France/Allemagne : deux conceptions différentes de la monnaie, mais aussi de la démocratie
Par Henri Lepage le lundi 24 octobre 2011, 11:15 - Note de synthèse - Lien permanent
L'analyse qui suit a été écrite en 1997, alors que l'euro n'était pas encore né. Quatorze ans plus tard, l'acuité des divergences franco-allemandes révélées par la crise de l'euro lui confère une nouvelle actualité.
L’un des grands problèmes méconnus de la construction européenne est la persistance d’énormes décalages entre la manière dont chacun projette sur l’autre ses propres schèmes culturels et politiques, et une réalité qui leur est souvent complètement étrangère.
Alors que la France et l’Allemagne apparaissent plus que jamais comme les deux piliers politiques du processus d’intégration européenne, paradoxalement c’est entre ces deux pays que le fossé qui oppose réalité et perceptions demeure sans doute le plus grand.
En France, une démocratie « monarchique »
Prenons les deux systèmes politiques et leur approche de la démocratie.
En France, les choses sont à leur manière assez simples. La conception française de la démocratie est d’essence hiérarchique. Aujourd’hui, la République s’identifie d’abord et avant tout à l’élection au suffrage universel d’un Président qui domine tous les aspects de la vie publique. Tout s’y passe comme si les français avaient une vision de la démocratie qui les conduit en permanence à rechercher un « grand timonier » pour tenir la barre du pays. Une fois tous les sept ans, ils choisissent une personnalité qui incarne un projet de société couvrant l’ensemble des grandes questions qui se posent au pays.
Trois conséquences en découlent. D’abord la personnalisation à outrance de la vie politique française. Celle-ci est intensément concurrentielle, au point d’être conflictuelle. Ensuite, la division tranchée du pays en deux camps politiques qui se présentent devant les électeurs munis de projets bien distincts. Enfin, la monopolisation du débat démocratique par les partis nationaux, au détriment d’une vie locale ou régionale autonome.
Ce système a atteint l’objectif visé par son fondateur, le Général de Gaulle. Oint par le suffrage universel et doté d’importantes prérogatives constitutionnelles, le Président de la République est en mesure d’imposer un grande stabilité politique. Mais en contrepartie, cela se traduit par une fragmentation intense à l’intérieur de chacun des deux camps, accompagnée de véritables luttes fratricides pour l’accès à la candidature à la magistrature suprême.
Par ailleurs, cette logique de concurrence exacerbée débouche paradoxalement sur l’immobilisme politique. La contrainte de « serrer les rangs » face au danger adverse facilite, dans chaque camp, le travail des minorités opposées à telle ou telle mesure pourtant soutenue par la majorité. L’idéologie y est une arme efficace pour mobiliser les militants et paralyser l’expression de la majorité.
« C’est ainsi, observe astucieusement un fonctionnaire allemand des Communautés européennes qui a fait l’expérience d’un détachement de trois années dans une grande administration centrale française, que la France est comme divisée par un mur invisible qui empêche les français de s’entendre ».
En Allemagne, une démocratie « difuse »
En Allemagne, les structures de façonnage et de formation de la volonté démocratique répondent à une toute autre logique. La démocratie allemande est moins personnalisée, moins structurée, moins directement lisible, plus découpée en morceaux qui s’imbriquent dans un ensemble complexe de relations polycentriques entre sources de pouvoir autonomes, généralement mal appréciées.
Du fait de sa structure fédérale, la volonté populaire s’y exprime d’une façon différente. Les élections s’y succèdent de manière fragmentée, imbriquée, et continue dans le temps. Avec pour effet qu’un vrai projet de société ne peut jamais y être soumis au suffrage universel.
A la différence de la situation française, la présence dans les landers d’institutions régionales dotées de réels pouvoirs législatifs et éxécutifs y empêche l’émergence de clivages profonds entre les partis. Chacun doit toujours pouvoir s’allier à l’autre si besoin est, au niveau local, même s’il y a concurrence et opposition au niveau fédéral. D’où une concurrence plus modérée qui évite les polarisations extrêmes et favorise la recherche de solutions consensuelles - ce fameux « consensus » allemand qui fait phantasmer les français.
