Manifeste pour l'Europe
Par Henri Lepage le mardi 31 juillet 2012, 16:03 - Article - Lien permanent
Rédigé à l'initiative de l'institut Bruno Leoni (Turin) et de la Fondation Magna Carta (Rome), ce manifeste a été diffusé au début du mois de Juin sur le Corriere della Serra en réaction aux appels à la fuite en avant dans toujours plus de fédéralisme.
La crise de l'euro fait apparaître en toute lumière les faiblesses inhérentes de la gouvernance européenne. Les discours des partisans du «toujours plus d'Europe" (fédérale) et d'une relance de la croissance par les dépenses publiques sentent le renfermé des reliques du passé mangées par les mites.
La pyramide européenne doit être inversée. Nous n'avons pas besoin d'un sommet sans bornes, ni des obligations et contraintes qui en découlent, mais d'un solide terreau de sociétés libres fondé sur un nombre toujours plus réduit de couches de pouvoirs délégués au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la base.
Ou l'Europe se renouvelle à partir d'un processus d'évolution guidé par des objectifs clairs et réalisables, ou bien elle périra. Au lieu de viser à toujours plus de centralisation, une Union d'Etats souverains et responsables, intégrés dans un cadre de dévolution territoriale, serait préférable.
L'Europe doit renouer avec l'espoir, retrouver son dynamisme, croire de nouveau en elle-même, et avoir confiance en l'avenir. A cette fin, l'Europe doit faire preuve de davantage d'initiative pour raffronter les effets d'une instabilité mondiale persistante ; il lui faut opter pour des solutions largement informées par les notions de transparence et de responsabilité, afin de limiter les effets systémiques de la prise de risque et d'assurer que seuls en prennent désormais ceux qui sont prêts à en assumer les conséquences.
Stabiliser la dette publique est une tâche essentielle pour éviter de refaire les mêmes fautes que par le passé, mais une tel effort doit être nécessairement accompagné de décisions visant à renforcer la liberté et l'intégration des marchés européens.
Nous devons nous sentir unis par un engagement résolu pour plus de justice et d'équité vis à vis des générations futures auxquelles on ne peut plus demander de couvrir par leurs impôts l'irresponsabilité de leurs parents et grands parents. Pour que cet engagement ait une chance d'être honoré dans un contexte de grande austérité des finances publiques, la solution ne consiste pas à se réfugier dans des alchimies institutionnelles de plus en plus complexes et illisibles, mais à retrouver une véritable croissance économique.
Ce n'est pas la centralisation qui nous ramènera la croissance, mais au contraire la liberté la plus grande possible. L'achèvement du marché unique devrait être le grand projet prioritaire des responsables européens, avec pour objectif de promouvoir la compétitivité de l'Europe gràce à une politique qui favorise l'employabilité des individus et l'internationalisation des entreprise.
Seule une vision positive de l'individu où l'on reconnaît son inclination spontanée à coopérer avec ses pairs pour le bien commun peut nous conduire à faire un appel plus modéré aux pouvoirs réglementaires de Bruxelles. Les Etats-membres seraient ainsi incités à adopter pour leur propre compte un cadre réglementaire et législatif minimal et cohérent, libérant enfin les forces vitales de nos diverses sociétés européennes.
Plus que jamais il est nécessaire d'empêcher la construction d'une « Forteresse Europe » et d'en appeler à une Europe ouverte sur le monde, prête à ouvrir ses portes aux individus, aux biens et aux idées susceptibles de l'enrichir. Priorité à l'Est et au Sud, aux relations avec les économies d'Europe orientale et de la Méditerranée, tandis qu'il faut aussi entretenir et renforcer les traditionnelles relations transatlantiques en élargissant nos liens de libre-échange.
Ce ne sont pas les politiques inconsidérées de monétisation de la dette , seulement susceptibles d'engendrer de gigantesques tranferts qui ne pourront que réveiller les sentiments d'animosité et d'hostilité entre nations européennes, qui ramèneront la croissance.
