Retraites : les solutions purement financières sont inopérantes.
Par Yves Montenay le jeudi 22 avril 2010, 21:50 - Article - Lien permanent
A l’occasion du débat sur les retraites réapparaissent des « serpents de mer » de sens opposé, qui avaient pourtant presque disparus des discussions entre spécialistes.
Ainsi Martine Aubry avait proposé de passer « le départ à la retraite à 61 ou 62 ans », ce qui, bien qu’insuffisant, montrait une certaine compréhension du problème. Mais elle a été obligée de reprendre une posture « politique » en revenant à « 60 ans », posture qu’elle est la première à savoir purement électorale.
En sens inverse, mais à partir de la même erreur d’analyse, d’autres pensent qu’un coup de baguette magique, la capitalisation, résoudrait le problème.
En deux mots l’erreur est de considérer les retraites comme un problème financier, alors qu’il est démographique et humain, c’est-à-dire qu’il dépend d’abord du nombre des hommes et de leur qualification. bien sûr d’un système économique permettant à ces deux données d’être normalement utilisées et non gaspillées ou stérilisées ; mais pour ne pas compliquer le schéma je raisonnerai « à système économique inchangé ».
Et bien sûr d’un système économique permettant à ces deux données d’être normalement utilisées et non gaspillées ou stérilisées ; mais pour ne pas compliquer le schéma je raisonnerai « à système économique inchangé ».
Cette approche financière est d’autant plus curieuse que les intervenants « sérieux » ont pris conscience du fait qu’il n’y avait pas assez de cotisants pour entretenir les retraités. Mais comme la conséquence leur paraît désagréable puisqu’elle amène à repousser l’âge de la retraite, ce qui est électoralement dangereux, ils cherchent à masquer ce déséquilibre par des solutions financières.
Déni démographique et « trucs » financiers
La question démographique se résume pourtant à deux faits facilement vérifiables : l’allongement de la durée de la vie, et le passage à la retraite des générations nées à partir de 1946, qui ont été jusqu’en 1973 beaucoup plus nombreuses que les précédentes et que les suivantes. Reprenons chacun de ces points.
L’allongement de la durée de la vie a deux faces équivalentes : chacun reste retraité plus longtemps et chaque tranche d’âge élevé diminue moins vite que prévu.
Les naissances ont été plus nombreuses de 1946 à 1973 (le « baby boom ») qu’avant et qu’après. Donc chaque année les nouveaux retraités sont remplacés par moins d’adultes, tandis que ne disparaissent que les personnes nées en gros entre 1910 et 1940, et qui sont beaucoup moins nombreuses que les nouveaux retraités du fait de la faible natalité d’alors et des pertes en vies et en naissances des deux guerres mondiales. Il suffit de regarder la pyramide des âges pour constater cela.
Cette situation démographique elle-même est en partie juridique ; en effet la proportion d’actifs serait différente s'il était par exemple interdit de travailler après 60 ans ou s'il y avait une liberté totale. De même s’il y avait moins de chômeurs, mais je raisonne « à système économique inchangé ».
On peut penser à combler les « creux » de la pyramide des âges en faisant immigrer les personnes manquantes. Historiquement, les États-Unis et bien d'autres l'ont fait massivement et s’en sont dans l'ensemble bien portés. La France l'a notamment fait de manière délibérée en faisant venir des Polonais pendant le creux démographique d’entre les deux guerres. L'immigration actuelle n'est en principe pas de même nature, puisqu'elle n’est pas « de travail » mais largement la conséquence mécanique du regroupement familial et des mariages « mixtes » (en général entre un immigré naturalisé et une personne de son pays d'origine), immigration qui est de plein droit du fait de traités internationaux.
Les résultats sont variés : les Africaines sont précieuses là où sont justement une partie des besoins des retraités (aides-soignantes et autres services à la personne) ; par contre le décalage culturel d'une partie des entrants les empêche de combler les vides de beaucoup de qualifications. Globalement, la question de savoir si l'immigration actuelle en France allège la question des retraites reste ouverte (voir notamment les travaux récents de Michèle Tribalat et de Jean-Paul Gourevitch, qui sont plutôt sceptiques). Un autre aspect du problème est que l'immigration qualifiée prive les pays de départ de compétences dont ils manquent déjà. Si l'on ajoute à cela les réticences d’une grande partie de l'opinion, il semble que l'immigration prévisible ne bouleversera pas la question des retraites.
La question démographique étant rappelée, voyons pourquoi les solutions purement financières sont inopérantes. Une réponse simple et globale est que l’argent éventuellement dégagé pour financer une retraite en 2010 ne peut se transformer en un individu de 30 ans en bonne santé et ayant eu une formation de comptable ou d’ingénieur entre 2000 et 2005. Et si l’on entre encore plus dans le détail, on s’aperçoit qu’une proportion croissante de retraités suppose une modification de la composition professionnelle du pays (davantage d’infirmières par exemple). Certes le marché peut faire évoluer cette composition professionnelle, mais probablement très difficilement puisqu’il faudrait par exemple « transformer » un jeune illettré du fond d’une province en spécialiste de gériatrie en région parisienne. Il est évidemment plus simple et plus efficace que le gériatre parisien prenne de sa retraite quelques années plus tard !
Malheureusement le problème politique ne se pose pas comme ça. Les pouvoirs et les contre-pouvoirs auront à arbitrer entre un retard sous une forme à déterminer des départs en retraite et des prélèvements pour « permettre de payer les retraites, car les caisses sont en déficit ». Sans parler d’une dose de « capitalisation » (voire, mais c’est vraiment loin des marges de manœuvres politiques actuelles, un passage complet à ce système). Traitons d’abord ce dernier point, pour lequel je suis partiellement en désaccord avec mes amis libéraux.
