Sauf que c'est cette conviction qui ne doute jamais d'elle-même qui fatigue.

Elle reste persuadée de connaître "la" cause de tout ce qui ne va pas et qui pourrait être résolu définitivement. Il est aisé de la deviner : c'est "le" libéralisme bien sûr, et son "profit", sa "domination" ; supprimez-les et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, CQFD.

Exagéré ? Si peu. Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre d'observer les arguments socialistes les plus "sérieux" pour justifier le fameux impôt des 75% : il serait question de faire "comme Roosevelt " qui avait taxé à 82% pendant des années durant les années 40 jusqu'aux années 70, or, précisément, cette "manne" a financé un assistanat qui a créé Harlem et le Bronx, les familles séparées volontairement pour mieux toucher chacun de son côté le "welfare ", les hommes laissant les femmes se dépatouiller avec les enfants qui, sans autorité paternelle, se sont mis à traîner dans les rues avant d'être pris en charge par les gangs, et il a fallu attendre les années 80, le pic des affrontements urbains, à L.A par exemple, pour que certains intellectuels (comme Rawls) pourtant libéraux (au sens américain, bref, de "gauche") émettent l'idée pourtant rabattue par nombre de films, de romans, d'intellectuels de "droite" que l'assistanat (le fait de distribuer du poisson au lieu d'apprendre à le pêcher) loin d'aider les "défavorisés" aggrave plutôt leurs conditions. Et depuis que l'assistanat a été réformé, Harlem et le Bronx sont devenus sous Clinton puis Bush, des quartiers comme les autres…

En France, le chemin inverse semble bien avoir été pris, puisque Roosevelt et son échec social sont cités en exemple ; conclusion : à Marseille, on bascule désormais vers les années 80 avant d'atteindre les années 60, 50, et pourquoi pas 30 avec la montée en puissance de mouvements nationaux-populistes qui nécessairement prendront le relais des mouvements nationaux-étatistes à bout de souffle.

Mais rien n'y fait. L'élite postmoderne actuelle est autiste, suicidaire même, toute réfutation est considérée comme une "contestation" de sa vérité puisqu'elle est persuadée d'avoir raison sur toute la ligne : il existe de "la domination", des "inégalités", du "genre", etc, donc il faut les supprimer. Comment ? il faut ! oui, mais, comment ? Déjà en supprimant le genre, puis la différence, par exemple entre citoyen et non citoyen, enfin le patron, du moins celui qui ne veut pas faire comme il faut ; autrement dit ce qui prime c'est l'irrationnel, la confusion, l'anti-rationnel aussi, au sens de croire que la croissance se décrète, qu'il suffirait de supprimer le nucléaire pour donner du travail pour tous, supprimer les profits, les "licenciements boursiers" alors que souvent en période basse les entreprises restructurent, même si elles font des profits, parce qu'il s'agit de ne pas attendre que cela aille plus mal pour agir en amont.

Mais le seul fait d'écrire ce qui précède catalogue, c'est fini, la secte ferme ses écoutilles, et elle psalmodie : " discours de droite, discours de droite" comme un mantra qu'elle récite, elle blâme aussi, juge, écarte : est de "droite", donc le mal absolu, tout discours qui critique ces formules dominantes clouant au pilori le riche, le chrétien anti-PMA et GPA.

Dans ce cas, il n'y a même plus de discussion possible ; le discours du national-étatisme postmoderne se met en route et écrase tout ce qui n'est pas lui. Le règne de l'absolutisme s'amorce, se renforce même tous les jours.

Lucien SA Oulahbib

Trait.jpg La version originale de ce texte de Lucien oulahbib a été publiée sur le site de resiliencetv à la date du 17 février 2013.