même quand on n'a plus d'argent. On ne choisit pas de se serrer la ceinture par plaisir, voyons!
Ce que l'auteur semble oublier, c'est que le socialisme est beaucoup plus populaire qu'il ne le pense. Pourquoi?
Car le socialisme c'est le prodige d'offrir à la majorité de la population un pouvoir d'achat supérieur à ce qu'il serait dans une économie libérale. Ou du moins c'est ce qu'il tente de faire croire.
En effet:
-axiome numéro 1: faire payer les riches. Le problème c'est que ce qui compte c'est l'assiette fiscale et non le montant payé: voir...l'économie pour les nuls!!! faire payer les riches, ça ne marche donc pas.
-Axiome numéro 2: le schéma de ponzi: Puisque faire payer les riches ça ne marche pas et que pour éviter de se faire démasquer il ne faut pas augmenter les impôts: on invente les 2 schéma de ponzi: la dette publique: ce qui détourne l'épargne de l'investissement productif, l'immigration / politique nataliste afin d'accroitre la pyramide de ponzi pardi!
Le problème c'est que ces 2 axiomes n'ont qu'une durée de vie limitée.
Le jour où la population comprendra qu'elle ne peut bénéficier que de ce qu'elle aurait préalablement payé, le socialisme sera mort.
"à la frange intelligente, active, dynamique, inventive, et encore « riche », de la population."
Quelle clairvoyance, merci de m'avoir ouvert les yeux ! C'est de plus de grands philosophes comme vous dont la France à besoin.
je comprends les différentes "observations" certes justifiées de cet article mais il manque une variable : que devient La France dans le cadre européen, et surtout dans le cadre des accords déjà signés?
Que devient l’idéologie des socialistes français face à celle de nos voisins allemands et scandinaves ?
Quelle unité pouvons nous espérer en Europe :
unité monétaire?certainement pas si je me réfère ,à cet article
Remarquable article, belle synthèse.
a lire impérativement pour comprendre!
Tout ce qui est excessif est insignifiant.
Nos socialistes actuels sont restés des soixantehuitards attardés issus pour la plupart de l'administration, peu du privé avec l'obligation de résultats. Rattrapés par la réalité mais persuadés du bon sens de leurs décisions toujours doctrinaires, ils en arrivent tous, si on leur en laisse le temps, à des régimes totalitaires qui permettent d'appliquer de force ce que les démocraties refusent. Tous les grands dictateurs, sont générés par la Gauche. Forts du bien-fondé de leurs convictions inadaptées à la réalité, et de l'intolérance des missionnaires obtus qu'ils sont, ils sont obligés de persuader avec " force" leur peuple.
A quoi bon se fatiguer quand on peut vivre sur la bête, c’est ce qui est resté de Mai 68 dans toutes les têtes quand les fadaises révolutionnaires se furent estompées. L’éradication du respect et des obligations après 68 a accouché sous Mitterrand d’une génération de glandeurs opportunistes qui a bullé en toute impunité dans les multiples fonctions publiques et territoriales, Organismes publics, Associations subventionnées et autres Agences de l’état obèse. Vivier électoral de la gauche dont sont issus la plupart de ses leaders actuels avec son unique slogan : Toujours plus. Sauf que la bête est morte ou quasi et que l’on va devoir désormais plumer les français qui travaillent pour les entretenir.
Bonne analyse qui rejoint complètement la mienne bien que je n'ai pas lu l'ensemble de la doctrine socialiste comme l'auteur de ce billet.
Pour compléter vos propos, les socialistes vont modifier les règles concernant la prise de participation dans des entreprises privées, prise de participation qui n'est pas possible aujourd'hui.
A terme les villes départements et région, voir l'état pourront investir dans des entreprises privées.
Avec l'abolition de la propriété privée, rampante mais certaine, nous verrons bientôt des collectivités "nationaliser" des entreprises privée au nom de l'intérêt public, comme elles le font aujourd’hui en expropriant particulier et entreprises d'actifs immobiliers, et cela en vertu du fait que ces entreprises ne prennent pas les décisions qui leur conviennent (une délocalisation de la production par exemple).