Le cas de la capitalisation
Le débat capitalisation, répartition a d’abord un aspect idéologique (au sens neutre du terme) : préfère-t-on des solutions personnelles ou des solutions collectives ? C’est une question de préférence personnelle que je ne vais pas traiter ici. Il ne faut toutefois pas oublier qu’en pratique des individus doivent se regrouper dans des institutions forcément bureaucratiques et soumises à des pressions de l’État.
Par ailleurs, cette option a probablement une incidence sur l’efficacité globale du système économique. Je ne traiterai ici pas non plus de ce point, le blocage politique lui enlevant un intérêt concret et immédiat.
Je me bornerai ici à examiner si cette approche résout le problème Le journaliste Yves de Kerdrel du Figaro le suppose dans un article récent dont voici le résumé : « Un cadre supérieur ayant (avec son employeur) versé 30 000 € de cotisation par an en moyenne recevra sur les bases actuelles une pension annuelle de 60 000 €. S’il les avait versé dans un fonds de capitalisation placé en obligations d'État à 4 %, il aurait en 40 ans constitué un capital de 2 850 000 €. Placé de nouveau à 4 % ce capital assurerait une rente annuelle de 114 000 € soit près du double du montant versé par les régimes de retraite complémentaire » En outre, rajoute un commentateur, « l'effet richesse sur l'ensemble de l'économie serait tout à fait considérable par le développement des investissements productifs. »
Or si, individuellement, la capitalisation donne une grande marge de liberté et de responsabilité, elle ne change pas globalement le problème, qui est démographique. Autrement dit, ce qui compte, ce n’est pas l’argent accumulé, même s’il a été bien placé, mais le nombre et la qualification des actifs dont on aura besoin pour vivre en tant que retraité : une fraction de paysan, d’infirmière, de conducteurs de métro etc. On peut mourir de faim coincé dans son cinquième étage avec un gros compte en banque si on est en concurrence avec d’autres retraités ayant eux aussi massivement capitalisé.
Pour Jacques Bichot, on est dans le cas d’un «sophisme de composition : croire que ce qui est possible pour un individu est forcément généralisable. En l'espèce, imaginer que les fonds de pension pourraient procurer à 2 milliards d'êtres humains (nombre approximatif de ceux qui vivent économiquement à l'occidentale) des pensions confortables. L'insuffisance du capital classique a été démontrée par l'américain Keyfitz et le Français Bourgeois-Pichat dès la fin des années 1970. (Ce sophisme découle d’une) «incompréhension du rôle joué par le capital humain dans le fonctionnement des retraites ; cf les analyses d'Arthus dans le cas de la capitalisation».
D’un point de vue financier, le nombre insuffisant d’actifs qualifiés se traduira probablement par une pression des vendeurs d’actions ou des prêteurs de capital, donc par une baisse de la valeur réelle des actions ou des taux d’intérêt touchés par les retraités. Quel que soit le cheminement on tombe donc sur une baisse du pouvoir d’achat des retraites, sauf dans le cas des plus astucieux ou les plus chanceux. Pour diminuer la pression des vendeurs et augmenter celle des acheteurs, une solution simple est de retarder l’âge de la retraite, ce que les épargnants feront peut-être spontanément en voyant fondre leurs placements … Ce qui illustre une fois de plus que le problème est démographique.
Critique du système actuel
Le fait de vouloir traiter le problème démographique par des circuits financiers est également à la source de la faillite du système français actuel. Cette faillite a été accélérée par des décisions démagogiques : le passage de 65 à 60 ans de l'âge de la retraite par François Mitterrand en 1981, et les départs avant cet âge, soit contractuellement (pour de nombreuses catégories de postes qui étaient pénibles il y a très longtemps), soit par des préretraites qui n'étaient pas à la charge des entreprises, ce qui a incité ces dernières à y recourir massivement. On voit que ce sont des causes «juridico-démographiques » et que les problèmes financiers n’en sont qu'une conséquence.
Donc ceux qui veulent les résoudre par des prélèvements financiers (alourdissement de l'impôt sur le revenu, augmentation des cotisations...) ne feront que déplacer le problème. De plus ces prélèvements auront des contreparties, par exemple une augmentation du chômage si on augmente le coût du travail ou si on diminue la consommation du fait des impôts. Non seulement cela ne changera en rien la cause du problème, mais cela l'aggravera en diminuant le nombre d'actifs au travail. On proclamera : « nous avons trouvé des recettes qui feront disparaître les X milliards de déficits », pour s'apercevoir ensuite que le dit déficit perdure.
Les cyniques diront qu’il n'y a qu'à faire financer ce déficit par les Chinois. À court terme c'est effectivement possible. Mais très bientôt les Chinois s'apercevront qu'ils ont un problème bien pire que le nôtre ! Je vois venir le jour où le secrétaire du Parti fera appel au sens du devoir des plus de 75 ans en leur demandant de sauter du 20e étage de ces gratte-ciel dont ils sont si fiers.
D'autres soutiennent que les retraites ne risquent rien, et qu’il s'agit d'un simple battage médiatique prétextant de soi-disant problèmes démographiques pour diminuer les avantages sociaux au profit du grand capital, et que l'augmentation normale de la productivité suffira largement pour assurer le niveau de vie des retraités. Les ordres de grandeur, que l'on ne peut calculer que très grossièrement, des progrès de productivité et de l'accroissement du coût des retraites semblent en effet voisins. Mais cela suppose que l'on affecte aux retraités tous les progrès des 30 prochaines années, et donc notamment que le reste de la population renonce à toute augmentation de salaire et à toute amélioration un peu coûteuse, par exemple de la sécurité. Je ne sais pas si c'est souhaitable, mais en tout cas ce n'est pas possible car cela supposerait une surveillance de tous les actes économiques (on n'aurait plus le droit par exemple de baisser le prix des ordinateurs, la baisse potentielle étant « pompée » pour les retraités ; de plus, comment la calculer ?).
