Il a été récemment interrogé sur ce sujet par Russ Roberts, l’animateur des interviews audios mises en ligne par le Liberty Fund. Ci-dessous la transcription des passages de cet entretien où Steve Hanke commente les résultats de sa recherche. Trait.jpg

Steve Hanke interviewé par ECONTALK (Russ Roberts)

Roberts: Quand passe-t-on d'une simple inflation à l'hyperinflation ?

Hanke: Traditionnellement on parle d'hyperinflation lorsque le taux de hausse des prix dépasse les 50 % sur un mois.C'est la définition qu'en a donné le professeur Phillip Cagan de l'Université de Columbia. C'est lui qui est à l'origine de ce critère des 50 % désormais communément utilisé par ceux qui étudient les phénomènes d'hyperinflation.

R.: L'exemple le plus connu, et le plus souvent cité d'hyperinflation est celui de la République allemande de Weimar dans les années l920.

H : Tout à fait. Le point culminant de cet épisode d'hyperinflation a été atteint en 1923. Mais il ne vient qu'au cinquième rang des hyperinflations les plus graves, et en fait très loin derrière les hyperinflations record qui trônent en tête de la liste.

R: Lesquelles par exemple ?

H : A son point culminant, en octobre 1923, l'inflation allemande atteignait un rythme mensuel de 29 500 %. C'est vraiment un très gros chiffre.Mais ce n'est rien à côté de la Yougoslavie des années 1990 qui a atteint un chiffre de 13.000.000 % (13 millions en janvier 1994) – troisième au classement. Et surtout par rapport au Zimbabwé dont l'hyperinflation a culminé avec un record mensuel de 79 000 000 000 % (79 milliards) sur un mois à la mi-novembre 2008. Ceci dit, le record de tous les records a été enregistré en Hongrie en juillet 1946 avec une hausse des prix de l'ordre de 207 %... par jour !

R: On a plutôt du mal à saisir ce que de tels chiffres signifient.

H : Effectivement. Avec l'un de mes assistants, Nick Kruz, je viens d'établir la liste de toutes les grandes inflations connues. Nous avons dénombré un total de 57 hyperinflations, dont toutes n'étaient pas nécessairement connues avant que nous fassions cette recherche. On trouvera les résultats de ce travail dans un livre encore à paraître. Mais, d'ores et déjà, nous en avons tiré un classement publié sur le site du Cato Institute.

Pour donner une idée la plus exacte possible des chiffres en cause, nous avons établi un tableau où, pour chaque épisode d'hyperinflation, nous donnons deux chiffres : d'abord le chiffre quotidien atteint au point culminant, ensuite le temps nécessaire pour que les prix doublent. Ainsi, dans le cas de la Hongrie, le record des records, il fallait moins de quinze heures pour que le niveau des prix double. Au Zimbabwe, numéro deux, 27, 4 heures ; en Yougoslavie, 1,4 jour. Et ainsi de suite.

C'est une recherche qui a nécessité la collecte d'un très grand nombre de données, souvent inédites, ce qui n'a pas été facile du tout. Nous avons ainsi mis en évidence des cas d'hyperinflation dont personne n'avait jamais parlé.

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R: Y a-t-il vraiment un sens à parler de prix qui doublent toutes les 15 heures ? Comment les gens peuvent-ils s'en tirer ? Comment peuvent-ils encore conclure des affaires ? A chaque seconde, dès que vous vous levez le matin, vous perdez de l'argent. Vous avez plutôt intérêt à ne pas traîner en route lorsque vous allez faire vos achats dans un magasin.

