Il est idiot de dire que l'eau n'a pas de prix
Par Nathalie Elgrably-Lévy le dimanche 1 novembre 2009, 00:02 - Article - Lien permanent
Périodiquement, la question de l'eau revient au coeur de l'actualité et nous replonge dans l'éternel débat: l'eau est-elle un bien marchand ou une ressource commune?
Il y a quelques jours, deux voix se sont élevées pour prendre position. Il s'agit de Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens et ex-conseillère principale en matière d'eau auprès des Nations Unies, et de Riccardo Petrella, politicologue, économiste et président de l'Institut européen de recherche sur la politique de l'eau.
Pour l'un comme pour l'autre, l'humanité vivra bientôt une crise hydrique majeure. Madame Barlow affirme que l'eau est un bien commun qui devrait n'être ni embouteillée, ni exportée, ni tarifée. Quant à monsieur Petrella, il réclame que «l'accès à l'eau soit reconnu comme un droit humain, universel, indivisible, inaliénable et imprescriptible par les Nations Unies». En d'autres termes, tous deux refusent de considérer l'eau comme une marchandise, et défendent l'idée qu'elle est un «don du ciel», qu'elle appartient à tout le monde, et qu'elle doit être distribuée gratuitement.
Leur discours est passionné; leur plaidoyer, poétique. Si leur vision du monde est incontestablement séduisante, en revanche, le raisonnement logique sur lequel ils se basent est troublant.
Pour eux, l'eau n'étant disponible qu'en quantité limitée, il faut la distribuer gratuitement. Mais si une ressource est précieuse, est-il bien raisonnable de la donner? La gratuité n'encourage-t-elle pas le gaspillage? Alors que personne n'arroserait son gazon avec de l'eau embouteillée, beaucoup laissent couler sans scrupules leur tuyau d'arrosage. N'est-ce pas la preuve qu'on gaspille ce qui ne coûte rien? Moins c'est cher, plus on en achète: c'est là la célèbre loi de la demande que l'on enseigne dans les cours d'économie 101 et que M. Petrella devrait connaître mieux que quiconque puisqu'on le dit économiste! Si madame Barlow et monsieur Petrella souhaitent que l'on réduise notre consommation d'eau, la gratuité est-elle vraiment la solution?
De plus, ils invoquent le fait que l'eau est source de vie pour justifier leur position. Mais l'alimentation n'est-elle pas tout aussi essentielle? Et ne risque-t-on pas de mourir de froid en l'absence d'un moyen de chauffage adéquat? Alors, pourquoi n'ont-ils jamais réclamé la gratuité de la nourriture ou celle du mazout? Parallèlement à son intérêt pour l'eau, madame Barlow est une fervente militante antimondialisation. Or, les obstacles au commerce réduisent la concurrence, ce qui force les consommateurs à payer plus cher les produits importés, y compris les denrées alimentaires. Madame Barlow réclame donc à la fois la gratuité de l'eau et des politiques qui ont pour effet d'augmenter le coût de l'alimentation. C'est comme chercher la quadrature du cercle!
Madame Barlow dénonce le fait que des populations entières manquent cruellement d'eau. Mais, du même souffle, elle s'oppose à l'embouteillage et à l'exportation du précieux liquide et réclame même une interdiction formelle et pancanadienne. Elle accuse le secteur agricole de gaspiller l'or bleu, mais milite pour que les exploitants continuent d'être approvisionnés gratuitement. Elle déclare que «nous assistons à un vol de l'eau par les entreprises privées», mais elle désapprouve l'idée de leur faire payer une redevance. Elle affirme que l'eau appartient à tous et que son accès est un droit fondamental, mais elle se bat pour empêcher le Canada de faire bénéficier d'autres pays de ce cadeau divin. Voilà de quoi donner le tournis!
Formules ronflantes, déclarations sensationnalistes, et phraséologie pompeuse, les gourous de la question de l'eau maîtrisent à la perfection l'art de la rhétorique. Dommage que leurs discours soient un tissu de contradictions!
Commentaires
En réalité, c'est l'absence de droits de propriété qui pose un problème à la gestion de l'eau.