Ce que vous décrivez était visible lors de la campagne présidentielle, il fallait bien observer le camp socialiste et qui ils étaient. En effet Mitterrand avec sa gauche "CAVIAR" n'avait rien de méchant, par contre cette gauche (de la génération suivante) est elle très dangereuse car dogmatique.
Mais comme vous le dite très bien, ils ont fait entrer dans la tête des la plupart des français qu'il fallait faire payer "les riches"; sauf que ceux qui sont tombés dans cette escroquerie intellectuelle, sont sans le savoir les futures proies (pour mémoire notre président considère comme « riche » toute personne gagnant plus de 1 800 euros par mois.
Enfin je ne comprenait pas pourquoi le gouvernement actuel n'a pas annoncé de mesures pour endiguer le chômage. A la lecture de votre billet je pense qu'il attend que son niveau soit tel, que cela justifiera toutes les mesures de confiscation qu'il nous concocte.
Merci encore
En fait d'idéologie, la gauche français est gentillette en comparaison de la gauche espagnole. Sans doute parce que la révolution espagnole est plus récente, et qu'ils l'ont perdue.
M Nemo ,
Votre analyse est excellente . Vous percevez parfaitement tous les moteurs de nos socialistes , Hollande et cie.
Je pense tout de même que votre analyse oublie la totale incapacité de ces gens à construire autre chose que des théories et des rêves , du moins , c'est ce que j'espère.
Ils vont juste se gaver sur le dos des français sans rien faire de concret . Nous seront encore plus mal en point mais prets à rebondir dans 5 ans.
@ Esteld
Je vous trouve bien optimiste. Sans que vous en ayez conscience ils sont en train de détruire tout notre appareil de droit pour lui donner une interprétation socialiste. Or c'est cela qui est le plus grave, car cela conditionne l'esprit des magistrats et c'est ensuite très difficile de revenir dessus. Une nationalisation, ça se privatise, une loi qui détruit la liberté d'expression ou pénalise des comportements subjectifs, et donne aux juges et aux experts des pouvoirs arbitraires pour interpréter les droits des individus, une fois installée c'est bien difficile à défaire. Et cela fait des années que, subrepticement, cela s'installe.
BRAVO! Monsieur Nemo, je crois que vous êtes le SEUL en France à être encore capable d'une analyse aussi profonde et fine de l'actualité politique, de mettre en lumière des courants de fond, les causes historiques....c'est cela qui fait peur!
Merci à Philippe Nemo pour cette belle analyse synthétique (mais pourquoi se défendre d'être paranoïaque ?).
Henri, j'approuve sans réserve votre commentaire ;-)
L'expérience des uns ne sert jamais aux autres,alors essayer de transmettre est de l'ordre de la thérapeutique propre pour soulager un exès d'exaspération, pas plus vous ne convaincrez un socialo/communiste du crétinisme de sa pensée pas plus vous ne convaincrez les "pigeons" , ceux a qui vous vous adressez,ne sont ils pas par nature faits pour être "pigeonnés" ?votre analyse brillante laisse un léger coin dans l'ombre:pourquoi cette "droite" puisqu'elle détient les clés du savoir a t'elle été aussi bête pour se faire "pigeonner"?
J'adhère. Malheureusement, la plupart des entrepreneurs sont avant tout des gens qui sont annimés par leur passion pour construire, pas pour discuter. Et je suis convaincu qu'ils préfèreront trouver une patrie qui répond à leurs attentes plutôt que prendre les armes.
Il sera toujours agréable de venir en france y passer des vacances plutôt qu'y créer de la valeur... Triste
Les entrepreneurs se sont fait manger et ils n'ont rien vu passer. Trop optimistes, trop déconnectés de la réalité politique française. C'est quand on leur aura tout confisqué qu'ils se réveilleront, et il sera trop tard. Autour de moi, je vois une chose qui me rappelle effroyablement la période soviétique: tout le monde se met à travailler au noir. En milieu rural notamment, mais pas que, l'économie non-déclarée se développe vitesse grand V sans qu'aucun indicateur officiel ne puisse le révéler pour le moment.
