The GWPF : pour un débat ouvert et honnête sur le réchauffement climatique
Par Nigel Lawson le dimanche 6 décembre 2009, 13:51 - Article - Lien permanent
Ancien Chancelier de Mrs Thatcher, Nigel Lawson vient de lancer à Londres la Global Warming Policy Foundation, un nouveau Think Tank dont l'ambition est de contribuer à "rééquilibrer" le débat scientifique et médiatique sur le réchauffement.
Le texte qui suit, signé Nigel Lawson, est en quelque sorte la charte de la nouvelle institution.
Il exprime une position raisonnable et modérée qui est sans doute la meilleure réponse que l'on puisse actuellement formuler suite aux révélations sur les fraudes du GIEC.

Cette semaine, la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques s’ouvre à Copenhague.
Son but est (ou était) clair : rédiger un successeur au protocole de Kyoto, lequel expire en 2012.
Comme le Premier ministre britannique Gordon Brown l’a récemment déclaré, Copenhague doit
« Forger un nouvel accord international... [qui] devra inclure toute la gamme des engagements nécessaires : sur la réduction des émissions aussi bien des pays en développement que développés, sur le financement et sur la vérification. »
Inutile de dire que personne ne se mettra d’accord là-dessus.
La raison pour laquelle nous nous servons d'énergie à base de carbone est tout simplement que celle-ci est de loin la source d'énergie la moins chère, et qu'elle le restera probablement dans l'avenir prévisible.
Il se peut que passer à une énergie beaucoup plus chère soit acceptable pour nous, dans le monde développé.
Dans le monde en développement, en revanche, des dizaines de millions de personnes souffrent de pauvreté aiguë, et des conséquences de cette pauvreté, sous la forme de maladies évitables, de malnutrition et de mort prématurée. Ainsi, pour les pays en développement, la priorité absolue doit être le taux de croissance de l’économie le plus rapide possible, ce qui implique, entre autres, d'employer la forme d'énergie accessible la moins chère, donc à base de carbone.
L’objectif de M. Brown pour Copenhague ne sera, heureusement, pas atteint ; mais on déclarera quand même que la réunion a été un grand succès : les politiciens feront en sorte de faire passer pour une « réussite » tout ce qui pourra sortir de Copenhague, et ils promettront de se revoir l'année prochaine.
La plus grande erreur de l’opinion reçue d’aujourd’hui consiste à prétendre que, si vous acceptez l’idée de la majorité (actuelle) de la plupart des scientifiques comme quoi la plus grande partie du modeste réchauffement climatique du dernier quart du siècle -- un demi-degré Celsius environ -- serait dû aux émissions de carbone par l'homme, il s'ensuivrait que l'on doive aussi admettre qu’il faudrait forcer nos économies à se passer du carbone.
Rien ne saurait être plus contraire à la vérité.
Je ne sais pas du tout si l'opinion scientifique majoritaire (et c’est loin d'être un consensus) a raison.
A l'évidence il est curieux que, alors que leurs modèles prédisaient un réchauffement accéléré de la planète au cours de ce siècle à mesure que les émissions s’accroissaient, jusqu’à présent ce siècle-ci n’a pas connu de réchauffement du tout.
Alors, peut-être la majorité actuelle pourrait-elle encore avoir raison.
Cependant, même si elle avait raison, ce n’est pas cela qui pourrait déterminer le bon choix politique.
En effet, un climat plus chaud a des avantages tout autant que des inconvénients.
Même s'il y avait des inconvénients nets, et rien n’est moins sûr, ils seraient bien moins élevés que le coût économique (sans parler du fardeau humain) de la suppression du carbone.
En outre, la plus grande caractéristique de l'humanité est notre capacité d'adaptation aux changements de circonstances : en nous adaptant à tout réchauffement qui pourrait se produire au cours du siècle à venir, nous pouvons engranger ses avantages tout en réduisant fortement ses inconvénients, à un coût qui serait bien moindre que le coût de élimination mondiale du carbone – quand bien même celle-là pourrait être mise en oeuvre.
