Thomas Piketty, économiste très écouté par le Parti Socialiste français et par la candidate Ségolène Royale, veut réformer le système fiscal français.

Dans un ouvrage pompeusement intitulé "Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIe siècle" qu’il vient de publier avec deux autres auteurs, il soutient que ce sont les Français les plus modestes qui paieraient plus d’impôts que les riches : 45 % de leur revenu contre moins de 35 %. D’après le petit livre rouge de Piketty, la cause de cette « injustice fiscale » serait le nombre de niches fiscales existantes en France.

Nous n’allons pas contester dans cet article ces conclusions qui nécessiteraient un travail de recherche plus approfondi. Rappelons seulement que l’auteur s’est déjà fait remarquer aux Etats-Unis en publiant des études sur le même sujet et en montrant que les inégalités ne cesseraient de se creuser.

Son travail fut facilement critiqué par des études menées par plusieurs think tanks américains dont Cato et Heritage qui ont montré que les calculs de Piketty étaient faux : il montrait les inégalités entre les différentes catégories de revenus avant acquittement des impôts pour les plus riches et avant redistribution pour les plus pauvres. Après corrections, les écarts passaient de 1 à 8 à seulement 1 à 2.8.

Mais ce qui est très intéressant dans sa "révolution fiscale" c’est qu’il donne la possibilité à chacun d’entre nous de simuler en ligne la réforme fiscale de notre choix. Il propose un tableau avec huit niveaux de revenus brut, et c’est à l’internaute de remplir le taux effectif d’imposition de son choix. Le résultat indique si votre proposition contribue ou non à la réduction du déficit budgétaire.

Nous avons fait l’exercice en choisissant la proposition de l’IREF, une « flat tax » à 15 %, c’est-à-dire le même taux d’impôt sur le revenu pour tout le monde. Et, surprise, la flat tax rapporte plus au budget de l’Etat que l’imposition progressive proposée par Piketty (dans le système progressif de Piketty les riches paient jusqu’à 70 % de leur revenu !).

Dans le tableau ci-joint, on peut remarquer que les recettes budgétaires dans un système avec une flat tax à 15 % sont de 171.6 Mds d’euros contre 146.8 Mds d’euros dans un système progressif. Un gain pour l’Etat de 24.8 mds d’euros ! La simulation fiscale proposée par un économiste de gauche qui veut faire payer les riches donne raison à ceux qui veulent baisser les taux d’imposition en s’appuyant sur les leçons de la courbe de Laffer. Alors, pourquoi l’impôt sur le revenu du XXIe siècle ne serait pas la flat tax ?

Il est vrai que le montant des recettes fiscales réalisées n’est pas un critère de « justice fiscale ». Mais ce que démontrent l’expérience et la théorie économique c’est que la progressivité est « injuste » parce qu’elle pénalise ceux qui tirent la croissance du pays.

On remarquera aussi que le célèbre Cato Institute de Washington a récemment fait référence à un article du Pr. Pierre Garello, administrateur de l’IREF, qui démontre que « l’effet Laffer joue également en France ». Trait_html_691a601b.jpg

Nicolas Lecaussin est directeur du développement à l'IREF et fondateur de Entrepreneur Junior. La version originale de cet article est parue sur le site internet de l'IREF en date du 4 février 2011, sous le titre : "La Flat Tax : M. Piketty est contre, mais sa machine est pour"