La question que je me pose, et peut-être un avocat pourra y répondre, c'est vu que le droit de propriété est considéré comme sacré d'un point de vue constitutionnel en France comme à l'échelon européen, et que le droit européen prime sur le droit national dans de nombreux cas de litiges, les personnes physiques et morales victimes de violations évidentes du droit de propriété et de leurs libertés de bases par l'action socialiste ne pourraient-elles pas se retourner contre l'Etat auprès de juridictions internationales compétentes ? N'y a-t-il pas des gardes-fous internationaux permettant de contrer l'Etat et le forcer à reculer ? Il me semble étonnant que légalement on puisse laisser s'installer un régime socialiste de spoliation et d'asservissement de l'individu et de sa propriété privée à l'Etat, puisque c'est réellement de quoi il s'agit ici !
Les totalitarismes avancent masqués jusqu'au bord de leur Paradis . Pour y plonger dans les délices de leur délire, ils doivent à un moment jeter le masque.
C'est alors que parlent les armes.
En 1793, les totalitaires , d'abord vainqueurs, tout ivres du sang versé et des vengeances assouvies, se laissèrent déborder par les sages , devenus pour un temps, malins.
En Octobre 1917, ils bindèrent les trains, massacrèrent les naïfs matelots, affamèrent les rétifs paysans et plongèrent le peuple dans la misère , la mort et la Terreur permanente. Il fallut 70 millions de morts et 70 ans pour leur faire lacher prise.
En 201X en France , ils iront plus loin encore. Ce n'est pas Internet , ni la ruine d'une civilisation que , de toutes façons ses batisseurs ont abandonnée aux médiocrités peopolisées, médiatisées et subventionnées , qui le arretera , mais la determination ,le sens du sacrifice, en un mot la résistance que les hommes libres et inflexibles opposeront au déluge de folies qui se déchainera alors.
Le combatr de Philippe Nemo et de quelques autres me rappelle aussi que l'Intelligence est une arme , dont seuls les hommes libres et inflexibles disposent,
A ce point du débat provoqué par Philippe Némo, que j'approuve à 100%, il me semble, au moins pour certains des intervenants dans les commentaires de mettre à votre disposition un texte de Hans-Hermann Hoppe dans son analyse des "conservatismes". Pour moi ce texte va vous permettre de faire la bonne distinction entre les "idéologies" en présence et démontrer que l'opposition n'est plus entre la "gauche" et la "droite", mais entre les individualistes épris de liberté et tous les collectivismes.
l'UMP est un parti de gouvernement tout aussi étatiste que l'est le PS et ce sont les mêmes dirigeants occultes de la nomenklatura de la Fonction Publique française qui tirent les ficelles de cette pseudo alternance politique. Ce sont bien tous ceux qui votent l'UMP et Sarkozy en pensant combattre le socialisme qui contribuent à enfoncer la France dans ce collectivisme létal pour les individus.
Et dans cette France où ceux qui sont en tête des préoccupations des politiques sont les handicapés, les gays, les chômeurs etc pour jouer sur les "bons sentiments" des gens manipulés depuis le primaire et en définitive laissés incultes, la politique menée ne peut qu'aller dans le mur. Et ce qui est plus grave c'est qu'ainsi, l'ensemble de la population, loin d'en être plus heureuse, ne se réalise plus dans sa vie terrestre et commence à marcher comme un peuple de zombies, vers un no-future.
http://www.institutcoppet.org/2012/...
Dans Institut Coppet, vous trouverez des textes de "progrès", écrits parfois il y a plus d'un siècle, mais que l'on ne trouve que rarement sauf chez des analystes comme Philippe Némo qui est encore dans leurs lignées. Tant que cette étincelle existera, la France pourra se redresser.
