En passant, la remarque a été faite que de nombreux pays d'Amérique latine n’avaient pas suivi l'économie chilienne dans le succès de ses réformes. Il m'a semblé que il y avait là quelque chose à creuser.

Si l'on ajoute d’autres pays du monde à cette comparaison, on fait des constatations intéressantes.

L’une d’entre elles est que dans certains pays, ce sont des partis travaillistes ou socialistes qui ont mené les réformes économiques pour alléger le fardeau de l'État-providence. En Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ce sont des partis travaillistes ou socialistes qui ont pris l’initiative des coupes et des réformes dans l'État providence.

Cela n'a pas été le cas dans les pays du sud de l’Europe, qui ont longtemps eu des partis communistes à la gauche des partis socialistes. Les pays européens du sud reproduisent le modèle de l’Amérique latine.

Dans un compte rendu pour Policy Review, j'ai analysé quelques-unes des questions soulevées par Seymour Martin Lipset et Gary Marks dans ''It Didn't Happen Here: Why Socialism Failed in the United States''.

Les auteurs concluaient :

« De 1984 à 1995, la distance parcourue vers la droite par le Parti travailliste britannique a été plus grande que par tout autre parti étudié... La manière la plus directe de résumer ce changement est de dire carrément que le parti ‘travailliste’ a cessé de l’être... le Parti travailliste, affirmait Peter Mandelson l'idéologue du Blairisme, était désormais « pour l’économie de marché capitaliste. »

Dans une interview, Tony Blair remarquait que son gouvernement

« faisait finalement du droit britannique le plus restrictif du monde occidental à l’égard du syndicalisme »

Lipset et Marks ont analysé l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dont les gouvernements conservateurs avaient pendant des décennies mené contre le marché des politiques d’ingérence étatique, d'inflation et de privilèges législatifs aux groupes de pression.

Les partis travaillistes, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ont mis en œuvre les principes néo-libéraux avec pour programme :

« abandonner les politiques protectionnistes, déréglementer l'économie, privatiser les entreprises publiques, et passer d’une détermination des salaires par arbitrage centralisé à un système de marché au niveau de l'entreprise. »

Les études faites pour l’Index of Economic Freedom indiquent que les économies les plus libres sont celles qui participent de la tradition de la Common law et de celle, hanséatique, du commerce à l’échelle mondiale. Ainsi, l'Europe du Nord et les partis travaillistes d'Australie et de Nouvelle-Zélande font souvent plus confiance au marché que les partis conservateurs de l'Europe du sud et de l'Amérique latine.

Voilà des remarques qui invitent à davantage d'étude et de réflexion. Trait_html_691a601b.jpg

Vice-Président de l'Atlas Economic Research Foundation, Professeur à l'Université George Mason, ancien Président de la Société du Mont Pèlerin, Leonard Liggio est membre du conseil scientifique de l'Institut Turgot. C'est largement gràce à son concours, son amitié et son extraordinaire réseau de contacts à travers le monde que, pendant près d'une trentaine d'années, les libéraux et libertariens français ont pu se réunir chaque été, à Aix en Provence, dans le cadre des Universités d'été de la nouvelle économie.