Tout à fait d'accord avec vous Nathalie. Ces gourous n'ont pas les pieds sur terre! Bien sûr que l'eau a un prix ! Et celui-ci va augmenter de plus en plus dans les années à venir. Même si certains veulent la rendre gratuite, il faudra bien que quelqu'un la paye (traitements divers, désalinisation, acheminement...). Redevance ou impôt, il faut passer à la caisse !
Akwaman
www.akwa.fr
L'eau, c'est la vie !
Il en va de même pour la sur pêche qui décime les espèce des océans.Parce que les poissons n'appartiennent à personne. Pour les pêcheurs c'est un problème que l'état doit régler sans pour autant diminuer les quotas.C'est à ce derniers de se démerder.
Si les vaches ou les moutons ne sont pas en voie de disparition,c'est qu'ils sont la propriété de quelqu'un.
Je vois mal les éleveurs décimer les espèces auquel ils élèvent,cela les ruineraient.
D.J
Il me semble que l'auteur de utilise elle aussi "Formules ronflantes, déclarations sensationnalistes, et phraséologie pompeuse" pour défendre ses idées.
Il ne faut pas confondre la gestion de l'eau dans les pays développés ayant un accès qui semble quasi illimité à l'eau, et les pays en sous développement et où l'accès à l'eau potable est difficile.
Évoquer le beauf français arrosant son jardin sans limites pour justifier le fait que l'on fasse payer l'eau au prix fort aux habitants de certains pays me semble assez inadapté.
Il me semble bien que l'eau est bien un "don du ciel", nécessaire à la vie. Ce n'est pas un bien "marchand" classique, même si je ne conteste pas le fait que lui mettre un prix peut permettre une meilleure gestion de cette ressource.
Il aurait fallu développer beaucoup plus l'article sur ce point plutôt que s'étendre sur les attaques personnelles visant Mme Barlow et M. Petrella ("les gourous de la question de l'eau maîtrisent à la perfection l'art de la rhétorique';"puisqu'on le dit économiste" etc)
Enfin, je pense que titrer son article "Il est idiot de dire que l'eau n'a pas de prix" est en fait plutôt idiot, cela ne laisse gèure de place au débat, de plus vous ne montrez pas assez en détail en quoi faire de l'eau un bien marchand serait particulièrement intelligent.
Bref un article mal ficelé et trop court lancant des idées sans prendre le temps de les développer et appuyant plus les faiblesses dans les argumentations adverses que démontrant à quel point l'idée défendu par l'auteur est intéressante.
Je ne me relis pas désolé pour les fautes en tout genre, mais j'ai sommeil :p
La première chose à faire et le premier devoir est de répartir l'eau sur toute la terre .
Le soleil s'occupe déjà de faire ( gratuitement ) une partie du travail .
Hélas nos activités humaines perturbent le cycle de l'eau en réduisant l'infiltration de l'eau et en accélérant les ruissellements dans et sur les continents ainsi qu'en surexploitant l'eau souterraine qui est utile au bon fonctionnement du climat.
Il est donc urgent de réparer les dégats en faisant remonter les niveaux hydriques des continents.
http://pagesperso-orange.fr/biefs.d...
Pour moi l'eau est en partie gratuite, celle que je récupère tombe du ciel, s'écoule dans ma gouttière et arrive dans un tonneau. Mais moi j'ai de la chance il pleut mais tous les habitant de la terre n'ont pas cette chance.
Quand je voie le prix de l'eau en bouteille je suis écœuré que certain se gave sur ma soif et celle des autres.
L'eau ne doit pas être gratuite mais elle ne doit pas non plus être une source de profit ni dans ça distribution ni dans son traitement après usage.
Ont dit bien souvent que l'amour est la seule chose gratuite mais pourtant certain là tarifie est-ce pour autant que ont doit payer pour en avoir ?
J'aurais bien aimer entendre votre avis plutôt que donner un avis sur l'avis de quelqu'un d'autre, car là je me dit juste que vous n'êtes pas d'accord mais avec tout et leur contraire en même temps.
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