Je suis ok avec la plupart du texte. Cela dit les propos du paragraphe portant sur le marriage gay, l'adoption, la PMA (tres peu approfondis dailleurs) me semblent fondamentalement anti-liberal, et ne fait qu'apporter une approche conservatrice qui nuit tellement au liberalisme. Il aurait ete beaucoup plus efficace et constructrif de reconnaitre dans certaines positions societales du gouvernement des avancees, tout en critiquant le reste (notamment la politique economique).
Pas si claires que cela ces pages.
C'est vrai que la vielle obédience socialiste est celle qui est en majorité au gouvernement actuel, c'est vrai que les socialiste n'ont pas su repenser leur doctrine face aux bouleversements de la modernisation, de la mondialisation. Mais la droit non plus.
Quant au totalitarisme il n'est plus politique, mais TECHNIQUE. Lire ou relire JACQUES ELLUL, voir en droit mon article sur les montages juridique ou les pages 109 à 113 de mon livre sur LES PARADIS FISCAUX.
Ce sont les multinationales qui ont le pouvoir car ce sont elles qui ont la puissance (de l'argent et de la position dominante) et qui peuvent se permettre une "gouvernance", c'est à dire une action dictée par les montages technique (donc froids) du droit.
Droite ou gauche, c'est la même incapacité puisque l'une comme l'autre ne VOIT PAS le changement sociétal et continuent de raisonner comme avant, sur les VIEUX fondements.
Ce monsieur Personne (traduction de nemo en latin) est un atrabilaire (qui porte étonnament son amertume sur son visage) et qui prétend être le seul à connaitre l'histoire, et ne pas avoir, lui, d'idéologie. Alors que c'est précisément l'idéologie des "Chicago Boys", dont Hayek qui est son dieu, qui a gagné et gangrené les esprits aux USA et en Europe (même à gauche) depuis 30 ans, qui a amené au pouvoir Reagan et Thatcher puis détruit méthodiquement les 30 glorieuses, au bénéfice d'1% mondial de la population. Cf le dernier bouquin de Stiglitz: "le Prix des inégalités" expliquant l'inefficacité économique de ce système. Ce sont ces "miraculeux entrepreneurs" de multinationales qui ont délocalisé à mort depuis des lustres et réduit les emplois et les salaires dans tout l'occident, au bénéfice de la Chine, ou plutôt de milliardaires chinois qui sous payent leurs employés mais ne s'oublient pas du tout au passage...Cet article qui se prétend scientifique est celui d'une croyance économique totalement idéologique...Il est de bon ton de faire croire que les entrepreneurs sont pourchassés, ce qui est un mensonge. Les PME ont été très maltraitées par la droite depuis belle lurette. Quant à l'héritage illimité, il est exactement le contraire du mérite tant vanté. Par ailleurs, étant entre autres helléniste (généralement on ajoute brillante mais ma modestie ne me le fera pas dire) et ayant eu l'occasion d'expérimenter plusieurs systèmes d'éducation, il est prouvé que seul le mélange des niveaux sociaux, à condition de savoir y faire et d'avoir assez de temps pour cela, permet d'élever le niveau de tous et le fameux ascenseur social sans préjudice pour ceux qui ont la chance d'être plus "doués" que d'autres. Mais ce monsieur enseignant à l'Essec ne voit arriver que des jeunes gens déjà "écrémés". Sa prétendue synthèse n'est qu'un samigondis pour ignares.
HHHOppe : "La plupart des conservateurs contemporains autoproclamés s’inquiètent, à juste titre, du déclin des familles, du divorce, de la non-légitimité, de la perte d’autorité, du multiculturalisme, des styles de vie « alternatifs », de la désintégration sociale, du sexe et du crime. Tous ces phénomènes représentent des anomalies et des déviations scandaleuses de l’ordre naturel."
C'est bien pourquoi je vous invite à lire son essai sur les "conservatismes".
