"La démocratie est en train d’être assassinée et tout le monde s’en fout..."
Par Charles Gave le lundi 14 novembre 2011, 10:54 - Article - Lien permanent
J’enrage.
Tout va de mieux en mieux. En Italie et en Grèce, des gauleiters bruxellois viennent de remplacer les élus du peuple sous les applaudissements frénétiques de tous ceux qui chez nous haïssent et démocratie et son pendant, la souveraineté nationale (Attali, Minc, Duhamel etc.…).
Parallèlement les grondements des révolutions populaires se font de plus en plus entendre tant ce coup d’Etat rampant et masqué perpétré par nos ELITES Bruxelloises exaspère les peuples.
Dans notre monde, la légitimité ne veut plus dire grand chose et pourtant, chez un homme comme de Gaulle, elle était indispensable à l’exercice du pouvoir.
D’où peut venir cette fameuse légitimité ?
- Du fait que ceux qui ont le pouvoir commandent aux tanks; le scénario le plus commun historiquement, voir Syrie, Myanmar etc. Légitimité douteuse a tout le moins.
- De la naissance, et nous nous trouvons dans des systèmes aristocratiques (Venise au Moyen âge) ou monarchiques (France de l’Ancien Régime). Cette forme de légitimité n’est plus guère acceptée de nos jours, si ce n’est dans certains pays à la pointe du progrès, du style Arabie Saoudite. Légitimité historique.
- De la religion . Dans ce cas, nous nous trouvons dans le cas d’une théocratie, très en vogue en ce moment du côté de l’Iran, et bientôt de la Tunisie et de la Lybie. Légitimité en dehors de ce monde, mais réelle pour les croyants.
- De la compétence technique de ceux qui exercent le pouvoir. Ce fut le cas de la défunte Union soviétique où les élites combinaient si bien la capacité technique sans pareil des membres du parti au fait que ces mêmes membres étaient les seuls à même d’interpréter pour le menu peuple les textes sacrés, tels que les évangiles selon Saint Marx. Cette légitimité là disparaît dès que les résultats techniques deviennent décevants, ce qui nous amène soit à une révolution cherchant une autre source de légitimité, soit à la solution numéro un, les tanks dans la rue et les pelotons d’exécution, ou l’exil pour ceux qui ne sont pas d’accord.
- Du vote libre exercé par une majorité . C’est ce qu’il est convenu d’appeler la démocratie, le pire de tous les régimes, si l’on exclut tous les autres comme le disait Churchill. La souveraineté appartient au peuple qui la délègue à ses représentants ou, mieux encore, l’exerce directement au travers de référendums. C’est dans ce système que la plupart des pays d’Europe ont choisi de vivre. Depuis un certain nombre d’années cependant croît à l’intérieur même du système politique un cancer à évolution lente où des métastases profondément antidémocratiques et technocratiques se répandent sous le couvert du nécessaire « approfondissement » de l’unité européenne. Ces métastases mettent en question la nature même de nos systèmes et amènent à se poser une question et une seule : en Europe, sommes-nous toujours en démocratie, ou avons-nous déjà basculé vers la technocratie ? la réponse devient, hélas ,de plus en plus évidente…
Ainsi nous venons de voir se jouer, sous nos yeux, l’un des plus beaux coups d’état contre la démocratie que j’aie vu depuis l’invasion de Prague en 1968 : deux premiers ministres, Papandreou et Berlusconi, parfaitement légaux, ont été débarqués sans autre forme de procès pour être remplacés par des personnalités bruxelloises qui n’avaient jamais été élues à quoique ce soit auparavant, au seul prétexte qu’elles étaient compétentes et favorables à l’Europe non démocratique.
Ce pronunciamiento ne s’est pas fait en envoyant des tanks, mais en menaçant de couper les crédits à ceux qui vivaient dans le péché, paniquant de ce fait tous les fonctionnaires dont les prébendes dépendent de ces versements et les amenant à supporter ces coups d’état.
Sous-jacents à ces coups d’état il y a deux PRESUPPOSES LOGIQUES qu’il faut être aveugles pour ne pas voir :
1. Les élus du peuple sont incompétents. Ce qui est parfaitement possible, mais la seule façon de s’en débarrasser, en démocratie ,est de voter pour quelqu’un d’autre lors d’élections tenus de façon légale.
