Comme le Premier ministre britannique Gordon Brown l’a récemment déclaré,  Copenhague doit

 

« Forger un nouvel accord international... [qui] devra inclure toute la gamme  des engagements nécessaires : sur la réduction des émissions aussi bien des pays en développement que développés, sur le financement  et sur la vérification. »


Inutile de dire que personne ne se mettra d’accord là-dessus.

La raison pour laquelle  nous nous servons d'énergie à base de carbone est tout simplement  que celle-ci est de loin la source d'énergie la moins chère,  et qu'elle le restera probablement dans l'avenir prévisible.

Il se peut que passer à une énergie beaucoup plus chère soit acceptable pour nous,  dans le monde développé.

Dans le monde en développement,  en revanche,  des dizaines de millions de personnes souffrent de pauvreté aiguë,  et des conséquences de cette pauvreté,  sous la forme de maladies évitables, de malnutrition  et de mort prématurée. Ainsi, pour les pays en développement,  la priorité absolue  doit être le taux de croissance de l’économie le plus rapide possible,  ce qui implique,  entre autres,  d'employer la forme d'énergie accessible la moins chère,  donc à base de carbone.

L’objectif de M. Brown pour Copenhague ne sera,  heureusement,  pas atteint ; mais on déclarera  quand même  que la réunion a été un grand succès :  les politiciens feront en sorte de faire passer pour une « réussite »  tout ce qui pourra sortir  de Copenhague,  et ils promettront de se revoir l'année prochaine.

 

La plus grande erreur  de l’opinion reçue d’aujourd’hui  consiste à prétendre que,  si vous acceptez l’idée de la majorité (actuelle)  de la plupart des scientifiques comme quoi la plus grande partie  du modeste réchauffement climatique du dernier quart du siècle -- un demi-degré Celsius environ -- serait dû aux émissions de carbone par l'homme,  il s'ensuivrait que l'on doive aussi admettre  qu’il faudrait forcer  nos économies à se passer du carbone. 

Rien ne saurait être plus contraire à la vérité.

Je ne sais pas du tout  si l'opinion scientifique majoritaire (et c’est loin d'être un consensus) a raison.

A l'évidence  il est curieux que,  alors que leurs modèles  prédisaient un réchauffement accéléré de la planète  au cours de ce siècle à mesure que les émissions s’accroissaient, jusqu’à présent ce siècle-ci  n’a pas connu  de réchauffement du tout.

Alors,  peut-être la majorité actuelle pourrait-elle encore avoir raison.

Cependant,  même si elle avait raison,  ce n’est pas cela  qui pourrait  déterminer le bon choix politique.

En effet,  un climat plus chaud a des avantages tout autant que des inconvénients.

Même s'il y avait des inconvénients nets,   et rien n’est moins sûr,  ils seraient bien moins élevés que le coût économique (sans parler du fardeau humain) de la suppression du carbone.

En outre, la plus grande caractéristique de l'humanité est notre capacité d'adaptation aux changements de circonstances : en nous adaptant  à tout réchauffement  qui pourrait se produire au cours du siècle à venir,   nous pouvons engranger  ses avantages  tout en réduisant fortement  ses inconvénients, à un coût qui serait  bien moindre  que le coût de élimination mondiale du carbone – quand bien même celle-là pourrait être mise en oeuvre.

 

En outre,  le fondement scientifique des prévisions réchauffistes  est désormais  en examen, comme jamais il ne l’avait été.

La principale source de ces projections  avait été produite  par un petit groupe de scientifiques de la Climatic Research Unit (CRU),  affiliée à l'Université d'East Anglia.

Il semble qu’un hacker ait trouvé  l’accès de leurs ordinateurs  et publié dans la blogosphère  une partie de leurs échanges internes de courrier électronique. Et le CRU a reconnu qu'au moins certains des courriels publiés sont authentiques.

A notre grande surprise,  ce qui paraît, du moins à première vue,  s'être dégagé est que :

 

(a)  les chercheurs ont manipulé les données brutes de température pour faire apparaître  une tendance ininterrompue au réchauffement planétaire ; 

(b) à ces données brutes,  ils n’ont cessé de barrer l'accès des personnes extérieures ; 

(c) ils ont tout fait pour se soustraire  aux demandes légales d'accès à l'information, et

 

(d) on les a vus discuter des moyens d’empêcher la publication dans les revues savantes d’articles rédigés par les scientifiques qui n’étaient pas d’accord avec eux.

 

Il se peut qu’il y ait à tout cela une explication parfaitement innocente.

Mais ce qui est évident est que l'intégrité des données scientifiques  sur lesquelles,  par l'intermédiaire du GIEC,   les pays du monde  prétendent fonder  des décisions politique de grande ampleur et extrêmement coûteuses,  est désormais remise en question.

Et que la réputation de la science en a été gravement entachée.

Une enquête au plus haut niveau,  indépendante,  doit être entreprise sans attendre.

 

C’est dans l’ensemble de ce contexte que j'annonce le lancement d'un think-tank de haute volée,  ouvert à tous les partis  (ainsi qu’à ceux qui n’en font pas partie),  la Global Warming Policy Foundation (www.thegwpf.org),  dont j'espère qu’elle pourra marquer un tournant  dans le débat politique et public  sur la question importante de la politique du réchauffement de la planète.

 

À tout le moins, un débat ouvert et raisonné  sur cette question  ne peut être qu’une bonne chose.  L'absence de débat entre les partis politiques  à l'heure actuelle ne rend que plus nécessaire notre contribution.

Lord Lawson of  Blaby a été chancelier de l'Échiquier du Royaume-Uni de 1983 à 1989.

Il vient de participer à Toronto à un grand débat sur le changement climatique (dont vous pouvez visionner la vidéo ici). Avant la réunion, plus de 60 % des participants dans la salle  se déclaraient favorables à une politique climatique active; à la sortie, ils n'étaient plus que 50 %.

Cet article est paru dans le National Post de Toronto. Une version plus développéea été publiée dans le Times de Londres, en date du 30 novembre 2009. Version française, traduction de François Guillaumat.


En 2008, Lord Lawson a publié "An Appeal to Reason: A Cool Look at Global Warming", un livre qui a fait de lui, en Grande Bretagne,  une autorité dans le débat sur le changement climatique.