En outre, le fondement scientifique des prévisions réchauffistes est désormais en examen, comme jamais il ne l’avait été.
La principale source de ces projections avait été produite par un petit groupe de scientifiques de la Climatic Research Unit (CRU), affiliée à l'Université d'East Anglia.
Il semble qu’un hacker ait trouvé l’accès de leurs ordinateurs et publié dans la blogosphère une partie de leurs échanges internes de courrier électronique. Et le CRU a reconnu qu'au moins certains des courriels publiés sont authentiques.
A notre grande surprise, ce qui paraît, du moins à première vue, s'être dégagé est que :
(a) les chercheurs ont manipulé les données brutes de température pour faire apparaître une tendance ininterrompue au réchauffement planétaire ;
(b) à ces données brutes, ils n’ont cessé de barrer l'accès des personnes extérieures ;
(c) ils ont tout fait pour se soustraire aux demandes légales d'accès à l'information, et
(d) on les a vus discuter des moyens d’empêcher la publication dans les revues savantes d’articles rédigés par les scientifiques qui n’étaient pas d’accord avec eux.
Il se peut qu’il y ait à tout cela une explication parfaitement innocente.
Mais ce qui est évident est que l'intégrité des données scientifiques sur lesquelles, par l'intermédiaire du GIEC, les pays du monde prétendent fonder des décisions politique de grande ampleur et extrêmement coûteuses, est désormais remise en question.
Et que la réputation de la science en a été gravement entachée.
Une enquête au plus haut niveau, indépendante, doit être entreprise sans attendre.
C’est dans l’ensemble de ce contexte que j'annonce le lancement d'un think-tank de haute volée, ouvert à tous les partis (ainsi qu’à ceux qui n’en font pas partie), la Global Warming Policy Foundation (www.thegwpf.org), dont j'espère qu’elle pourra marquer un tournant dans le débat politique et public sur la question importante de la politique du réchauffement de la planète.
À tout le moins, un débat ouvert et raisonné sur cette question ne peut être qu’une bonne chose. L'absence de débat entre les partis politiques à l'heure actuelle ne rend que plus nécessaire notre contribution.

Lord Lawson of Blaby a été chancelier de l'Échiquier du Royaume-Uni de 1983 à 1989.
Il vient de participer à Toronto à un grand débat sur le changement climatique (dont vous pouvez visionner la vidéo ici). Avant la réunion, plus de 60 % des participants dans la salle se déclaraient favorables à une politique climatique active; à la sortie, ils n'étaient plus que 50 %.
Cet article est paru dans le National Post de Toronto. Une version plus développéea été publiée dans le Times de Londres, en date du 30 novembre 2009. Version française, traduction de François Guillaumat.
En 2008, Lord Lawson a publié "An Appeal to Reason: A Cool Look at Global Warming", un livre qui a fait de lui, en Grande Bretagne, une autorité dans le débat sur le changement climatique.
Commentaires
Donc si nous suivons votre raisonnement, envoyer des millions de mètres cubes de gaz divers dans l'atmosphère pourrait ne pas être considéré comme néfaste, ni pour nous, ni pour nos enfants... Vous préférez pinailler sur s'il s'agit d'un ou deux degrés en plus ou en moins. Mais regardez la réalité en face: tout ce que nous déversons dans la nature à des conséquences évidentes: réchauffement ou pas, les eaux mondiales s'acidifient, les déserts avancent, les villes sont toujours plus polluées, l'eau potable se tarit, les espèces végétales et animales migrent, les maladies respiratoires augmentent (curieux dans un monde en progrès soi-disant!)...