2. Les technocrates sont compétents parce qu’ils ne sont pas sous la pression des élections ; la foutaise ultime, comme l’ont montré les exemples de Mussolini, de Staline ou, plus récemment, de tous nos braves technocrates français ou italiens (Prodi, Trichet, Delors) qui nous ont créé cette merveille de la technocratie qu’est l’Euro, en train de faire capoter l’Europe. Et c’est à ces gars là que l’on donne le pouvoir !
C’est un peu comme si les alliés avaient confié le commandement du débarquement en Normandie à Gamelin, le Général qui commandait les armées françaises et anglaises en 1940, et qui reçut la raclée que l’on sait. On imagine ce qu'eût été le moral des troupes en juin 1944 dans leurs péniches de débarquements…
La démocratie est en train d’être assassinée et tout le monde s’en fout.
J’enrage .
Commentaires
On pourrait aussi dire :
La liberté individuelle est en train d’être assassinée et tout le monde s’en fout.
Ne s'agit-il pas plutôt de faire faire une part de l'indispensable sale boulot d'assainissement des comptes publics par d'obscurs technocrates sans avenir, mais insensibles à la tyrannique démocratie d'opinion qui prévaut. Ce ne sont que des CDD des basses œuvres, dépourvus d'obsession quand à leur réélection.
Quand aux déviances profondes de la démocratie...relisez donc "Le fascisme en action" de Paxton ...ce n'est pas tout à fait pareil.
Ca devient n'importe quoi ce blog. Sur la forme, cette phrase : "En Italie et en Grèce, des gauleiters bruxellois viennent de remplacer les élus du peuple sous les applaudissements frénétiques de tous ceux qui chez nous haïssent et démocratie et son pendant, la souveraineté nationale" est erronée. Sur le fond, que d'enflure pour des propos de comptoir...
Cà fait on bon moment que la démocratie est morte dans la z€rozon€..
Depuis Maastricht ?
On ne peut plus le nier depuis Lisbonne.Les masques sont tombés et le vrai visage apparaît : une dictature administrative.Le rôle abject des média lors de la campagne du référendum n'est plus à analyser.On sait pour qui ils roulent.
Mettez vous en travers de sa route et vous goutterez du tonfa et de la rangers !
"Tout le monde s'en fout" ->non, une majorité silencieuse ronge son frein.Mais on y peut rien !
On ne peut même pas voter contre : il n'y a pas de représentation politique contre "visible" et crédible à part le FN...Je doute que le ou les rares parti(s) vraiment contre ai(en)t ses (leurs) 500 signatures.Des consignes fermes ont été données.
Alors, voter FN ou s'abstenir sera pour beaucoup les seules manières de contester la z€rozon€.
Je n'ai aucune estime pour Berlusconi.Mais c'était le problème des italiens...
Je ne vois pas ni Sarko ni Hollande tenir face à ce qui nous adviendra sous peu.Chez nous aussi cohalition forcée droite gauche, administrateur agrée JPM aux commandes.
Les allemands ont tort de se faire des illusions.Ils pourraient nous suivre, une chose en entraînant un autre...
La fission partielle de la zone € (l' € core ) que l'on prépare suffira-t-elle à arrêter cette machine infernale ?
Je ne vois pas d'autres Séguins arracher un référendum à un autre Mitterrand grand seigneur relevant le défis.Je ne vois plus de Chirac voulant l'avis du peuple...L€urope, maintenant, c'est perpette !
Constat en ligne avec les thèses de Hayek exposées dans "the road to serfdom".
Il convient au-delà de ce cri de désespoir de définir les moyens d'actions pour changer le cap!
Très drôle. Du grand Charles Gave.
Le monde avec quelques heures de retard vas dans le même sens que Monsieur GAVE "Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos (1)". On m'aurais dit ça, j'aurais pris l'info pour un canular. L'Europe devient de plus en plus une technocratie ou une "théocratie bancaire". Que dira le peuple quand on interrogera?
Heureusement il reste des garde fous, d'une par les média contrôle par des grands groupe qui travail avec l'état (2), d'autre part il y a les machines à voter(3).
(1) http://www.lemonde.fr/europe/articl...