Toutes ces déviations sont libertaires et non naturelles. Où est le libéralisme là dedans? Et c'est bien la raison qui me pousse à vouloir les proscrire. Aider les improductifs ne pourra durer que pour autant qu'il y aura des ressources à partager. Le rôle d'un Etat étant alors et d'abord de favoriser ceux qui produisent. Et ceux qui produisent en macro-économie ce sont les individus, voilà donc ceux qu'il importe de privilégier. Le reste n'est que le début de la décadence.
Remarquablement analysé. Malheureusement, dans votre position, vous ne vous sentez pas autorisé à proposer de solutions autres que celles traditionnelles dans nos pays bien-pensants. Je suis un parfait inconnu même si je suis un inconnu imparfait. J'ai un essai à votre disposition. Si vous êtes intéressé, ecrivez-moi.
Bonjour,
Nous nous heurtons à ce problème "culturel" car la plus part des dirigeants du P.S. sont issus de la Haute-fonction publique et n’ont de ce fait, aucune notion de l’entreprenariat. Ils ne savent pas ce qu’est de se « mettre en danger » puisqu’ils sont sûr de toujours retrouver un travail après leur mandat. Rémunérés d’ailleurs, la plus part du temps, beaucoup plus que les chefs d’entreprise de type P.M.E. qui constituent le tissus économique de la France...
La technocratie est antinomique avec la gestion d'entreprise ! Notre nouveau ministre de l'économie en est une pure caricature, dramatiquement incapable de faire preuve d'un peu de créativité dans les solutions à apporter.
Un certain Coluche qui pourtant avait le coeur à Gauche, aimait dire et répéter :
"Si on confiait le Sahara aux technocrates, 5 ans après il faudrait racheter du sable"...
@zorraThoustra c'est amusant ce que vous écrivez sur le visage de Nemo/Personne, parce que c'est vrai !
Quant au fond du débat, disons que Mr Nobody défourage à donffe, souvent avec de bons motifs, mais qu'il n'a pas grand-chose à proposer. Il me fait penser à un aristocrate d'ancien régime. Vive l'Angleterre.
@zorraThoustra:
Thatcher reposnsable des problèmes de la GB? Elle a récupéré un pays en faillite grâce aux...travaillistes. Donnée historique vérifiable en 2 clics googliens, le FMI arrivait à la rescousse suite au bel ouvrage des socialistes d'outre manche, qui ont précipité leur peuple dans la misère. A la sortie des mandats de Thatcher, l'Angleterre avait retrouvé une vitalité sociale et économique exceptionnelle.
Reagan, monstre N°2? Il a récupéré un pays à l'endettement abyssale et au marché faussé par les subprimes -si si, ceux là même qui nous explosent au nez aujourd'hui- issus de la loi du Community Reinvesment Act de 1978 de Mr Carter, obligeant les banques a prêté à des "minorités visibles" insolvables, pour les remercier de leur vote démocrates.
Enfin vous citez le dernier crétin keynesianiste en cours, J.Stiglitz- caution intellectuelle des politiciens étatistes qui gaspillent les richesses des autres puisqu'ils ne savent pas en créer par eux mêmes- qui veut encore plus de dépense publique au moment où les dettes publiques atteignent un niveau qui menace l'avenir économique du monde pour des décennies.
La réalité des faits et des chiffres est triste pour les planistes tel que vous: Chine, URSS, socialisme en Europe ou en Afrique, keynesianisme anglo saxons: tout cela ne s'est soldé que par des faillites et des échecs. Plus un pays est libéral mieux il se porte, plus il est étatiste plus mal il va.
Mr Nemo n'est sûrement pas monsieur Personne, mais vous êtes vous, à coup sûr, Monsieur n'importe quoi. Vous le calomniez parce que cette forme d'expression est l'argumentation de ceux qui n'en ont pas. , ets e drape dans l'étendard des planistes: l'idéologie égalitariste socialiste.
Citez une réussite concrète des planistes contre les libéraux dans un seul pays au monde, et là vous aurez un argument sur lequel débattre.
@libéralisateur
T'as raison ! Exterminons ces salauds de pauvres !!! On commencera par les pauvres d'esprit comme toi...