Peu importe qu'il y ait un réchauffement ou non, que ce soit l'action de l'homme ou pas; nous sommes en vase clos et utilisons des énergies qui nous tueront. Nous avons des leviers d'action pour éviter de détruire notre environnement et ses formidables équilibres (que la science ne pourra pas tous recréer) et par conséquent éviter de laisser une terre sans vie à nos enfants.
Donc en conclusion, je trouve que votre action s'apparente à une politique de l'autruche et que vous vous trompez de combat. A moins que cette économie du carbone ne vous arrange?
Pour will67
Quelle soupe avec tout ce mélange!
Le CO2 fait tourner la planète, les végétaux en tout cas.
Le problème c'est tous les autres gaz et particules associés à la combustion de ces énergies qui peuvent être atténué.
Les eaux mondiales ne s'acidifient pas elles tendent vers un PH7 et il y a encore un sacré chemin avant de basculer du coté acide.
La pollution est un gros problème, l'agriculture, les assainissements des eaux usées, l'industrie, devraient plus focalisé notre attention.
Notre société de consommation doit être remis en cause (et va l'être par notre appauvrissement), avec sa facilité de profiter de tous, tout de suite par la mise en esclavage d'une partie du monde et d'un gaspillage gigantesque.
L'écologie, la conservation d'un environnement vivant va souffrir de cette vaste fumisterie sur le CO2(notre porte monnaie aussi va souffrir et que d'énergie et illusions perdues)
Enfin! un "débat ouvert et honnête sur le réchauffement climatique" après le rouleau compresseur des réchauffistes
@Will67
"A moins que cette économie du carbone ne vous arrange".
Ne craignez-rien, l'Institut Turgot ne reçoit aucun financement d'aucune compagnie pétrolière, gazière ou autre, liée à l'énergie. Pas plus d'ailleurs que nous ne recevons de fonds publics. Et je ne dépend pas de l'économie du carbone pour vivre.
Voilà une réaction bien typique, et classique de la part des censeurs d'opinion : si l'on n'admet pas la thèse "officielle", c'est évidemment qu'on aurait partie liée avec les entreprises (ou les activités) polluantes !
Nigel Lawson en a lui-même fait les frais, quelques jours après le lancement du GWPF. Un député l'a accusé, devant les Communes, d'entretenir des liens avec le secteur pétrolier. Lawson a vertement réagi par une lettre adressée au Speaker de l'assemblée (l'équivalent de notre Président de l'Assemblée nationale).
Cette suspicion du "conflit d'intérêt", pourquoi ne l'appliquez vous pas aux Al Gore, Maurice Strong et cie. Ainsi que nous le rappelle notre ami Jean-Michel Bélouve dans son livre qui est maintenant disponible à l'achat, ils sont les premiers à être commercialement intéressés au développement des marchés de droits sur le CO2, en tant qu'actionnaires (et gros actionnaires) de la sociétés qui ont en charge de faire fonctionner le mécanisme.
@Will67
Il me semble que vous faîtes un amalgame entre pollution et causes du réchauffement.
Personne ne nie qu'il faille lutter contre la pollution.
Ce que Lawson dit (et ils sont de plus en plus nombreux - Cf Vincent COURTILLOT) est :
. qu'il est déraisonnable d'engager des sommes faramineuses sur la foi d'un diagnostic qui prête de plus en plus à discussion
. qu'il y a peut être des voies plus efficaces et moins onéreuses
Quant au conflit d'intérêt, comme cité plus haut, Al GORE tient le pompon, et de loin, mais .... chuuut : on ne tire pas sur un prix Nobel !
(je ne colle pas de lien à l'appui mais, il vous suffira de frapper "Gore Hedge fund" dans votre moteur de recherche préféré pour vous faire une idée)
Cordialement
La création de la fondation "Global Warming Policy Foundation" par Lord Nigel Lawson est un événement important, et apporte des moyens puissants à la lutte contre les politiques néfastes développées sur les bases douteuses des recommandations du GIEC et du rapport Stern. Merci My Lord !