H : En fait, les gens s'en tirent parce qu'en réalité la monnaie dont ils se servent très concrètement dans leurs échanges n'est déjà plus depuis longtemps la monnaie dont les prix doublent toutes les 15 heures. Ils utilisent une véritable unité monétaire, autre que la monnaie officielle, et qui peut être par exemple l'or, ou, le plus souvent, tout simplement le dollar US. Ainsi, si un commerçant veut vous vendre quelque chose, il commencera par réfléchir en dollars, avant de traduire en unité monétaire locale. Au besoin, il utilisera son téléphone portable pour appeler un de ses amis changeurs qui lui dira à quel niveau se situe le taux de change vis à vis du dollar à cet instant. Si vous n'avez que de l'argent local, c'est ce taux de change qu'il vous chargera, éventuellement en y ajoutant un supplément pour tenir de compte de la variation de change qui risque d'intervenir entre le moment où vous lui donnerez vos billets et l'instant où il pourra les échanger contre de vrais dollars. Le prix final que vous aurez ainsi acquitté dépendra du temps mis par le commerçant pour contacter son changeur et lui porter vos billets.

R: Mais s'il est interdit de faire ces opérations de change, tout le système s'effondre et l'on revient très rapidement à une économie de troc, n'est-ce pas ?

H : Absolument, et c'est effectivement ce qui se passe. De telles situations conduisent directement au retour du troc. Je peux vous donner l'exemple de la Yougoslavie, dont j'ai fait personnellement l'expérience puisque, à l'époque, j'étais le conseiller économique du gouvernement Markovich. C'était un peu avant que le pays ne tombe réellement dans l'hyperinflation, pendant l'année 1990 et la première moitié de 1991. Le rôle du troc était déjà redevenu prédominant. Que se passait-il ? Admettons que vous habitiez Belgrade, mais que votre famille vive encore à la campagne. C'est auprès de leurs frères, soeurs, parents, grands parents, cousins, oncles ou tantes que les gens se procuraient l'essentiel des denrées alimentaires dont ils avaient besoin pour survivre. Quant aux autres transactions, elle se réglaient déjà en Deutschmarks. Tout achat d'un tant soit peu d'importance ne pouvait se faire qu'en argent allemand. C'était le résultat de ce que le pays depuis très longtemps déjà vivait en état endémique d'inflation forte et persistante. De 1971 à 1991, la Yougoslavie a vécu avec un taux moyen d'inflation de 76 % par an. Ce fut, au cours de ces vingt années, le second taux moyen le plus élevé enregistré dans le monde, juste derrière le Zaîre. C'est ainsi qu'en période d'inflation élevée, puis d'hyperinflation, le retour au troc s'infiltre peu à peu, au point de contaminer progressivement toute l'économie. Finalement, l'hyperinflation bloque tout le système économique parce qu'il n'est plus possible d'y mener le moindre calcul de coûts dans des conditions normales. Toute activité économique devient terriblement difficile. Et la logique est que, progressivement, la population n'utilise plus la monnaie local et la remplace par des monnaies étrangères.

Au Zimbabwe, la population a cessé d'utiliser le dollar zimbabwéen. En novembre 2008 il avait quasiment disparu. D'autres monnaies, telles que le dollar US mais aussi, de manière plus partielle, des monnaies de la région comme le rand sud africain et certaines monnaies de pays voisins, ont spontanément pris sa place. Le dollar du Zimbabwé ne servait plus à rien. Rien du tout.

R: Et alors que s'est-il passé ?

H : Le gouvernement s'est trouvé contraint de décréter la dollarisation officielle du pays, et d'exiger par exemple que les impôts soient désormais acquittés en dollars US.

R: Le billet de mille milliards de dollars zimbabwéen dont un de mes étudiants m'a fait cadeau ne vaut donc plus rien du tout. Je suis bien déçu !

H : En fait je pense que sa valeur sur e-bay, aujourd'hui, est sans doute bien plus élevée que celle qu'il avait pour de vrai lorsqu'il circulait encore.

R: Question facile : quelle est la cause de l'hyperinflation ? A l'évidence c'est la conséquence d'une croissance trop rapide de la masse monétaire. Mais alors, question plus difficile : qu'est-ce qui fait que la masse monétaire explose ? Pourquoi un pays s'engage-t-il dans cette voie ?

H : Fondamentalement, la clé du phénomène se trouve dans la situation budgétaire. En Yougoslavie, par exemple, à la fin du processus, plus de 90 % des dépenses publiques étaient financés par la banque centrale et sa machine à imprimer des billets. Les impôts ne couvraient plus que 10% des dépenses budgétaires. C'est dire l'ampleur du déficit.