L'expérience de régimes politiques ayant tenté ce dirigisme intégral est instructive : l'économie s'effondre et avec elle le niveau de vie de chacun et notamment des retraités. Avec la dictature en prime. Par ailleurs une bonne part de ceux qui pensent que « la productivité arrangera tout » ce sont ceux qui en refusent le principe dans d’autres discussions (« à bas le productivisme ! »), ou ceux qui n'en veulent que chez le voisin et certainement pas dans leur travail.
Enfin notre système de retraite est profondément injuste. Il suppose des actifs proportionnellement nombreux par rapport aux retraités, mais punit celles qui mettent au monde puis élèvent ces futurs actifs au détriment de leur carrière. Ces mères de famille fournissent donc « en nature » les retraites de tous, tout en n'ayant elles-mêmes que des retraites réduites. C’est une illustration tout à fait scandaleuse du fait que l'on gère financièrement les retraites (en les reliant à des cotisations) et non démographiquement (puisque l’on pénalise les naissances). C'est ainsi que l'on voit des couples volontairement sans enfants expliquer qu'ils auront des retraites très confortables du fait des cotisations de deux belles carrières. Mais si tout le monde en fait autant...
Plus généralement tout système faisant croire que l'on peut avoir une retraite « réelle » (en biens et services reçus) grâce aux enfants des autres, et que l'on peut donc se dispenser d'en avoir est auto destructeur. C'est le cas du système français actuel. C’est le cas de la répartition comme de la capitalisation.
Alors, il n'y a pas de solution ? Non, car à court ou moyen terme la démographie ne changera pas. Donc les retraites vont baisser. L'idéal serait que chacun puisse choisir la forme de la baisse. Pour beaucoup, ce sera de travailler plus tard donc de toucher par exemple 30 ans de retraite au lieu de 35, c'est-à-dire de partir vers 63 ans (le départ moyen se fait autour de 58 ans actuellement). Ce serait également le moins risqué économiquement, puisque les compétences nécessaires restent à leur place. Il faut néanmoins laisser une liberté de choix : que ceux qui veulent partir plus tôt, mais avec une retraite faible, soient libres de le faire, et inversement.
Je soutiens tout cela depuis des décennies, en tant que démographe ayant vu la fin du baby-boom en 1973, mais aussi comme chef d’entreprise face à « la sécurité garantie » proposée par les caisses de retraite qui nous démarchaient. Je l’ai repris dans mon ouvrage "Familles, retraites et immigration en France et en Europe", et dans mes articles dans la revue "Population et Avenir".
Commentaires
Ce raisonnement purement matérialiste et collectiviste, qui appelle "financement" ce qui n'est que pillage étatique, traduit une incapacité à envisager normalement la retraite pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une technique d'assurance.
Le problème démographique n'existe jamais que pour la prétendue "répartition", mais celle-ci n'est pas un "système de retraite" : c'est seulement une forme de criminalité. Il ne s'agit pas de dire qu'il ne se poserait aucun problème démographique, mais de faire comprendre que même si celui-ci existait au niveau mondial, il ne compromettrait pas la viabilité un système de retraite normal, l'accumulation du capital matériel suppléant à la baisse du capital humain.
Difficile donc de fausser davantage le débat, en faisant croire qu'il existerait un problème économique alors que celui-ci n'est que moral et politique : comme l'a montré le débat de Contribuables Associés en juin dernier, tous les gens qui se sont sérieusement posé la question de l'avenir des retraites l'ont assuré sans problème aucun par la capitalisation.
La capitalisation est la solution nécessaire et suffisante au prétendu "problème des retraites", comme Jacques Garello, qui lui est un véritable économiste, tente de le faire savoir depuis un quart de siècle.
Si le problème démographique est inexistant on peut donc en conclure qu'une société dont tous les membres auraient plus de 70 ans pourrait continuer à vivre dans la prospérité, bénéficiant de l'accumulation passée du capital matériel.
D'accord avec vos observations. Le problème réside dans la proportion existante entre nombre de retraités et nombre d'actifs occupés.
La France est le seul pays européen où l'âge légal de départ à la retraite est de 60 ans. Partout ailleurs, il est de 65 ans (67 au Danemark) pour les hommes, et dans la majorité des pays pour les deux sexes. Or les européens ont des espérances de vie de 80 à 81 ans, la France se situant en haut de la fourchette.
Un retraité français est pensionné pendant 21 ans, alors que l'Allemand ne l'est que pendant 15 ans.
Le problème n'est donc pas de choisir entre répartition et capitalisation. D'ailleurs, le passage d'un système fondé sur la répartition à celui de la capitalisation est infaisable dans des délais réalistes. La répartition existante exige des ressources immédiates, et on ne peut obliger les cotisants actuels à ajouter une contribution supplémentaire en vue de capitalisation.
Augmenter les cotisations ou diminuer le montant des pensions auraient des répercussions sévères sur l'économie. La baisse résultante d'activité entrainerait un rendement médiocre de la mesure. La solution est, à l'évidence, l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, assortie d'une augmentation de la durée des cotisations. C'est la seule qui soit compatible avec le maintien de niveaux de revenus convenables. Il faudrait rompre avec cette pratique de négociation continuelle entre Etat et partenaires sociaux qui ne conduit qu'à des rafistolages successifs qui ne règlent jamais rien.
La solution me parait, d'abord, mathématique, et non politique. Il faut une législation qui permette l'ajustement automatique de l'âge de départ à la retraite, et son corollaire durée de cotisation, avec l'espérance de vie, de façon à conserver une proportion constante d'actifs et de retraités. Problème classique d'assurance !
Toutefois, cette solution ne pourrait suffire qu'à plusieurs conditions : maintenir un taux de natalité suffisant, et développer une immigration de personnes aptes à travailler, d'abord. Il faut aussi disposer d'une économie suffisamment florissante et attractive pour fournir de l'activité à tous, jeunes, actifs âgés et immigrants. Or notre économie ne se développe pas à un rythme suffisant, par faute d'un système politique et social qui ne donne pas la priorité à l'activité économique et à la croissance. La France est insuffisamment attractive pour les cadres, les techniciens et personnels qualifiés, les entrepreneurs et les capitaux.