Je félicite le Docteur Benny Peiser pour sa nomination en tant que Directeur de la Fondation. Je suis heureux également de la présence de notre ami Henri Lepage au Board of Trustees de GWPF.
J'ai immédiatement adhéré à GWPF. Je vous invite à le faire également. Il est bon que nous nous unissions au sein de structures puissantes pour lutter à armes égales contre les multimilliardaires de connivence avec des politiciens de haut rang pour conduire une stratégie de la peur.
Bonjour,
Qq réponses aux réactions à mon commentaire:
- @toto: bien sûr que le CO2 est source de vie. On parle cependant de gaz à effet de serre dont le CO2 fait partie quand il est présent en quantités trop importantes. Après j'adhère à votre discours sur les autres points et c'est pour cela qu'il me semble fort peu intéressant de pinailler sur le fait qu'il y ait un réchauffement ou non: les enjeux liés à cette question d'un réchauffement (je n'y gagne rien, je précise ;)) remettent en cause nos modèles de développement. Peut-être que le terme n'est pas adéquat mais il a le mérite d'alerter pour que des actions radicales soient entreprises qui seront de toute façon bénéfiques à long terme: moins consommer et mins polluer.
- @hlepage, Pardonnez-moi si je me suis mal exprimé: je ne mets pas en doute les motivations de l'institut Turgot. Mais plutôt la création d'un think-tank sur la base d'un débat qui me semble être une caution pour freiner des actions d'envergure au profit de notre environnement et des générations futures. De ce fait, je m'interroge fortement sur les motivations d'un tel think-tank et les intérêts des lobbies énergétiques et industriels semblent largement plus importants que ceux des 'réchauffistes". Donc je vous retournerai volontiers votre argument "Voilà une réaction bien typique, et classique de la part des censeurs d'opinion : si l'on n'admet pas la thèse "officielle", c'est évidemment qu'on aurait partie liée avec les entreprises (ou les activités) polluantes !" qui devient un moyen très simpliste de justifier le faux-débat sur le réchauffement ou non. Me qualifier de censeur d'opinion me semble un brin péjoratif alors que je ne fais que nourrir ce débat que vous tenez à encourager. Pour terminer sur ce point, plus de 2500 experts ont travaillé sur de nombreuses années au GIEC. Ce n'est peut-être pas une synthèse idéale, mais un consensus aussi large est à souligner et à respecter.
Enfin je salue l'initiative d'Al Gore de massifier cette prise de conscience nécessaire mais déplore son exploitation commerciale. Après personne ne s'offusque des résultats des blockbusters cinématographiques mensuels, alors pourquoi quand cela remet en cause notre modèle?
@pgir_blog, je fais un lien entre réchauffement et pollution, pas un amalgame. La pollution engendre le réchauffement (il est avéré d'après le consensus scientifique); le réchauffement semble une conséquence de notre pollution de l'air. Cela doit donc nous forcer à repenser notre modèle de développement basé sur les énergies fossiles et la consommation pour réduire notre pollution de l'air (et donc le réchauffement si c'est le fruit de l'activité humaine), de l'eau et des sols, ainsi que freiner l'épuisement des ressources. En luttant contre un réchauffement climatique, on s'attaque à ses sources et donc cela aura des effets bénéfiques pour notre monde. Peut-être que nous n'avons pas de moyens d'agir sur ce réchauffement et que les mesures qui seront prises n'auront pas d'effet sur celui-ci mais au moins nous consommerons et gaspillerons moins, tout en respectant davantage notre environnement. Essayons au moins.
L'association des biefs du Pilat fait la promotion de la gestion globale de l'eau.
Appliquer ce concept permet de restaurer le climat , résoudre l'approvisionnement en eau et développer l'énergie hydraulqiue sur toute la terre.
Mais y a-t-il quelqu'un , Ã l'Institut Turgot ,pour en parler?