R: Ainsi, plutôt que de diminuer les dépenses ou d'augmenter les impôts, solutions qu'il était politiquement difficile de faire passer, les autorités yougoslaves ont préféré punir leurs concitoyens en leur faisant payer l'impôt par l'inflation – et en leur rendant ainsi la vie beaucoup plus dure.

H : Exact..

R: Parlons maintenant de l'Iran, ce pour quoi je vous ai invité. Vous venez d'écrire plusieurs papiers où vous révélez que, cet été, l'Iran a basculé dans l'hyperinflation avec un taux d'inflation mensuel de l'ordre de 70 %, très nettement supérieur aux 50 % qui constituent le seuil à partir duquel les spécialistes s'accordent à reconnaître qu'il y a hyperinflation. Vous êtes le premier à avoir annoncé la nouvelle. Comment le saviez-vous ? Et comment se fait-il que vous soyez encore le seul, à ce jour, à en parler ? Tout le monde sait qu'il y a une forte inflation en Iran. Mais, vous, vous allez plus loin. Vous donnez des chiffres, et vous êtes le seul à les donner. Comment faites-vous ?

H : Où je trouve mes chiffres ? Exactement de la même manière qu'au Zimbabwé. En juin 2008 le gouvernement avait arrêté de donner toute information sur les chiffres de l'inflation. Mais il n'avait aucun moyen de mettre fin aux cotations du marché noir, là où les dollars locaux s'échangeaient clandestinement contre des dollars US. Pour connaître le taux d'inflation réel il suffisait de suivre au jour le jour l'évolution du taux auquel la monnaie locale s'échangeait, au marché noir, contre des dollars US. Quelques calculs pas très compliqués, et vous aviez votre taux.

R: Encore faut-il avoir les moyens de collecter ces données.

H : Bien sûr. C'est la même chose en Iran. Il y a un prix qui reste libre : celui du marché noir. Or j'ai réussi à obtenir de relativement bonnes informations sur les taux change du marché noir iranien grâce auxquelles j'ai pu établir des séries statistiques retraçant l'évolution au jour le jour de la valeur de la monnaie du pays. Et c'est ainsi que j'ai pu calculer le taux d'inflation implicite dont les iraniens étaient victimes.

R:Comment avez-vous obtenu ces taux du marché noir ? D'où viennent-ils ?

H : De sources variées. Il existe par exemple une Association des bureaux de changes iraniens qui publie ce genre d'information. C'est ce que j'ai utilisé au départ. Mais une fois que j'ai fait mes calculs et que j'en ai publié les premiers résultats annonçant que l'inflation iranienne était en train de franchir le seuil de l'hyperinflation, les autorités ont fermé tous les sites internet qui donnaient ce genre d'information. Il a fallu que je me débrouille autrement. J'ai trouvé un autre moyen, et je dispose aujourd'hui de séries statistiques relativement bonnes sur l'évolution du taux de change au marché noir.

En fait, les iraniens ont un système de changes multiple. Le taux officiel est de 12.260 rials iraniens pour un dollar. Mais cela ne fonctionne que pour un tout petit nombre de produits. Principalement deux catégories : les médicaments et des articles hautement prioritaires. Si vous y avez droit, vous bénéficiez d'un très bon taux de change, et l'opération se fait via la banque centrale. Il y a ensuite un second taux autour de 25.400 rials réservé aux agences de change reconnues par les autorités et bénéficiant d'un régime de licence. Il s'agit d'une sorte de taux contrôlé. Et puis il y a le taux du marché noir qui, lui, est libre. Il y a donc en Iran trois taux de change, avec toutes les distorsions et les inconvénients qui en résultent.

R: Alors, comment se fait-il que le pays sombre dans l'hyperinflation ?