Affligeant. Il est parfaitement entendable de s'opposer à l'idéologie socialiste, comme à toute idéologie d'ailleurs, y compris libérale, mais de tels excès abaissent le débat au niveau de l'aigreur primaire et de la vocifération.
En résumé, les "très méchants totalitaires" et les "très gentils libertaires". Décevant de la part d'un homme qui semble avoir fait quelques études (privées ? lol).
@Jed75,
Qui a parlé de les exterminer, certains pauvres d'esprit qui ne savent même pas lire !
Je parle simplement de ne pas les mettre au centre du débat ni politique ni économique, car ce n'est malheureusement pas sur eux qu'il importe que la société compte pour s'enrichir.
Quand aux autres "handicapés" de la normalité, rien ne les empêche, eux, d'avoir une fonction de production et de vivre leurs déviances. Mais le rôle d'une société, sauf à entrer en décadence est d'abord une certaine pérennité, qui ne peut se structurer qu'autour déjà de la cellule familiale. Le reste n'est qu'aventures de collectivisme auxquels tous ceux qui l'ont essayé au 20ème siècle, comme Israël ou certains pays de l'Est ont mis fin.
D'ailleurs il est symptomatique aujourd'hui de voir que les mouvements gays qui viennent de voir leurs désirs de convoler en justes noces, sur la table, dire qu'il importe dans le même temps de "discuter" de leurs droits à une filiation "légale" de leurs adoptés. Cela ne veulent plus rien dire. Ils veulent donc tout et son contraire ! Alors que s'ils ne l'ont pas compris jusqu'à maintenant, je leur rappelle que des relations sexuelles avec une personne de l'autre sexe que le leur peut conduire à enfanter chez la femelle et avoir une filiation réelle et que depuis que le monde est monde et dans toutes les espèces animales c'est comme cela et jamais autrement que cela se passe. Ce que des animaux ont compris depuis la nuit des temps ils vont bien finir par le comprendre. Peut-être que c'est dès la primaire que l'on devrait leur inculquer ces fondamentaux.
Jeudi 8 novembre 2012 :
La France et la Belgique se sont mis d'accord dans la nuit de mercredi à jeudi pour renflouer une nouvelle fois la banque Dexia, en cours de démantèlement, en injectant 5,5 milliards d'euros, une somme répartie après d'âpres négociations entre les deux pays.
Dexia avait déjà été frappée de plein fouet par la crise financière en 2008. Pour lui éviter la faillite, la Belgique, la France et le Luxembourg l'avaient renflouée à hauteur de 6,4 milliards d'euros et lui avaient déjà apporté des garanties publiques.
http://www.boursorama.com/actualite...
5,5 + 6,4 = 11,9.
Pour le moment, je dis bien : "pour le moment", les contribuables français et belges ont payé 11,9 milliards d'euros pour renflouer la banque Dexia.
Quand ça va bien, les banquiers gagnent beaucoup d'argent.
Mais quand ça va mal, les contribuables paient des milliards d'euros pour sauver les banques, et les banquiers gagnent beaucoup d'argent.
Privatisation des profits, socialisation des pertes.
@BA
Et Dexia c'est la banque de qui? des collectivités locales, donc les contribuables paient une fois de plus la rapacité des hommes états. C'est donc bien privatisation des dettes, étatisation des profits, et pas l'inverse, puisq'une fois de plus avec Dexia les citoyens paient le gâchis incommensurable des richesses par les bureaucraties et politiciens européens.
Luc Coene est le gouverneur de la Banque Centrale belge. Il est membre du conseil des gouverneurs de la BCE.
Jeudi 15 novembre 2012 :
Luc Coene estime qu'une partie de l'ardoise grecque doit être effacée.
Le gouverneur de la Banque Nationale Luc Coene s'attend à ce que les différents bailleurs de fonds renoncent à une partie de l'imposante dette publique grecque, rapporte le quotidien De Standaard jeudi.
Luc Coene s'est ainsi exprimé lors d'un échange à l'Université de Gand. Il se place ainsi sur la même ligne que celle adoptée par le Fonds Monétaire International, qui craint que la Grèce ne puisse pas réussir à ramener sa dette sous les 120% de son PIB pour 2020 sans un abandon partiel des prêts d'urgence consentis à son égard.