C’est pour cette raison que la vie politique allemande ressemble plutôt a un « cartel » aux frontières mouvantes et adaptables selon les circonstances. L’alternance ne s’y fait pas entre des partis qui cultivent leur différence et que tout semble a priori opposer. Elle se joue à l’intérieur de coalitions à géométrie variable, plus déterminées par des considérations étroites de pure tactique domestique, que par de grandes ambitions idéologiques.
En conséquence - et contrairement à la perception qu’en ont généralement les étrangers - la position d’un Chancelier allemand n’est en rien comparable à celle d’un Président français, même lorsque ce chancelier a la stature d’un Helmut Kohl. Elu à la majorité absolue du Bundestag, ses pouvoirs sont limités par le caractère fédéral de la Constitution. Celle-ci lui impose de partager nombre de ses pouvoirs avec les ministres-présidents des Etats- membres, soutenus par leurs propres majorités parlementaires. Certains domaines (comme la constitution) échappent à son autorité, ainsi qu’à celle de sa majorité parlementaire, pour être confiés à la responsabilité d’autres institutions ( le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe) qui trouvent leur propre source de légitimité dans le soutien populaire très large dont elles bénéficient.
Ne disposant pas d’un mandat bien déterminé, ni même d’une majorité claire et nette, toujours exposé aux remous et incertitudes d’une pression électorale quasi-permanente, ce Chancelier ressemble moins à un « monarque » canalisant l’énergie de ses troupes dans la direction d’un grand projet national, qu'à une sorte de « surfeur » politique à qui les nécessités de la survie imposent autant que se peut de mettre son charisme au service de la recherche d’un consensus permanent.
La monnaie est une belle illustration de la manière dont ces différences dans les règles d’attribution et de contrôle du pouvoir conditionnent également les modes de perception économiques, et favorisent ainsi l’émergence de profonds malentendus.
La monnaie, «instrument » de puissance.
Dans le systeme de représentation français, la politique monétaire est fondamentalement un facteur de puissance. La monnaie est un instrument politique au service des fins de l’autorité légitime.
Si le projet d’Union monétaire européenne répond bien sùr a des finalités d’ordre économique largement commentées (mettre fin à l’anarchie des marchés des changes, consolider le « marché unique », abaisser les taux d’intérêt, réduire les « coûts de transation » à l’intérieur de l’Europe de manière à obtenir un taux de croissance plus élevé), il participe aussi et surtout d’une grande ambition politique : donner naissance en Europe à une nouvelle puissance monétaire susceptible de rivaliser avec succés avec les deux pôles dominants de l’économie mondiale, les Etats-Unis et le Japon. Dans cette vision, la monnaie unique est à la fois le levier et le symbole de l’émancipation européenne vis à vis de la puissance économique et financière anglo-saxonne. Sa mise en place est nécessaire pour neutraliser les turbulences du marchés des changes, et empêcher les « spéculateurs » internationaux de continuer à jouer au détriment de l’économie française.
Par ailleurs, vue de Paris, la monnaie unique est l’instrument qui garantit que l’union économique de l’Europe ne se limitera pas à la formule à laquelle les anglo-saxons, avec la complicité active des allemands, voudraient l’y réduire : une grande zone de libre-échange, sans la réelle armature de politiques économiques communes. Des lors que les Etats-membres se seront définitivement engagés à ne plus procéder à des ajustements paritaires, il faudra bien que les français, les allemands et les autres se mettent d’accord pour gérer en commun leurs instruments de conduite budgétaire, financière et monétaire. L’ Allemagne ne pourra plus continuer à faire cavalier seul et à privilégier les conceptions « hyper-libérales » (et donc hégémoniques) de ses grands banquiers contre les intérêts économiques légitimes de ses partenaires.
