Patrick JominiLe second orateur, Patrick Jomini, un économiste australien actuellement détaché au Groupe d'économie mondiale de Sciences-Po, a présenté les résultats d'un modèle économétrique complexe dont l'objet était de mesurer ce que cette politique, au bilan social si décevant, coûte à l'économie française en termes d'efficience économique.

Son travail compare les revenus des différents produits et secteurs agricoles avec ce qu'ils seraient s'il n'y avait pas la PAC.

Sa conclusion est 1) que la PAC aboutit à maintenir en Europe un secteur agricole dont la production est supérieure de 8% par rapport à ce qui serait économiquement 'optimal', et 2) que cela coûte à l'économie française une somme globale de 38 milliards d'euros en termes d'autres services qui en définitive ne sont pas rendus au consommateur alors qu'ils le seraient en absence de PAC. Par ailleurs, Patrick Jomini met en évidence combien la politique agricole commune favorise certains types de producteurs et d'exploitations (céréales, élevage, produits alimentaires, fruits et légumes) au détriment d'autres secteurs de production (comme la forêt et les oléagineux).

Patrick Messerlin, Professeur d'économie à Sciences-Po (Paris) Dans son intervention finale, Patrick Messerlin souligne qu'on ne peut pas faire de prospective des politiques agricoles sans y intégrer la prise en compte de considérations nouvelles comme le changement climatique, la politique de l'eau ou encore les problèmes d'approvisionnement énergétique.

Patrick Messerlin montre que ces nouveaux problèmes vont avoir pour problématique commune de pousser à la libéralisation des échanges agricoles dans le monde, "parce que, si on ne le fait pas, souligne-t-il, ce sont des problèmes qui mènent à la guerre".Plutôt que de voir se généraliser des guerre locales ou régionales pour le contrôle de l'accès aux ressources en eau, mieux vaut s'ouvrir aux échanges agricoles qui sont une manière "d'échanger de l'eau". De même l'augmentation des échanges agricoles sera une manière de s'assurer contre les effets du changement climatique.

Une conséquence de ce contexte nouveau sera qu'une part croissante de la politique agricole devra être consacrée au soutien de la Recherche et Développement en agriculture. C'est de cette façon que sera le mieux assurée la solution de nos problèmes de sécurité alimentaire. Trait_html_691a601b.jpg

Lectures complémentaires

- The Common agricultural policy and the French, EU and global economies, Working paper du Groupe d'économie mondiale, par Patrick Jomini, Pierre Boulanger, Xia-guand Zhang, Catherine Costa, Michelle Osborne.

- The 2020 European Agriculture: Long term challenges, new public and private policies, policy brief du Groupe d'écdonomie mondiale, par Patrick Messerlin et Pierre Boulanger.

- The 2020 European Agriculture: Long term challenges, new public and private policies, Conference proceedings