Une stratégie de retour à la croissance ne pourra pas esquiver le problème de l'inévitable restructuration de l'Etat-providence autour de concepts faisant appel à la notion de subsidiarité ainsi qu'au potentiel d'entraide mutuelle des individus, des familles et des communautés.
Ce sont les idées de pluralisme, de liberté et de confiance dans le potentiel de la personne humaine qui ont fait la grandeur de l'Europe. La meilleure façon pour elle d'assurer sa marche vers l'avenir est de rester fidèle à elle même.

Ont signé cet appel : Fabrizio Cichitto (Fondazione Rifromismo e liberta), Flavio Felice (Centro Studi e Ricerche Tocqueville-Acton), Franco Frattini (Fondazione Alcide de Gasperi), Alberto Mingardi (Istituto Bruno Leoni), Gaetano Quagliarello (Fondazione Magna Carta), Maurizio Sacconi (Associazione amici di Marco Biagi), Philip Booth (Institute of Economic Affairs, Londres), Jose Maria Lopez Bueno (Fundacion para el desarrollo socioeconomico hispano-marroqui, Melilla); Bartha Daniel (Centre for Democracy Public Foundation, Budapest), Tseliu Everydyike (Constantine Karamanlis Institute for Democracy, Athènes), Gaspar Varkonyi (Szazadveg Foundation, Budapest), Henri Lepage, (Paris). Traduction à partir de la version anglaise par Henri Lepage
Commentaires
ite missa est et tralala,que de voeux pieux !!! qui oublient "à la socialiste " la dure réalité de l'instant !! sans changement de système économique cela restera comme un joli conte de fée dans les poubelles de l'histoire et surtout du temps perdu,tiens je vais à la pêche !!!
Le manifeste a la consistance d'une barbe à papa. On ne peut refaire le saint Empire romain germanique de Kirkenes à Chisinau. Le liant décrit laborieusement par la fondation Magna Carta est du type impérial ancien, obsolète.
Il vaudrait mieux chercher à constituer quelques noyaux durs capables de lutter contre les empires émergents.
Le jeudi 2 aout 2012, dans la zone euro, l’information la plus importante de l’année 2012 a été cachée par les télévisions, par les radios, et par presque tous les grands titres de la presse papier :
En zone euro, il y a eu le réarmement d’une banque centrale nationale, en violation de tous les traités européens.
Qu’est-ce que le réarmement d’une banque centrale nationale ?
C’est quand une banque centrale nationale prête de l’argent à un Trésor public national.
TOUS LES TRAITES EUROPEENS INTERDISENT QU’UNE BANQUE CENTRALE NATIONALE PRETE DE L’ARGENT A UN TRESOR PUBLIC NATIONAL :
« Conformément à l'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, il est interdit à la BCE et aux banques centrales nationales d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »
OR LA BANQUE CENTRALE DE LA GRECE VIENT DE PRETER 6 MILLIARDS D'EUROS AU TRESOR PUBLIC GREC :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
Le réarmement de la banque centrale de la Grèce est une information historique.
Le réarmement de la banque centrale de la Grèce montre ce qui nous attend dans les années qui viennent, en Grèce et dans d’autres pays européens :
- L’éclatement de la zone euro.
- Le retour aux monnaies nationales.
- Le réarmement des banques centrales nationales.
- En Grèce et dans d’autres pays européens, une banque centrale nationale prêtera de l’argent à un Trésor public national.
Les gouvernements se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait. Les grandes compagnies d'assurance se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait. Les grandes banques se préparent à la dislocation de la zone euro : ça, on le savait.
Nous venons d'apprendre que les compagnies aériennes se préparent à la dislocation de la zone euro, elles-aussi.
Et nous venons d’apprendre que les compagnies pétrolières se préparent à la dislocation de la zone euro, elles-aussi.
Conclusion : en zone euro, les acteurs politiques et les acteurs économiques se préparent tous à la dislocation de la zone euro.
