Tempête dans un verre d'eau ?
Par Yves Montenay le samedi 20 août 2011, 19:09 - Article - Lien permanent
Faut-il céder au catastrophisme ambiant ? La réaction de notre ami Yves Montenay.
Il y a un grand déluge d'informations et d'analyses catastrophistes dans le contexte de ce qu'on appelle « la crise de la dette », qui redouble depuis le déclassement des États-Unis.
Déclassement pourtant logique, attendu et modéré, puisqu'il ne s'agit que de passer de AAA à AA+, et pour une agence seulement.
Le catastrophisme est tel que c’est à croire que l'on a tué tous les ingénieurs de la planète ! Ou que les salaires et les retraites de tous les pays du monde viennent de chuter de 20 % ! Ou que les autoroutes, les chemins de fer, les aérodromes et Internet viennent d'être paralysés ! Ou qu’une guerre mondiale vient de se déclencher, avec le blocage de toutes les frontières et une priorité absolue à la production de munitions, ainsi que la réquisition de tous les carburants pour les chars ! Je veux dire qu’abaisser la note des États-Unis ne change aucun facteur physique, technique ou commercial. Donc ne devrait pas avoir de conséquences durables autres que le prolongement de l'inévitable déclin américain, qui a de multiples causes à long terme, dont deux au moins sont indépendantes de l'action du gouvernement des États-Unis : le fait que les deux guerres mondiales leur ont donné un rôle prépondérant qui devait fatalement se relativiser, d'autant que, deuxième facteur, ils ne représentent plus que 5 % de la population mondiale.
Mais je reconnais que ce n'est qu'une analyse à long terme, et qu’à court terme, tout le monde se préoccupe des mouvements monétaires et financiers. Là, l'analyse est plus difficile car elle fait entrer en jeu des facteurs psychologiques, dont le panurgisme, et peut-être des facteurs moins avouables qui ont été évoqués dans les interventions précédentes (le fait que la gauche française aimerait bien que Paris soit dégradé AVANT les élections, et celui que certains acteurs anglo-saxons aimeraient bien voir disparaître un concurrent). Je n'aime pas beaucoup la théorie du complot, mais il ne faut pas non plus tomber dans un excès de naïveté. J'ai par exemple remarqué un article alarmiste de l'excellent journal The Economist, qui cible la France, alors que bien d'autres pays dans le monde ne sont pas mieux gérés et parfois bien plus mal.
Et ce deuxième point, le fait que, pour les acteurs financiers, la gestion française soit à comparer à d'autres, rend difficile les prévisions. Par exemple je ne vois pas pourquoi, après quelques vagues à court terme, un éventuel franc français tomberait à un demi dollar ou à une demi livre sterling si l'on compare « les fondamentaux » des trois pays en question. On peut aussi bien imaginer une chute du dollar contre la plupart des autres monnaies. C'est d'ailleurs peut-être souhaité par les États-Unis ! Par contre, notre éventuel franc français se réévaluerait probablement par rapport aux monnaies de l'Europe du Sud, qui ne sont pas négligeables dans notre commerce extérieur, ce qui irait à l’inverse du raisonnement généralement tenu. Resteraient bien sûr l'éventuel mark, et peut-être le yuan. À court terme du moins, car l'Allemagne et la Chine ont leurs propres problèmes de long terme, démographiques surtout, mais aussi politiques (le poids des Verts en Allemagne, le gâchis de l'argent public, de l'environnement et de la motivation populaire en Chine).
Donc l'agitation actuelle ne devrait être qu'une tempête dans un verre d'eau. Malheureusement elle peut aussi générer des erreurs macro économiques graves, comme c'est arrivé dans le passé.
Commentaires
Economie : pour Angela Merkel, les euro-obligations ne sont pas la solution.
Les euro-obligations ne sont pas la réponse à la crise de la dette dans la zone euro, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.
«Les euro-obligations sont tout à fait la mauvaise réponse à la crise du moment», a-t-elle dit, dans un entretien à la chaîne ZDF qui doit être diffusé dimanche 21 août.
«Elles nous amèneraient à une union de la dette, et non à une union de la stabilité».
L'émission d'euro-obligations coûterait des milliards d'euros à l'Allemagne chaque année, selon des calculs du ministère allemand des Finances cités par l'hebdomadaire Der Spiegel.
«La première année cela signifierait 2,5 milliards d'euros d'intérêts en plus pour le budget du ministre des Finances Wolfgang Schaüble, et la seconde année les coûts seraient deux fois plus élevés», écrit Der Spiegel dans des extraits de son enquête transmis à la presse.
Au bout de dix ans, le coût total serait de 20 à 25 milliards d'euros, selon les calculs du ministère des Finances.