En fait, les difficultés de notre système d'assurances sociales sont la conséquence de nos politiques démagogiques et sclérosées.
Jamais peut-être plus qu'actuellement, en France, l'idéologie de Malthus n'a été aussi vivace.
Rappelons que notre homme ne tenait pas compte de l'innovation ni de l'accumulation du capital matériel.
Eh bien, aujourd'hui, beaucoup, ingénieurs qui se prennent pour des économistes ou économistes qui ont perdu le fil de leur discipline à cause d'une utilisation aveugle des mathématiques et qui n'arrivent pas à le retrouver, font de même, pour arriver à une conclusion opposée : ce ne sont pas les prétendues "richesses naturelles" qui seront censées manquer, mais les êtres humains.
Bel exemple de charlatanisme ordinaire en économie à rapprocher de deux, parmi bien d'autres, le charlatanisme ordinaire de l'ivrogne (1) et celui du congrès de mathématiciens (2).
(1) L'ivrogne qui cherche son portefeuille non pas où il l'a perdu, mais sur le trottoir d'en face parce que c'est mieux éclairé :
ils ne tiennent compte que de ce qu'ils croient pouvoir calculer alors que ce n'est jamais l'essentiel en économie
-- et l'expérience le montre : si "la croissance mesurée " par les statistiques ne reflète pas un simple choix arbitraire d'indice des prix, les (tout autant) prétendues "mesures" du capital et du travail n'en rendent pas seulement à moitié compte .
(2) Le congrès de mathématiciens qui se réunit pour savoir combien font deux et deux, avec interdiction de jamais évoquer le nombre quatre :
ils ne tiennent aucun compte de ce dont on peut être certain, à savoir :
-- que la "répartition", en tant que "solution" imposée par la violence, est injustifiable aux termes de la philosophie morale qui est seule compétente pour juger de la norme politique ;
-- qu'en théorie économique la "répartition", comme toute "solution" imposée par la violence, est purement destructrice toutes choses égales par ailleurs, que l'on tienne ou non compte de la Loi de Bitur-Camember ;
-- que la propriété associée à la liberté des contrats est de toutes façons la meilleure solution possible et la seule source possible des meilleures solutions, et enfin
-- que les prévisions financières à long terme --parce que c'est uniquement cela qu'ils font pour soi-disant "réfuter" la capitalisation : des prévisions financières à long terme-- ne peuvent jamais être justes, comme l'expérience le montre aussi surabondamment.
Que pense Monsieur Montenay de l'expérience chilienne du passage de la répartition à la capitalisation.
Peut-on lui conseiller de lire le livre de José Pinèra "le taureau par les cornes"
@ Yves Montenay: Je rejoins en partie votre analyse, et me désole moi aussi du simplisme et de la raideur idéologique (au sens pas neutre du terme) de nombre de mes cousins de pensée libéraux.
Même en admettant que la transition vers une capitalisation intégrale soit possible politiquement (en France ?), elle ne peut être financée que sur des durées très longues, ce n'est pas GL qui me contredira, lui qui a fixé cette durée selon divers scénarios entre 25 et 71 ans.
Petit problème: même dans cette hypothèse, il faudrait faire coexister une capitalisation "naissante" aux effets lointains, et une répartition, celle d'aujourd'hui. Or, cette dernière sera de toute façon en faillite bien avant 25 ans.
Donc: nous ne ferons pas l'économie d'une réforme de la répartition, avant même de pouvoir envisager la capitalisation, qu'elle soit intégrale ou complémentaire.
M. Montenay cite avec raison Jacques Bichot, qui propose un moyen de rendre "financièrement insubmersible" la répartition, en la transformant en une retraite "à cotisations définies" et à âge de départ choisi par le retraitable, mais avec pondération actuarielle de la retraite en fonction de l'espérance de vie. Il va de soi que je soutiens intégralement une proposition de ce type, même si parallèlement, une transition vers plus de capitalisation doit être proposable.
la solution "bichot" - plus ou moins identique à celle mise en place en Suède - a pour avantage de provoquer une augmentation volontaire de l'âge du départ à la retraite et de mettre le salarié en face d'un choix simple: avoir une retraite décente moins longtemps, ou une retraite minable dès 60 ans. Une fois cette vérité des prix rétablie, on pourra aborder la question de la transition vers plus de capitalisation sur des bases assainies, intellectuellement et financièrement.
@ Pizzo: "le chili, le chili, le chili, vous-dis-je !", bon... J'adresse cette question dans mon blog, voir les liens en fin d'article aussi,
http://www.objectifliberte.fr/2008/...
mais pour résumer: le Chili a financé sa transition par la privatisation, la dette et l'impôt, en convertissant les "droits acquis" des chiliens dans le système par répartition en un capital correspondant à ce qu'ils auraient eu si ils avaient capitalisé.
A l'époque, l'espérance de vie des chiliens était de 69 ans (hommes) et 72 ou 73 ans (femmes) et l'âge de retraite de 65 ans (hommes) et 60 ans (femmes) mais la proportion de femmes pensionnées était assez faible.
ajoutons que le Chili, malgré les années Allende, était assez peu endetté aux standards actuels.
Autrement dit, le financement de la transition Chilienne était incomparablement plus facile (un coût de 4 à 5 points de PIB avec des finances plutôt saines) que celui auquel nous aurions à faire face (plus de 12 points de PIB avec des finances très dégradées et des impôts impossibles à augmenter sans tuer définitivement l'économie).
Donc exit la transition à la Chilienne.