H : Comme toujours, la raison est d'ordre monétaire.La création monétaire ne cesse d'augmenter fortement depuis 2010. Le pays connait régulièrement des épisodes de fuite devant la monnaie au cours desquels les gens se ruent ruent sur les banques. La demande de rials s'effondre. Chacun n'a pas plus pressé que de se débarrasser de ses rials pour les convertir en or ou en dollars US parce qu'ils craignent que les choses ne s'aggravent encore davantage. Sans doute s'attendent-ils à ce que les autorités décident de complètement fermer la soupape du marché noir, ce qui leur rendrait très difficile l'acquisition de devises étrangères. C'est un problème d'anticipations. Les gens dans la rue s'attendent à ce que le pouvoir d'achat de la monnaie continue de décliner et, pour se protéger, ils se lancent à la recherche de tout ce dont l'achat, dans de telles circonstances, pourrait leur permettre de préserver leur niveau de vie. C'est ainsi que, périodiquement, la valeur du rial fait de véritables plongeons, comme cela s'est passé en septembre et en octobre, ce qui fait exploser l'inflation implicite et l'amène à des taux records vraiment très élevés. Tout ce que j'ai à faire est de lire la presse et d'y suivre le prix de quelques articles de consommation clés, comme par exemple le prix du poulet. J'ai vérifié que cette procédure permet d'obtenir des résultats tout à fait cohérents avec les évaluations du taux d'inflation implicite calculé à partir des taux de change demandés sur le marché noir.

L'observation des taux de change au noir est la technique que nous avons appliquée aux 57 cas d'hyperinflation qui figurent dans notre tableau. Elle est fondée sur la théorie dite de la parité de pouvoir d'achat. Elle fonctionne très bien. En fait c'est Jacob Frenkel qui, le premier, l'a expérimenté et mise au point dans un célèbre article datant de 1976, publié par le Scandinavian Journal of Economics, où il analysait l'hyperinflation de la République de Weimar.

R: Quelle est la part de responsabilité des sanctions financières imposées à l'Iran par les américains et les européens dans le déclenchement de cette hyperinflation ?

H : C'est précisément l'une des raisons qui ont provoqué ces ruées sur les banques iraniennes et entraîné l'effondrement de la demande de rials. C'est par cette voie que les sanctions interviennent dans le processus. Elles ont modifié les anticipations des gens et les ont encouragé à se débarrasser de tout ce qu'ils avaient comme avoirs en rials pour les échanger contre d'autre choses mieux susceptibles de conserver leur valeur. Encore une preuve de ce que les politiques de sanctions conduisent quasiment toujours à des résultats contreproductifs.

R: Exact.

H : Ces politiques contribuent généralement à maintenir votre ennemi au pouvoir, et à ne plus avoir d'autre option que d'imposer par la force un changement de régime.

R: Mais cela ne vaut vraiment que pour le pays visé.

H: Pas seulement. Ce qui m'inquiète est non seulement que les sanctions peuvent être contreproductives, mais surtout qu'elles sont susceptibles de conséquences totalement désastreuses au niveau international si, à cause d'elles, les iraniens décident de s'emparer du détroit d'Ormuz et d'y contrôler tout le trafic maritime. Si les sanctions deviennent de plus en plus dures, et si les iraniens n'arrivent plus à vendre le moindre pétrole, ils n'auront pratiquement le choix, plus rien à perdre. Il faut savoir que 35 % de l'approvisionnement mondial en brut passe par le détroit d'Ormuz, de même que 20% des livraisons de gaz. En clair, le problème du détroit représente un atout maître pour les mollahs. Nous ne voulons surtout pas qu'ils s'en servent. Nous ne voulons surtout pas qu'un jour les iraniens ferment le détroit. Parce que nous nous retrouverions alors dans un formidable merdier.

R: J'ai bien peur que c'est comme cela que ça va se terminer, malheureusement. Et si, alors, ils ne font pas marche arrière, ce sera la guerre.

H: Il me parait clair que si, face au problème iranien, nous n'arrivons pas à trouver une solution diplomatique quelconque, tout cela se terminera par une horrible fin, voir même une horreur sans fin.