Telles sont les arrières-pensées qui déterminent les convictions très « pro-européennes » des hommes politiques français, tous horizons idéologiques confondus. Cette vision n’est ni de droite, ni de gauche. Elle est spécifiquement française. On y retrouve la traditionnelle influence de l’esprit « mercantiliste », si profondément enraciné dans les mentalités et les comportements. Mais aussi ce vieux schème mental de l’Etat « fondateur » de la Nation. L’Europe se fera comme la France s’est faite : par l’observance de règles imposées (la monnaie unique par exemple) dont la pratique fera progressivement émerger chez les divers peuples un sentiment d’appartenance, de loyauté, donc d’union à l’égard d’une entité commune offrant en contrepartie, à ceux qui l’ont «librement» choisie, un ensemble d’avantages d’ordre matériel, politique, voire sentimental et même spirituel.
La monnaie «incarnation » du Droit
De l’autre côté du Rhin, le rapport à la monnaie est de nature toute différente. Les allemands y voient essentiellement l’expression d’un pacte moral qui fonde leur pacte social.
Qu’il y ait un lien entre la puissance d’une économie et la force de sa monnaie est incontestable. Mais bien des contre-examples confirment qu’il ne suffit pas d’être riche et puissant pour avoir une monnaie forte (ou l’inverse). Il y faut en plus quelque chose qu’on pourrait appeler « la vertu ».
En Allemagne, cette vertu s’identifie bien sùr avec le choix d’une politique suivie de rigorisme monétaire, acceptée avec un certain stoïcisme par une population dont les souvenirs étaient encore traumatisés par les deux grands épisodes d’inflation galopante de la République de Weimar et des premières années de l’occupation alliée. Mais c’est aussi le produit de l’extraordinaire capacité démontrée par la nouvelle République fédérale à se doter d’un ensemble complexe d’institutions, de règles écrites et non écrites, de principes déontologiques et de normes de comportement conduisant naturellement a la production d’une « monnaie forte ».
Contrairement à une vieille image, la force du D-Mark n’a rien à voir avec la qualité du travail allemand, la force industrielle de ses ingénieurs, etc... Elle puise son origine dans une « constitution monétaire » radicalement différente de celle qui, en France, règle les mécanismes du crédit et de la création monétaire.
L’élément le mieux connu de ce dispositif est la Bundesbank, la banque centrale fédérale, située a Francfort, dont l’indépendance est garantie par la Constitution fédérale, et à qui a été explicitement dévolue par le législateur la tâche d’assurer « la stabilité interne » de la monnaie. Le remarquable savoir-faire démontré par la Buba dans la défense de sa liberté de gestion, son extraordinaire réussite à se construire une « crédibilité » inégalée par aucun autre établissement au monde, en ont fait l’une des institutions allemandes les plus solides et les plus respectées. Mais il n’y a pas que la Buba.
Aussi important est le fait que, à la différence de la Banque de France, si la Bundesbank est l’organisme qui gère l’émission de monnaie, elle ne fait que cela. La Bundesbank n’exerce aucune fonction bancaire à caractere commercial. Elle ne joue pas de rôle direct dans la surveillance et le contrôle du fonctionnement des banques, des assurances, des établissements financiers, etc... Ces fonctions sont exercées par des administrations dont les décisions peuvent être facilement contestées en justice. Il lui est interdit de faire des prêts ou des avances aux autorités publiques, qu’il s’agisse de la Fédération ou des Etats fédérés.
Enfin, il n’existe rien en Allemagne Fédérale qui se rapproche de ce que les français connaissent avec « le Trésor », ce formidable instrument d’intervention dans la vie économique. Au-delà des qualités propres de la Bundesbank, ce sont toutes ces règles institutionnelles et déontologiques, très représentatives de la philosophie polycentrique du pouvoir et des responsabilités propre au pays, qui font que l’Allemagne est une contrée « où l’on tient ses promesses », où les espoirs et les craintes associées à toute promesse monétaire ou financière se trouvent le mieux équilibrées avec les capacités économiques réelles du pays. C’est cela qui fait que c’est en RFA qu’on trouve les taux d’intérêt nominaux et réels les plus bas et les plus stables; donc qui, en définitive, fait la force du Deutsche Mark.
