Commençons par l’Asie: Grace aux mesures prises par les banques centrales locales (Chine, Japon, Inde), le crédit recommence a être facilement disponible, les actions ont bien remonté, par exemple l’indice de Hong-Kong a rebondi de 10000 en Octobre a 18000 aujourd’hui, mais elles sont encore a des niveaux moyens intéressants puisque le plus haut a HK en Novembre 2007 avait été supérieur a 30000. Enfin tout semble indiquer que la croissance économique est bel et bien repartie un peu partout dans la Zone du Pacifique. La conclusion est simple : la probabilité que nous ayons commencée une hausse durable dans cette zone est très forte et le lecteur peut y investir l’esprit (relativement) en paix. Dans ses investissements il ne faudra pas que notre lecteur oublie le Japon qui devrait largement profiter du fait que le soleil se lève à l’Est.

Passons aux USA : La banque centrale locale fait tout pour compenser l’écroulement de la liquidité créé par les problèmes du système bancaire et les premiers signes sont en train d’apparaitre qu’elle est en voie de réussir son pari. Les actions, en particulier de grande qualité, sont très bon marché. Enfin les signes annonciateurs d’une reprise se multiplient, mais rien n’est certain. La situation est donc beaucoup moins claire qu’en Asie, mais les actions y sont sans doute beaucoup moins chères. Investir aux USA est donc raisonnable, mais sans doute aucun plus risqué que d’investir en Asie. Remarquons ici que c’est la première fois depuis 1945 qu’une reprise mondiale ne commence pas aux USA mais ailleurs, ce qui en soi est déjà une nouvelle incroyable.

Finissons par l’Europe. Apres avoir complètement loupé le début de la crise en suivant une politique dont on pouvait être certain qu’elle allait aggraver les problèmes plutôt que de les traiter, la BCE a enfin pris la mesure des problèmes et inonde le marche de liquidités. Les actions y sont très bon marché, en particulier toutes les actions ayant des positions dominantes en Asie. Malheureusement, on ne voit pas très bien d’où va venir la croissance locale en raison d’une monnaie sur évaluée et de problèmes non résolus, tels la situation des pays d’Europe de l’Est ou l’immobilier en Espagne ou en Irlande. Mentionnons aussi la situation difficile des banques Allemandes (Landesbanks), Espagnoles (Caixa), Autrichiennes (prêts aux pays de l’Est) ou Irlandaises (prêts a l’immobilier) ainsi que les situations budgétaires précaires de pays tels que l’Italie ou la Grèce. Le continent Européen semble bien être la zone de tous les dangers dans cette sorti de crise. S’il y a une rechute globale de la croissance, c’est l’Europe et de loin qui sera la plus touchée.

Ceci amène fort naturellement a un portefeuille actions fortement centré sur l’Asie et le Brésil, (ou les trois conditions sont également réunies), avec des positions satellites soit aux USA soit en Europe, l’investissement dans ces deux zones étant plus déterminé par les caractéristiques individuelles des valeurs choisies que par une analyse macro économique classique.

Terminons en remarquant qu’en ce qui concerne les taux de change, les monnaies de pays peu endettés et présentant des bonnes espérances de croissance devraient monter sur le long terme (mais personne n’est pressé) par rapport aux monnaies de pays ou les consommateurs, les sociétés et les Etats sont en état de sur endettement chronique.

Bref, et en conclusion, il faut se souvenir qu’il ne faut jamais confier son argent a quelqu’un qui en a besoin. Ceux qui ont le moins besoin de notre argent sont les asiatiques. Il est donc urgent de leur confier notre épargne.

Cet article a déjà fait l'objet d'une publication dans Le Journal des Finances du 4 Juillet 2009.