(2) http://www.pensee-unique.fr/medias....
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_%...
Ray a raison .Les politiques sont incompetents et les technocrates feront le sale boulot jusqu' a ce que les dettes soient gerables .C'est a rapprocher des commisions de surendettement de la banque de France .
Excusez ma naivete, j ai du mal a comprendre cet article. En s'endettant les etats ont d'une certaine maniere perdus leur souverainete (et ca fait 30 ans qu ils la perdent a petite goutte). Ensuite c'etait soit Berlusconie et Papandreou partaient, soit l'europe ne les aidaient plus (et en ce qui concerne la grece il y avait un reel probleme de fin de mois). Les italiens et grecs ont compris et approuvent leurs departs. Ensuite il va y avoir des elections anticipees assez rapidement. L'acte antidemocratique etait de s'endetter, a cela fait 30 ans que c est le cas. Tout ce que j espere maintenant c est que les peuples vont comprendre que l endettement d un etat qui consiste a faire payer aux jeunes l'enrichissement des vieux est anti democratiques. Sur la prise de conscience il me semble qu il y a du mieux et je suis plus optimiste sur l'avenir de la democratie a long terme. Les politiques par contre auront toujours un train de retard sur le peuple. Et je suis desole mais le FN comme a chaque fois a 50 ans de retard et prone un retour a l etat providence, de l interventionisme etc (la seule difference etant de faire beneficier les nationaux mais cela reste de la redistribution forcee, ce qui est foncierement anti liberale)...
Cher JLER, il y a plus de vérité et de bon sens dans votre modeste commentaire que dans le billet planétaire (toujours) de Gave. L'endettement étatique consistant à faire payer aux jeunes l'enrichissement des vieux, c'est une belle formule ! Quant à ceux, y compris parmi nos amis "libéraux", qui s'apprêtent à voter FN, que dire ...
Le "peuple souverain" a largement montré depuis trente ans son incapacité à choisir des représentants capables de gérer la nation. Il suit comme les rats le flutiste.
Pour finir, on envoie les "experts".
Quand les Etats seront réparés, ils rendront la main... et reviendront trente ans plus tard.
il ne faut pas tout mélanger:
- l'Euro ( ET l' EUROPE) est ce qu'il est par la décision de nos représentants démocratiquement élus (gouvernements et parlements) des Etats membres, et non par décision des "élites bruxelloises"
- cette "élite" a l'avantage de dépasser le point de vue national, limité par nature, car cette "élite" est composée de citoyens des 27 Etats membres
Pour le surplus, la démocratie en France a pris du plomb dans l'aile avec la loi Gayssot, supprimant la liberté d'expression en public et en privé, quand on touche à certains thèmes favoris des "écologistes et socialistes de tous les partis" (pour pasticher Hayek)....
@Minlaung
En démocratie, les réprésentants son censés représenter le peuple.Ils ont reçu des délégations de pouvoir.Ce pouvoir ne les appartient pas ! Ils ne peuvent en disposer comme ils le veulent !
Ils ne peuvent travestir les intensions du peuple.Par exemple, ils n'avaient pas le droit de voter le traité de Lisbonne en contradiction avec le résultat du référendum.
En Algérie, ils n'avaient pas le droit d'envoyer l'armée parce que le FIS ne leur plaisait pas.Le peuple algérien souverain pour de faux avait choisi ses nouveaux représentants.Ce peuple avait le droit de choisir son malheur.
Un peuple a le droit de se choisir des représentants communistes, ou fascites.
Les peuples français , hollandais, irlandais ont le droit de dire stop à cette construction fédérale .Et les élus qui ne sont que leur représentants doivent s'exécuter point final .
Les élus ne doivent pas voter la baisse des salaires et des retraites sauf pour eux même.Ils ne doivent pas dégréver leurs revenus de l'impôts.
Ils ne doivent pas voter des lois favorisant les copains.Les lois sont faites pour l'intérêt général.
Ils ne doivent pas confisquer l'appareil électoral , c'est à dire bloquer toute émergence d'une opposition ( usage abusif des 500 signatures ).
Ils n'ont pas le droit de re-déléguer le pouvoir que leur a confié le peuple sans en avoir eu expressément mandat par le peuple !
