De l’autre côté des Alpes, après avoir fait voter un plan d’austérité de plus de 60 milliards d’euros, Mario Monti vient de présenter la loi italienne d’ouverture à la concurrence des secteurs et professions protégés (taxis, pharmacie, station essence, énergie…).

Une ouverture à la concurrence qui représenterait, selon lui, deux points de plus de croissance.

Bref, nous dit Mario Monti, pour sortir de la crise, pour doper la croissance, il faut faire confiance aux politiques libérales.

Il est vrai que Mario Monti incarne l’Europe libérale, celle du marché unique et de la concurrence (économiste, il a été de 1994 à 1999, commissaire européen au marché intérieur et de 1999 à 2004, commissaire à la concurrence nommé par Berlusconi). Celle dont Henri Guaino et le Président de la République nous proposent de tourner la page. Celle que détestent depuis toujours les socialistes français.

On ne sait pas encore les obstacles politiques auxquels se heurtera Mario Monti. On sait seulement que l’homme n’est pas sans habileté. Un exemple : à la brutale proposition de libération totale du marché des taxis parisiens proposée dans le rapport Attali, Mario Monti préfère l’approche prônée en France par les libéraux, celle qui consiste à distribuer une plaque supplémentaire aux titulaires d’aujourd’hui (qui ont acheté cher cette plaque et qui se verraient ruinés par une ouverture sans précaution).

On lui souhaite bonne chance.

On lui souhaite aussi de susciter quelques émules en France.

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La version originale de ce texte a été publiée sur le blog personnel d'Alain Madelin ( Libre Echange ) en date du 20 janvier 2012.