Chahdortt Djavann (Iran/France), Ayaan Hirsi Ali (Somalie/Pays-Bas, USA), Irshad Manji (Inde, Ouganda/Canada), Taslima Nasreen (Bengla Desh/apatride), Wafa Sultan (Syrie/USA), Chalah Chafik (Iran/France), Necla Kelek (Turquie/Allemagne) pour les femmes – et Ibn Warraq (Inde/USA), Sir Salman Rushdie (Inde/USA), Afshan Ellian (Iran/Pays-Bas), Naser Khader (Syrie/Danemark), Imran Ahmad (Pakistan/Royaume Uni), Hamadi Redissi (Tunisie), Malek Chebel (France), Abdenour Bidar (France) pour les hommes : ce sont des « musulmans libres » (la liste est loin d’être exhaustive, elle s’enrichit sans cesse), à ne pas confondre avec les Arabes libres des récents soulèvements démocratiques.

Musulmans libres (l’expression est de Irshad Manji), car ces écrivains, intellectuels et universitaires de plus en plus connus se sont tous libérés du carcan de l’islam conservateur et théocratique, parfois en choisissant l’apostasie, souvent en demeurant attachés à une foi musulmane qu’ils veulent radicalement réformer en la privatisant et l’individualisant.

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Tous vont infiniment plus loin dans leur critique de l’islam traditionnel que bien des Occidentaux apeurés ou complaisants envers celui-ci (pour tous sans exception, le port féminin du voile est une infamie liberticide).

Et tous sont bien plus que beaucoup d’Occidentaux conscients de ce qu’est une société ouverte, de la nécessité de la défendre de manière musclée dans ce qu’elle a de plus précieux : la liberté d’expression, la liberté de conscience. Ils interdisent de désespérer du monde musulman trop hâtivement et injustement parfois rejeté en bloc - et pour nombre d’entre eux démontrent qu’un autre islam est possible, un « islam des Lumières ».