L'argument d'Yves de Kerdrel néglige deux faits qu'effleure M. Montenay,
si tout le monde capitalisait, il est probable que les rendements, toutes choses égales par ailleurs, seraient décroissants, faute de liquidité du capital. Et Yves Montenay a raison de dire que la capitalisation n'empêcherait pas de devoir relever l'âge du départ (ce relèvement serait volontaire, mais réel) car un nombre trop faible d'actifs productifs réduirait considérablement le rendement des capitaux épargnés en vue de la retraite.
Enfin, une dernière chose: tant que notre système monétaire sera aux mains des gouvernements, le risque politique ("black swan") associé aux capitalisations de longue durée sera extrême. Ainsi, vos contrats d'assurance vie (ou d'assurance retraite, demain) que l'état forcera à investir en partie dans sa propre dette, comme il le fait aujourd'hui, que vaudront ils si la spirale de monétisation des dettes publiques vers laquelle on s'achemine se confirme ?
La capitalisation dans la russie des années 90 ou l'Allemagne de 1923...
Pas de capitalisation intégrale sans retour à un système monétaire sérieux (étalon or, fin des banques centrales, etc...) mais ce serait trop long à développer dans un commentaire de blog.
Entièrement d'accord avec :
"Pas de capitalisation intégrale sans retour à un système monétaire sérieux (étalon or, fin des banques centrales, etc...) [...]".
Ce point est essentiel.
Le rouleau compresseur du communisme a en effet commencé son chemin dans la décennie 1920 en Occident en dénaturant la monnaie - cf. Rueff, le Péché monétaire de l'Occident (1971) - Je ne rappellerai pas la phrase prêtée à Lénine que, pour vaincre le régime bourgeois, il faut détruire sa monnaie.
Après avoir commencé ce travail, les communistes et leurs complices ont pu dénaturer les conséquences de la monnaie dans la décennie 1930.
Si la répartition obligatoire n'est pas comparable à la capitalisation, obligatoire ou non, - malgré ce que les ignorants ou les gens de mauvaise foi veulent bien colporter et faire croire -, c'est que l'une est une réglementation étatique violente alors que l'autre n'est qu'une règle de calcul qui se déduit des règles de la justice naturelle et de ce que celles-ci impliquent.
La répartition n'existe pas. Ce qui existe, c'est la répartition obligatoire. Et la Cour de justice des Communautés européennes a été claire sur ce point dans l'"arrêt Garcia" (décennie 1990).
Au nom de la répartition obligatoire, l'organisation de la sécurité sociale obligatoire fait vivre les gens au jour le jour après les avoir immatriculés, affiliés et assujettis dans son "état-ble".
Elle prend aux uns pour donner aux autres, en se servant au passage dans des proportions que la Cour des comptes, chargée par le législateur d'informer sur le sujet, n'a jamais élucidée, comme en informent ses magistrats à longueur de rapport.
Pour cette raison, parler de "rendement de la répartition...obligatoire" comme le font certains, est une absurdité, un péché contre le bon sens.
A fortiori, le sont la comparaison de ce rendement avec celui de la capitalisation et les discussions sur l'âge de la retraite, le temps de cotisations, le salaire de référence ou la retraite maximum du régime de base du régime général, pour ne pas parler des autres régimes, de base ou complémentaires, obligatoires.
L'organisation de la sécurité sociale obligatoire (décennie 1940) a été le point d'orgues de la démarche communiste après que le processus de dénaturation de la monnaie et de la règle de la capitalisation a été en marche.
C'est une organisation communiste qu'aucun politique qui se fait entendre actuellement n'a jusqu'à présent dénoncée comme telle.
Des deux ou trois "politiques aux affaires ou qui l'avaient été" qui s'y sont opposés dans le passé, je retiendrai le nom de Maurice Druon qui l'a fait indirectement, tard et de manière un peu contradictoire (cf. http://blog.georgeslane.fr/?q=mauri...).
L'OSSO ne repose par sur les règles de la justice naturelle et fait ainsi abstraction des prix en monnaie et des taux d'intérêt ou de capitalisation.
Elle est un droit spécifique, "exorbitant du droit commun" comme l'a souligné J.-J. Dupeyroux, dénommé "droit de la sécurité sociale" qui est au droit ce qu'est la musique militaire à la musique .
J'ai expliqué tout cela, entre autres, dans "La sécurité sociale et comment en sortir" (http://blog.georgeslane.fr/category... ) en faisant état de tout ce qui a pu être écrit sur le sujet.
L'organisation de la sécurité sociale obligatoire (OSSO) est une "capital-sue" dont le pouvoir de nuisance est sans commune mesure avec celui de ses consoeurs d'un autre ordre, les "sangsues".
Son principe est arrivé à bout de l'U.R.S.S., il ne peut qu'arriver à bout de la France.
La sécurité sociale maladie ou la sécurité sociale vieillesse - apparue en 1967 à la suite de la première grande réforme de l'OSSO que, curieusement, les politiques d'aujourd'hui se garde d'évoquer - n'est pas un problème technique, conjoncturel ou structurel, comme veulent bien le répéter les ignorants ou les gens de mauvaise foi, c'est une absurdité à étiqueter "communiste" dont nous supportons et voyons, chaque jour qui passe, les ravages que d'aucuns avaient prédits.
Bref, oui, la réforme des retraites en France passe par une réforme du système monétaire international, une réforme de l'euro, une certaine liberté monétaire et une certaine liberté d'action en général.
N'en sommes-nous pas à deux doigts ? Voilà une autre grande question.
C'est la question.
J'ai lu attentivement tous les commentaires.
Un premier groupe assène « sa » vérité, sans prendre la peine de l'argumenter ou de s'attaquer à mon raisonnement. Leurs auteurs pourraient-ils donner « le pourquoi » de leur position pour que les discussions avancent ? Je leur signale connaître la situation chilienne et les ouvrages des libéraux sur ces questions.