Cette force du Mark est moins un acquis naturel de la richesse que ce qui, en un sens, résume par un symbole fort (le symbole monétaire) tout ce que le pays doit à son ancrage dans une certaine conception de la démocratie et du droit, opposée a la tradition légicentriste française. La monnaie, « leur monnaie » est une sorte d’étalon qui mesure la santé de leur démocratie, et que protège une magistrature indépendante, la Bundesbank.
La version anglaise de ce texte a fait l'objet d'une présentation lors du cinquantième anniversaire de la Société du Mont Pèlerin (Montreux, 1997). La version française a été publiée par l'Institut Euro 92.
Commentaires
Excellent ! Merci Henri.
Je me sens de plus en plus allemand. Et si j'étais et suis encore très pro-européen, c'est dans l'espoir (peut-être utopique) que cet esprit allemand s'étende à toute l'Europe, dont évidemment la France.
Et pour compléter ce qu'a écrit Henri Lepage sur les Allemands et "tout ce que le pays doit à son ancrage dans une certaine conception de la démocratie et du droit", il faut lire le livre de Guido Hülsmann intitulé "The Ethics of Money Production" :
http://mises.org/books/moneyproduct...
@ G.L.
Ce livre est désormais aussi disponible en traduction française (dans ce cas malheureusement pas comme download gratuit sur mises.org).
@ Gérard
Merci. Je me sens exactement dans le même état d'esprit que toi.
@G.L.
Georges, pourquoi ne nous en mettriez-vous pas quelques extraits, pour enrichir cette discussion ?
Nous avons affaire à un connaisseur de l'Allemagne, dont, moi aussi, je me sens trés proche...... à tel point que j'en suis rendu à demander la double nationalité, mais ce n'est pas facile!
En tant que chef d'entreprise ( toute petite) je ne peux que regretter de ne pas vivre en Allemagne . c'est pour cela que j'ai encouragé mes enfants à apprendre l'allemand afin d'espérer vivre et travailler dans un pays qui le merite.Il n'est pas impossible malgrè la barière linguistique que je continue mon activité dans ce pays , à moins que la Suisse , allemande ,bien sur ne me tente.
Merci à Monsieur Lepage pour cet coup de projecteur sur un pays qui, malheureusement, est trop peu connu de nos compatriotes (ou pour faire large, des membres de la francophonie).
J'y apporterais simplement 2 remarques:
Concernant le modèle institutionnel allemand, il doit pour beaucoup aux grands auteurs ordolibéraux - Erhard, Eucke, Böhm... - qu'on décrit souvent (à tort) comme des libéraux "de gauche", parce qu'ils étaient moins "free-market" que les Autrichiens. Malgré tout, leur pensée a joué un rôle considérable, not. sur la question de la banque centrale.
Sur ce sujet, un lien intéressant :
http://www.persee.fr/web/revues/hom...
Malheureusement, il ne faudrait pas sombrer dans l'excès inverse, et idéaliser l'Allemagne, fragilisée par un Etat-providence tentaculaire - mais décentralisé (témoin les Zweckverband, qui en France seraient privés...) et marquée par la remise en cause des valeurs libérales de ses origines, que ce soit au travers du regain d'intérêt porté par les jeunes générations pour le modèle socialiste (Ostalgie), les délires environnementaux des Grüne (abandon du nucléaire, qui va d'ici quelques années conduire à augmenter les coûts de l'énergie en Europe), etc., etc.
Ce qui fait encore la force de l'Allemagne, par contre, c'est son tissu de PME, ses administrations efficaces et la culture du travail bien fait (avec une école qui ne vous incite pas à devenir fonctionnaire, comme c'est trop souvent le cas en France...).
Bravo à M. Lepage pour cette analyse toujours d'actualité qui explique très bien les différences entre nos deux pays! Elle permet également, au passage, de tordre le cou à certaines idées émises ces temps-si qui prônent un retour aux règles d'avant 1973.