R: Vous dites que vous avez vous-même, personnellement, contribué à mettre fin à une bonne dizaine d'hyperinflations dans le monde - soit une sur cinq, si je me réfère à la liste que vous avez publiée. Comment fait-on pour arrêter une hyperinflation ? Comment est-ce que ça se termine ? Je suis sûr qu'il y a plusieurs sortes de sortie possibles ? Y en a-t-il une qui soit particulièrement plus séduisante pour les pays qui ont totalement perdu le contrôle de leur monnaie, et qui donc s'imposerait à eux ?

H: Je pense à l'exemple du Zimbabwe, en 2008. Si le pays s'en est sorti, ce n'est pas tellement grâce à son gouvernement, mais plutôt sans lui. Mugabe était alors Président, et il l'est toujours. Ce qui s'est passé, comme je l'ai déjà raconté, est qu'il y a eu une dollarisation spontanée du pays, les habitants refusant dorénavant d'utiliser le dollar zimbabwéen avec pour conséquence que le dollar US, plus quelques devises de pays de la région, se sont substitués à lui. C'est ce qui, en définitive a contraint le gouvernement du Zimbabwé à abandonner sa monnaie, même pour la levée des impôts et a entraîné la dollarisation officielle du pays en 2009. Une solution est donc celle-là. On peut imaginer que le gouvernement se montre un peu plus actif que ce ne fut le cas avec le gouvernement zimbabwéen, et qu'il décide de lui-même de lancer le mouvement de dollarisation. C'est une solution.

L'autre grande solution, dans laquelle je me suis trouvé plus souvent directement impliqué, est celle des Caisses d'émission (Currency Boards) comme cela fut pratiqué en Bulgarie à l'époque du Président Stoyanov dont j'étais le conseiller en 1997. En février de cette année-là le taux d'inflation mensuelle était monté à 242 %. Donc déjà très au-delà du seuil des 50 % par mois. Au premier juillet le gouvernement bulgare a mis en place une Caisse d'émission et a annoncé la création d'une nouvelle monnaie, le Lev, défini par un taux de change fixe avec le Deutschmark et garanti à 100 % par des réserves en monnaie allemande. La nouvelle monnaie était librement convertible et le pays a rétabli la liberté totale des échanges. Ce Lev était en quelque sorte un clone du Deutschmark. L'hyperinflation s'est arrêtée du jour au lendemain. Et en moins d'un mois les taux d'intérêt étaient retombés à moins de 10%

R: Comment le régime de Caisse d'émission permet-il à l'Etat de rétablir sa crédibilité ? C'est grâce aux réserves qu'il offre en garantie ? Est-ce exact ?

H : Plus précisément c'est l'engagement pris par le pouvoir politique et la caisse d'émission de n'augmenter la masse monétaire par de nouvelles émissions de monnaie que si ces nouveaux apports d'argent sont gagés à 100 % par une augmentation correspondante du volume des réserves détenues dans la monnaie de référence. Si cet engagement apparaît comme suffisamment crédible, et que les gens y croient, vous avez résolu votre problème. Votre monnaie devient aussi bonne que sa monnaie de référence. L'affaire est faite.

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Steve Hanke est professeur d'économie appliquée à l'Université Johns Hopkins de Baltimore et Senior Fellow au Cato Institute de Washington. L'interview, publiée sur le site du Liberty Fund a été enregistrée le 29 octobre 2012.Traduction Henri Lepage.

Outre l'Iran, Steve Hanke a également été interrogé sur la situation économique américaine et ses perspectives. Cette seconde partie de l'entretien fera l'objet d'une autre publication. Le tableau des hyperinflations est tiré de l'étude que Steve Hanke et son assistant ont publié sur le site du Cato Institute. Steve Hanke a publié, dans Globe Asia (numéro daté de novembre 2012) un article où il résume son analyse sur la situation iranienne. A noter aussi une interview de Steve Hanke dans Iran Review, qui donne un certain nombre d'informations et de détails supplémentaires. Enfin, voir l'article "Panic in Persia" publié sur le site du Cato Institute.