IAG prête à une sortie de l'Espagne.
Le groupe International Airlines Group (IAG), qui réunit la compagnie aérienne britannique British Airways et l'espagnole Iberia, a reconnu se préparer à l'éventualité d'une sortie de l'Espagne de la zone euro.
"Vu notre présence dans ce pays, et notre exposition en zone euro de façon générale, nous avons réfléchi à la manière de réagir en cas de dislocation de la zone euro", a expliqué le directeur exécutif du groupe, Willie Walsh, vendredi lors de la présentation des résultats d'IAG, cité par The Telegraph.
Un groupe de travail "Sortie de l'Espagne de la zone euro" a été mis en place il y a quelques temps avec l'aide de conseillers extérieurs.
Ses travaux ont "très bien avancé", a précisé Willie Walsh.
Résultat, le groupe IAG a réduit son exposition aux établissements financiers espagnols de 27% à 3% en six mois.
Il serait "surprenant" que les autres grandes compagnies qui opèrent en Europe n'aient pas des plans d'urgence similaires, a estimé Willie Walsh.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...
Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell préfère retirer des fonds des banques européennes à cause des risques associés à la crise de la dette en zone euro, a indiqué l'un de ses dirigeants.
"Nous n'avons plus la même volonté de prendre des risques de crédit en Europe", a expliqué le directeur financier Simon Henry au journal The Times paru lundi.
Shell préfère ainsi déposer ses 15 milliards de dollars de liquidités sur des comptes américains ou les transformer en bons du Trésor américains, poursuit le responsable, selon des propos rapportés par le quotidien britannique.
Le groupe basé à La Haye est certes contraint de garder des liquidités en Europe pour y financer ses opérations mais préfère ainsi en laisser l'essentiel ailleurs pour éviter les risques associés à la crise en zone euro.
"Nous faisons une différence entre les différents risques de crédit" en Europe, a toutefois précisé M. Henry, alors qu'on lui demandait s'il considérait de la même manière l'Allemagne et les pays les plus fragiles du sud du continent.
Mardi 7 aout 2012 :
Une dépêche AFP très importante :
En mars, la zone euro avait lancé un deuxième programme d'aide à la Grèce, d'un montant de 130 milliards d'euros, passant par un effacement notable de la dette grecque détenue par le secteur privé. Grâce à ce programme, la dette du pays devait revenir en-deçà de 120% d'ici 2020 contre plus de 160% actuellement.
Mais le programme est "sorti des rails", selon de nombreux responsables européens, et a pâti de plusieurs mois d'inertie politique en Grèce. Résultat, les besoins financiers de la Grèce ont augmenté.
"On n'a plus de marge de manoeuvre s'il faut faire un nouvel effort pour les Grecs, car on a déjà imposé une décote terrible aux banques. Il faudra aller vers les bailleurs de fonds publics donc les contribuables nationaux", a estimé un diplomate européen.
La Grèce pourrait donc être contrainte de négocier une restructuration de sa dette vis-à-vis de la Banque centrale européenne et des Etats de la zone euro.
Cette idée a déjà circulé en mars dernier mais n'a jamais pris forme, face au refus de la zone euro et de l'institut monétaire.
http://www.romandie.com/news/n/UEBr...
La phrase importante est ici :
"On n'a plus de marge de manoeuvre s'il faut faire un nouvel effort pour les Grecs, car on a déjà imposé une décote terrible aux banques. Il faudra aller vers les bailleurs de fonds publics donc les contribuables nationaux", a estimé un diplomate européen.
En clair : il va y avoir une deuxième restructuration de la dette grecque. Les prêteurs publics vont perdre des dizaines de milliards d'euros : il va falloir recapitaliser la BCE.
Les contribuables de la zone euro peuvent préparer leurs carnets de chèques.
La deuxième restructuration de la dette grecque sera, en bout de chaîne, payée par les contribuables de la zone euro.
I agree