L'année passée, des banques privées avaient déjà marqué leur accord pour un abandon partiel de leurs créances. Les autorités publiques doivent maintenant suivre, estime le FMI. Berlin s'oppose cependant à cette solution.
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Eco...
En 2013, la dette publique de la Grèce sera de 346,2 milliards d'euros.
Sur ces 346,2 milliards, les Etats européens et la BCE ont prêté 242 milliards d'euros à la Grèce.
Problème : la Grèce est insolvable. Les Etats européens et la BCE vont devoir subir ces pertes.
- Quel est l'homme politique courageux qui va annoncer aux contribuables européens qu'ils vont payer 242 milliards d'euros ?
- Quelle est la femme politique courageuse qui va annoncer aux contribuables européens qu'ils vont payer 242 milliards d'euros ?
- Concernant la France, combien de dizaines de milliards d'euros les contribuables français vont-ils devoir payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce ?
Vendredi 16 novembre 2012 :
La Grèce va rembourser vendredi sans difficultés 5 milliards d'euros de créances.
La Grèce va pouvoir rembourser vendredi 5 milliards d'euros de titres à court terme grâce à la levée de fonds menée en début de semaine pour compenser le retard de ses bailleurs de fonds UE et FMI à reprendre leur perfusion financière, a indiqué l'Agence de gestion de la dette publique (PDMA).
C'est la deuxième fois depuis août que le pays doit lever des montants exceptionnels à court terme pour tenir ses échéances. Mardi, il a levé 4,062 milliards d'euros en titres à un et trois mois, ensuite portés à 5 milliards par les offres non-compétitives, à des taux respectifs de 3,95% et de 4,2%.
Le ministre des Finances, Yannos Stournaras, a toutefois prévenu mardi que ces acrobaties financières avaient leurs limites, mettant en garde contre un risque très élevé de faillite du pays si UE et FMI continuaient à tergiverser pour débloquer le versement de prêts gelés depuis juin.
http://www.romandie.com/news/n/_La_...
"Acrobaties financières" : c'est un euphémisme.
Lundi 12 novembre : la Grèce déclare qu'elle n'a plus un seul euro dans ses caisses : la Grèce annonce qu'elle sera incapable de rembourser un prêt de 5 milliards qui arrive à échéance le 16 novembre.
Mardi 13 novembre : la Grèce lance un emprunt exceptionnel de 5 milliards d'euros.
Trois jours après, vendredi 16 novembre : grâce à cet emprunt exceptionnel de dernière minute, la Grèce peut rembourser les 5 milliards d'euros.
En Grèce, le gouvernement navigue à vue : il n'a aucune visibilité au-delà de trois jours.
Lundi 19 novembre 2012 :
Sur son blog, Jacques Sapir écrit :
Le phénomène qui se développe actuellement en Grèce n’est donc pas unique, ni « particulier » à ce pays. Ce que l’on observe désormais, c’est bien un processus de fragmentation de l’espace monétaire, comme si une partie de la population et des entreprises grecques étaient déjà sorties de l’Euro. La logique de cette situation est connue. La Grèce fera défaut, probablement au printemps 2013, et elle sera amenée à sortir de l’Euro pour pouvoir ré-unifier son espace monétaire. Ce fut le point de départ, d’un nouveau départ, pour la Russie en 1998. Ce sera le début du renouveau pour la Grèce.
Source :
russeurope.hypotheses.org/515
Rappel :
Vendredi 2 novembre 2012 :
Or le niveau de la dette grecque n'est pas viable et l'hypothèse d'arriver à un taux d'endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.
http://www.lemonde.fr/economie/arti...
Dette publique de la Grèce :
2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d'euros de dettes.
2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.
2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.
2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.
Mardi 20 novembre 2012 :
Grèce : 50 milliards d'euros de garanties pour la France.