Les autres commentaires ont en commun entre eux et avec moi de partir du fait que les retraites vont baisser (sous réserve de ce que je vais dire plus loin) et parlent donc de la manière d'organiser cette baisse. Si le fait de travailler plus longtemps dans la même activité me paraît être le plus simple et le plus efficace tant pour chacun que pour l'économie dans son ensemble, on peut bien sûr imaginer d'autres moyens d'ajustement, le système suédois étant le plus sophistiqué.
Néanmoins ces commentaires restent financiers. Le fait que les études soient chiffrées « en argent » et non en hommes, même lorsqu'elles commencent par signaler le nombre insuffisant des cotisants, mène naturellement à parler finances.
Pour en revenir aux hommes qui manquent pour apporter les services « réels » qui vont manquer aux retraités si l'on ne change rien, un premier remède à long terme serait, comme le propose Jacques Bichot d'une manière sophistiquée ou moi-même d'une manière plus simple, de commencer par récompenser les mères de famille de la contribution qu'elles apportent aux retraites de tous au détriment de la leur. Je dis bien « un remède à long terme » car à court terme la baisse des pensions ou le travail supplémentaire pour les maintenir s'imposera de lui-même, éventuellement informellement et avec un grand gâchis de compétences si l'on ne change pas l'âge de départ. Disons que s'il n'y a plus assez de boulangers, on fera son pain soi-même.
Une précision de vocabulaire : lorsque l'on dit que les retraites vont diminuer, il faut comprendre que le système actuel suppose implicitement qu'elles vont augmenter, puisqu'elles devraient être payées plus longtemps. Autrement dit donner 80 pendant 20 ans au lieu de 100 pendant 16 ans apparaît comme une diminution, alors qu'il s'agit de la même somme. Néanmoins, pour garder le vocabulaire courant, je parle dans ce cas de diminution.
Une précision géographique : dans le contexte de la crise actuelle, on parle de la nécessité d'une solidarité européenne, par exemple concernant la Grèce. Or la France est la moins mal placée démographiquement pour les retraites, et l'Allemagne une des plus mal à court terme ( et sera rejointe plus tard par l'Espagne, l'Italie et bien d'autres). Autrement dit une solidarité européenne en matière de retraite coûterait extrêmement cher à la France !
Le rachat des années d’études pour la retraite coûte trop cher.
Le calcul de rachat devrait être fait sur le montant réellement perçu durant les études. Si un étudiant ne perçoit rien, il cotisera sur ce rien.Si un étudiant gagne 300 euros par mois, il doit pouvoir cotiser sur ce montant et cela doit compter pour sa retraite.Si un étudiant perçoit 0 euro par mois, il doit pouvoir cotiser sur ce montant et cela doit compter pour sa retraite.
Le système existe déjà en Suède, en Allemagne, et même en France pour les apprentis ou les élèves d ‘écoles comme Polytechnique, Normale Sup … Il n’y a pas d’obstacles techniques à le généraliser.
La validation des années d’études supérieures est nécessaire car les meilleurs potentiels se détournent trop tôt des études supérieures. Les étudiants en Ecole d’Ingénieurs et des universités travaillent nuit et jour, et au final ne gagnent pas plus que les autres salariés, tout en ayant perdu des annuités pour la retraite. Racheter ses années d’études pour qu’elles soient prises en compte, est inaccessible.
Une année d’études supérieures provoque un gain de productivité de 7% (chiffres OCDE), pourtant beaucoup de jeunes se posent la question d’arrêter leurs études pour travailler tout de suite. Parce que vendre des pizzas, est plus avantageux pour la retraite ! Nous glissons pour vers le sous-développement.
En un mot, il faut faire entrer les jeunes dés 18 ans dans le système des retraites, ou nous aurons un conflit de génération.
La solution Iranienne ( celle qui est la solution de la plupart des pays du monde ( ni retraite par répartition ni par capitalisation ) mais vous travaillez et vous constituez vous même votre future retraite qui pas développement immobilier , mobilier , activités agricoles , retraite par capitalisation ...*et vous vous mettez en retraite quand vous avez accumulé assez d'argent ...Cela vous oblige à être responsables ...Cela ne plait pas aux fonctionnaires et syndicats ( répartition ) ou banques et assurances ( capitalisation ) mais cela fonctionne !!!
http://www.les4verites.com/Michel-d...
Les retraites
MICHEL DE PONCINS, Les 4 Vérités, 25 avril 2010
4V : Michel de Poncins, dans l'un de vos livres, « parlottes et fêtes » (1), vous évoquez joliment les réunions diverses convoquées par les gouvernements pour traiter des problème publics et vous dites que ce sont des parlottes inutiles. Or actuellement, ce sont les retraites qui sont sur la sellette. Est-il vraiment inutile de se réunir pour en parler ?
Michel de Poncins :Parfaitement. La parlotte va coûter très cher et aboutir à un simple bricolage. Certes, il nous est annoncé que tout sera sur la table et le tabou de la retraite à 60 ans sera légèrement ébranlé, mais ce n'est pas l'essentiel. Comme cela se passe depuis des décennies un petit cocktail de mesures sera mijoté : hausse des cotisations, baisse des pensions, léger recul du départ à la retraite et, hop, jusqu'à la prochaine parlotte. Rien d'essentiel là-dedans.
Quel est cet essentiel ?
Il est dans le seul tabou dont personne ne parle, à savoir la retraite par répartition, une double rapine. Le premier vol se produit lorsque la force publique oblige les salariés et bien d'autres à verser des sommes d'argent immenses dans un grand réservoir non géré qui s'appelle la sécurité sociale ; cela dure ainsi depuis plus de 60 ans. Le deuxième vol s'exerce au détriment des pensionnés ; ceux-ci observent que leurs retraites sont sans cesse manipulées et le plus souvent rognées, selon les variations du bon plaisir des prédateurs publics. L'argent est ainsi pris par la force et distribué aussitôt également par la force. Cet argent ne crée pas de richesse et est détruit comme si les billets étaient jetés dans la déchiqueteuse à papiers. En outre, le système n'est pas contractuel et déresponsabilise les gens. La condition pour payer des retraites est de créer de la richesse. Le principe même est destructeur, car il implique
Quelle est alors, selon vous, la solution ?
