Les équilibres monétaires et économiques ont déjà été détruits par la crise récente et ne sont plus maintenus que par des artifices grossiers comme les Quantitative Easing et les plans non financés dits de « relance » dans des économies occidentales dont la croissance effective est voisine de zéro.

C'est maintenant le tour des équilibres politiques et sociaux d’être atteints, ainsi que l'illustrent la révolte des peuples du monde arabo-musulman qui veulent eux-aussi accéder au mirage de la fausse prospérité occidentale, onde de choc qui atteindra nécessairement tous les pays occidentaux -USA au premier chef- ne serait-ce que par la hausse des prix du pétrole, mais aussi le chômage de masse et la paupérisation de plus en plus de gens dans tous les pays ayant adopté le système de contrefaction monétaire précité. Nous vivons un épisode historique majeur qui se traduira à terme par l'écroulement des structures économico-monétaires et politiques de domination occidentale (en particulier le pétrodollar), basées sur le crédit à tout-va et la dépense effrénée, au profit des valeurs et pratiques asiatiques d'efficacité du travail et de retenue dans la consommation, basées sur l'épargne.

Soulignant l’échec des politiques occidentales de destruction monétaire, le chef économiste de l’UBS Andreas Höfert écrivait dans le quotidien l’Agefi du 2 mars 2011 :

« L’assouplissement quantitatif mené par la Federal Reserve a inondé le monde de liquidités. Ces liquidités ont à leur tout poussé de nombreux prix d’actifs, dont les denrées alimentaires, à la hausse… Cette hausse peut être vue comme l’une des étincelles -à mon avis la principale- ayant précipité les événements en Afrique du Nord et au Moyen Orient ».

Dans l’édification de leur « nouvelle société », il faut espérer que les peuples de la région MENA (Middle East North Africa) s’inspirent des BRIC (Brésil Russie Inde Chine), faute de quoi ils ne sortiront pas de leur marasme économique et social sans l’éradication duquel ils n’accéderont pas non plus un jour à la démocratie réelle.

Les penseurs de l’Ecole autrichienne d’économie ont décrit et prévu l’écroulement du modèle occidental, constitué par le recours à la fausse monnaie et à l’économie administrée manipulée par leurs banques centrales. Il est temps de les écouter en procédant à une réforme drastique du Système monétaire en enlevant à ces dernières tout pouvoir d’émission monétaire pour le rendre aux forces du marché libre via le rétablissement de l’étalon-or ou du bimétallisme or argent-métal, au lieu de perdre encore du temps en essayant de mettre en place une nouvelle combinaison inflationniste constituée par les DTS du FMI qui n’est qu’une fuite en avant aussi nuisible que le sont les monnaies fiduciaires de papier, ainsi qu’hélas y travaille le G20. Puisque, de toutes façons, les dernières forces du marché libre encore en mesure de se manifester replaceront nécessairement l’or et l’argent-métal au centre de la construction monétaire en les faisant monter à des niveaux de prix si élevés que toutes les banques centrales du monde -et non plus seulement celles des BRIC- seront contraintes de les acheter pour reconstituer des réserves monétaires dignes de ce nom.

Le mouvement est irrésistible. Acheter l’or et l’argent-métal, ce n’est pas se réfugier dans des « reliques barbares », ainsi que le pensait faussement Keynes, c’est investir dans les instruments de stabilité du futur. Trait_html_691a601b.jpg

Pierre Leconte est président du Forum monétaire de Genève et gérant de fortune auprès de Fuchs & Associés Finance (Suisse) SA