La France a participé à deux plans de sauvetage de la Grèce. Lors du premier, en mai 2010, alors qu'Athènes était au bord de l'étranglement, Paris avait prévu de prêter 16,8 milliards d'euros. Mais ces prêts bilatéraux ne se sont finalement élevés qu'à 11,4 milliards, une décision ayant été prise entre les États membres l'année suivante de ne plus verser l'argent directement, mais via le pare-feu européen, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Pour le deuxième sauvetage de la Grèce, en octobre 2011, c'est le FESF, et non la France, qui a emprunté de l'argent sur les marchés pour le prêter à la Grèce. Ici, la France n'a rien déboursé, elle n'a fait qu'offrir sa garantie (sur les 18,5 milliards du deuxième programme d'aide, et sur le reliquat de plus de 5 milliards du premier programme). La participation du secteur privé s'élève, elle, à 7,8 milliards.
Au total, «compte tenu d'un mécanisme de surgaranties, les 31,6 milliards d'euros de prêts du FESF à la Grèce en 2012-2014 devant être garantis par la France correspondront à une garantie de plus de 50 milliards d'euros», peut-on lire dans le projet de loi de finances rectificative présenté en juillet dernier.
La France, donc les contribuables, ne devra mettre la main au portefeuille que si la Grèce ne parvient pas à rembourser le FESF.
En revanche, la dette publique imputable aux programmes d'aide à l'ensemble des pays en difficulté en Europe (prêts bilatéraux ou par l'intermédiaire du FESF) devrait s'élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011 - soit une hausse de 1,8 point de PIB, indique le Projet de Loi de Finances Rectificative 2012.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Mercredi 21 novembre 2012 :
La Grèce de nouveau sous pression de l’Europe.
Autre sujet d'inquiétude, la dette qui devrait s'envoler l'an prochain à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d'euros, contre 175,6% attendu en 2012.
http://www.boursorama.com/actualite...
En 2013, la dette de la Grèce atteindra 346,2 milliards d'euros. En 2013, les contribuables de la zone euro vont payer non pas une addition, mais trois additions différentes.
1- Première addition : la BCE détient 45 milliards d'euros de dette grecque. Quand la Grèce fera défaut, la BCE subira des pertes. Les actionnaires de la BCE devront alors recapitaliser la BCE. Les 17 banques centrales nationales paieront : concrètement, les contribuables de la zone euro paieront.
Ils ont l'habitude. Déjà, en décembre 2010, les contribuables ont été obligés de payer 5 milliards d'euros pour recapitaliser la BCE.
2- Deuxième addition : le FMI a prêté des dizaines de milliards à la Grèce. Quand la Grèce fera défaut, le FMI subira des pertes. Le FMI est financé par les contribuables des Etats-Unis, par les contribuables du Japon, par les contribuables de l'Allemagne, par les contribuables de la France, etc.
Les contribuables paieront donc cette deuxième addition.
3- Troisième addition : les prêts bilatéraux accordés par les Etats européens, et aussi les garanties accordées par les Etats européens.
Prenons le cas particulier de la France : quand la Grèce fera défaut, la France subira une perte de 50 milliards d'euros.
France : le Parlement s'inquiète de l'accumulation des engagements pris pour soutenir la Grèce.
Dans son rapport, le député Christian Paul (PS) chiffre à 50,8 milliards d'euros les prêts à la Grèce devant être garantis par la France dans le cadre du Fonds européen de stabilité financière.
Source : lesechos.fr, mardi 7 août 2012.
Excellent article du prof Némo. Il faut bien évidemment éviter de prendre les armes contre l'Etat qui nous spolie impunément. La solution la moins coûteuse pour chacun est de quitter la France avec ses biens. Chacun doit mettre ses biens en lieu sur, à l'abri de la gloutonnerie aveugle de l'Etat. C'est moins coûteux que de s'engager dans un combat politique, lequel n'est qu'un miroir aux alouettes. Il faut être une victime de l'illusion étatique pour croire sérieusement pouvoir changer qq chose en votant ou en militant dans un parti politique.