Le seul principe valable est la liberté de l'épargne ; rappelons que celle-ci a existé pendant des siècles en Occident chacun préparant librement ses vieux jours. Le choix des investissements est sans limite : logements locatifs, fonds de pension, commerces, etc. Toutes les villes d'Europe doivent leurs immeubles aux épargnes librement consenties. L'épargne librement gérée sous la responsabilité des épargnants suscite de la richesse, laquelle permet d'assurer à chacun sa retraite et d'accélérer le développement. Bien sûr, il est nécessaire que ces épargnes puissent s'opérer à l'abri des impôts et charges sociales comme les cotisations actuelles de retraite.
Soit. Mais dans les placements privés il peut y avoir des accidents lors des périodes de crise, comme aujourd'hui, sans parler des escrocs comme Madoff…
La réponse est claire : quand il y a des ratés dans des placements privés, le propriétaire peut corriger, même s'il ne peut pas toujours rattraper l'argent perdu. Dans la répartition, il n'y a pas seulement risque de perte, mais certitude de perte, celle-ci étant intégrée dans le système. Quant à Madoff, la répartition est un système à la Madoff : les premiers ramassent l'argent et à la fin il ne reste plus rien. C'est ce qui se passe à présent et se passera de plus en plus selon les prévisions.
Existe-t-il actuellement des expériences dans votre sens ?
Beaucoup, le plus souvent sous la forme de fonds de pensions. 27 pays, dont 12 européens, les ont adopté. Parmi eux se trouvent le Chili, la Nouvelle-Zélande, Singapour. Il y eut un double effet : les retraites ont été progressivement sauvées et le PIB a connu une croissance importante, même pendant la période de la crise. Le Chili a muté il y a 28 ans. 95 % de la population a choisi librement le nouveau système. De ce fait, les retraites sont bien plus importantes. En outre, la prospérité s'est accrue d’une façon spectaculaire et le taux de croissance atteint régulièrement 7 % par an. Des gouvernements de gauche et de droite se sont succédé depuis et aucun n’a changé le système, sinon en l’améliorant dans le détail. Le pays a géré la transition avec souplesse, afin que chacun puise opter librement pour le nouveau système s'il le désirait.
Comment a pu se réaliser cette transition ?
Il fallait évidemment que les titulaires de pension de l'ancien système continuent à les percevoir. Ce fut possible par des techniques trop complexes pour être détaillées dans une interview. En outre, partout, des filets de sécurité ont assuré le minimum aux plus imprévoyants. Mais, hélas, les Français sont désinformés sur les bienfaits de la liberté par les pouvoirs publics et la parlotte en cours va continuer à les égarer. Heureusement, il peuvent lire les Vérités dans votre journal.
Michel de Poncins est Docteur d'Etat en sciences économiques
(1) En vente chez Duquesne Diffusion, 27 avenue Duquesne, 75007 Paris. Tel : 01 45 55 87 55
http://www.lecri.fr/2010/04/13/retr...
Retraites : non aux impôts supplémentaires, oui aux fonds de pension
Communiqué du Parti Libéral Démocrate
Le débat sur la réforme des retraites risque d’être confisqué par les partenaires habituels. D’un côté, les syndicats qui ne représentent plus grand monde, surtout parmi les salariés du privé, chercheront à bloquer toute réforme. De l’autre, le gouvernement agira arbitrairement sur les leviers habituels : augmentation du nombre de trimestres nécessaires pour un départ à la retraite à taux plein, hausse supplémentaire des cotisations sociales et diminution des prestations. Le Parti Libéral Démocrate s'oppose à toute charge supplémentaire visant à colmater un système par répartition au bord de l’effondrement. Nous demandons qu’on rende aux Français leurs cotisations vieillesse aujourd’hui confisquées, ainsi que leur liberté de choisir l’âge de départ à la retraite qui leur convient le mieux. Laissons-les aussi constituer un capital pour leurs vieux jours et, le cas échéant, pour leurs héritiers.
Alors que le système de retraite français ne subit pas encore pleinement l’effet du « papy boom », la Cour des Comptes a rappelé que le financement de l’assurance vieillesse n’est pas assuré, aujourd’hui, par la redistribution des cotisations : une partie des prestations sont financées par le déficit et la dette. La logique de notre modèle par répartition – les actifs cotisent pour les retraités actuels – menace depuis longtemps les Français à plusieurs titres : les salariés vont devoir, si rien ne change, faire face à une baisse conséquente de leur pouvoir d’achat. L’augmentation des cotisations va peser sur notre économie et pousser de nouveaux salariés vers le chômage, en particulier les plus fragiles. Enfin, tout le monde n’est pas prêt et n’a pas la capacité de cotiser arbitrairement plus longtemps. Si rien n’est fait, c’est une véritable catastrophe qui menace notre modèle.
Avant que le système par répartition ne s’écroule sous l’effet de notre courbe démographique, nous proposons une transition progressive de la répartition, pour ceux qui le souhaitent, vers un système de fonds de placement retraite. Les travaux de l’Iref montrent que ce basculement vers les fonds de pension est envisageable. Ce mécanisme aboutirait à des retraites supérieures. Il rendrait également à chacun la responsabilité de choisir sa durée de cotisation et l’âge de son départ en retraite. Et alors que la répartition ne laisse rien aux héritiers en cas de mort prématurée, le compte personnel retraite garantirait un capital aux héritiers.
Le modèle d’épargne individuelle, appuyé sur des fonds de pension responsables, comme c’est le cas en Suisse, au Chili, en Suède doit être adopté. Il est inadmissible que ce système ne soit réservé qu’à certaines catégories de la fonction publique (système Préfon retraite) et que les Français soient captifs du chantage de syndicats dont le seul souci est de conserver la mainmise sur la manne de la répartition. Par souci d’équité et de justice, tous les salariés doivent pouvoir disposer de l’essentiel de leurs cotisations vieillesse pour alimenter un fonds de placement retraite.