La France et l'Allemagne sont farouchement opposées à l'idée d'émettre des emprunts pour le compte de l'ensemble de la zone euro, comme le prônent beaucoup de professionnels des marchés pour mettre un terme à la crise de la dette souveraine européenne.
(Dépêche Reuters)
Crise de confiance dans un système à bout de souffle...
Je n'ai pas vu que les catastrophes annoncées étaient celle qui sont citées par l'auteur. En revanche j'ai vu des 'spéculateurs/investisseurs' qui s'inquiètent de savoir si l'argent qu'ils ont prèté sera remboursé et d'autres qui s'inquiètent des tombereaux de dollars déversés par la FED et se demandent jusqu'ou ira l'inflation générée par ce genre de pratique. Je ne doute pas que certains profitent de ces inquiètudes pour promouvoir leur agenda, mais il faut bien reconnaître que parmi les pays qui sont aussi mal gérés, ou encore moins bien, gérés que la france, il y en a peu qui ont un montant de dettes aussi important, ce qui, peut être, justifie qu'on s'intéresse plus a la france qu'aux autres..
les euros bonds feraient surtout plaisir aux créanciers des pigs plantés aujourd'hui et que le marché donne perdant...
si à la fin de l'histoire pour repousser encore à plus tard l'échéance ils sont adoptés les perdants d'aujourd'hui seront les grands gagnants.. finalement la Gauche est l'amie des banquiers....
En attendant nos politiques font tous assaut de "déconnitude" Ségolène vient encore de s'illustrer mais Montebourg lui tient la dragée haute
Les quatre commentaires ci-dessus sont financiers, alors que mon idée est au contraire de relativiser la finance, et donc de juger excessives les réactions actuelles, alors qu'aucun bouleversement économique brutal n'a lieu. C'est ce qui distingue une panique d'une crise. Les matières premières et du taux de change sont d'ailleurs jusqu'à présent relativement stables.
Certes la panique peut avoir des conséquences économiques, mais qui sont passagères.
J'estime donc qu'il faut d'abord garder un oeil sur « les données physiques », par exemple ne pas se lamenter sur le marché immobilier de tel ou tel pays lorsque l'on a trop construit et/ou que le niveau des prix baisse après avoir énormément monté. Dans ces pays il faudra vivre avec d'autres productions que celle du béton, mais c'est une évolution qui a commencé il y a plusieurs années, et qui se combine avec cette autre données physique qu'est d'évolution démographique. C'est donc le contraire d'une surprise. De même, dans une certaine mesure pour automobile, de même pour certains types d'ordinateurs, de téléphone portable etc.
Bref, la situation ne revient jamais « comme avant », c'est d'ailleurs une condition nécessaire de la croissance.
il me semble que tout étant imbriqué il est fort difficile de penser que finalement la finance n'est pas si importante que cela
sans finances dévoyées pas de subprimes, mais au départ pas de crédit à des insolvables, socle de la future construction bancaire vérolée et vendue à la planète .pas de subprimes pas de tsunamis bancaires pas de crise 2008,pas de gigantesques plans de licenciements..
Prenons la France .il est exact qu'il y a pire que nous MAIS notre fameuse dette est tenu pour les 2/3 par l'étranger et qui la détient? mystère? si nos politiques se révèlent incapable de tailler dans les dépenses par des réformes structurelles et sont seulement capables d'augmenter les impôts, il est clair que l'activité économique en pâtira et que la finance acculera le pays à se réformer d'une manière ou d'une autre
Constatons qu'il ya seulement 2 théories possible
plus d'europe avec des euro bonds dont l'Allemagne ne voudra pas et sortir de l'euro cad sceller la fin de l'euro.je doute qu'il y ait un seul expert au monde pour déterminer l'ensemble des conséquences de cet évènement.Certes nous retrouverions notre liberté MAIS ce qui est fort inquiétant c'est que les tenants de la sortie le sont pour pouvoir continuer à dépenser et laisser aux dévaluations le soin de constater la perte de richesse du pays
Je suis pessimiste car je ne vois pas de porte de sortie .Se serrer la vis pour repartir d'un bon pied d'accord mais devenir pauvre pour continuer l'échec d'une politique plus que trentenaire, ça n'a rien d 'exitant
Si tel est votre point de vue, et si vous etes convaincu de ce que vous dites, alors il n'y a plus qu'a aller sur les marches de capitaux, investir et monetiser votre analyse en choisissant les bons instruments financiers qui font l'objet de "panurgisme" ou autres facteurs irrationnels selon vous. Bien sur lorsqu'il s agit d'investir et de prendre des risques on realise que la realite est bien plus incertaine mais c'est il me semble la meilleure facon de prouver sa conviction. A quand le Hedge Fund Institut Turgot ? Honnetement vu les positions des differents intervenants du blog je pense que ca aurait pu etre pas mal (position longue sur l'or, etc...)