L'Allemagne est aussi une fédération, comme la Suisse et les États-Unis d'Amérique. Et comme les États-Unis, est a une culture qui lui est propre qui définit et les rapport que ce peuple a avec sa monnaie et sa démocratie.
Très intéressant, merci !
Il ne faudrait surtout pas idéaliser l'organisation politique d'Allemagne. Comparé avec la Suisse, c'est en fait un état pseudo-fédéral car la fiscalité y est très centralisée. Les recettes propres des collectivités locales (pour l'essentiel la taxe professionelle = Gewerbesteuer) y sont limités par la concurrence tandis que les recettes fédérales ne le sont pas. Ludwig Erhard et Walter Eucken sont aujourd'hui presque oubliés. Les jeunes n'ont généralement jamais entendu parler d'eux. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Angela Merkel la R.F.A. se rapproche de plus en plus au modèle politique de la défunte R.D.A.
"L'analyse qui suit a été écrite en 1997, alors que l'euro n'était pas encore né. Quatorze ans plus tard, l'acuité des divergences franco-allemandes « révélées par la crise de l'euro » lui confère une nouvelle actualité".
L’unanimité des réactions à cet article montre la justesse de l’analyse. Pourtant ce qui me parait le plus juste et qui, je le crois, provoque cette unanimité n’apparaît pas de façon explicite. Je veux dire que si les divergences culturelles sont "révélées par la crise de l’euro" c’est qu’en fait ce sont elles qui sont à sa racine. Ceci implique qu’aucune solution «technique» ne peut venir durablement à bout de la crise. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, d’autres crises surviendront tant que persisteront de trop grandes différences. Il faudrait que les cultures convergent et pas seulement celles de la France et de l’Allemagne. C’est d’ailleurs pour ça que dans d’autres commentaires on voit proposer une scission de l’Europe entre pays du nord et pays du sud. Il s’agit bien là de deux aires culturelles assez distinctes et par ailleurs plus homogènes culturellement que le couple franco-allemand.
J’ai parfois le sentiment que l’école de pensée libérale partage avec les marxistes l’idée que «la culture est une superstructure de l’économie». Dans presque tous les pays censés être libéraux on voit les milieux artistiques colonisés par l’idéologie de gauche et cela semble laisser indifférents les grands acteurs de l’économie. Ces derniers croient sans doute que le pouvoir économique représente la totalité du pouvoir. Pourquoi sinon laisseraient-ils les responsables politiques prendre des décisions sous l’influence d’une opinion manipulée par les présumés détenteurs de la culture. Quand ces décisions se retournent contre eux en provoquant des crises à répétition ils semblent tomber de l’armoire.
Il faut donc revoir nos «paradigmes» et admettre que «l’économie est une superstructure de la culture». C’est pourquoi les marchés, souvent personnifiés, traduisent effectivement la «personnalité culturelle» de leurs acteurs. C’est aussi pour cela que les acteurs apparaissent quelquefois comme irrationnels, cela veut seulement dire que les raisons qui les motivent ne sont pas exclusivement économiques.
La conséquence à tirer de ces considérations est que, pour voir triompher leurs idées, les libéraux devront se battre sur le terrain de la culture. Il ne suffit pas de développer et de diffuser des idées économiques, il faut créer des héros et des mythes pour les incarner. Ceci ne se fera que si d’authentiques créateurs partagent ces idées : l’art officiel ne séduit que ses commanditaires. D’autre part quand on voit que l’expression artistique choisie par les détenteurs du pouvoir économique s’appelle «art contemporain» on peut craindre le pire. Afficher ainsi son cynisme et son mépris du grand nombre ne peut sûrement pas rapprocher ce grand nombre des idées économiques défendues par ces puissants.
Le commentaire de Gérard dréan m'a profondément choquée. Dans ce cas, pourquoi les résistants de la dernière guerre sont-ils morts sous la torture ? si ce n'est pour libérer la france qui est notre nation, je vous le rappelle. Malgré l'europe et ses traités antidémocratiques , je reste pour ma part Française,(encore plus fière de l'être, car je suis issue de l'immigration et que j'ai demandé la nationalité française) et je compte bien le rester.