Je viens de lire les commentaires postérieurs à ma première réaction. Beaucoup sont des réactions financières intéressantes, mais justement elles ne sont que financières.
Je vais me focaliser sur celle qui dit en substance « là où il n'y a pas de retraite chacun économise et investit et il n'y a pas de problème ». C'est un peu vite dit. En effet, prenons le cas de la Chine où, sauf exceptions, les retraites sont faible ou nulles et où l'on est donc dans le cas naturel où ce sont les enfants qui s'occupent des parents âgés. La population a pris conscience qu'un enfant unique (norme obligatoire qui n'est que partiellement respectée) a deux parents, quatre grands-parents et une partie des huit arrière-grands-parents survivants, donc une charge fantastique sur le dos, surtout depuis qu'il vit en ville, et donc pas forcément dans le même logement.
On a donc permis à un couple de deux enfants uniques d'avoir deux enfants, et non un seul. Cela atténuera le choc à long terme, et c'est aux démographes chinois de trouver le nombre qu'il faudrait (calcul complexe, il y a moins de femmes que d'hommes etc.), tout en sachant qu'on ne pourra pas diriger la fécondité de manière aussi stricte que sous Mao.
Mais, pour ce qui nous intéresse, on voit bien que lorsque le problème n'est pas obscurci par des considérations financières, on agit, ou on tente d'agir, sur les variables démographiques.
Pour reprendre le fil de ma réponse au commentaire, supposons que notre épargnant chinois avisé ait acheté des immeubles avant la flambée immobilière actuelle. Il va penser que sa retraite est assurée. Or en fait elle ne le sera que si l'immeuble est durablement occupé. Ce sera pas le cas s'il est dans une campagne ou une « vieille » ville industrielle qui se dépeuple (déjà, en France, à Châtellerault, ma ville natale industrielle, les médecins qui ont cru assurer leur retraite par des immeubles en centre-ville ont leur entretien sur le dos sans avoir de loyer). Et pensez aux Espagnols propriétaires des centaines de milliers de logements actuellement vacants qui ne peuvent ni être loués ni être vendus !
Notre Chinois aura peut-être un locataire plus longtemps si cet appartement est à Shanghai, mais ce n'est pas certain vu la masse de gratte-ciel en construction. Les habitants de Shanghai ont très peu d'enfants, et le réservoir campagnard devrait être vide dans moins de 10 ans. Bref on retombe toujours sur la démographie !
Yves Montenay
Le contresens continue de plus belle :
"on voit bien que lorsque le problème n'est pas obscurci par des considérations financières, on agit, ou on tente d'agir, sur les variables démographiques".
C'est de la finance que relève l'avenir d'une retraite normale, par capitalisation :
le financier peut naturellement envisager les changements démographiques parmi les nombreux autres éléments qui influencent l'avenir de ses placements,
alors que ces autres éléments, la démographie n'en tient par définition aucun compte.
C'est donc aborder le "problème" par la démographie qui l'"obscurcit", en conduisant à méconnaître la plupart des éléments pertinents.
Quant à ce "on" qui est censé "agir" sur la démographie, ce sont les états.
Lesquels ont déjà assez fait pour détruire la natalité -- en imposant leur école socialiste, puis leur prétendue "retraite par répartition", et enfin en faisant tuer les enfants par dizaines de millions. Contresens là aussi par conséquent.
Il y a à ce titre une identité de nature entre cette sophistique et celle des soi-disant "savants" réchauffistes :
--ceux-ci n'envisagent qu'une seule des multiples causes possibles d'un réchauffement de l'atmosphère,
cette sophistique n'envisage que l'une des multiples conditions d'ajustement d'un système de retraites normal, c'est-à-dire assis sur le marché financier,
-- parce que la mentalité des uns et les autres est le produit d'un système pourri, qui les rend incapables d'appréhender les autres éléments pertinents, qu'ils soient causes ou effets.
Au contraire,
-- ils prétendent disqualifier a priori, et au mépris des faits les mieux établis, les contre-arguments qu'on leur oppose,
-- c'est au nom de cette réduction arbitraire et absurde du réel à ce qu'ils croient pouvoir maîtriser intellectuellement qu'ils prétendent "trancher" de l'éventualité d'événements à long terme en réalité trop complexes pour qu'aucune aucune prévision les concernant puisse jamais tenir, de sorte qu'aucun véritable savant ne saurait les prendre au sérieux ;
-- pour rationaliser des politiques qui méconnaissent complètement la justice naturelle et les solutions que celle-ci permet de découvrir spontanément ;
La seule différence est que les réchauffistes ont joué à fond sur leur prétendue "autorité" en matière scientifique alors qu'en économie, bien sûr, les experts sont de l'autre côté ;
il n'y en a pas moins dans ces Abracadabras pseudo-comptables à propos des retraites une touche de ce scientisme technocratique que les ignorants sont habitués à prendre pour de la "science économique", et qui ne peut que les impressionner, d'autant plus qu'eux non plus n'entendent rien à la finance, au point de ne pas comprendre que c'est de finance qu'il s'agit.
La réforme des retraites soulève une question de choix de société puisqu’elle concerne tous les citoyens:jeunes,moins jeunes,hommes et femmes.Allons nous enfin voir notre République respecter sa devise fondamentale: liberté,égalité,fraternité
Nous devons nous mobiliser pour permettre une répartition juste des richessses, une politique radicale de lutte contre le chomâge des jeunes et des seniors, la lutte contre les salaires précaires et une politique d’éradication de l’inégalité de traitements hommes/femmes dans la vie sociale, professionnelle.Réfléchir à la place desretraités dans la cité aussi