Biensur qu'il y a des limites au pouvoir du peuple : les droits individuels , notemment ! Et puis , il y a les lois de la biologie, de la physique, de l'arithmétique,...
On rêve de faire en France comme aux USA deux gros partis uniques.Cela ne convient pas à nos coutumes en Europe.Je tiens à ce que l'on garde notre aile droite et notre aile gauche, notre aile verte, notre aile orange.Deux blocs d'accords sur presque tout, où les divergences ne concernerait que les points de détails ne serait qu'un parti unique déguisé !
Seule la variété, la biodiversité politique assure une vrai concurence .La seule voie pour de vrais débats démocratiques.
Et si un jour, un groupe émerge avec un projet de société bien plus efficace et juste que notre système actuel, notre peuple aurait le droit d'y goûtter...
C'est un peu la loi de la jungle en Europe !
La démocratie est certes loi d'être un bon système, mais on vient d'assister à un coup de maître qui ferait rougir d'envie le moindre dictateur en herbe.
La technocratie mondiale, dont les banques font partie, ont pu placer sans difficulté leurs agents à la tête de ces Etats non pas pour sauver les petites gens de politiques incapables mais pour se sauver eux même. Les cures d'austérités n'ont pour but que de sauver une nomenclatura mondiale (banques et Etats), qui si on laissait faire devrait disparaître en faisant faillite.
Souverain sur les sujets économiques et notamment sur la dette du même nom, M. Gave me semble obstinément fermé aux questions fondamentales de la politique.
Selon moi la source de légitimité no 3, la religion, n'existe pas parce que la religion est trop diverse pour qu'on en puisse dire quoi que ce soit.
La théocratie relève en fait du point 4, car elle met le pouvoir entre les mains des théologiens au titre de leur compétence. Il y faut une religion qui affirme cette compétence, ce qui est indiscutablement le cas de l'islam et pas du christianisme. Puisque le christianisme est une religion qui ne permet pas la théocratie, le point 3 n'existe pas.
Les points communs entre islam et communisme sont frappants, mais il y a des différences. Le communisme est en quelques sortes naturel: il résulte de passions qui semblent spontanées et dominantes chez l'homme, celle de l'égalité et celle du déni de la nature humaine. Il s'écroule de ce fait, au constat de son échec, avant de renaître presque immédiatement pour les mêmes raisons.
L'islam est artificiel et le ressort de son succès est le rejet de l'individu. Il ne se connaît pas d'échec, du moins l'arriération et la violence qu'il engendre ne sont-ils pas vus comme tels par les musulmans. En sortir est donc problématique, comme disait Malraux (dès 1956, alors que tant de gens sont toujours aveugles au problème 55 ans plus tard, après Khomeiny, Rushdie, les caricatures etc...), au point qu'on n'a encore jamais vu aucun peuple, aucune civilisation, s'en relever (bon courage les français...)
Autre erreur fondamentale, M. Gave ne semble pas comprendre que la démocratie n'est qu'une forme d'institution, pas une anthropologie. La liberté individuelle ne procède pas de la démocratie, c'est l'inverse.
Il faut que la nation existe avant de se doter d'institutions.
D'où une anthropologie peut-elle provenir ? Plus exactement, un consensus sur une anthropologie ? Selon moi d'une religion.
Le triomphe du relativisme et de l'islam en France annoncent donc la fin de la démocratie.
La fracture qui se dessine ici, et le printemps arabe suivi de l'hivers islamique, montrent que ces réalités, perdues de vue pour avoir été trop bien résolues, reviennent au premier plan, devant même les problèmes économiques, ce qui n'est pas peu dire.
Quant à l'indignation de M. Gave, je la trouve mal placée: Quand les gouvernements se sont endettés, ils ont pris des engagements au nom du peuple. Ce n'est pas au moment de tenir les engagements pris en leur nom que les peuples doivent être consultés, mais au moment de les prendre.
Qui plus est ce ne sont pas les dettes existantes qui mettent les peuples dans les mains de leurs créanciers, mais celles qu'ils ont besoin de contracter maintenant, situation dans laquelle ils n'auraient jamais dû se mettre.
La situation dans laquelle ils se sont mis est unfait, pas un objet de débats.